‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 122 sur 348 · SOI · texte numérisé non relu

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de l'autre, représentèrent à Paul (1) que, vu ce qui se tramait contre Parme , il no Tillait pas laisser avec une si grande autorité, ni 4ans un poste qui le tenait si près, le cardilial Morone, sujet et partisan de l'empereur. Le Pontife résolut donc de lui substituer, dans la légation de Bologne, le cardinal del Monte, d'autant plus ami des Français qu'il avait été plus molesté des Impériaux. Par là

appuyé des deux tiers des suffrages, autorisé par les légats qui avaient pour cela une délégation spéciale du Pape, après de mûres délibérations, sur l'avis d'experts et de témoins assermentés, dans un dangerimminent et notoire où il s'agissait de la vie, pouvait ou non passer d'un lieu à un autre ; c'est ce qui était bien confirmé par les exemples récents des conciles de Pavie sous Martin, et de

il ajoutait en même temps à la pension (2) Ferrare sous Eugène. Aussi l'empereur lui-

qui lui était payée comme légat du concile , et il le dédommageait ainsi de la perte des revenus que Gonzague lui avait retenu sur Pavie. Mais pour donner à Morone quelque émolument qui rendît aussi témoignage de ses bons et honorables services , il lui assigna (3) une portion sur ces mêmes revenus que la légation du concile rapportait au cardinal deî Monte, et une autre sur ceux de la dateric pontiOcale. Bien plus , c'est un fait que Morone lui-même avait sollicité sa retraite (i) ; et le Pape, soit que ce fût vrai , soit qu'il le dît par amour de la paix et pour ôter un ferment de discorde , nia que les Français lui eussent fait là-dessus des instances. En déclarant à Morone qu'il était trèssatisfait de lui , il lui avoua qu'il s'était empressé de dédommager son successeur de la perte de Pavie; et Morone fit paraître une

même, voyant que la cause ne pouvait être soutenue, cherchait à l'étouffer dans un éternel oubli pour ne pas la voir finir par une sentence de mort qui serait déshonorante. Aussi exprima-t-il à Bertano le désir qu'on n'en parlât plus pendant six mois; que durant ce temps on suspendît le concile (1) ; qu'on envoyât en Allemagne des prélats ou des cardinaux munis des pouvoirs qu'il avait plusieurs fois demandés ; que le Pontife convoquât des évêques de toute nation et établît la réforme.

4. Après avoir entendu cette réponse, le cardinal del Monte pensa (2) qu'il fallait presser l'affaire; car, que si on ne trouvait pas un moyen par lequel l'empereur pût se désister avec honneur, il s'était déjà tellement avancé qu'il aillait en venir avec lui à une espèce de duel dans lequel, outre le scandale,

grande joie d'à voir été exaucé, soit aussi qu'il il y aurait encore du danger, puisqu'on avait agît sincèrement, soit que, pour ces sortes de perdu l'occasion de faire ce qui était permis

plaies, il crût qu'il en est tout autrement que pour celles du corps, c'est-à-dire, qu'en témoignant qu'on a été blessé, on augmente son mal, tandis que si on se tait, il diminue. 3. L'affaire de la translation donnait au Pape de vives inquiétudes. Il ne voulait pas, par un coup hors de saison, l'envenimer plutôt que la décider, ni la laisser dans le silence comme par indifférence ou par crainte. Aussi , pour la tenir toute prête et pour être toujours en état de la terminer avec plus d'honneur, il ordonna aux cardinaux commissaires qu'il avait commis pour en connaître , de la (Mviser en quinze chefs (5) , sur chacun desquels on lit dans les Actes de savantes solutions, fruit des travaux de ces prélats (6) qui étaient venus de Bologne. De tout cela comme de tout le reste qui arriva entre le Pape et l'assemblée de Trente, et que nous rapporterons sommairement , Sarpi ne dit pas un mot. Nous omettrons d'entrer dans le détail de ces douze chefs qui faisaient question , et des raisons

dans les premiers moments de la translation. Que pour satisfaire l'empereur, les pouvoirs de recevoir et de réconcilier les hérétiques et les schismatiques devaient s'accorder aussi amples qu'ils eussent jamais été accordés par aucun Pape, quoique pensât autrement la sévère circonspection de quelques théologiens ; qu'outre ces pouvoirs , disait-il , sa majesté en demandait quelques-uns qui n'avaient jamais été octroyés, et qu'il y en avait, dans ce nombre, qu'ilétait impossible de déléguer, parce qu'ils étaient restreints par inslitution divine à la personne du Pape; qu'il n'était pas permis de les donner; qu'il n'était pas sûr non plus de les refuser à un prince si puissant, qui les demandait avec tant d'ardeur; que par conséquent il valait mieux s'en remettre au jugement de l'assemblée des prélats de tous pays appelés pour la réforme ; que conseillé par eux, le refus serait de plus grand poids et plus tolérable. 5. Quant aux ministres à envoyer avec les

qu'on apportait sur chacun, pour éviter aux pouvoirs demandés , il faisait observer que,

lecteurs l'ennui que cause la discussion, et la preuve de ce qui n'admet point de discussion et n'a point besoin de preuve ; car on ne peut mettre en question si un concile général,

(1) Le Jotirnal du 2G juin.

(2) Le Journal du 20 juin el une lellre du cardinal FarnèsK à Cerviiii, du 23 juin, ainsi que IcsAcies consistoriaux du ISjuilKl.

(5) Le Journiildu 1<J juillet .

(4) Leiire du cardinal Cervini à Morone. du 6 juillet el du 4 juin l?i48 ; cl lellre du secrétaire Massarelli écrite de Bologne à tervini , le 19 mai el le 20 juin, parmi les papiers des Cervini.

(5) Le Journal du 29 juin \U8.

, (6) Le Journal du 23 juillet, outre les Actes.

bien que la mission de prélats dût être moins dispendieuse, celle de cardinaux pouvait être regardée comme plus honorable et peut-être aussi comme plus efficace: il engageait donc à t»e servir de ceux-ci; et, ajoutant qu'il faudrait leur associer un des légats du concile , il montrait que cette négociation conviendrait au cardinal Cervini, et non à lui qui en était, disait-il, incapcible, non seulement faute de courage, mais encore faute de forces; il remarquait toutefois que ce n'eût pas été

(1) Le Journal dud"aoûH548.

(2) Lettres du cardinal delMonte à Cervinidu 14 et du 25 août.

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