Le Pontife écrivit aussi un bref aux
le secrétaire n'était pas de nature à ne pou- évêques (6) quiétaient restés àTrente. Il disait voir se passer de son approbation ou à être —'"-• — . ;i ...,„;♦ ';i „'.. — u —
infirmé par ses oppositions.
Autant la réponse que nous venons de rapporter fut accueillie par un silence profond de paroles, autant éveilla-t-eile dans les esprits une foule de réflexions diverses. Pour ceux-ci, chaque mot eut des acceptions différentes, les unes littérales, la plupart mystiques, à la manière des intelligences faibles qui, traçant des lignes sur toutes les superficies, veulent y trouver de la profondeur. A peine cependant y en eut-il quelques-uns qui refusassent à la prudence de Paul des éloges signalés, et parce qu'il avait fait vigoureuse-
qu'autant il avait cru qu'il n'y avait pas, pour
{[) Le 15 février, comme on le vuil dans le Journal diiiil.
(2) Lft 16 février.
(3) Le Journal du 15 février 15i8.
(4) CeUe suspensionfailc par le Pape en consistoire, avant la publication de sa réponse, fut connue des légaîs eldes Pères par ses lettres parlicnlières.
(5) Le Journal du H et du 22 février 1548.
(6) Les lettres du Pape écrites plusieius lois aux évê(iues qui étaient restés à Trente, et leurs réponses sont non seulement dans les Actes, mais encore dans un des livres des instructions qui concc-rncnl le concile, dans les archives du Vatican.
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fermer les plaies de l'Eglise, de remède plus efficace que le concile œcuménique, et qu'autant cet espoir s'était encore accru en lui par les heureux résultats obtenus à Trente, autant aussi rien ne l'avait plus troublé que ! ; division arrivée parmi les évoques, lorsque 'i^ plus grand nombre décrétant la translation à Bologne, les autres avaient refusé de les suivre; car il avait auguré de laces délais et ces dissentiments qui sont les fruits ordinaires de pareilles divisions. Ensuite il se nlaignail qu'ils n'eussent pas suivi le concile a Bologne, ou qu'ils ne lui eussent pas présenté les raisons qui les portaient à croire qu'ils n'y étaient pas obligés, et que la translation nétait pas légitime. Il leur signifiait qu'ils ne pouvaient se justifier d'avoir , au grand scandale des fidèles , failli sur l'un ou l'autre point; que quoique tous fussent dans cette obligation, personne n'y avait été autant que le cardinal Pacheco, à cause de la supériorité de sa dignité qui l'attachait aussi de plus près au souverain Pontife. Il se plaignait d'avoir appris de la bouche de l'empereur, cequ'il devaitapprendre d'abordd'eux, c'est-à-dire les prétentions qu'ils élevaient contre la translation. Il leur racontait brièvement ce qu'avait fait le consistoire par rapport à l'accusation portée par l'empereur contre les légats et contre les Pères de Bologne à l'occasion de celte affaire, et l'évocation qu'il avait faite de la cause à son tribunal; que jusqu'alors il avait regarde comme bonne la translation qu'il n'avait jugée que sur pré omplion légitime et commune renommée; mais que, puisqu'on révoquait maintenant ce point en doute, il prendrait le rôle d'un juge impartial et qu'il était tout disposé à écouter leurs raisons ; qu'il accordait celte grâce au mérite delà noble nation espagnole, si affectionnée au Siège apostolique ; qu'il l'accordait également à leurs vertus , parce qu'il avait reçu les rapports les plus flalleurs sur leur probilé, sur leur doctrine , sur leurs glorieux travaux. Ainsi il les exhortait à venir au moins trois d'entre eux, pour exposer ce qu'ils jugeaient à propos d'objecter contre la translation.
3. Pendant que le Pontife agissait ainsi, l'empereur reçut la relation de ce qui s'était passé. Il ne fut point fâché en lui-même du parti qu'avait pris Paul. Car, plus on s'étudiait à cacher que la protestation fût émanée de la volonté de Charles, plus on montrait de respect pour son nom, et plus se révélait dans le Pape d'empressement à ne pas le faire passer aux yeux du monde pour son ennemi.
D'un autre côté, il lui semblait que le trait qu'il avait décoché était revenu entre ses mains, et qu'il pourrait encore le lancer une autre fois, parce qu'il était toujours maîlrede ratifier ce qu'avait dit Mendoza même contre le Pontife. Mais trouvant dans Paul plus de fermeté qu'il n'avait imaginé, et voyant qu'aucune menace ne l'amènerait à remettre le concile oiiil l'exigeait plus qu'il ne le demandait, il résolut en lui-même de se contenter pour lors de ne pas le voir continuer à Bologne. Il faisait cependant semblant de flotter
entre les deux partis et de pencher pour la ratification (1). Aussi profitait-il de cet avantage, comme fait l'homme qui balance l'arquebuse dans sa main avant de la décharger. Il signifia donc au cardinal Sfondrat (2) qu'il voulait procéder à la ratification et appeler à un concile légitime. Mais le cardinal de TrcMile intervenant comme médiateur, écrivit à Rome qu'il avait beaucoup adouci l'empereur,oîqu'il espéraitleconlenir, pourvuqu'on suspendît le concile et qu'on sursît en même temps au jugement de la translation, sans chagriner les évêques qui étaient restés à Trente; car l'empereur savait fort bien que, dans la discussion judiciaire, lessiens ne pourraient produire autre chose que ce qu'ils avaient déjà avancé tant de fois dans les conférences particulières, et que le Pape ne condamnerait pas en consistoire ce qu'il avait si souvent approuvé dans son cabinet. C'est que celui-là est pour nous le plus suspect de tous les juges qui s'est une fois prononcé contre notre sentiment; car nulle affection peutêtre ne domine autant dans l'homme que la prédilection pour le jugement qu'il a une fois porté.