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CHAPITRE XVIII

Proposition des légats dans la congrégation générale pour la seconde session, au sujet de l'index des livres condamnables. A qui appartient le droit de le dresser.— S'il fout offrir un sauf-conduit , et le pardon aux hérétiques. — Inventions de Soave contre la prohibition des livres.

1. Quoique les légats eussent écrit à Rome qu'en s'occupant à terminer l'index, on condamnait tout à la fois et les auteurs et leurs sentiments et l'on empêchait leurs partisans de se rendre au concile pour y présenter leur défense, on considéra que tout examen qui aurait rapport aux articles de foi, obligeait à déclarer plus promptement que l'on regardait comme inébranlables les décisions passées, et soit qu'on attribuât ce parti au pape ou au concile, le danger était le même; on

lerai que de ce qui a rapport à mon histoire, je sais qu'une plume plus habile que la mienne a travaillé à !a réfutation de ce livre (1). Il suppose, en prvmier !i< u, que l'usage de défendre la ledure des livres, de ceux surtout qui ne sont pas opposés à la foi, est récent dans l'Eglise, et que pendant longtemps rien n'avait obligé les chrétiens à s'abstenir de celle lecture que la défen-e de s'exposer au danger d'un dommage spirilml, ou de perdre son temps inutilemeul. J'accorde que tout est vrai. Ne voyons-nous pas sur une inCnilé d'autres sujets que tout gouvernement sage agit avec prudence, en établissant des lois nouvelles q' i défendent en général comme un très-grand crime ce qui [lar sa nature n'est mal que dans certaines circonstances où la nature elle-même l'interdit? Mais ensuite dans un gouvernement, dans un siècle, l'expérience montre que, sans qu'il y ait une défense expresse, souvent cette même chose est une occasion pour plusieurs de faire ce qui est essentiellement mauvais: ne faut-il pas la défendre? Cherchée dans l'antiquité si le port d'une arme, sans nuire à personne, était généralement puni de mort, comme malntenantdans quelques pays.

Certainement cela n'est pas. On ne blâme pas pourlant cette défense récente déporter des armes, comme une rigueur déplacée; les personnes de bon sens louent les magistrats d'avoir fait un acte de charité en préservant les sujets de la scvérilé du châtiment auquel ils s'exposeraieni diflérernment. L'exemple prouve qu'il y a moins de personnes qui font mal, moins qui ciuourcnl la peine du châtiment, là où le port des armes est défestdu, que dans les lieux où, élaut permis, il est seulement interdit de s'en servir contre son semblable. En effet supposez cette défense rigoureuse, chacun pourra marcher sans armes, tandis que son esprit sera paisible ; ei s'il survient quelque rixe inopinée, elle ne fermait le retour aux esprits égarés: l'index, sera pas sanglante; mais ià où le port en est

au contraire, demandait plus de temps, et offrait le délai que demandait l'enspereur pour lent( r les dernières voies de la douceur; par là on avait une nouvelle occasion de les inviter à venir défendre les écrits qui étaient attaqués. Rome décida que le travail devait être proposé aux Pères. Mais parce que Paul IV, après un examen suivi, fait avec deshonunes distingués, avait publié un index des livres condamnables jusqu'à son pontificat, il semblait aux légats que le concile ne devait pas, de sa propre autorité, examiner de nouveau les choses, dont le sainl-siége avait pris connaissance ; aussi, selon la pen-

permis et devient commun , les armes sont des instruments d'attaques imprévues et mortelles, dont il est Irès-dirruile de ne point se servir criminellement quand on est poussé par une colère impétueuse.

3. C'est aussi ce qui est arrivé, proportions gardées, dans la lecture des livres. Les fautes sont moins nombreuses dans les p;iys où les livres nuisibles et oiseux sont interdits par la loi naturelle et la loi ecclésiastique en même temps, que dans ceux où ils ne sont pas défendus sous peine de pérhé, parce que l'on évite beaucoup plus de péchés de tout genre lorsqu'un grand nombre de personnes

séedes légals, que nous avons fait connaître s'abstiennent par obéissance de ces livres et plus haut, on provoqua un bref du pape qui se mettent ainsi à l'abri du mal où cette lecture invitait les Pères à se livrer à ce travail. aurait pu les plonger inopinément, que n'en

2. A cette occasion, Soave fait une digression sur la prohibition des livres, qui est plus historique que dogmatique: se conl"nlanlde jeter la semence conforme aux fruits qu'il veut faire germer dans l'esprit de ses lecteurs, H a traité expressément ce même sujet dans son livre sur l'inquisition, eu cachant le nom de l'auteur et son sentiment. Je ne par-

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