LIVRE QL'INZIKME
j'ai déjà émis , que Soave n'a lu que par les yeux des autres et ne s'est servi que d'extraits et de sommaires. Les écrits de cette sorte ne peuvent faire connaître les événements; ils les rappellent, et remettent sous les yeux, en très-peu de mots, I,es plus longs récits qu'on a abrégés et réduits avec le plus grand soin ; ils ne mettent pas plus à l'abri de l'erreur, pour l'histoire que l'on en donnerait, qu'une petite mappemonde n'empêcherait un voyageur de se tromper dans les routes.
12. Le pape Pie Gt trois décrets mémorables dansle consistoire qu'il tint en ces jours. L'un portait que si le saint-siége venait à vaquer, l'élection du nouveau pontife appartenait au sacré collège et non pas au concile, comme on l'avait décitlé dans les assemblées précédentes; l'autre disait que le pape ne pouvait, malgré l'avis contraire de quelques docteurs, choisir son successeur, ou se donner un coadjuteur avec la survivance, lors même que tous les cardinaux y consentiraient ; le troisième voulait, qu'ainsi qu'il avait été réglé sous Paul 111, les prélats présents pussent seuls donner leurs voix dans le concile. Dans ces décrets, le refus de pouvoir que l'on prononçait contre les sujets se trouvait forliiié et adouci en même temps par une semblable dénégation dans la personne du supérieur; on ne regarde pas comme injuste, ni comme sévère dans le jugement des autres celui que l'on voit prononcer contre luimême.