CHAPITRE XII. et dans l'omission volontaire des solutions si
On examine (Vautres objectiGns que Sarpi at~ connues et si solides qu'on y donne. îl allègue,
tribue aux théologiens franciscains, sur la f u nom dos Fnmciscains, contre cet article,
matière et sur lesparties de cesacrement,énu- ? pariîcdu bap emc pour lequel la contri-
mérées par le concile, et sur la siqnification <'«" ^st a la vente requise sans que pour cela
au on y donne pareillement à Vabsolution; <; le soit partie de ce sacrement Mais quel
et à Ambroise Félarnuo sur Vinstitution de eleve en théologie n a pas appris la réponse?
ce sacrement. Enfin on examine ce que Car la contrition n est pas nécessaire pour
Sarpi dit de l'autorité exercée par le légat, tout baptême comme cela parait dans celui
^ des enlants. Delaon voit qu elle n en est pas
î. Sarpi en vient aux objections faites par partie, mais qu'elle est seulement requise
les théologiens franciscains : il raconte que avant l'infusion de la grâce dans celui qui a
deux décisions leur déplaisaient extrêmement péché actuellement , et cela en vertu de cette
dans les décrets qu'on a rapportés. règle générale que la faute commise volon—
Lapremièreélait celle qui appelait les trois tairement n'est pas pardonnée jusqu'à ce
actes du pénitent dont nous avons parié, ma- qu'elle cesse d'être volontaire : ce qui a lieu
tière du sacrement; car il leur semblait que au moyen du repentir pour le passé, et au
la matière doit être iine chose appliquée par moyen du bon propos pour l'avenir, conte—
le ministre à celui qui reçoit le sacrement; nus l'un et l'autre dans la contrition, soit
mais je réponds que ce que le concile ne dit dans la parfaite , soit dans l'imparfaite , qui
pas, ne pouvait leur déplaire : car il n'a pas autrement est appelée a/rrî7<on, tandis qu'il
appelé ces actes matière, mais comme, matière ne peut jamais y avoirde cas où ce sacrement
du sacrement. Et ainsi il conOrma plutôt le delà pénitenceproduiseenticrementses effets,
sentiincnt de Scot , qui pense qu'ils ne sont comme parle le concile, sans les actes en
pas vraiment matière. Je réponds encore question du pénitent.
qu'il n'y avait pas lieu à discuter là-dessus, 3. La deuxième chose qui déplaisait aux puisqu'Eugène IV et avec lui le concile de Franciscains, si nous en croyons Sarpi, Florence, dans le décret aux Arméniens, s'é- c'était la décision par laquelle on aftirmait tait exprimé de la même manière ; il paraî- que le prêtre absolvait réellement, et ne détrait plus vraisemblable que les Franciscains clarait pas plutôt le pénitent absous en vertu n'auraient pas approuvé ce que Sarpi confond de la contrition précédente. Sarpi a jugé cela ici comme une, uiêine chose avec la définition vraisemblable, se persuadant que les Franci-dessus , c'est-à-dire qu'ils n'auraient pas ciscains soutenai(MU qu'il fallait, pour le satrouvé bon que le concile eût affirmé que ces crement, la contrition parfaite, et ainsi une actes du pénitent sont parties du sacrement, contrition telle qu'aussitôt et avant l'absolu- Scot voulant bien qu'ils soient des circonstan- tion elle effaçait les péchés, comme pensa ces nécessaires (ce en quoi il s'est éloigné de 1 un d'eux, saint Bonaventure , qui suivit en l'hérésie postérieure des modernes), mais non cela le Maître des Sentences. Mais il n'en fut parties. Cependant on trouve parmi les Fran- pas ainsi : car celui qui seul soutint cette ciscains de célèbres docteurs qui cherchent à opinion à Trente, n'était pas Franciscain , interpréter leur maître dans un sens qui ne et il la soutint sans nier toutefois que les diffère pas du sens ordinaire; entr'autres André péchés fussent remis par le sacrement, Véga, le plus fameux des Scotistes qui assis- comme nous l'avons raconté; de plus les tèrent à ce concile. Déjà quatre ans aupara- Franciscains n'avaient pas de raison pour vaut, dans le volume cité qu'il composa sur être mécontents de cela, puisque leurprincile décret de la justification, promulgué dans pal docteur, Scot, avait enseigné le coula session sixième , il avait exposé le senti- traire, et que de plus le sentiment du Maître ment de Scot de manière à ce qu'il ne pré- des Sentences et de saintBonaventure paraissentât de difficultés que dans les mots, et fût sait opposé aux paroles du concile de Flovrai dans le fond , c'est-à-dire que, selon lui, rence , où il est dit que rcff'et de ce sacrement Scot ne nie pas que ces actes soient parties du ^st d'absoudre des péchés. Le concile actuel ne sacrement en quelque manière , mais qu'ils pouvait parler avec plus de mesure de cette soient parties essentielles; il ne les lui assigne opinion, voulant surtout prendre dans le sens que comme parties intégrantes, selon le lan- propre ces paroles de l'Evangile, qui sont la gage de l'école , et nous avons vu que le con- base de ce sacrement, et auxquelles les hérécile procéda en cela avec beaucoup de mena- tiques faisaient violence pour les interprégement pour l'opinion de Scot, déclarant ter dans un sens métaphorique ; paroles , dans le chapitre troisième et dans le canon ^Js-je, dans lesquelles est confié au prêtre le quatrième, les actes précités du pénitent, non pouvoirdelieretdedélier;carsi l'on permettait parties du sacrement, mais parties de la pé- cette interprétation, que délier signifie qu'un nitence , et expliquant dans le troisième cha- homme a déjà été délié auparavant, on pouvait pitre ci-dessus qu'ils sont appelés parties de admettre également toutes les autres inter-' la pénitence en tant que par l'institution di- prétations métaphoriques et impropres, vine ils sont requis dans le pénitent pour Aussi, il y a déjà plus de cent cinquante ans'' l'intégrité du sacrement et pour la pleine et que Richard de Saint- Victor (1), théologien parfaite rémission des péchés. d'ailleurs d'une piété et d'une modestie singu- 2. La malice de Sarpi se révèle encore plus l'ères, a jugé si étrange cette doctrine, que dans la relation des objections contre ce nui /i\ n..v i,. i;.,r« ^. n , . . r jfui décrété dans le concile sur cette matièie, au^ihapiire 12. '""' '^'"'^' '' '"^'"""^
TÎISTOIRE DU CONCILE DE TRLNTE.
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n'avaient pas encore embrassée ni combattue des maîtres célèbres qui ne sont venus que depuis lui, que, bien qu'alors les décisions des conciles précités fussent encore à prononcer, il n'a pas craint de l'appeler digne de pitié plutôt que de réfutation.
4. Mais qui a fiisciné le pauvre Sarpi jusqu'à lui faire croire et affirmer avec tant d'assurance que cette opinion est celle de pres(pie tous les théologiens scolastiques , et le sentiment déclaré de saint Jérôme? Parmi les scolastiques, outre deux très-anciens , Richard et Hugues, du même temps et du
péchés sont remis ? Les défenseurs de S. Bonaventure ne l'arment pas de ce bouclier de paille : ils disent plutôt que son opinion n'a pas été entièrement rejetée, parce que cette réconciliation qui précède le sacrement est considérée par lui comme produite, non en vertu de la contrition seule, ce que voulait Pierre d'Osma, condamné expressément par Sixte IV, et ensuite tacitement par notre concile lui-même, mais en vertu du vœu de recevoir ce sacrement, vœu qui y est renfermé de manière que le pécheur, quoique parfaitement contrit, reste soumis à l'obligation de se con-
même pays, je puis compterpour le sentiment fesser, parce que de plus il affirme que, dans
contraire s.iint Thomas et Scot, avec une l'acte même de l'absolution , il y a rémission
foule innombrable de leurs disciples. Quant à de quelque dette qui restait encore , c'est-à-
saint Jérôme , je voudrais savoir quelle édi- dire, d'une partie de la peine temporelle qui
lion a cet homme pour y avoir trouve ce qu'on n'a jamais pu trouver dans les éditions ordinaires. Mais S^irpi se montre animé ici d'une charité inaccoutumée, en rapportant la réponse alléguée par les défenseurs du décret : Que Von ne condamnait pas abso
est encore due après le pardon de la peine éternelle , et parce qu'aussi il y a nouvelle infusion de grâce sanctifiante. Telles sont les raisons plausibles qu'on peut apporter en faveur de l'opinion de S. Bonaventure. Et bien qu'elles ne paraissent pas suffisantes, ce saint
Jument comme hérétique celui qui disait que et illustre docteur n'en perdra pas pour cela l'absolution est une déclaration que les péchés l'estime des hommes sages ; car ils savent sont remis, mais que les péchés sont remis à bien que d'autres docteurs très- anciens et celui qui croit certainement qu'ils lui sont très-saints ont professé des erreurs qui ont remis, paroles qui renferment le senti- été ensuite condamnées par l'Eglise, comme iuent de Luther seul. Mais les Franciscains dans la condamnation des sémi-Ariens et des n'étaient pas satisfaits par cette réponse , af- semi-Pélagiens, ou lorsqu'elle prononça que firmant que lorsqu'il s'agit d'hérésie, il faut tout mensonge est illicite, ou lorsqu'elle déparler clairement, et qu'il n'y aura jamais clara que les bienheureux voient clairement personne qui soupçonne ce sens.
5. Si le sentiment du concile avait été tel que le dépeint Sarpi , ce serait avec raison que ces théologiens auraient désiré une plus grande clarté ; mais on conclut le contraire de ses paroles. Les voici (1) : // enseigne outre cela que les prêtres mêmes qui sont en péché mortel, par la vertu de l'Esprit saint qui leur a été donné dans l'ordination , exercent comme minisires de J.-C. la fonction de remettre les péchés, et que c'est mal penser que de refuser aux prêtres coupables ce pouvoir. Et quoique l'absolution du prêtre soit une dis-
pensation du bienfait d'aulrui , toutefois elle que manière qu'on le reçoive ; qu'ainsi les resn'cst pas seulement un ministère qui consiste treindre à la seule institution du sacrement de simplement, ou à annoncer l'Evangile, ou àdé- la pénitence , et déclarer hérétiques ceux qui clarer que les péchés sont remis , mais elle est les expliqueraient autrement, serait donner une espèce d'acte j diciaire par lequel il pro- grande prise aux adversaires, nonce comme juge la sentence. 8. La première partie de ce raisonnement
G. Or quelle vertu de l'Esprit saint donnée n'a jamais pu sortir des lèvres de ce savant aux !>rêtres dans le sacrement de l'ordre se- homme. Elle n'aurait pas même pu venir à
Dieu, et dans d'autres décisions qu'elle porta. Bien plus, donner le privilège de l'infaillibilité à un homme en particulier, ce serait déroger à ce privilège que J.-C. a laissé en propre à ses vicaires.
7. Sarpi ne calomnie pas moins les Dominicains, lorsqu'il fait dire à Ambroise Pélargue, théologien de l'électeur de Trêves , que ces paroles du Seigneur : « Celui à qui vous remettrez, » eic, n'ont été peut-êtreentenduespar aucun Père de l'institution du sacrement de la pénitence ; mais par quelques-uns du baptême; par d'autres du pardon des péchés, de quel-
rait nécessaire pour déclarer seulement que le pénitent est réconcilié avec Dieu ? Ne voiton pas que le doute tombait sur la question de savoir comment un homme, qui est ennemi de Dieu, peut en réconcilier un autre avec
l'esprit des plus ignorants, sur ce théâtre oiî l'on avait déjà cité en foule les témoignages de l'antiquité en faveur de ce sacrement. Ou' il y en ait en effet un grand nombre de Irès-ciairs fondés sur les paroles que nous
Dieu ; et que le concile à cause de cela a re- avons rapportées, c'est ce qu'on voit évidem
cours à la vertu de l'Esprit saint imprimée ment, tant par ceux que nous avons exposés
par Tordre dans les prêtres, et qui a survécu brièvement, que par tant d'autres qu'ont ac
à ia perte de la grâce? De plus, comment se- cumulés les controversistes. Pélargue était
rait-ce une dispensatinn du bienfait d'autrui encore plus éloigné de dire ce qu'on lui prête
que de déclarer simplement que ce bienfait a ensuite ; car il avait lu la rédaction du décret,
été reçu? Enfin, est-ce que ces paroles ne ol il connaissait l'intention du concile. Cette
sont pas claires : Que ce n'est pas simplement intention n'a jamais été et n'a jamais paru
un ministère qui consiste à déclarer que les être de vouloir condamner celui qui attri-
(1) l)f\ns le chap. 6. huerait aux paroles précitées de l'Evangile
un autre sens qui ne serait pas opposé à l'institution de ce sacrement qu'il contient. Ainsi quelques-uns les expliquent en ce sens et en même temps dans celui du pouvoir donné aux prêtres, comme ministres ordinaires, de baptiser, quel mal y a-t-il à cela? Et en quoi donnent-ils par là tant de prise aux adversaires? Dans quelle dialectique a-t-on jamais appris qu'affirmer une chose soit en nier une autre qui est différente , mais qui n'est pas opposée?
9. Maintenant, que tout lecteur juge si les objections que rapporte, ou plutôtqaimagine Sarpi , étaient telles que, pour porter l'assemblée à ne pas en faire cas et à s'en tenir malgré cela aux décisions qu'on avait faites , il fût besoin que le légat employât, dans l'exercice de son autorité, cette violence dont l'entretient le fidèle historien. Cette violence n'ayant jamais été pratiquée par les autres légats précédents, surtout en fait de dogmes, comme nous l'avons soigneusement démontré , le cardinal Cresccnzio l'aurait encore beaucoup moins tentée , pendant qu'assistaient au concile trois électeurs et tant d'autres prélats distingués de l'Allemagne , qui n'auraient pas souffert qu'on violentât les théologiens de leur nation, et pendant que la plupart des évêques étaient sujets de l'empereur, et qu'il n'y en avait que très-peu qui dépendissent du Pape, comme on peut le voir dans le catalogue de ces évêques, inséré dans les premiers exemplaires du concile, imprimés à Anvers l'an 156i. Et cependant Sarpi est contraint d'avouer que la majorité se prononça pour qu'il ne fût fait aucun changement. Remarquons qu'il fallait encore avoir égard aux ambassadeurs de l'électeur de Brandebourg et du duc de Wurtemberg, qui étaient présents et qui auraient pu attester à toute l'Allemagne, comme témoins oculaires, ces formes violentes. Et nous, n'avons-nous pas vu plus haut que le Pontife désirait tellement la présence des protestants au concile, que ce fut dans cet espoir seul et uniquement en vue de la promesse qu'on lui en faisait, qu'il se résolut à déroger au plan de son prédécesseur qui était encore plus le sien, en replaçant le concile à Trente. Comment donc voulait-il qu'on autorisât et qu'on justifiât dans leur révolte les hérétiques , comme on aurait fait, s'ils avaient appris par le témoignage des docteurs , des prélats et des ambassadeurs allemands qu'on n'écoutait pas volontiers jusqu'au dernier moment qui précédait la décision , quiconque avait à présenter quelque difficulté sérieuse, et que les avertissements des personnes habiles étaient jetés au vent sans obtenir le moindre examen? Ce que le légat Crescenzio faisait avec quelque sévérité, c'était de couper court aux digressions inutiles de ceux qui parlaient, et de mettre un frein aux discussions de manière à ne point les laisser dégénérer en disputes.
10. Pour terminer ce chapitre, il me reste à réfuter ce que raconte Sarpi relativement au sacrement de l'extrême-onction, quand il dit que , dans le premier chapitre, où on
traite de cette matière, la commission avait d"abord déclaré qu'il fut établi par J.-G. en S. Marc, chapitre 6; mais qu'ensuite un théologien avait remarqué qu'à cette époque les apôtres n'étaient pas encore prêtres , puisqu'ils ne furent point ordonnés avant la dernière cène ; qu'ainsi , lorsque le concile déclarait que le ministre de ce sacrement était le prêtre, c'était une chose qui paraissait dure et dangereuse que d'être obligé eu conséquence d'affirmer que J.-C, pendant le temps qui avait précédé, avait voulu dispenser de celte loi et leur donner hors de l'ordre le pouvoir de l'administrer. C'est ce qui porte à changer le terme institué en celui ^insinué, tenue qui est placé là, suivant la pensée de cet auteur, comme un morceau mal cousu au reste de l'étoffe.
11. Ce récit a les deux excellentes qualités que nous trouvons souvent dans les œuvres de notre historien : en premier lieu, il est convaincu de faux sur les pièces authentiques ; outre cela, pour celui même qui ne serait pas instruit du fond de l'affaire, il n'est pas croyable. J'ai dit qu'il est convaincu de faux sur les pièces authentiques , parce que dans les congrégations des théologiens de l'ordre inférieur, tenues le 22 et le 25 d'octobre , et par conséquent presque un mois avant qu'on ne dressât les canons et les dogmes , ce qu'on ne commença à faire qu'après le commencement de novembre, non seulement un, mais plusieurs d'entre eux remarquèrent que ce sacrement n'avait pas été établi , mais figuré dans ce qui est dit au chapitre 6 de S. Marc, comme l'a précisément déclaré le concile. Ces théologiens furent principalement Jodoce Ravestein , théologien de Louvain, envoyé par la reine Marie, et Sigismond Fédrio Diruta, provincial des Mineurs dans l'Ombric, théologien du cardinal de Trente. C'est ainsi que, dans la première rédaction proposée aux Pères, le 16 de novembre, on disait : Le saint concile enseigne que cette extrême -onction des malades est vraiment et proprement un sacrement du nouveau Testament, institue' par J.-C; mais indiqué et insinué par les apôtres, qui, comme on le lit dans S. Marc , oignaient dliuile les malades, et ceux-ci étaient guéris ; mais quil a été recommandé aux fidèles et promulgué par S. Jacques , apôtre et frère du Seigneur, dans le chapitre cinquième de son épître canonique, et ce qui suit.
12. J'ai ajouté que cela n'était pas croyable, même pour ceux qui ne connaissaient point l'affaire, parce que, bien que quelques Pères peu anciens et quelques théologiens aient pensé que les onctions dont il est parlé dans le chapitre sixième de S. Marc et dans le cinquième de S. Jacques étaieyit de même nature ; cependant le Maître des Sentences (1) a bien senti la différence, lorsqu'affirmant que ce sacrement, comme les autres, était institué par J.-C, et seulement promulgué par S. Jacques, il n'a tiré aucune preuve du témoignage précité de S. Marc, comme ne s'en sont pas également autorisés en traitant
(1) Dans le 4' livre, distinct. ''S, quest. i, art. 1.
eos HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. CÔ4
le même sujet avant lui, Hugues de Sainl-Vic- instituteur et auteur de ce sacrement. C'est tor, et après lui Alexandre de Halès, S. Bona- ainsi que nous disons que les sacrements du ven'lure et les autres scolastiques. Bien plus nouveau Testament sont insinués et figurés S. Thomas, sur cet article du Maître des dans l'ancien. Il me semble qu'on peut appli- Sonlcnces, dans la questioncule troisième, à quer à Sarpi, dans ces attaques sans nombre l'arlicle premier, explique pourquoi les contre le concile, ce qui fut répondu à un Evangélisles ne parlent pas de ce sacrement, et ainsi il suppose qu'il n'en est pas fait mention dans ce passage de S. Marc, qu'il n'avait nullement oublié alors , puisqu'il dit après : Toutefois il est question d'onction cVhuile dans le chapitre sixième de S. Marc. Il est clair par là qu'il ne vit pas dans celle onction l'administration de ce sacrement, mais un préparaîif et une figure de ce rit sacré, précisément comme fait le concile. Il n'est donc pas vraisemblable que le concile lui-même, sans être appuyé sur les principaux Pères et sans le consentement, ou plutôt contre le consentement de l'école , se disposât à faire cette définition, et que l'avertissement d'un seul théologien parmi tant d'hommes du plus grand savoir l'en ait détourné. Il est encore bon de remarquer que Dominique Soto, qui avait été présent au concile quand on fit le décret de la justification et quand on rédigea l'article des sacrements, avait dû sans aucun doute suggérer cette observation aux autres, comme nous voyons qu'il la fit lui-même dans le commentaire qu'il a écrit sur le i" livre des Sentences. J'ajoute que l'opinion négative n'est pas seulement prouvée par la raison que 1 s apôtres n'étaient pas encore prêtres quand S. Marc rapporte l'usage qu'ils faisaient de l'onction, mais encore parce que cette onction, autant que l'indique l'Evangile, rendait seulement la santé du corps , et la rendait infailliblement sans se restreindre à ceux qui étaient en danger de mort , puisqu'elle s'étendait aux aveugles, aux boiteux et à tous les infirmes ; et de plus, parce qu'on le donnait, autant qu'on peut le conclure de la suite du récit, môme à ceux qui n'étaient pas baptisés et aux infidèles, et par conséquent à ceux qui étaient incapables des sacrements ; qu'ensuite ce mot, insinué, ait été placé à propos, c'est chose facile à comprendre. Bien plus, si le concile avait affirmé que ce sacrement fut institué par J.-C. dans ce passage de S. Marc, il n'était pas besoin d'en chercher une autre promulgation faite après son départ de ce monde ; car il suf "sait que le Sauveur l'eût promulgué devant les apôtres, l'eût fait consigner dans l'Evangile et l'eût transmis par les traditions ; aussi ie concile ne fait-il jamais mention de pareilles promulgations quand il est question des autres sacrements. Mais comme l'institution de
écolier présomptueux qui se vantait d'avoir trouvé cent contradictions dans un écrivain très-célèbre : Dites donc, lui répliqua un vieux maître qui était présent, cent endroits que vous n'avez pas compris.