‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 121 sur 348 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Réforme du clergé promulguée par V empereur dans la diàe. Légation de Bologne donnée au cardinal dd Monte. Artich'S proposée touchant V affaire de la translation.

1. Charles ayant déjà porté dans cette diète la main sur les affaires de la religion , espéra pouvoir achever son œuvre. Il proposa donc (2) une réforme qui avait pour objet l'état du clergé; c'est la même dont nous avons remarqué plus haut que Sarpi parlait. Il la loue comme excelIeiUe. 15 ajoute contraint par là nécessité d'en finir pour clore qu'elle ne déplaisait à Rome qu*' parce qu'elle la diète, puisqu'elle durait encore depuis. Il avait été faite sans l'autorité du Pape, et exposa ensuite les insl-;nces que lui faisaient qu'elle lui limitait l'usage des dispenses, les prélats de Bologne, impatients de séjourner C'est qu'en effet la vérité est comme la flamplus longtemps danscette ville, oùonles tenait me; quelque soin qu'on prenne de la cacher plutôt en exil qu'en concile; ils le pressaient au fond du cœur, elle brille sur les lèvres, de se prononcer dans l'affaire de la translation, et en un mot de leur délier ou les mains ou les pieds. Après cela , il se plaignit qu'on le récompensât si mal , pendant qu'il traitait sa majesté avec tant d'égards. Il reprocha aussi que, par rapport à Plaisance, on n'avait pas rempli les promesses qu'on avait faites à Ardinghelli. Il montra combien il était vain de répondre qu'on ne devait pas traiter d'affaires privées avant d'avoir arrangé les affaires publiques, puisque la restitution de Plaisance n'était pas une affaire privée qui ne regardât que la maison des Farnèse, mais une afmire publique qui intéressait le Siège apostolique, et même l'état présent du monde; que rien ne lui avait plus nui jusqu'à ce jour que sa trop grande confiance dans les bonnes intentions de l'empereur ; car que, sans cela, il n'aurait pas encouru le blâme universel

sente à nous-mêmes comme descendus trop bas dans l'estime, et comme trop cruellement abusés dans notre protection. Cependant élevé peu après au pontificat , il ne laissa pas d^honorer de la pourpre ces deux hommes qui avaient refuse de lui rendre les honneurs dus à son rang ; car il comprit qu'ils n'avaient point agi en cela par mépris, mais par prudence, et il sut alors bon gré à ces ministres d'avoir oublié tout ce qu'ils devaient d'égards à des hommes supérieurs à eux, pour mieux servir les intérêts de leur souverain.

8. Avant que la mission de Bertano fût rendue publique (2), Mendoza eut une longue audience du Pape. Il l'engagea, comme de son propre mouvement, à envoyer des légats en Allemagne, prétendant qu'ils pourraient y faire quelque bien. Le Pape lui répondit que celte proposition lui paraissait étrange, après la promulgation de Vlnterim qui semblait rendre inutile leur intervention. Il prit de là occasion de se plaindre qu'on en fiît venu à cette mesure après l'arrivée du nonce Santa- Cruz, qui apportait à l'empereur, de la part du Pontife, l'engagement d'envoyer les députés , et dans un teiiips où l'empereur n'était point

(1) Ceci est lire d'une lellre de Dandiiii àrévêque de Fano, nonce auprès de l'empereur, du 10 février 1550, insérée dans un registre conimuni(|ué à Tauleur par le comte Hercule Dandini , héritier du cardinal Dandini.

(2) Lettre du cardinal Farnè'^e à Sfondrat, le 5 juin 1548.

Cette réforme, dit Sarpi, était très-sainte; d'un autre côté, dit-il encore, elle ne déplai' sait à Rome qu'en tant qu'un prince laïque exerçait quelque autorité en matière ecclésiastique et au préjudice du Saint-Siège : donc les vues de Rome ne sont ni tyranniques ni funestes au bien public, ce quf pourtant son livre a pour but de prouver ; mais les bonnes lois lui plaisent , pourvu que ce no soient pas de beaux corps sans âmes, c'est-à-dire des lois qui n'émanent pas de la puissance légitime. Et ce fut précisément, à raison de ce défaut d'âme que ce règlement impérial , bien qi^e publié en même temps que r/nferm, le 2 juillet, au moment de la clôture de la diète , fut comme un avorton qui meurt avant d'avoir vu le jour.

2. Il arriva cependant, comme le bruit généralement en courut, que les cardinaux français, chargés de négocier une ligue entre le roii et le Pape , pour la défense de l'un et

(1) Leltredu cardinal Farcèse à P()ggio,dn tSjuin, et Journalde Massarelli. du 17, oii l'on voit que le nonce ce jnur-là passa par Bologne.

(2) Le 11 juin, comme il est marqué dans le Jourliai.

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