CHAPITRE XIV
Brefs écrits par le Pape aux légats de Bologne et aux évêques de Trente. Soupçons de tra-^ hison dans la ville de Bologne. Sentiments de l'Empereur après la réponse du Pape à Mendoza.
1. Après la tenue du consistoire , on agita différents projets d'accommodement avec Mendoza pendant quinze jours, mais en vain. Ainsi il partit de Rome (1) le lei" jour du carême, et de là vint le retard des brefs envoyés
ment de l'empereur et de la nation ; qu'après par le Pape à Bologne et à Trente, retard que
le jugement, s'il reconnaissait la nullité ou l'injustice de la translation, il n'épargnerait ni son autorité ni son zèle pour replacer le concile à Trente ; qu'en tout cas, il n'omettrait rien de ce qu'il devrait faire pour ramener à l'unité de l'Eglise la noble nation des Allemands qu'il aimait si tendrement, et pour lui rendre l'ancien éclat dont brillait chez elle la religion ; que c'était là ce qu'il demandait à Dieu de tous ses vœux.
11. Quand le secrétaire eut achevé cette lecture, Mendoza, pour se conformera lasu-
Sarpi attribue à une autre raison. Le jour donc qui suivit ce départ (2), le Pape écrivit aux légats la suite de tout ce qui s'était passé avec l'ambassadeur. Il disait que bien qu'il désirât la prompte conclusion du concile, néanmoins, pour ne pas manquer à ce qu'il devait à la justice , il fallait qu'il prît connaissance de cette cause, ce qu'il voulait faire avec soin. C'est pourquoi il leur enjoignit de lui adresser la procédure authentique de la translation, et il exhortait les Pères à lui envoyer au moins trois évêques d'entre eux
perstition moderne des précautions judiciaires chargés d'exposer les raisons au nom de
qu'on étend aussi vainement à ces sortes de débats qui n'ont d'autre juge que Dieu dans le ciel, et que la force sur la terre, protesta de nouveau pour nier ce qu'on avait dit et faire réserve des droits de son maître. A cela on répondit brièvement que le Pontife s'eninïyaitde toutes ces oppositions, non pas qu'il ressentît de la peine de voir qu'on voulait conserver intacts tous les droits qui pouvaient appartenir à l'empereur, rinl<'ntion de sa Sainteté n'étant pas d'y porter préjudice ; mais que l'ambassadeur devait également
tous. Pendant ce temps le concile, par déférence pourlePape qui avait défendu de ne rien faire de nouveau pendant que la cause était pendante à son tribunal , s'abstint des solennités (3) synodales ('i) accoutumées. Ainsi, il ne célébra point la solennité des Cendres, comme de coutume. Le Pontife avait été indécis s'il appellerait les légats eux-mêmes comme défenseurs plus imposants de cette cause; mais, outre que dans ce corps si petit et si mal uni de concile on reconnut la nécessité qu'il y eût au moins des chefs dignes et
trouver bon que les droits du Pape, du Siège capables, leur présence fut encore jugée très-
apostolique et du consistoire demeurassent à l'abri de toutes ces protestations réitérées qu'il avait faites ; qu'il devait suffire qu'on y eût convenablement répondu en sa présence et en celle des mêmes notaires et des mêmes témoins qui l'avaient entendu protester dès la première fois ; qu'au reste ce qu'avait dit
utile à Bologne pour une autre raison ; car, le bruit se répandit qu'il était question de livrer cette ville à l'empereur (5) ou d'y rappeler les Bentivoglio. Ce soupçon fit emprisonner deux nobles et renforcer la garnison de la citadelle de cinq cents fantassins.