Le cardinal del Monte jugea la suspen
des seigneurs du nom de Guise , ses grands vassaux, pour son fils le dauphin, ce qui se réalisa en effet dans la suite. S'étant donc jeté dans une autre entreprise où il s'agissait également de ses intérêts et de ceux de la re-
sioa un parti faible et dangereux tout a la ligion, et dont par conséquent il n était pas fois (1), parce que la faction des Impériaux permis au Pape de le détourner, il n'en vint restait à Trente et qu'on n'avait pas décidé jamais à déposer à Rome l'argent convenu, auparavant que la translation était légitime, et qu'en conséquence le concile n'y existait
^. qu'en conséquence le concile n y
plus. Et comme le Pape s'était montré dis-
Bien plus , il se montra toujours oppose au rétablissement de la juridiction ecclésiastique dans les provinces en question. Le Pape
posé à faire préalablement celte déclaration craignant donc dès le commencement que le
publique, et que Mendoza avait signifié que gol ne vînt à lui manquer sous les pieds, s'il
si elle avait lieu , il en viendrait à une pro- marchait dans celte voie, ne voulut jamais y
testation plus forte encore, le légat avait entrer franchement. Ainsi , quand Henri vint
proposé dans un discours (2) différents ex- à Turin, Paul lui envoya promptement Bar-
pédients plus ou moins hasardés , mais tous thélemi Cavalcante (1) , homme agréable au
énergiques. Il fut encore plus affligé (3) roi , pour le prier de prendre sous sa protec-
quand il vit se refroidir aussi *le projet de tion le Siège apostolique et les Farnèse, et de
l'assemblée qu'on devait tenir à Rome; car l'excuser si, pour de justes considérations,
le Pape ayant été à cette époque attaqué il n'employait pas à cette mission un de ses
d'une dyssenterie , les médecins, pour le ré- neveux. Quant au concile et aux affaires qui
tablir, l'envoyèrent prendre l'air à Viterbe, s'y rattachaient, il enjoignit aussi à son en-
auquel il était accoutumé ; ce départ fit diffé- yoyé de lui faire voir la nécessité qui le for-
rer et mettre en oubli les affaires les plus çait d'octroyer les demandes en question de
embarrassantes, mais l'esprit du Pontife y fempereur; que, moyennant cette satisfac-
revint bientôt et il écrivit des brefs aux éyê- tion, Charles se montrait disposé à suppri-
ques qui étaient partis de Bologne, afin qu'ils mer Vinterim et à se désister de l'enquête
se tinssent prêts (4) à retourner à leur poste contre la translation. Il chargea encore Ca-
au premier signal qui leur serait donné. valcantc de tâcher d'entraîner le roi à con
2. Au reste, la résolution de ne pas en ve- sentir en outre à la suspension du concile,
nir à un jugement sur la validité delà translation ne fut pas particulière à Paul et à son neveu, comme quelques-uns le croyaient; elle fut aussi commune à la commission des cardinaux nommée à cet effet (5),commerattesta ensuiteCervini, à l'archevêque de Matera. La raison qui les retenait , c'est que le Pape
comme l'empereur le demandait. Et quoiqu'ensuile la voix de Cavalcante n'eût point suffi pour calmer le roi , le Pape n'abandonna pas pour cela son projet , et il continua à se servir auprès de Henri du ministère de son nonce. Ainsi, au moment où le roi aurait voulu (2) qu'il se refusât absolument à en-
n'était pas de force à pousser plus avant cette yoyer les prélats en Allemagne , et le menalutte. Les espérances du côté de la France çait (comme nous l'avons dit) , s'il le faisait, allaient toujours diminuant ; car Henri , de retirer ses évêques et ses ambassadeurs qui avait vu avorter (6) (comme c'est l'ordi- de Bologne, le Pontife lui avait fait entendre naire) un complot tramé secrètement contre qu'il ne pouvait honorablement abandonner Gonzague et sur lequel il avait compté au le salut de tant d'âmes ; qu'il s'y était engagé point de venir en Piémont , retourna bientôt vis-à-vis de l'empereur, dans la réponse qu'il en France (7). De là il dirigea ses pensées et avait faite la première fois à Mendoza, quand ses efforts du côté de la défense de l'Ecosse, il avait été question de la demande du cardiattaquée alors parles Anglais, qui voulaient nalMadrucci; réponse qui avait été donnée contraindre la reine Marie, encore enfant et en présence, et de l'avis et du consentement
pupille, à épouser le roi Edouard, et ajouter {{) Le Journal du 27 septembre et du 5 octobre
("2) Discours envoyé par le cardinal del Mon le à Cc)vini,leH de septembre 1549.
(3) Leilre du cardinal del Monte à Cervini, dul4 se|)l(inbre 1549.
(4) Journal du 20 de sepiembre.
unanime du consistoire , et principalement des cardinaux français ; que dans le cas d'un tel refus, Mendoza avait l'ordre de ratifier la protestation au nom de l'empereur, ce qui paraîtrait aux yeux du public avoir quelque apparence de raison ; que ces prélats en Allemagne ne devaient point contrarier les in- ^*) journal au «zo ae sepieu.u,«. tentions du roi ; qu'ils devaient au contraire
(5) Le Journal de Massarelli,qui arriva à Rome dès notifier adroitement aux princes allemands le 8 de uovenii.re 1549. catholiques l'union qu'on avait formée pour
(6) Voyez Adrien, au livre 7.
(7) Voyez Adrien nu livre 3, elles lettres du cardi- (1) L'inslruclion est dans la bibliotlicque d'Urbin. nal Farnèse au nonce en France, parmi les papiers (2) Toul cela esl dans les leltrcs citées du cardinal des BorgUèse. Farnèse au nonce en France,
su
LIVRR ONZIÈME.
la défense de tout seigneur chrétien contre les violences de l'empereur ; que par conséquent leur apparition dans ces contrées, en le rendant moins redoutable , le rendrait moins puissant ; que le roi no devait pas craindre, comme ille témoignait, que parce moyen, en cas de vacance du Siège , on pût tenter l'élection en Allemagne; que le Pape, précisément pour cette raison, voulait
au-dessus de ses forces actuelles, ne produit
rien ou produit un monstre ou un avorton.