‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 201 sur 348 · LIVRE QIJAIOKZIEMK · texte numérisé non relu

LIVRE QIJAIOKZIEMK

cat de Paul IV aux fraudes et aux tromperies des neveux Caraffa, et, en les condamnant, il condamne avec eux la sentence justificatoire de Pie V, qui fut toujours favorable à cette famille et qui dit avoir vu de ses propres yeux I les pièces de Vun et de Vautre procès : comme 1 s'il était plus honorable à la famille Caraffa de dire que le cardinal et le duc reçurent de la main du bourreau la mort qu'il avaient justement méritée comme traîtres et infidèles au pape leur oncle, qui, par parenthèse, pendant quatre ans aurait été aveugle sur les désordres de ses neveux, que de dire quils avaient été fidèles à l'obéissance, mais que le pape, toujours zélé , n'avait pas été toujours prudent à donner ses ordres. De l'autre côté il n'épargne pas davantage les théatins, à qui il prétend faire honneur: car en assurant que le pape se conduisait par leurs conseils, ne semble-t-il pas les accuser d'un silence coupable, au préjudice du pape et de l'Etat ecclésiastique, pendant plusieurs années? C'est ce qui a engagé deux prélats respectables de la famille des Caraffa, monseigneur Charles, évéque d'Anvers, et monseigneur Octavien, à condamner ce libelle, et ils m'ont témoigné qu'ils approuvaient et agréaient beaucoup mon Histoire, et les pères théatins l'agréent aussi. Il me fait un reproche général et vague d'être malin et mensonger contre la mémoire de Paul. Au lieu du premier reproche j'attendais au contraire des remercîments de la part de ceux qui chérissent ce nom. Considérons d'une part de quelle manière Soave l'a maltraité dans son Histoire , les litres injurieux que lui donne Adriani , le seul écrivain qui ait quelque réputation, entre tous ceux qui ont écrit l'histoire d'Italie en ce siècle , et l'impression qui est restée au peuple de ce qu'il a vu de plus principal et de plus sensible dans les événements qui se succédèrent dans le pontificat de Paul IV. A son entrée il fait cardinal et met à la tête du gouvernement un soldat dissolu : les (Jalonne et les Guide sont dépouillés de leurs fiefs , dont les neveux sont investis; une ligue est conclue avec les Français pour faire tomber entre les mains des neveux de grandes principautés, qtii leur sont assignées sur la future conquête de Naples et de la Sicile, et tout cela est arrêté avant qu'il y eût de la part des Espagnols le moindre sujet de plainte , comme le prouve la date du traité signé par le pape et dont la copie se trouve parmi les écritures des seigneurs Borghèse ; l'Etat ecclésiastique est dans la désolation et les peuples opprimés par les charges ; Rome est menacée d'un nouveau saccagement ; le pape se fait présenter une instance par le procureur fiscal , à l'effet de priver Charles V et Philippe JJ de tous leurs domaines; sous son pontificat l'Angleterre retourne à l'hérésie, et la faute en est au pontife, peu complaisant pour la reine Elisabeth ; les premiers cardinaux de Rome sont emprisonnés par son ordre, et en particulier le cardinal Morone. qui avait été légat avant sa prison et quile fut encore, et sous la présidence duquel fut terminé le concile; Morone emprisonné, on forma procès contre lui pour cause

CoNC. DE Trente. II.

d'hérésie, et il en fut absous dans le pontificat de Pie IV. La sentence fut signée par Pie V, qui était alors grand inquisiteur, et qui attesta que tout ce procès n'avait été qu'injustice et iniquité, sans le moindre soupçon d'hérésie. Après Morone, nous voyons privé de sa légation et cité au tribunal le cardinal Polus , après avoir été légat du concile , après avoir reconquis l'Angleterre à l'Eglise catholique , un homme dont la mémoire est si respectable que la congrégation de /'Index n'a pas voulu permettre à un écrivain moderne de justifier les démarches de Paul IV contre lui. A Polus et à Morone on peut joindre quelques évêques qui , après «ne pareille accusation, n'ont pas laissé d'intervenir et de figurer même dans le concile , et pour conclusion la statue et les emblèmes de Paul IV en butte à la haine du peuple et déshonorés par d'horribles outrages jusqu'alors inouïs. Voilà Paul IV singulièrement crayonné par Soave et dépeint par Adriani. Mais que l'on considère d'autre part quelle place honorable est assignée, sur le théâtre de la renommée, à la mémoire de ce pontife, par la suite de mon Histoire. Je suis bien assuré que qui voudra la lire, s'il se souvient que l'historien n'est pas le panégyriste , et qu'en épargnant les louanges, il fait plus d'honneur à son héros que le panégyriste, ne pourraque s'étonner, non pas de me voir accusé en général, tnais de ce que je le suis plutôt comme ennemi que comme partisan du pontife.

Je ne me permettrai pas ici de railler mon adversaire, comme ferait un autre, en lui reprochant ses bévues. La première, c'est qu'en me reprenant d'avoir appelé Paul IV trop amateur de la chair et du sang, il assure qu'il ne fut point charnel , puisque Bzovius a dit de lui qu'il garda une perpétuelle virginité : perpeluaiu cuslodivit virginitatem ; la seconde c'est que pour avoir nommé son pontificat malheureux ou triste, infauslum, il me fait observer que Pie Vl'a appelé heureux, fclicis recordationis : une autre, c'est que pour n'avoir pas compris quelques mots latins de notre père Rho dans son recueil rfes Exemples illustres, il raconte de Paul JV que pendant qu'il était cardinal, Paul III lui essuya de ses propres mains la sueur du visage, occasionnée par le discours qu'il avait prononcé avec beaucoup de chaleur pour l'intérêt du saint-siége dans une assemblée consistoriale. Je ne veux pas lui faire affront pour de pareilles simplicités, puisque ses méprises ne tournent ni à ma louange, ni à mon avantage.

Je suis étrangement surpris que d'un côté il m'appelle faussement auteur de la Vie de Paul IV, ce qui ne fut jamais, et ne pouvait pas être mon dessein, puisque je ne devais raconter que ce qui était de mon sujet, ou qui était nécessaire pour réfuter Soave; et de l'autre, il se plaint de ce que je raconte à son désavantage beaucoup de choses, vraies san doute, mais non pas nécessaires. Cependant s j'eusse voulu écrire une vie , il m'aurait fallu dire encore beaucoup d'autres choses que le théatin, auteur de sa Vie manuscrite , a été forcé de mettre parce qu'elles étaient de son

(Vingt-huit.)

sujet (1). Ainsi, par exemple, il dit que Clément VII regarda la vie religieuse de Paul et sa retraite du monde comme un effet de son hypocrisie et de son ambition ; que ce fut lui qui conseilla à Paul III d'ôter à Charles V le royaume de Naples ; qu'au temps du même Paulin il fit examiner par François de la Torre s'il y avait obligation pour lui d'aller résider dans son Eglise de Naple.,2t qu'après la question décidée, il ne suivit pas la décision, mais s'attacha au sentiment le plus commode. Am reste, qui voudra suivre ma narration verra que d'omettre les choses que j'ai rapportées , c'était manquer à mon devoir, non-seulement comme historien, mais comme défenseur de ma cause ; et je n'aurais plus mérité la confiance qu'on doit à un témoin fidèle, si j'avais voulu passer sous silence les défauts, non- seulement vrais, mais notoires de ce pontife, ou de tout autre dont je serais partisan. Enfin puisqu'une vérité ne peut jamais être contraire à une autre, j'ai cru, et ce n'est pas une opinion à moi seul , mais d'après le jugement des personnes les plus respectables, j'ai cru que la meilleure manière de justifier le concile et le pontife romain , c'était de parler sans détour et de faire voir que tout le mal qui s'est commis dans l'un et dans l'autre n'a fait que gâter les feuilles sans toucher au tronc.

Venons maintenant aux particularités. Il y en a sur lesquelles nous n'avons pas besoin de nous arrêter, parce que pour les réfuter il ne faut que considérer, non pas dans une copie défigurée, mais dans l'original même, les passages de mon histoire qu'il a voulu censurer. A ceux-là surtout s'applique l'ingénieuse comparaison du verre trompeur dont Votre Seigneurie illustrissime parlait tantôt. J'ai su qu'il me reprochait trois choses : la première c'est de fonder ma narration sur le rapport de Navagero et de Norès, deux écrivains ennemis de Paul IV ; la seconde d'avoir dit de lui des faussetés ; la troisième d'avoir supprimé des vérités que j'étais obligé de faire connaître.

Le premier reproche, je ne crois pas l'avoir mérité. Mon intention en me servant de ces deux auteurs a été de rendre ma narration, non-seulement plus vraie, mais plus honorable à Paul IV. Ces deux auteurs ne sont pas seuls, comme dit mon adversaire, qui doit bien avoir vu cités dans mon histoire beaucoup de mémoires dignes de foi et très - exacts sur des faits particuliers ; mais j'ai mieux aimé m'en rapporter pour le corps de l'histoire à ces deux auteurs qu'à l'écrivain italien Adriani, qui seul a rapporté ex professe les événements de ce temps-là. Je n'ai pas non plus fait usage de certains manuscrits, ni surtout d'un registre du cardinal Alexandre Farnèse, écrit avant et après la création de Paul IV, où l'on dit des choses que pour l'honneur de ce pape je n'ai pas mises dans mon IIistoire,etje n'en parlerai pas même dans cette lettre. C'est tout le contraire dans les deux relations dont il s'agit ; ce ne sont pas des ennemis qui les ont composées, puisqu'elles sont écrites avec beauloup de candeur et contiennent beaucoup de

(1) Celle Vie esi une apologie el un panégyrique coniinuel de ce pape.

choses Irès-honorables à Paul IV; il n'y a qu'à les lire pour s'en apercevoir. Toutefois mon adversaire, dans celte invective, comme en beaucoup d'autres, espère de trouver quelque avantage dans la supposition qu'elle soit lue rapidement par quelqu'un qui n'aura ni le temps ni la commodité de confronter ce peu de phrases calomnieuses avec les volumes plus gros des autres écrivains ou même de mon Histoire. Car, si l'on faisait cette vérification. il arriverait, comme dit Quintilien, ce qui arrive lorsqu'on met la fausse pourpre à côté de la véritable. Mais c'est un vice assez commun à ceux qui veulent soumettre à leur jugement particulier les actions des autres: la sentence est rendue pur le juge, sans qu'il ait entendu d'autres raisons que celles de l'accusateur. Il faut avouer cependant que les sentences ain.-i rendues ne passent pas pour une a/piire jugée : non Irnnseunt in rem judicalaiu ; mais elles sont révoquées aussi promptemenl qu'elles furent prononcées. Maintenant celte autorité que les calomnies d'un écrivain effronté ne peuvent avoir, nous la trouvons dans lu relation de Navagero sous tous les rapports. Elle est faite par un homme ambassadeur en cour de Rome d'une république très-sage, qui exigeait et recevait de ses représentants des notices aussi importantes qu'elles étaient fidèles et exactes. Le sujet de la relation, c'est un pontife encore vivant et des affaires récentes, sur lesquelles la crainte seide d'être trouvé menteur lui interdirait la calomnie : et prut-on la supposer dans un homme de mérite tel q\ie Navagero, à qui le siège apostolique a donné la mitre, la pourpre, la légation du concile, avec l'honneur de voir par ses soins cette grande œuvre heureusement terminée? On ne peut donc le supposer méchant par ambition ou pur désir de vengeance sans calomnier, non-seulement lui et sa république, qui l'avait choisi pour une si noble fonction, mais le siège apostolique et tout le concile. Dire qu'il était fâché contre Paul de ce que, étant ambassadeur auprès de lui, il n'avait pu en obtenir le chapeau, c'est n'avoir aucune connaissance des lois de Venise. Mon censeur aurait pu s'en instruire par l'exemple du cardinal Amulio dont j'ai fait mention en plusieurs endroits de cette histoire. Ce cardinal, forcé parle pape, qui lui en avait fait ïin commandement exprès, accepta cette dignité dans le temps de son ambassade; il y en*cut assez pour être disgracié auprès de la république, et tous les bons offices du pape ne suffirent pas pour le remettre en grâce, quoiqu'il fût écrit plusieurs lettres à ce sujet, el envoyé Navagero légal à Venise. Nous avons encore Norès à justifier. Mais de quoi? On ne lui attribue et on ne peut lui attribuer aucune ombre de malveillance contre la mémoire de Paul IV, ou contre la famille des Caraffa , ou contre l'ordre des théalins ; et sans doute je n'ai pas besoin déparier beaucoup de lui à Rome, où il y a tant de gens estimateurs de sa vertu et de son méri4e. Parmi les cardinaux je ne veux en nommer qu'un pour tous, c'est le cardinal Bonvisi, c'est-àdire un des cœurs les plus excellents qui aient jamais été dans celle cour; tant qu'il vécut il

s'estima heureux d'avoir Norès pour intime par lequel on m'impute un silence malin sur

ami. Si je n'ai pas cité en ma faveur le père plusieurs faits de cecpape qui sont dignes de

Caraccioli, le père Silos et autres auteurs (ouanf/e. J'ai déjà compris que ma faute est

ihénlins cités par mon adversaire ; si je n'ai de n'avoir rien dit de plusieurs miracles opé-

pns fait usage dénotes ajoutées à Ciaccone par rés par Paul IV; mais certes puisqu'ils n'é-

Vitlorelli et Ughelli, qui ne fondent leurs ad- talent pas approuvés par la congrégation des

ditions que sur les écrivains théatins nommés rites, pouvais~je en affirmer la vérité? Il y a

ci-dessus ou sur des éloges écrits en vers ou en entre autres une certaine prophétie par laquelle

prose en l'honneur de Paul IV, c'est une ac~ il avait prédit son pontifical et par laquelle il

cusation qui ne demande point de réponse. est convaincu de mensonge : car dans l'acte d»

Chacun peut juger combien je me serais rendu sa création il dit que n'ayant jamais eu la

ridicule aux partisans de Soave si je m'étais pensée qu'un jour il dût être pape, il n'avait

appuyé sur de pareils témoignages; je n'aurais pas pensé non plus atmom qu'il devait prendre,

pu le faire que pour des faits connus et mani- et il pria les cardinaux de le lui imposer. Mais

festes, oti il était impossible que ces auteurs laissons toutes ces niaiseries qui, au lieu de glo-

s'écartassent de la vérité, soit par ignorance, rifier, pourraient rendre ridicule sa mémoire,

soit par défaut de sincérité. d' ailleurs vénérable : car la flatterie ouleslouan-

Le second reproche qu'on méfait se réduit ges outrées font quelquefois plus de mal à la réà deux faussetés. L'une d'avoir dit que la plu- putation d' un homme de mérite que ne ferait la part des règlements établis par Paul IV sont plus perfide médisance. Tous les autres faits tombés en désuétude, à quoi je n'ai riendemieux louables de Paul IV dont notre aristarque fait à répondre que de renvoyer les critiques au l'énumération, ne sont ni prouvés par des mé- Bullaire, où ils trouveront les constitutions moires authentiques ni relatifs à la question de Paul IV comme ses décrets dans les actes présente, et encore moins convenables à la gra consistoriaux. Pour peu qu'ils aient d'expé- vite de l'histoire. Il y en a un que j'aurais sans rience , ils pourront juger si l'usage y est doute rapporté, et je le devais s'il était vrai : conforme. L'autre sera peut-être d'avoir sup- ce fut, dit^on, Paul IV qui pendant son carposé le pape informé de la capitulation secrète dinalal réfuta publiquement dans le consistoire signée pour lui parle cardinal Car a ff a avec l'ambassadeur Mendoza,quiétaitvenuprotester le duc d'Albe, concernant la restitution de contrePaïUIIIet contreleconcile;mais comme Paliano, qui devait se faire à une personne il n'en est rien dit dans la courte relation de indépendante du siège apostolique, après que cet incident aux actes consistoriaux, et que le le roi d'Espagne en aurait donné une juste cardinalMaffée, alors secrétaire, dansunerelacompensation. Ov, en premier lieu, quelle faus- tion assez étendue qui annonce cet événement seté ai-je soutenue, lorsque j'ai cru faire lion- aux légats du concile, ne parle pas de Paul I V . neur à Paul IV de lui attribuer la connais- je laisse à penser à chacxm si j'étais obligé d'aisance et le consentement à un pacte si juste, si 1er chercher ce conte dans l'histoire privée des honorable et si nécessaire pour le salut de pères théatins, et, au cas que je l'y eusse trou- Rome et de l'Etat ecclésiastique , dans un temps vé, si je pouvais d'après eux en parler affirmaoù l'ennemi victorieux était aux portes de tivcment. Le père Rho, qui ne faisait pas des Rome, où les Français rappelés par leur roi histoires suivies, mais un recueil d'exemples de après la bataille de Saint-Quentin, avertis- vertu, a pu, sans un plus rigoureux examen, saient le pape de s'accommoder comme il pour- y faire entrer celui-là selon la règle que suivent rait ; ma supposition n'était pas un blâme, les philosophes, quoique dans un autre sens : mais une louange pour le pape. En second In excmplis non rcquiritur veritas. Ce n'est lieu, il n'y a point de fausseté si la chose est pas tout, il se plaint encore de ce que, en parainsi, et c'est ce que nous apprend non-seule- tant de Thomas G oduelo, évêque de Saint-Assc, ment l'IIistoirs de Norès dont j'ai cité les pas- . qui assista au concile, je n'ai pas dit qu'il était sages, mais encore le procès de défense du car- • de l'ordre des théatins; mais ce n'est pas à moi dinal Caraffa, dont j'ai le sommaire et par . quHl doit s'en prendre ; qu'il s'en prenne s'ii lequel il prouve manifestement la connais- - veut aux catalogues qui se trouvent dans les siinve que son oncle avait du traité. C'est après conciles et qui n'en font point mention; qu'il la lecture de ce procès que le cardinal fut ab- s'en prenne au secrétaire qui a transcrit les sous par le pape Pie V, plus jaloux de l'hon- actes qui sont déposés au château Saint- Ange, nvur de Paul IV que n'est notre censeur. Ce qui n'en parle pas non plus, quoiqu'il fasse serait en vain qu'il ferait parler contre nous mentiondesautresrégidiersquifurentàTrenfe. le duc de Paliano, qui, dans une de ses lettres, v Laraison de cette diversité doit venir, je pense , reconnaît que cette convention fatale fut la i de ce que les autres évéques appartenant aux première cause qui les fit tomber dans la dis- . familles religieuses ont un habillement et wie grâce de leur oncle; ce qui fut vrai : non qu'elle , manière différente de souscrire; c'est un rit eût été faite à l'insu du pape, mais parce que ; qui sert à les faire connaître et qui n'est point ses neveux l'y avaient entraîné malgré lui, et } pratiqué par les évêques que l'ordre des clercs parce que dans la suite, comme j'ai dit dans réguliers envoie au concile. Bref, je n'en savais mon Histoire, de la manière que le cardinal 7ien, et je ne crois pas que cette noble religion, Caraffa traita avec le roi Philippe en Plandre, cette religion de si grand exemple dans l'Eil fallut mettre au jour cette convention, et le glise (1), celte religion qui a donné des papes pape ne pouvait plus feindre de l'ignorer comme et des cardinaux, et qui est un séminaire d'é- Hawaii voulu, ce qui Iwi fut très-sensible. (1) Je lui ai donné ces deux litres en deux endroits

Nous voici au troisième chef d'accusation, de mon Histoire.

HISTOIRE DU CONCILK DE TRENTL.

véques, croit avoir beaucoup perdu par le silence que fai gardé sur un de leurs c'vêques présent au concile, où il n'a pas fait une grande figure. Enfin il me reproche qu'après avoir parlé, en divers endroits de mon Histoire, de ces apostats, qui de différents

qu'il avait déploijées dans les grades inférieurs ayant fait augurer de si grandes choses de son pontificat, qu'à peine, s'il eût vécu, aurait-il pu effectuer ce qu'on attendait de lui. » Celui qui trouve de l'amertume dans ces paroles , je ne vois pas comment on pourrait

ordres religieux ont passé à l'hérésie, en fai- l'appeler un homme de goxd.

sant mention de Marc-Antoine de Dominis, Cette lettre a été plus longue que je n'aurais

je n'ai pas voulu dire qu'il était de notre com- voulu. Bien que pour perdre le moins de temps

pagnie ; je puis l'assurer que ce n'est pas la honte qui m'a retenu, puisque dans le nombre de ceux qui sont ainsi tombés dans le précipice, je vois des évêques, des nonces et des cardinaux, et je n'ai pas la folie de croire que tous et chacun des membres d'une société de dixhuit mille personnes soient confirmés dans la

qu'il serait possible à réfuter mon censeur {et te temps est l'unique trésor des hommes) , la lettre ait été plutôt écrite en courant que dictée avec réflexion. Vous connaissez mon style, vous avez pu vous en apercevoir ; ainsi, sans plus l'alonger, je n'ajouterai rien autre chose que l'assurance des sentiments avec lesquels je

foi ; privilège rare qu'à peine nous attribuons suis, de Votre Seigneurie illustrissime, etc. au successeur de saint Pierre. Pour Marc-An- SFfONDF T FTTRF

toine de Dominis, je ne pouvais assurer avec

vérité, ni qu'il fût apostat de notre campa- 4U même, dans le même temps.

gnie, ni qu'il en fut encore membre lorsqu'il devint hérétique : car cet homme fut en premier lieu chassé de notre ordre ; par la suite il fut fait archevêque, et tel il était lorsqu'il renonça à la foi, sans qu'il eût encore la moindre relation avec nous.

Passons, pour terminer, plusieurs autres oppositions ou plutôt vétilles, qui tombent d'elles-mêmes : comme lorsqu'il me demande en plaisantant si je suis devenu le parrain du cardinal Scot, de la création de Paul IV, puisque je prends la liberté d'ajouter à son vrai nom de Bernardin celui de Jean : et pourtant il n'avait qu'à lire Ciaccone, où il aurait trouvé Jean-Bernardin; et au surplus il rap-

J'ai honte de donner à Votre Seigneurie illustrissime un nouveau sujet d'ennui pour si peu de chose; mais puisque la curiosité des hommes, qui veulent tout savoir, a déjà fait germer et paraître une infinité de copies de ma lettre, et que dans quelques-unes il manque des mots dont l'omission change le sens de la phrase, j'en ai corrigé quelques-unes , et je vous envoie cette correction ci-jointe sur une feuille séparée , pour que personne ne soit par ma faute privé de connaître la vérité , en quoi que ce soit. De plus quelqu'un de mes amis m' ayant demandé des éclaircissements sur deux points que j'avais traités en peu de mots dans ma lettre au père Jérôme Cataneo , je veux

me reprend encore d'avoir dit de ce même cardinal, qu'au milieu des applaudissements de la cour il eut bientôt surmonté par l'éclat de sa vertu le fâcheux préjugé d'une naissance obscure. Il me reprend de ce que je mets une différence entre les Scotli {ou plutôt Scoli, comme Ciaccone les appelle), établis à Magliano, petit endroit de la Sabine, où il était né, et les Scoli, maison illustre de Plaisance, qui sont les mêmes. Mais quand ce seraient les mêmes, ne peuton pas supposer que dans la suite des temps quelque rameau de cette famille serait venu, ou plutôt serait tombé à Magliano, où il se serait pour ainsi dire abâtardi et n'aurait retenu que son ancien nom ? Il me condamne encore de ce que, parlant* de frère Guillaume Pelo, après avoir fait le plus bel éloge de sa vertu, j'ajoute qu'il était d'une naissance commune, si on le compare au cardinal Polus, dont le sang était uni au sang royal d'Angleterre, tellement que la reine Marie avait eu quelque intention de

plume à cette occasion: car, après tout , l'impulsion que vous m'avez donnée dans cette lettre pleine d'esprit et de politesse, a été le vrai motif qui a tiré cette même plume du silence qu'elle s'était imposé jusqu'alors , et qu'elle aurait encore gardé longtemps. Je n'ai pas eu lieu de m'en repentir, non-seulement parce que j'ai su qu'on avait beaucoup goûté cette manière de répondre à un adversaire, avec fermeté et avec assurance, sans colère et sans insulte, mais parce que j'en ai retiré cet avantage, de faire connaître l'amitié particulière dont Votre Seigneurie m'honore, et combien je prise moi-même vos qualités excellentes. Je finis en vous assurant de mes respects.

Rome, 23 mars 1558.

ADDITION A UNE LETTRE ÉCRITE AU PÈRE JE- ROME CATANEO A NAPLES, COMME IL EST MAR- QUÉ DANS LA LETTRE PRÉCÉDENTE.

Je me vois obligé d'ajouter à ce que je vous

se marier avec lui. Mais une preuve évidente ai écrit les réflexions suivantes. Ceux qui ont

à laquelle personne ne peut se méprendre, une lu l'invective que, à dire la vérité, je n'ai ni

preuve de la sincérité avec laquelle mon cen- vue, ni entendue , m'ont rapporté que l'auteur

seur me qualifie de médisant, c'est lorsqu'il m'attaque surtout pour avoir dit que Paul,

m'accuse d'avoir dénigré Marcel II. Si mon accoutumé à la vie solitaire, avait peu de capa-

Ilistoire était une épopée, Marcel II pourrait cité pour le gouvernement. Il veut meprouver

en être le héros. Cependant j'ai tort d'avoir dit le contraire par les divers offices et magistna-

que « cette mort qui l'enleva subitement après tares dont il s'acquitta pendant tant d'années

quelques jours de pontificat fut avantageuse qu'il passa à la cour ; il me fait observer que

pour sa réputation . les vertus cmincnles l'ordre où Paul était entré n'avait pas jiour

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