‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 200 sur 348 · acte de violence , qui n'avait eu pour objet Paul IV · texte numérisé non relu

acte de violence , qui n'avait eu pour objet Paul IV

que de soustraire les ministres du duc aux PREMIÈRE LETTRE insultes du peuple qu'ils avaient maltraité,

et qui voulait prendre sa revanche. Il pro- Vous avez comparé dans votre lettre la mé-

mettait du reste l'obéissance à ce qui serait Ihodc du critique qui a censuré mon histoire

décidé , ou par les cardinaux actuellement, à celte invention qui par le moyen d'un verre

ou par le pape futur, et qu'en attendant il artificiel, mis devant les yeux, fait paraître

évacuerait la place. laids et difformes les objets les plus beaux.

9. Cependant la réponse des barons, que ^^"is peut-être il a voulu employer le secret

nous venons de rapporter, qui laissait les ^'^ ^^^^ contraire, pour faire paraître fort

citoyens tumultueux exposés au châtiment, ^^«" c^^ Çui est, sinon difforme, au moins tri-

atliédit par le froid de la peur ces fureurs ^'«^ ^^ commun. Pour moi, laissant à part

enflammées. On commença à mettre quelque ^^* louanges qu'il me donne, puisque ce serait

modération à l'insolence des premières dé- orgueil de ma part d'en parler, fût-ce même

marches; les deux frères Caraffa séculiers pour les réfuter, comme ne m'étantpas dues,

furent bannis, mais on excepta les deux car- J^ ^«'^ /«î/e dans cette lettre ce que je n'ai pas

dinaux, dont on respecta le grade, en profes- encore fait, et dire quelques mots sur celte

sant que cet édit de bannissement était con- censure. Car comme il me fut dit que l'auteur

forme à la volonté du pape défunt, qui avait ^^ ^'^^^^ satire s'était caché sous un nom em-

lui-même banni ses neveux. Les chefs de la prunté, pour débiter plus à son aise des phra-

sédition comparurent ensuite devant le sacré ses inciviles et injurieuses , je n'ai pas cru

collège, pour supplier qu'on leur rendît Ga- (?**'?' convînt, non-seulement à ma profession

lèse, qui était alors, comme nous l'avons dit, religieuse, mais au caractère d'un homme grave

au pouvoir du duc de Paliano, mais le car- ^^ honnête, d'entrer en dispute avec lui. Je me

dinaldeChrpi, qui présidait à la place de du *"'.* (^onc abstenu de voir ce libelle, ou de l'a-

Bellay, absent par maladie, leur répondit voir entre les mains, ou d'en entendre réciter

par des reproches sévères, sur tant de scé- ^'^<^ ligne. Je sais par expérience que ces so7--

lératesses commises dans ces affreux désor- ^^^ d'écrits ne vivent pas longtemps , et que le

dres ; il les épouvanta par la menace d'une *«* peuple qui, dans la nouveauté en raffole ,

punition exemplaire, et pour que la menace ^^^^'^ bientôt au jugement des hommes instruits

eût son effet, il y mêla l'espérance du pardon; ^^ habiles qui en connaissent et en font con-

ii les exhorta à apaiser le collège par une naître la futilité. Je me suis surtout confirmé

obéissance prompte, et qui ne se démentît ^«^*' cette idée depuis qu'un homme de beau-

pUis : c'était la seule qui pût attirer sur eux la coup de prudence et de capacité, après avoir

clémence et des cardinaux et du futur pontife. *'?* (^l méprisé cet écrit, fut d'avis que je con-

Après ce discours, le conservateur qui par- tinuasseàne pas m'en occuper. J'avoue pour-

lait au nom du peuple, sans excuser ni jus- ^<^^^ •?^'^5 ^o,ns le vouloir, j'en ai entendu par

tifier tout ce qui s'était fait dans ce désordre, '^ rapport des autres beaucoup de choses, dont

et sans que lui-même y eût pris aucune part, quelques-unes me sont restées en mémoire, et

pria les cardinaux d'excuser ce qu'une juste ^^^'^^ qu'elles me reviendront je vais faire dans

douleur poussée au désespoir avait fait en- cette lettre quelques réflexions, afin que si

Ireprendre; il leur fit observer, comme une votre Seigneurie illustrissime entendait parler

preuve du respect des citoyens, la démarche ^^ l'ouvrage, ou à Venise, ou à Paris, puis-

qu'ils faisaient actuellement de venir se jeter q^'' '^ous allez y être représentant de votre ré-

aux pieds des cardinaux, et reconnaître pMique, vous puissiez le faire connaître pour

humblement leur autorité, à laquelle ils pro- ce qu'il vaut à ceux qui sont exempts de pré-

niettaient pour l'avenir une entière obéis- vention et mal informés; car ceux qui sont

sance. Ce fut ainsi qu'au premier jour de ^i'^"' informés n'ont pas besoin qu'on leur en

septembre, douze jours après la mort du /'«'"^e, et avec ceux qui seraient passionnés

pape, la ville se remit en paix. En effet, rien P^ur l'ouvrage, il n'y aurait rien à faire que

ne dispose plus que la crainte à faire revenir d,e n'en point parler du tout.

la paix, lorsqu'on espère que la paix déli- J'apprends que l'auteur est particulière-

vrcra de la crainte. nient affectionné à la famille Caraffa et à l'ordre respectable des théalins ; mais son procède paraît contraire à l'une et ô l'autre; car d'un côté il attribue tous hs désordres du pontifia

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