‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 221 sur 348 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Conférences de Conimendon avec le duc Henri de Brunswick, les électeurs deCologne et de Trêves, avec d'autres évcques^ quelques vil' les franches et le duc de Clèves.

1. Commendon traversa plusieurs villes hérétiques et alla trouver le duc Henri de Brunswick, qui était catholique. II reçut avec beaucoup de respect la bulle et le bref, n'éleva aucune difficulté sur la continuation du concile, et répondit de vive voix et par écrit: qu^il espérait que le curicile, qui avait été interrompu, parviendrait à la fin désirée. Il excusa le duc Ernest, de sa famille, et ses autres frères qui étaient luthériens, comme ayant été séduits plutôt par le mauvais état de leur fortune que par leur corruption. Il dit qu'il tenait de l'électeur de Saxe, que le parti calviniste l'emportant à la diète de Naumbourg, les luthériens voulaient convoquer une diète particulière pour la Saxe, et qu'ils en avaient parlé dernièrement dans une réunion tenue à Brunswick ; il ajouta qu'il croyait que le secrétaire de cet électeur lui avaif dit que, pourvu que l'on permît la communion sous les deux espèces , son seigneur n'hésiterait pas à rentrer dans le ca Iholicisme. Cependant ce récit parut fort douteux au duc et au nonce.

2. De là, il s'en alla porter la bulle et le bref à plusieurs prélats des plus distingués. Quoiqu'il leur ait parlé séparément et en des jours différents, je vais rapporter ici en peu de mots leur réponse. Les évoques de Naumbourg et de P;iderborn, quoique goutteux, se montrèrent disposés à se rendre au concile. Celui de Munster s'en excusa en alléguant que les hérétiques étaient trop voisins, et ses ouailles trop peu obéissantes; d'autres étaient absents de leur diocèse ; les lettres furent laissées à leurs conseillers. Mais le nonce était convaincu qu'ils ne pensaient rien moins qu'à venir; il savait les efforts que faisaient les proleslants pour les en dissuader, afin que le concile étant peu nombreux, son autorité parût méprisable. Il arriva à Cologne vers le mois d'avril. Après que cet archevêque eût conféré, comme les autres, avec ses conseillers, pour savoir ce qu'il devait répondre, il dit qu'il était prêt à obéir au souverain pontife ; mais que pour se rendre en personne au concile, l'état de la Germanie exigeait qu'il soumît l'affaire à l'empereur.

3. Il aperçut plus de franchise et de zèle dans l'électeur de Trêves. Il apprit de lui que Ferdinand avait écrit aux trois électeurs ecclésiastiques, pour les engager à faciliter la convocation du concile, leur conseillant d'assembler une diète ou de prendre tout autre moyen qu'ils croiraient propre à communiquer quelque vigueur. Il lui dit qu'il avai,^ répondu que les diètes ne lui paraissai-ent pa? opportunes, parce que les pralesian'-;

LIVIIE Ql'IiNZIEME.

y étaient unis et se montraient inébranlables, et que la fermeté d'un seul rendait les antres plus fermes ; et qu'on les trouvait plus Iraitables en s'adressanl à cliacun en particulier. Vous aurez pu vous-même, disait l'archevêque au nonce, faire celte différence dans votre voyage ; d'où il concluait qu'il lui paraissait préférable que l'empereur em-

servir comme d'un bouclier contre les attaques des catholiques, se trouvait démentie par ses propres partisans. Non-seulement elle ne peut exisler, mais elle ne peut eu iuiposer longtemps, lorsqu'elle n'a pour elle ni la vérité ni la bonté. Du reste l'électeur de Trêves se montrait peu disposé à se rendre au concile en personne, alléguant la nécessité

ployât ses bons orfices auprès de chaque de sa présence dans ses Etats, pour défendre

prince en particulier

k. Sur cela le nonce se mit à montrer tout l'avantage que l'on pourrait retirer d'une ligue des calholiques entre eux; que les prolestants étaient encore moins puissants

la religion et le mal que son éloignoment avait produit dans la précédente <onvocation. Il s'en remoKait cependant sur cela au jugement au pape.

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