‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 148 sur 348 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Matières apprêtées pour la session quatorzième relativement au sacrement de la pénitence et de l' extrême-onction. Erreur de Sarpi sur ce sujet.

1. Pour tenir la session prochaine au jour fixé, on eut grand soin de hâter les préparatifs nécessaires : car on avait toujours éprouvé que le temps qu'on y employait allait au delà de ce qu'on croyait. On écrivit sur un papier qu'on communiqua à chacun des Pères pour les examiner, les erreurs des différents hérétiques touchant les sacrements de la pénitence et de l'extrême-onction. Ensuite on convint des bases sur lesquelles on appuierait les sentiments.

Les articles concernantla pénitence étaient les suivants :

2. Que la pénitence n'est pas proprement un sacrement institué par Jésus-Christ pour la réconciliation de ceux qui sont tombés après le baptême; que ce n'est pas à bon droit qu'elle est appelée par les Pères, seconde planche après le naufrage ; mais que réellement le baptême est le même sacrement que la pénitence.

3. Qu'il n'y a jjas trois parties de la pénitence, la contrition , la confession et la satisfaction; mais seulement deux, c'est-à-dire , les terreurs imprimées aux consciences quire connaissent leurs péchés et la foi conçue par l'Evangile ou par l'absolution , en vertu de laquelle on croit que ces péchés sont remis par Jésus-Christ

4. Que la contrition à laquelle on se dupost par l'examen , par la réflexion et par la détestation des péchés , ne prépare pas à lagrdce de Dieu et ne remet pas les péchés; que bien plus, elle rend plutôt l'homme hypocrite et plus grand pécheur ; qu'aune telle contrition était WMç douleur forcée et non libre.

5. Que la confession sacramentelle secrète n'est pas de droit divin , et quil n'en est fait aucune mention dans les Pères avant le concile de Latran; qu'il n'y est question que de la pénitence publique.

les aumônes et les autres bonnes œuvres qui ne sont pas commandées par Dieu, et qui sont appelées œuvres de surérogation.

13. Que les satisfactions ne sont point du culte de Dieu, mais des traditions humaines

6. Qu'énumérer ses péchés dans la confcs- qui obscurcissent la doctrine de la grâce et du,

sion n'est pas chose nécessaire, mais libre, pour vrai culte de Dieu, et le bienfait de la mort de

en obtenir le pardon ; qu'elle n'est plus utile Jésus-Christ; que c'est aussiune invention que

maintenant que pour l'instruction et la conso- de dire que les supplices éternels soient, par la

lotion des pénitents , et qu'anciennement elle vertu des clés , changés en peines temporelles,

devait être imposée pour satisfaction canoni- puisque l'office des clés n'est pas d'im.poser des

que ; qu'il n'est pas non plus nécessaire de con- peines, mais d'absoudre.

fesser tous les péchés mortels, comme les péchés secrets et ceux qui sont contre les deux derniers commandements du Décalogue, ni les circonstances des péchés; que c'est là rme invention d'hommes oisifs, et que vouloir qu'on les confesse tous, c'est ne laisser rien à pardonner à la miséricorde divine; que même il n'était pas permis de confesser les péchés véniels.

1. Que la confession de tous les péchés qui est enjointepar l'Eglise est impossible, cl qu'elle est «ne tradition humaine que les hommes pieux doivent supprimer ; que l'homme également n'est pas tenu à se confesser dans le temps du carême.

8. Que l'absolution du prêtre n'est pas un acte judiciaire, mais un ministère qui consiste simplement à prononcer et à déclarer que les 2)échés sont remis à celui qui se confesse ,

Suivaient quatre articles sur l'extréme-onction, absolument en cette forme :

14.. Que l'extrême-onction n'était pas un sacrement de la loi nouvelle institué par Jésus- Christ; mais seulement un rit venu des Pères ou une invention humaine.

13. Que l' extrême-onction n' apporte point la grâce ni la rémission des péchés , et qu'elle ne soulage point les infirmes , qui dans les temps anciens revenaient â la santé pur la grâce des guérisons ; que par conséquent elle avait cessé avec la primitive Eglise, comme aussi la grâce des guérisons.

IG. Quelc rit et l'administration de l'extrêmeonction ne se font point selon Vesprit de l'apôtre saint Jacques ; qu'ainsi on doit les changer, et que les chrétiens peuvent les mépriser sans péché.

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