Le cardinal Madrucci passa parBologne
pour la suspension ; c'est l'usage dans les questions qui présentent de part et d'autre des difficultés de croire qu'il y a moins de mal à prendre un parti moyen, quoique sou-
(1) Le 17 novembre, coimiie il esl niarqué clans le Jouiii.tI.
(2) Ijii lollrc nrriva à Boingno le 8 liovcmbrc , coiiiine il esl inni(|iié dans le Journal.
(5) Lcllre dn caidiiial Cervinià son collègue, du 26 «ovenibre t5i7.
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vent le parti moyen devienne l'extrémité du mal. Cette commission était bien peu nombreuse lorsque le cardinal Cervini arriva (1 ); car Sfondrat était en Allemagne. Morone avait été envoyé par le Pape à sa légation de Bologne, à cause des troubles de Plaisance, et pour procurer quelques secours au concile. De plus, la mort en fort peu de temps avait enlevé deux très-religieux et très-doctes cardinaux modénais, qui faisaient partie de cette commission : Sadolet et liadia. Ainsi elle se trouvait réduite à trois cardinaux, Barthélemi (iuidiccioni, Marcel Crescenzio et Renauld Polus. Le premier, qui réunissait à une vaste science une sévérité caloniennc, voulait qu'on procédât à Bologne nonobstant toute opposition : les deux autres voyaient du danger à céder, du danger à brusquer. Ils n'approuvaient pas la manière devoir des légats ; mais ils n'en proposaient pas, ils n'en désignaient pas une autre. Ils mettaient en avant la suspension, plutôt pour dire quelque chose que pour rien arrêter; car la plupart des ministres, comme la plupart des médecins s'abstiennent de donner des conseils hasardeux : cependant se conduire ainsi, c'est souvent songer à ses intérêts plus qu'à ceux du prince ou du malade. En effet, il y a moins de danger pour lui à prendre un moyen hasardeux qu'à n'en prendre aucun , pour détourner le mal grave dont il est menacé.