‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 137 sur 348 · CHAPITRE XVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIl

Examen des réflexions que fait Sarpi contre la conduite de Jules et la légitimité du concile.

1. Sarpi, suivant son habitude d'attribuer aux anciens sagesses satires de fraîche date, produit sous leurs noms diverses objections contre le Pape et contre le concile.

Il rapporte premièrement : qu'il paraissait tndigne que la postérité de Paul, qui avait fait

(1) Lettre déjà cilco d'Ainyot.

particulier, pour lui-même, elle dût avoir de plus grands inconvénients, comme on l'a démontré, et il n'y a pas autant de fond que d'apparence dans ce raisonnement : si le Pape n'inquiétait pas Charles, qui lui enlevait Plaisance, pourquoi inquiétait-il Henri qui prenait la défense de Parme? autre chose est d'enireprendre une guerre pour un préjudice déjà causé du temps de son prédécesseur, et souffert par lui ; autre chose est de souffrir un nouveau préjudice de son temps même. La loi permet aux particuliers euxmêmes de dépouiller de vive force le voleur au moment du larcin, mais non quelques instants après. Les hommes regardent comme perturbateur de la paix quiconque a recours aux armes pour innover ; de plus , en souffrant que Plaisance restât en des mains étrangères , on ne provoquait pas le roi à la

HISTOIKE DU CONCILE DE Tl'.ENTE.

guerre, puisqu'il ne fit aucun mouvement du vivant même de Paul ; mais en tolérant la revolnlion de Parme, on voyait bien qu'on (>\(il{>rait l'empereur à prendre les arni Enfin lo Pontife, à l'occasion de Parme ,

irmes.

ne

déclarait pas la guerre au roi, mais a son feudalaire comme à un rebelle. Le roi y entrait seulement comme confédéré : au lieu de cela, pour recouvrer Plaisance , il aurait fallu combattre nommément Tempère

reur.

lui envoya-t-il pas son propre neveu? ne fitil pas retourner en France M. de Montluc, en le chargeant de réitérer les prières et de multiplier les promesses? Ne mit-il pas en marche force envoyés et force cardinaux pour traiter avec le duc Octave, sacrifiant, comme il le disait, sa dignité à la charité? Ne lui obtint-il pas en consistoire l'adhésion du sacré collège à tout ce qu'il avait demandé? ne lui en envoya-t-il pas les bulles? Ne se montra- 3. Sarpi va jusqu'à avancer que plusieurs t-il pas tout disposé, pour cet effet, à enlever pensaient que le Pape désirait une rupture à Jean-Baptiste, son neveu, Camerino, dont entre Charles et Henri pour troubler le con- il lui avait donné à vie le gouvernement? Et cile. Et il ajoute, comme de lui-même, que le depuis , quand la guerre fut allumée, et avant Pape bien certainement faisait de plus fré- que le concile fût dissous , n'employa-t-il (lucntes et de plus instantes prières auprès pas la légation du cardinal Verallo auprès du de l'empereur pour obtenir la déclaration de roi pour lui demander la paix (1) et pour lui la guerre, qu'il n'en faisait auprès du roi pour faire les plus amples propositions, pourvu obtenir la conclusion de l'affaire. La pre- que, pour l'honneur du Siège apostolique, mière assertion est un des jugements les plus téméraires que puisse faire ou un esprit faux

Octave sortît de Parme? D'un autre côté, que

no fit-il pas auprès de l'empereur? Ne lui re-

ou un esprit méchant; la seconde est un des présenta-t-il pas, par l'organe du nonce Dan-

, L -j 4- <^„,i:„ dini, les nombreuses raisons qui lui faisaient

un devoir de fermer alors les yeux, et d'attendre pour les ouvrir que sa main fût dégagée d'autres embarras? Ne protesta-t-il pas qu'il ne pouvait, pour sa part, dépenser plus (2) de quarante mille écus, quoique dans la suite, le dé une fois jeté, il lui fallût en

mensonges le plus évidemment en contradic lion avec les mémoires de ces temps.

i. Quant à la première, est-ce que Jules n'avait pas d'autres moyens plus faciles d'éviter le concile? N'aurait-il pas pu répondre à l'empereur, et cela avec l'apparence la plus spécieuse de vérité, qu'il voulait pour-

suivre le jugement de la translation déjà dépenser beaucoup davantage? I[est vrai que commencé, et ne pas laisser, aux yeux du l'accord ayant été

monde présent et à venir, de doute sur sa ))ropre équité et sur celle de Paul, son bienf;!iteur et son prédécesseur, dans un acte si mémorable? Outre cela, qui le contraignait de persuader si fortement à Henri, comme nous l'avons vu, d'y consentir, lui qui savait fort bien que ce prince ne consentirait jamais autrement à un concile en pays autrichien? Or, le Pontife, n'ayant pas voulu employer des moyens si ùiciles d'éviter le concile, allait-il's'aviser d'acheter bien cher l'espoir de

rompu par Henri et par Octave, et que les instances de l'empereur ayant forcé Jules à déclarer la guerre, ce dernier désira, pour son honneur et pour sa sûreté, avoir à sa disposition de grandes ressources pour assurer le succès de l'entreprise.

6. Un peu après, Sarpi en vient à exposer les raisons pour lesquelles les Français prétendaient n'être pas obligés aux futurs décrets de ce concile. L'une de ces raisons était, si on l'en croit, que, quoique les évêques de

lo troubler, en entreprenant une guerre si France ne fussent pas dans la nécessité pour éjnneuse dans un moment où son trésor était aller à Trente de passer par les terres du

dans la mort de son neveu sa famille détruite jusqu'à la racine? Quoi encore? Sarpi n'a-til pas raconté lui-même que Jules alla jusqu'à avertir le roi de France, par l'organe d'Ascagne de laCornia, qu'un prince ne pouvait faire de plus grande offense à Dieu que de s'opposer à la marche d'un concile œcuménique? Ensuite, quand il envoya Véralli comme légat au même prince, parmi les autres raisons propres à l'attirer au concile, ne fit-il pas valoir surtout (1) celle du bien que procurerait à l'Eglise la continuation de cette assemblée qu'on avait reprise?

5. Quant à la seconde, que ne fit pas Jules pour arranger ce différend? Outre ses bons offices qu'il interposa par l'entremise de l'ambassadeur et des cardinaux de Ferrareet dcTournon ; outre ceux qu'il interposa encore par l'entremise du nonce auprès du roi, ne

(I) bisiniclion doniiéo à Venillo le \yS\, i)armi les paniers de MM. IJorglièse

13 octobre

pas de guerre entre le roi et l'empereur, et que la liberté des voyages et des relations n'était pas suffisamment interrompue par l'alliance du même empereur avec le Pape, au nom de qui se faisait la guerre? Sarpi ignorait-il si de son temps on disait que la guerre avait jamais été déclarée entre les deux couronnes , lorsque les Français s'étaient alliés aux provinces unies de Flandre ou au duc de Savoie, qui combattait contre le roi d'Espagne? Ne voyait-il pas lui-même que les sujets d'un roi avaient la liberté d'entrer et de séjourner en toute sûreté dans les états de l'autre , et que les ambassades réciproques , ainsi que toutes les relations d'amitié et de parenté, continuaient entre eux ?

(1) Cela est dans rinstniolioii ciléc.

(2) Cela est dans rin.>Uiiction donnée à Riccio, trésorier.

7. Néanmoins si Sarpi s'était borné à don- mis de ne pas les accepter, ça été uniquener cette raison dont s'autorisaient alors ment parce que les conciles reçoivent d'elle réellement les Français, lors même qu'il eût l'autorité et n'ont point d'autorité sur elle, passé sous silence la réponse qu'on y oppo- C'est pourquoi quand le légat qui y assiste sait , il eût été partial , mais non menteur. Il en son nom n'a pas d'instructions spécifiées se laisse aller jusqu'à imputer aux sages surtout ce qu'on doit y déclarer et établir, conseillers du parlement de Parisun sentiment la validité du concile reste en suspens jusqu'à aussi opposé à leur doctrine qu'à leur reli- la ratification du Siège apostolique , comme gion. Le voici :C'estque dans touteslesassem- le démontre le cardinal Bellarmin , ce qui n'a blées ecclésiastiques, et même par conséquent pas lieu de la part des autres églises subaldans les conciles œcuméniques , quiconque ternes. Si quelquefois on a laissé au gré de est absent , quoiqu'il n'ait point d'empêché- quelques-unes, qui n'avaient pas assisté aux ment légitime, n'est pas tenu aux règlements assemblées ecclésiastiques , de recevoir les qui s'y font , ce qui enlèverait à l'Eglise non constitutions établies, ce qui pourtant ne seulement son gouvernement monarchique , s'est jamais permis à l'égard des dogmes de comme voudraient les hérétiques, mais en- la foi décrétés dans les conciles généraux, core, pour ainsi dire, toute forme de commu- cela s'est fait parce que leur absence n'ayant nauté et de gouvernement, laissant vivre les pas eu pour cause la révolte, et parce que ne hommes comme ils vivaient dans les temps sachant pas si ces constitutions étaient adaples plus reculés et les plus barbares. Peut-on tées au bien de ces diocèses , dont les admiimaginer un désordre plus grand , plus con- nistrateurs n'avaient pas été entendus , on a traire aux Ecritures , aux traditions , aux mieux aimé avoir pour elks cette douce conhistoires ecclésiastiques , à la direction des descendance de ne pas les y obliger contre fidèles, aux lumières de la raison? Qu'on leur consentement et leur volonté. Mais nier trouve une seule nation , pourvu qu'elle ne généralement cette autorité aux conciles de soit pas descendue au dernier degré de la l'Eglise , c'est nier que l'Eglise est l'Eglise ; barbarie, qui vive ainsi affranchie du joug car ce nom ne signifie pas autre chose que des lois et d'un gouvernement commun? réunion d'hommes assemblés, et par consé- Quand a pu avoir jamais une apparence de quent une direction commune : et c'est afvérifé , je ne dis pas dans l'esprit d'un con- firmer que le gouvernement établi par Jéseiller, mais dans celui même d'un écolier sus-Christ est le plus imparfait de tous ceux de Paris, l'opinion qu'il est permis à tout évé- qui sont en usage parmi les hommes, que inférieur de se créer une hiérarchie, 8. Or quoique tout ce que nous venons de un monde de lui-même? Les Français ont-ils dire soit vrai, néanmoins il arrive en cela ce jamais observé cette règle dans leurs syno- qu'Aristote nous enseigne dans sa logique , des provinciaux ou diocésains, de manière savoir , que quelquefois il y a de fausque dans ceux-là il fût permis à tout évêque, ses prémisses dont on tire une conclusion et dans ceux-ci, à tout recteur, de ne pas se vraie. En effet S. Grégoire d'abord, pour ce présenter, et, sous ce prétexte, de ne pas ac- qui concerne le premier concile d'Ephèse, afcepler les décrets communs? Sarpi, pour firmelecontrairedecequeluiattribueSarpi.il étayer son assertion, produit plusieurs au- écrivit à la vérité à Anaslase (1), évêque d'Anteurs , mais sans citer ni les passages ni les tioche, qu'il en chercheraitun exemplaire cortextes. Excellent moyen pour qu'on ne puisse rect et qu'il le lui enverrait de Rome. II ajouta le convaincre de fausseté. Néanmoins cetar- qu'il lui en était venu un de Conslanlinople, tifice ne lui a pas entièrement réussi. Selon mais altéré, dans lequel étaient confondues', lui, S. Grégoire dit que l'Eglise romaine n'a avec les articles catholiques, beaucoup d'erpas reçu les canons du 2' concile de Constan- reurs de Pelage et de Célestin que ce concile linople et du premier d'Ephèse. Accordons avaitréfulées.S.Grégoireabienditunefois(2), maintenant ce qui est faux : ce que nous du premier concile de Constanlinople, et non discuterons ci -après : je demande : Pourquoi du second, que l'Eglise romaine l'approuvait nelesa-t-elle pas reçus? Est-ce parce qu'elle dans la condamnation de Macédonius; mais n'y a pas assisté? Assurément on ne peut que jusqu'alors fj «a- canone* eï gesta non fial'affirmer, du moins par rapport au premier buil nec accepit. Il y survint cfuelque diffid'Ephèse. Elle y assista (1); le Pontife Cèles- culte, non au sujet de quelque loi qui prestin y présida dans la personne de S. Cyrille, crivît la réforme des mœurs ou des tribunaux son légat. Ainsi, il n'est pas vrai que S. Gré- ecclésiastiques, mais au sujet du canon 3% goire, supposé même qu'il ait dit ce que rap- dans lequel, après l'évèque de Rome, on donporte Sarpi , favorise le sentiment à l'appui "ait le premier rang à celui de Constantinoduquel il le cite, c'est-à-dire il n'est pas pie : ce qui paraissait contraire et à l'usage vrai qu'une église, qui n'a pas assisté à quel- antérieur de l'Eglise, et aux statuts du conque concile, soit libre d'en recevoir ou d'en cile de Nicée (3j. C'est pourquoi plusieurs rejeter les règlements. Mais il est bien vrai souverains Pontifes s'y opposèrent longtemps que Sarpi, en rapportant cela, bat en ruine, jusqu'à ce que, par amour pour la paix, il fût sans s'en douter, tout son édifice : car l'Eglise

romaine ayant assisté à ce concile, et ayant (i) Liv. 7,ind. 2, ép. 47.

consenti à ses décrets, s'il ne lui a pas été per- (2) Liv. 6,' ép. 5l'. »

..... ^ (5) Voyez l'histoire du même concile, imorimép

(n Voyez Bellarmin , livre t ■ dr Coiintiis , cliapi- dans l'édition des Conciles généraux . faite à Rom*

l''-l!>- sou5P;miIV. '

CoNc. PK Trentk. h. ^ (Dix-neuf.)

reçu d'abord par l'usage et par un consen- deux conciles s'accordaient à réfuter les bêlement tacite de l'Eglise romaine, ensuite résies des trois personnages cités. H s'en

Lombards, que c'était sans fondement que rence portait non sur les dogmes, mais sur plusieurs avaient dit que l'Eglise romaine les personnes dont il n'avait été question, s'était éloignée des quatre premiers conciles, dans le concile de Calcédoine, qu'après Assertion à laquelle donnait quelque lueur qu'on eût entièrement établi la doctrine. Ce de vérité ce que nous allons dire relative- n'était donc pas là un article de foi qui apment au second point. partînt à l'infaillibilité de l'Eglise. Néaii- 9. Quant donc a ce qui regarde le deuxième moins, afin d'enlevercette espèce de scandale, concile de Constantinople , la difficulté con- quel qu'il fût , il jugea qu'il valait mieux no sistait en ce qu'on y avait condamné les pas publier la lettre (2^ qui approuvait ce personnes de Théodore de Mopsueste , d'I- concile, et la passer ordinairement sous sibas et de Tbéodoret. Un des trois était mort lence.

avant d'être condamné et accusé pour ses 10. Enûn Sarpi dit qu'on ne pouvait souf-

erreurs; un autre , dans une lettre où il les frira Rome que le roi voulût faire la guerre

rapportait historiquement et où il déclarait au Pape, et prétendît en même temps ne pas

en même temps vouloir revenir à l'unité de déroger au respect qu'il devait au Siège apos-

l'Eglise, semblait les avoir révoquées. Aussi tolique , puisque le Siège apostolique n'est

avait-il été admis à celte unité par le concile autre que le Pape. Il ajoute que les Français

de Chalcédoine, après qu'on y eût décrété niaient cette assertion, alléguant, pour prou-

dogmatiquemcnt. L'empereur Justinien ayant ver le contraire, les paroles de quelques an-

donc d'abord condamné ces trois personna- ciens Papes, qui ont appelé le Siège aposto-

ges, le pape Vigile (2) s'y était fortement op- lique (3) leur maître.

posé; car il pensait que cette condamnation 11.11 n'y avait certainement personne à

attaquait l'honneur du concile de Calcé- Rome qui fût assez grossier pour admettre

doine, et qu'un prince laïque ne devait point une identité véritable et proprement dite en-

s'immiscer dans ces sortes d'affaires. En- tre le Pape et le Siège apostolique; carie

suite voyant qu'il en résultait un schisme, principe dont on convient le plus génèralc-

il y avait consenti. Dans la suite , voyant que ment parmi les hommes, est qu'une même

son consentement occasionnait un nouveau chose ne peut être l'objet de deux proposi-

schisme, comme cet article n'appartenait pas lions diamétralement opposées. Cependant le

à la foi , il se retira une seconde fois. Ainsi Pape change, et le Siège apostolique ne change

il refusa de concourir au concile mentionné pas, mais il est toujours le même. Bien plus,

de Constantinople. Beaucoup de catholiques il subsiste et est exposé au respect et àl'ou-

s'unirentàlui, pendant que d'autres catholi- trage, même quand il n'est occupe par au-

ques s'attachèrent au concile. Dans ce diffé- cun Pape. C'est aussi la coutume des Papes

rend, les uns et les autres combattaient pour de dire qu'ils verseraient leur sang, renon-

soutenir le concile de Chalcédoine dont nous ceraient à la vie et souffriraient toutes sor-

avons parlé : Vigile et ses partisans , parce tes de maux pour le service de ce Saint-Siège,

que ce concile avait reçu les trois personna- Aussi n'cst-il pas étonnant qu'ils lui aient

ges ci-dessus à l'unité de l'Eglise; les oppo- reconnu le titre de maître, et de maître supè-

sants, parce que les écrits de ces trois per- rieur à eux, puisqu'ils ont également l'usage

sonnages contenaient les erreurs que le de prendre, en général, celui de serviteurs

même concile avait condamnées , et ce der- des serviteurs de Dieu. C'est ainsi encore que

nier sentiment prévalut enfln. Ainsi ce se- l'empereur et le trône impérial, la république

cond concile de Constantinople auquel Vi- et les sénateurs actuels qui administrent la

gile ne voulut pas assister, et qui d'abord ne république ne sont pas la même chose. Cela

fut point œcuménique et légitime , approuvé est si vrai, que quelqu'un pourrait avoir une

dans la suite ou par lui ou par Pelage son haine personnelle contre le Pape , contre

successeur, reçut la sanction qui lui man- l'empereur et contre les sénateurs, et néan-

quait. Mais cela occasionna dans la suite un moins aimer le Siège apostolique, le trône

schisme parmi les fidèles; car les Eutychiens impérial et la république, et travailler à l'a-

et les autres qui avaient été condamnés dans grandissement de ces puissances. Mais cette

le concile de Chalcédoine , objectaient que identité qu'on reconnaissait à Rome était

l'Eglise romaine avait abandonné celui-ci en celle qui regardait l'autorité; car l'autorité

approuvantle deuxième de Constantinople. Or du Siège apostolique n'est pas autre que celle

S. Grégoire, en plusieurs endroits (3), s'oc- du Pape. C'est pourquoi on ne peut en même

cupe à dissiper cette contradiction apparente temps désobéir au Pape considéré comme tel,

et démontre que , quant à la doctrine, ces en rejetant un concile convoqué par lui, et

(1) Liv. 12, ép. 7.

(2) Voyez les raisons et la marche de celle cou- (l)Liv. 5, ép. 57.

duite d;ins Baronius, aux années du |»ape Vigile; sur- (2) Voyez la letlre 37 précitée du liv. 3, et Séveria

loul depuis rauiiée 546, et successiveinenl jusqu'à Binius, dans les noies sur la Vie de S. Grégoire.

Tannée 555. (3) Etienne 111 rapporte dans le quatrième canon

* (3) Liv. l"', ép. 24; liv. 2, ép. 56; liv. 5, ép. 4; de la dislinclion 19 , dit : Uœc sacromncla domina

liv. 7, ép. 53; liv. 12, ép. 7. nosira Romatia Ecdesia.

589 LIVRE DOUZIÈME «.^q

conserver l'obéissance due au Siège aposto- aux règles des syllogismes qu'à celles de

lique ; comme on ne peut désobéir à l'empe- l'histoire. Mais si l'usage de celle-ci est plus

reur, considéré comme tel, et obéir au trône noble pour former l'esprit à la connaissance

ijnpérial; ni être rebelle aux décrets du se- de ce qui est vrai, l'art de ceux-là est dIus

nat et rester soumis à la république. Je de- nécessaire pour le désabuser de ce qui est

mande pardon au lecteur si les sophismes, à faux : c'est qu'il est toujours plus nécessaire

la vérité peu croyables, mais trop accrédités de se guérir d'un mal que de songer à se pa-

de cet homme, me forcent de recourir plutôt rer d'un bien.

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