‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 16 sur 348 · Que le danger ne s'arrêtait pas là; car · texte numérisé non relu

Que le danger ne s'arrêtait pas là; car

antérieurs , qu'on doit le premier rang aux que ces évêques, ainsi que l'avait sagement

matières les plus dignes, telle qu'est la foi remarqué Clément, craignant qu'on ne don-

compai'ée aux vertur morales sur lesquelles nât pas de suites à leur décret sur la cour

la réforme devait porter ; que la foi est le romaine, ne manqueraient pas d'établir d'à-

et'

bord le droit qu'ils auraient de la juger, à l'imitation de l'assemblée de Bâle ; et que pour cela ils voudraient dérider la supériorité du concile sur le souverain Ponlile ; que le Pape ne pourrait y consentir : que par dignité autanf que par conscience, il s'y opposerait comme à une doctrine funeste qui non seulement dégraderait le trône pontifical , mais même porterait le désordre dans toute la hiérarchie spirihielle, et qui, sous le nom spécieux de libcrlé, ferait dei'Egiise du roi pacifique un camp de perpétuelles discordes ; que les evêques qui ne seraient jam.iis pleinement satisfaits du chef, sachant d'ailleurs que leur juridiction est au-dessus de la sienne, quand ih parviendraient à se réunir dans un mêsne lieu ei à s'y entendre,

trer écrite en gros caractères la loi du Christ dans les œuvres des gardiens de l'enseignement catholique; d'autres, parce qu'ils étaient partisans de l'opinion des zélateurs allemands, qui leur seniblait plus dans l'intérêt de l'Eglise; car , lorsqu'il est question ' de guérir , on doit les premiers soins à la partie blessée : presque tous , parce qu'ils désirais'nt qu'on relevât la puissance épiscopaîe, qu'ils accusaient les tribunaux et les privilèges de Rome d'avoir toute rognée et réduite presqu'à rirn. Dès lors, les légats n'osèrent plus espérer de pouvoir, sans rompre avec eux, amener les Pères h autre chose qu'à faire marcher en même temps dans la discussion l'enseignement et la réforme.

C'est pourquoi ils consultèrent Pighiiii pour

seraient chaque jour à s'agiter pour renou- savoir s'il serait raisonnable de s'opposer aux

vêler une telle union qui , en les rendant évêques dans le cas où ils demanderaient

plus puissants que leur chef, les mettrait cou- une telle jonction; il répondit que non , et,

tinuellement en opposition de volonté avec ils notifièrent le tout au cardinal Farnè-

lui. et priverait de leurs soins leurs (lio(èses se (1). Mais la réponse se fit attendre quel-

dont ils se tiendront s;.ns cesse éloignés, que temps. Sarpi assigne à ce délai la cause

Quiis ne seraient p?»s , comme il arrive aux la plus iusensée : ce fut, dit-il, parce que le

sujets d'un prince teînporel, détournés de ia tenue fréciueiit;' de ces asseuiblées pernit ieuses par la fermeté d'un souverain qu'ils s;mraient en eirit de faire resjX'cler sa défense. Qu'ainsi i's vivraient continuellement en guerre avec le vicaire de Jésus-Christ, et méiïJe « ntroeux, eoamie il est dans la nature de t'>ule grjude assembiée où des hommes d'inclin.îtïon, de pays et dintéréts dilTérents, ne sont contenus (i;!ns le devoir par aucim souver.nn; et qu'au miiieu Je ces fluctuations (expression métaphorique qu'e/npioient les Latins en piirlantde la multitude réunie), ils agileriii' îii sans reiàehe 1 Eglise, où il se ferait un renouveUera'^nt perpétuel de ses lois, qui leur ôlerait à toutes l'antiquité , caractère seul qui les rende vénérables et les fasse durer. Que pour échapper à de si grands dangers , le conci!e n'avait qu'à commencer à s'occuper de l'examen de la. doctrine, et à laisser pendant ce temps-là le souverain

P.>p<" tout ocupé <le la guerre avec les protestaiils, se fondait peu s ir le concile. Comme si du <iernier jour de décembre où il avait envoyé ime ample instrut'tion citée par Sarpi lui-même jusqu'à la mi-janvier que durent être signées les lettres qui contenaient cette réponse, puisqu'elles furent remises aux légats avant la congrégation du 22 de janvier, il se fût passé quelque chose d'assez important pour faire changer la résolution du souvf^rain Pontife; comme si le souverain Pontife , lors même qu'il se fût peu fonilé alors sur le concile , eût voulu perniettre que, faute de ses instructions, le concile eût mal commencé; comme si la pleine solution de ces doutes ne fût pas arrivée peu de jours après, signée dès le 21 janvier ; et enfin, comme s'il fallait aller à la recherche de raisons profondes pour comprendre comment on n'a répondu que trois semaines après à une lettre écrite de Trente

Pontife entreprendre lui-même dans sa cour et qui renfermait beaucoup de questions dif-

une réforme sage et convenable qui s<'r;iit mieux reçue de sa part ; que la crainte qu'on avait eue à Rome de la réforme sévère dont la menaçait le concile, rendrait facile l'acceptation des chi'ugements moins durs qu'y ordonnerait le souverain Pontife; qu'on ne

ficiles et qui devaient être préalablement soumises à l'examen d'une assemblée de cardinaux romains. Quiconque écrirait de telles choses et les penserait, n'aurait pas les premières notions de ce qui se passe dans les cours. De plus, le Pape vivait sans inquié-

s'y soumettrait pas seulement sans opposi- i^de sur cette affaire ; car, ayant à cet ég^n-d

tion, qu'on le ferait même avec reconnais- donné ses ordres précis à ses légats peu de

sance. Et que ces changements moins durs temps auparavant, il ne se figura jamais ,

seraient aussi les plus salutaires, selon cette comme il parut ensuite, que ses légats con-

règle si vraie d'Arislote, que pour certains sentissent au contraire, avant qu'il eût ré

états, comme pour certains corps, vouloir les purger de toutes leurs humeurs mauvaises, ce n'est pas les guérir, c'et les tuer.

4-. Ces motifs avaient déterminé le souverain Pontif à donner l'ordre que nous avons rapporté plus haut, de commencer les travaux par l'enseignement de la foi. Mais les légats n'ignoraient pas l'éloignement et la répugnance bien prononcés des Pères pour ce mode de procéder : les uns, parce qu'ils pensaient que le livre le plus convaincant CQQlre les hérétiques serait de leur mon-

voqué ce qu'il avait ordonné d'abord. Mais ce qui dérange le plus , c'est ce qui arrive sans avoir été prévu, il en fut ainsi alors. 11 faillît que les légats consentissent à la discussion de ce point dans la première assemblée générale, puisqu'ils devaient se décider irrévocablement dans la session prochaine et se mettre ensuite à exécution.

5. Le cardinal de Trente attentif aux intérêts de l'Allemagne qu'il représentait ,

(i)Du 6 janvier 1546,

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