‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 181 sur 348 · Que le roi serait tenu de défendre le · texte numérisé non relu

Que le roi serait tenu de défendre le

7. Pendant qu'on faisait ces dispositions à Rome, Ruccellai traitait aussi en France. Ses offres furent diversement reçues. Le conné table de Montmorency et le cardinal de Tour non dissuadaient Henri de bâtir sur un mui qui menaçait ruine et qui n'avait appui d'aucun côté, tel qu'était un pape de quatrevingts ans et qui n'avait pour adhérent aucun des grands princes d'Italie. Ils auraient mieux aimé que Kon conclût la trêve avec l'empereur. Ils n'étaient pas seuls à le diiç et la reine faisait instance pour obtenir cette trêve, qui donnerait quelque repos à la France. Ces considérations n'empêchèrciil pas que l'avis contraire du duc de (iuise ik fût suivi. Il était conforme à celui du roi depuis longtemps jaloux des victoires d. Charles V, ainsi que des prospérités de l'Espagne et de ses grandeurs. En conséquenci il envoya à Rome le cardinal de Lorraine trère du duc de Guise, et obligea celui d( Tournon à faire le voyage, comme étant plu

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ancien et plus informé de l'état des affaires tenir, par pure jalousie, disait-il, et comme

modernes de l'Italie, Tous les deux, au nom une précaution, ses frontières armées et

du roi , signèrent les conventions le 15 de couvertes par le duc d'Urbin du côté du

décembre de l'an 1555. Le pape les sijçna royaume de Naples, ce qui empêcherait l«

aussi. Mais pour laisser ignorer à la cour la vite-roi de venir au secours de Sienne. Celln

substance du fait, dont il était impossible de politique du pape faisait craindre aux Far-

cacher l'extérieur et les mouvements qu'il nèse les suites d une guerre dans laquelle ils

occasionnait, le cardinal partit de Rome, seraient placés à la première file du bâtai"

comme ennuyé de ce qu'on ne venait pas à la conclusion. Mais on était d'accord qu'il passerait par Ferrare, et de là irait à Venise, pour engager le duc ot les sénateurs à entrer dans la ligue. Ici Soave se trompe, quand il fait partir d« Home le cardinal avant la

lou, exposés eux-mêmes, ainsi que leurs biens, aux insultes des ennemis voisins qu'on aurait provoqués, et n'ayant pas des armes assez fortes pour attaquer avec succès une monarchie si puissante dans les lieux ou elle était résidante et bien défendue. C'est

convention signée. Mais je l'excuse sur ce pourquoi le duc et le cardinal avaient plupoint, car tout fut fait si secrètement, que sieurs fois manifesté leur répugnance et démôme le cardinal Farnèse ne se douta de tourné le pape de celte entreprise, ils ne rion ; et cependant il y voyait de loin : ex- gagnèrent rien en faisant voir leur mécontrêmement curieux de ces sortes d'affaires, il lentement, que d'en être moins aimés et ne manquait ni de moyens, ni de personnes, moins estimés qu'auparavant. De là il arriva pour en être informé. encore que les ministres du pape, qui avaient 8. il est vrai cependant qu'à son égard les obtenu leurs charges par l'intervention du choses avaient bien changé. Dans le com- cardinal Farnèse (et Casa surtout) pour que mencement il eut toute la confiance du saint- leur fortune, qui était dans sa Heur, parût père et tant d'autorité à la cour, qu'à sa no- exempte de toute dépendance extérieure , minalion Casa fut fait secrétaire d'Etat et faisaient et disaient, en présence du pape el;

S.iHli trésorier. Le pape l'avait chargé d'écrire à l'un et à l'autre pour leur notifier leur nomination. D'autres ministres principaux lui avaient la même obligation, et la

du neveu , tout le contraire de ce qu'ils avaient dans le cœur. Enfin delà vint que, non-seulement on laissa ignorer à Farnèse la mission de Ruecellai, mais les manières

charge de premier ministre lui fut offerte, dont on usait avec lui n'étaient plus que les

Mais cette faveur (comme c'est l'ordinaire marques d'une amitié considérablement re-

idcs papes à l'égard des personnes de grande froidie. Et, bien que par la suite il se fût ré-

ilistinction qui ne leur appartiennent pas), signé à ne faire plus dans cette scène qu'un

c. Itcf îveur extraordinaire lut de peu de du- personnage secondaire, et qu'en récompense

réo. La diminution venait en partie des cour- le cardinal neveu lui donnât souvent la place

ti ans, dont la jalousie semait dans l'espritde d'honneur, et Casa toujours des marques de

Paul des soupçons et des plaintes; et la se- sa reconnaissance, tout cela ne fut plus qu'une

inence ne réussissait que trop. D'un autre couleur superficielle, qui ne laissait pas voir

cô'é, le cardinal Caraffa voyait dans Farnèse le fond des sentiments el des affections : ce

un rival à craindre. Il regardait comme un que les princes n'ont coutume de découvrir

préjudice fait à son talent et aux droits que qu'à ceux à qui ils sont obligés de le faire,

;lui donnaient le rang et la naissance, tout ou à ceux qui, par leur condition, ont tout

ce qu'on accordait de pouvoir à ceux qui ne à espérer ou tout à craindre de la part des

lui étaient pas assujettis par le ministère ou grands.

Ile grade. Enfin les Français avaient aussi ieur jalousie contre le cardinal Farnèse. lis savaient que les impériaux tâchaient de met- Ire les Farnèse de leur côté, en leur donnant <iuelque établissement au voisinage de Plaisance. Ils ne croyaient donc pas pouvoir planter sûrement dans un fonds que leurs adiversaires pourraient racheter toutes les fois t|u'ils voudraient. Ils s'étaient surtout avisés <]ue les Farnèse ne consentaient qu'avec peine à cet article du traité par lequel le pape ;et le roi chargeaient le duc Octave de faite :1a guerre au grand duc de Toscane : ce qui signifiait on efff't qu'Octave, avec les troupes

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