‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 140 sur 348 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

On examine ce que dit Sarpi de l'origine et des progrès de la juridiction ecclésiastique.

1. Quant aux matières de discipline, on résolut de continuer à détruire les obstacles que rencontrait la résidence, un des plus grands qu'alléguaient les évêques , c'étaient les entraves qu'on mettait à l'exercice de la juridiction. De là Sarpi prend occasion de faire une longue digression sur l'origine et les progrès de la juridiction ecclésiastique. Selon son usage, il prononce sans prouver, comme un oracle, et s'efforce de graver dans l'esprit de ses lecteurs ces trois idées :

2. La première, que la prétention des évêques à juger les différends, sans le concours

chercher la preuve. Au lieu de cela, pour établir la vérité contraire avec force et avec dignité, il me faudrait , à moi , composer un autre volume que je remplirais des raisonnements de tant d'hommes fameux qui ont traité cette matière ex professo. Son second avantage c'est de n'avoir pas à se garder de blesser, ou plutôt d'avoir pour but de flatter la multitude et de troubler la chrétienté. Ainsi il a pu dire tout ce qui lui convenait à lui qui voulaitqueses livres vécussent comme des bannis qui ne s'abstiennent pas des actes qui les font haïr et proscrire des différents pays, parce qu'il leur suffit de les parcourir non comme des hôtes, mais comme des ennemis. Au contraire, mon but, à moi, est la paix des chrétiens , et je ne voudrais pas blesser les hérétiqueseux-mêmes, mais les convertir; je ne voudrais tout au plus les frapper qu'autant qu'il est nécessaire, ou pour me bien défendre, ou pour préserver les catholiques de leurs coups. Je crains beaucoup plus encore d'entrer dans des raisonnements qui déplaisent à la puissance séculière dont les démêlés avec la puissance spirituelle sont, à mon avis, une des plus grandes calamités que puisse souffrir l'Eglise, c'est-à-dire le corps composé de ces membres qui ont Jésus-Christ pour chef. Ce serait précisément ce qui arriverait dans le corps humain si le bras droit et le bras gauche disputaient entre eux et en venaient à se blesser réciproquement. Il me suffit donc de soutenir la vérité de ce qui est unanimement avoué partout catholique, sans me jeter dans d'autres questions douteuses ou au moins délicates.

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