‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 19 sur 348 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Lettres destinées dans la même congrégation au Pape et aux princes: en y renonce ensuite, et pourquoi. Partage de rassemblée en trois congrégations spéciales adopté; résolution prise de réciter le Symbole de la foi dans la première session.

serait prolongée, disant pour raison aux Pe- 1. On arrêta dans la même congrégation res qu'ils voulaient avoir l'agrément du que le concile remercierait le Pape de tout ce Pape auparavant. Et quoiqu'ils eussent reçu, qu'il avait déjà fait pour la réussite de cette dans la suite, du cardinal Farnèse, d'autres sainte entreprise, el le prierait de continuer, lettres très-consolantes (2), dans lesquelles surtout en consolidant parmi les chrétiens la le Pontife déclarait qu'il ne voulait pas un paix encore ma! affermie, retrait qui les perdrait d'honneur, ils tinrent Qu'on écrirait également aux princes, en toutefois ferme à maintenir l'ajournement les priant d'honorer le concile de la présence du décret, pour avoir le temps que le sou- de leurs ambassadeurs , et d'engager à y veverain Pontife donnât son approbation à la nir les évêques de leurs Etats. Mais , dans la forme, assurant les Pères qu'on ne change- congrégalion suivante, à l'examen de ces rait rien au fond, et qu'on le mettrait à exé- lettres dont le soin avait été confié pour cette cution, comme si déjà il avait été promulgué, fois à Coriolan Martiran , évêque de Saint- II n'y eut que six opposants ; tous les autres Marc, parce qu'il n'y avait pas encore jusque consentirent, et les légals écrivirent aussitôt là de secrétaire de nomnîé, il y eut partage que c'était une preuve de tout ce qu'ils de sentiment. Un membre excita l'hilarité de avaient gagné d'autorité et de confiance, de- quelques Pères ; il proposa d'inviter aussi le puis qu'ils avaient avoué franchement qu'ils prince d'Ethiopie, appelé vulgairesiicnl le n'avaient pas de répugnance pour la réforme, prêtre Jean , ainsi que les Arabes et les Ar- Des six contradicteurs, les plus ardents fu- raéniens. Jean Michel Saraceni , archevêque rent (3) 1 évêque d'Astorga et celui de Bada- de Matera (qui fut ensuite élevé à la dignité joz. Celui-ci s'emporta jusqu'à dire que les de cardinal par le premier des trois légats légats trompaient les Pères. Le ccrdinaldel devenu souverain Pontife), fit remarquera Monte l'en reprit avec douceur ; le cardinal l'assemblée, qui l'approuva unanim<mentf de Trente et Pacheco ne s'en crurent que plus que, dans la lettre au Pape, il ne fallait pas .se obligés à réprimander sévèrement l'auteur borner aie prier, comme on le faisait d.ms Je de l'affront qui venait d'être fait aux prési- projet présenté par Martiran , de faire venir dents. Enfin, l'issue de cette affsirc démontra que le meilleur ministre n'est pas celui qui fait le plus la volonté de son maître, mais celui qui sert le mieux ses intérêts.

17. Aussitôt que la détermination prise à Trente fut connue de l'empereur, il écrivit au cardinal Pacheco, et il dit au nonce Dandini qu'il était bon de procéder avec lenteur, et de ne pas soulever la fureur des protestants par des anathèmes. Ainsi ce prince fut réduit à solliciter auprès des autres ces délais qu'il leur avait si longtemps reprochés, lui qui, si on avait résolu de commencer par les seules matières de la foi , aurait parlé sur un ton plus haut , et en des

au concile les évêques italiens , mais plutôt les évêques de tous les pays du n.onde; car l'autorité pontificale s'étend sur tous, et la restriction de cette supplique semblerait n'en pas donner cette idée.

2. On n'approuva pas non plus la proposition de l'évêque de Castellamare ; il voulait que ces lettres fussent souscrites par tous les évêques, ou au moins par quelques-uns d'eux. Le cardinal del Monte s'y opposa, en l'avertissant qu'il eût à ne pas empiéter sur les prérogatives attachées à leur charge de légats. Il avait sans doute en vue dans cette réponse l'exemple du concile d'Ephèse, dont les lettres ne portent que la signature des termes plus durs et peu honorables pour le présidents seuls, et l'exemple du concile de

souverain Pontife, et qui aurait empêché l'exécution de ce décret par les intrigues de ses créatures, sous le prétexte que les plaies de l'Eglise requéraient qu'on portât remède en premier lieu aux mœurs des ecclésiastiques. On voit, par cet exemple, que la toute-

(1) Lettre des légats au cardinal Farnèse, du \" février 154C.

(2) Du 30 janvier, reçues le 2 de février, et accusées dans la réponse du l.

(5) On le voit dans les leUrcs des légats au cardinal Farnèse du 4 février, et plus en détail dans les Actes de Massarelli.

Constance, où on ne trouve le plus souvent que celles des présidents des nations qui entraient dans la division qu'on avait faite de ce concile, et que nous avons rapportée ailleurs. 3e ne veux pas dissimuler non plus que j'ai lu dans quelque passage de Séripandl. que l'évêque fut repris trop durement par le cardinal , et qu'on n'approuva pas sa sévérité ; la proposition de l'autre n'étant ni assez arrogante, ni assez hors d'usage pour méri-» ter, outre l'improbation, la réprimande.

3. Mais ce qui divisa le plus, ce fut la demande que faisait chacun, pour les lettres de

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