‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 184 sur 348 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Inutiles offices du comte de Saint-Val enfin à Rome, et Dominique del Nero à Naples, — Proclamation du duc d'Albe. — // députe Pierre Loffredi au pape et aux cardinaiijc.

1. Pour correspondre à la mission du comte de Saint-Valentin, et tout ensemble d'accusé

dans le conseil. 11 le savait bien ; mais considérant la mauvaise figure que fait toujours aux yeux des chrétiens celui qui attaque le vicaire de Jésus-Christ, il voulut faire de nouvelles démarches, tant pour justifier toujours plus sa cause, qui par là aurait l'air (l'une défense forcée, que pour faire tomber

qu'il était devenir accusateur, le pape avait tout l'odieux de la guerre sur le pontife, à

envoyé au vice-roi, Dominique* Nerius, romain, pour répondre à ses plaintes, se plaindre des propres offenses et proposer des voies d'accommodement. 11 fit part au sacré collège, tant de l'instruction que 1q comte lui avait communiquée, et qui contenait seulement les doléances ci-dessus rapportées, qued'une écriture par lui rédigée en réponse, pour que les carilinaux la considérassent attentivement

qui les cardinaux et tout le monde l'aurait attribuée. Pour ce sujet, il envoya à Rome Pierre Loffredi, chevalier napolitain , chargé de représenter au pape que l'instance ignominieuse et injuste faite par le fisc, et admise dans le consistoire contre l'empereur et le roi catholique et contre leurs royaumes , faisait bien connaître l'esprit qui l'animait et tout ce qu'il préparait de sinistre à ces deux prin-

l'aile disait que le pape n'avait en rien offensé ces. 11 ne restait donc rien autre à faire que

les rois en punissant ses propres sujets pour des crimes très-graves et publics , mais bien les rois avaient offensé le pape ei^protégeant des gens qui étaient de sa juridiction, condamnés et rebelles. Les procédures faites contre l'abbé Bersagni et l'abbé Nanni étaient

ce que ferait un fils obéissant contre un père qu'il verrait courir sur lui les armes à la main : lui enlever le gl*iive fatal. C'est à quoi se résoudront l'empereur et Philippe, quoique avec une extrême douleur d'y être contraints. Mais avant que cela arrive , le duc et tous

contre des clercs soumis à la juridiction du les princes qui sont sous sa dépendance, sou-

pape, et poursuivis pour des fautes qui outrageaient la majesté du prince; outre que l'abbé Bersagni, lorsqu'il fut saisi, n'était plus ministre du duc d'Albe. Pour la même raison, Garcia Lasso était détenu comme conspirateur contre l'Ktat du pape, et pour avoir violé le droit des gens, <}ui défend sur-

liailant de tout leur cœur qu'on n'en vienne pas à ces extrémités, veulent bien, par surabondance , faire un dernier effort : c'est de prier Sa Saintelé de quitter le pt^rsonnage d'ennemi , ei reprendre celui d'un bon père; révoquer ces décrets offensants, et entretenir la paix dans le christianisme : et il promet-

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tait que si cela avait lieu, l'cmperenr et le roi caiholiquc oublieraient les injures reçues, et continueraient d'être, envers le saint-père, (les enfants atToctionnés et respectueux. On priait le saint-père de communiquer ces considérations au sacré collège, donnant à chacun des Pères pleine liberté d'exprimer leurs propres sentiments; et que assurément ils ne lui donneraient que des conseils fidèles , pacifiques et salutaires. Pierre portait encore une lettre adressée au sacré collège, dont le contenu était à peu près le même; sinon qu'on les priait d'amener le pontife à des sentiments d'équité et de charité pastorale. 3. Loffredi avait ordre de présenter au pape et aux cardinaux les lettres qui leur étaient adressées, et de leur communiquer de vive voix ce que le duc lui avait recommandé, de manière pourtant qu'il ne séjournerait pas à Rome plusdcquatre jours, quelque réponse qu'on lui donnât et même au cas qu'on ne lui en donnerait point ; mais le pontife, qui était bien aise de tirer en longueur, jus(iu'à ce que Caraffa fût de retour et ap- ])orlât avec lui quelques secours de l;j France, comme nous dirons, fit entendre à J.offrcdi que, dans un si court espace de temps, il n'était pas possible de lui faire savoir aucune détermination. Que Loffredi, I après avoir parle au pape ferait sa visite aux cardinaux, dont ensuite le pape prendrait les avis, pour lui donner réponse sur les moyens de faire un accommodement raisonnable. Il lui fil concevoir sur cet accommodement les plus flatteuses espérances, tandis que autrement, il semblerait être venu, moins pour pacifier, que pourse jouer de la cour de Home. Loffredi, qui ne connaissait pas l'intention secrète du vice-roi, persuade par les raisons du pape, se laissa mener ainsi au préjudice de son maître, dont la réputation en souffrit, et à son propre dommage, par le malheur qui lui arriva. Son exemple fut une leçon aux ministres de ne suivre jamais leur propre jugement dans les choses qui sont préciscinenl et strictement commandées, îîncore moins lorsqu'ils ne voient pas la raison du précepte, ou de la défense, ne pouvant pas pour lors l'examiner , ils doivent la croire valable et peut-être de grande importance.

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