LIVRE QUINZIEME. iJ8J
l'architecte. Au milieu de ces difGcultés et de tous ces rétards, Coramendon reçut l'ordre de revenir à Rome en suivant le Rhin et en invitant au concile les princes et surtout les prélats qu'il avait encore à voir en ces lieux. Ce fut à ce propos qu'on lui enjoignit de ne pas attendre plus longtemps le roi de Suède, qui devait se rendre en Angleterre , parce que de fait il ne vint pas ; son ambassadeur reçut d'Elisabeih une réponse conforme à celle des refus déguisés pour des mariages proposés ; qu'elle ne pensait pas pour lors à se marier, quoiqu'elle pût eiisniie changer de sentiment. Cependant Comniendon fut retenu quelques jours encore par la duchesse gouvernante pour conférer avec lui de certaines affaires ecclésiastiques et surtout au sujet des nouveaux évéchés.
8. Ces affaires tertninées, il partit, et alla voir à Nancy le jeune duc de Lorraine et le cardinal de ce nom, qui s'y rendit; il traita avec celui'ci de différentes affaires concernant la religion tant en France où il était tout-puissant, qu'en Ecosse, où régnait sa nièce. Le duc lui répondit avec autant de
mais polie : il l'appelait très-révérend Père, politesse que de piété ; et quant à la demande
seigneur légat du pontife de Rome. Il s'excusait de son relard en lui disant qu'il avait balancé jusqu'à ce moment s'il n'irait pas en Angleterre ; mais qu'ayant résolu de faire voile au vent favorable, il s'empressait de lui en donner connaissance et de lui dire qu'il était disposé à l'entendre s'il voulait se rendre dans ce pays ; que pour le passe-port, il n'en avait nul besoin, les ambassadeurs en étant dispensés ; mais que puisqu'il l'avait demandé, il le lui envoyait par le même courrier. Celte réponse obligea le nonce à revenir en Flandre, pour passer de là en Angleterre aussitôt qu'il saurait qu'il y serait arrivé; il avait cependant quelque sujet de craindre que la reine ne lui refusai l'entrée de ses Etats, quoiqu'il ne voulût que parler à ce roi étranger. Ce
d'envoyer des ambassadeurs au concile, il promit de conformer sa conduite à celle de l'empereur. Le nonce passa ensuite à Trêves et de là traversant laMoselle, il alla à Mayence, visitant l'un après l'autre les évêques de Herbipal, de Bamberg et d'Eistat; il trouva en eux tous les grands sentiments de religion , une obéissance aveugle au souverain pontife; mais l'état de leurs Eglises ne leur permettait guère de se rendre en personne au concile, cl tel fut le résultat général des démarches de Coramendon auprès de tous ces évêques qu'il avait invités. 11 termina enfin sa mission à Monaco , auprès du duc Albert de Bavière qui se disposait à envoyer un ambassadeur au pape et qui devait passer par Trente.