‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 192 sur 348 · CONC. DE TKE^TE. II · texte numérisé non relu

CONC. DE TKE^TE. II

possession du cardinalat, et encore moins de la légation. Car la reine avait gardé le bref qui lui conférait l'un et l'autre; et le pape voulait le tirer de l'Angleterre, pour lui faire accepter au moins le titre de cardinal.

6. A ces commissions publiques Paul so permit d'en ajouter une pour son propre intérôt.,Gc qui m'étonne, c'est que la commission^.'^nisistait en une demande à Philippe si hGVdie et si ample qu'il n'aurait pu lui demander davantage s'il lui avait conquis un royaume , au lieu qu'il s'était efforcé de lui enlever ses possessions. Il avait donc imposé au légat d'obtenir du roi pour le duc de Paliano quelque fief considérable en don perpétuel et irrévocable, et non pas en compensation de l'ancien duché, comme portaient les articles du second traité, dont il ne voulait pas paraître informé. Cette demande ne pouvait pas être sitôt accordée. Mais par la suite, la princesse Bone,fillo de Jean GaleazzoSforza et reine de Pologne, étant venue à mourir, le duché de Bari revenant au roi, tout de suite le pape envoya en diligence Léonard de Cardine au cardinal neveu , pour qu'il s'empressât d'obtenir ce duché pour son frère, et toujours en don gratuit. Mais à celte fois il y avait quelque chose de plus , il fallait obtenir par-dessus le marché, et comme un accessoire un magnifique palais à Naples, qui avait été confisqué au prince de Salerne. Enfin la commission portait qu'il fallait obtenir tout cela sans rien demander et se conduire avec tant dadresse que le roi le lui offrît de son propre mouvement. Pour ce qui est de Paliano, le cardinal devait le mieux qu'il pourrait faire entendre à Sa Majesté qu'après la démolition delà forteresse (1), le parti leplus convenable était de l'abandonner au duc, puisque le roi ne pouvait y mettre aucun possesseur qui lui fût plus fidèle et pins affectionné.

7. Ccfulavec ces instructions que les deux légats partirent à la mi-octobre. Sur la légation de Trivulce il n'y a pas beaucoup à (lire, sinon que Kenri répondit aux reinercîmenls du pape par la plus respectueuse affection. H protesta que ses dispositions pour la p.i.ix étaient toujours les mêmes , pourvu que les Espagnols par leur dernière victoire ne fussent pas devenus orgueilleux et ne s'imaginassent pas que la force et le courage eussent manqué à lui-même. Ce prince, c.i attendant, ne discontinuait pas les procédures exactes et les châtiments sévères contre les ;>arlisansdes nouvelles sectes. La mauvaise semence jelée par Calvin commençait à germer en France, et l'audace des novateurs augmentait avec le nombre.

8. Si j'ai été court et succint pour la légation de Trivulce, je puis m'en dédommager dans celle de Caraffa. Son arrivée à la cour fut signalés par un accueil extrêmement poli et des manières (|ui tenaient moins de la politesse que du respect. Elles ne firent que gonfler davantage par des espérances

(1) Le pape ne conscnlaii qu'avec peine à payer U inoilié do celte démolition. ,,,:*,;

[Vingt-sept.]

venteuses l'hydropisie de son ambition ton- minée , malheureusement par la mort des jours altérée Le roi cherchait à calmer celle deux cardinaux. Pelo mourut bicnlôl après; humeur inquiète d'un neveu qui voulait et Polus ne lui survécut pas de beaucoup, gouverner son oncle. Ce fut pour le gagner Ainsi de toutes les commissions publiques qu'il lui prodigua les politesses et les atten- que le légat devait traiter, il n'en rapporla tiens. Il vint à sa rencontre jusqu'à la porte que des paroles générales et sans effet, de Briixelies, et lui donna la droite en en- 9. Il restait une cinquième affaire dinlcri l trant dans la vilie. Le jour de l'Epiphanie, particulier; mais il ne futpas possible de la ti\> après l'avoir invité à la solennité, K alla terde la manière que le pape avait indique; . en personne à son logement pour le conduire En voici la raison: le cardinal passant par M:à l'église, el pour ce jour-là il le retint àdîner, lan, où le duc d'Albe se trouvait alors, lui dil le faveur que les rois d'Espagne n'accordent que sujet de son voyage , dans l'espérance que le raremenl. Il lui donna le divertissement des duc qui pouvait l'aider à obtenir ce qu'il tournois el d'autres fêtes somptueuses pour souhaitait, le voudrait aussi. Celte imprului faire honneur. Il chargea l'évêqued'Arras dence fut cause que non-seulement le duc de lui témoigner la joie qu'il avait eue de se en fit part aux ministres du roi à Bruxelles, réconcilier avec le pape et de recevoir , com- et le cardinal, qui le sut, comprit bien qu'arme g;!ge de son amour paternel, son propre rivé à la cour, il n'y aurait plus d'artifices neveu pour légat; ce qui l'avait engagé à à employer, et qu'il faudrait exposer net ses lui écrire de sa propre main pour l'en remer- demandes; mais le duc qui, à ce sujet, savait cier.Les honneurs de la réception terminés, il par lui-même et le prix de la chose demanfaîlut entamer la matière de la légation. Ce dée , el comment ceux qui la demandaient ne fut pas la même chose, el il y eut diffé- s'étaient comportés envers le roi , avertit les rence ( comme on dit ) entre le poids et la ministres de ne donner au cardinal aucune couleur. Quant à la paix , le roi protesta qu'il espérance d'obtenir quoi que ce fût , jiisqu'à y était très-disposé. Il releva beaucoup ce ce qu'ils eussent parié au duc , qui devait zèle généreux du pape , qui à son âge s'of- bientôt venir à la cour. En sorte que les

frailà faire un voyage si long et si difficile Lui de son côté sentait qu'on ne pouvait lui proposer un voyage plus agréable que d'aller remplir tout a la fois deux objets si inléressants : voir et révérer le chef de l'E-

premières réponses données au cardinal sur cet article furent que le vice roi savait loule cette affaire, et qu'il fallait attendre son arrivée.

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