CONC. DE ÏHENTB. II
pu les plonger inopi commettent ceux qui, £>e laissant vaincre par la curiosité, transgressent U défense. On ne peut bien établir cette différence dans la pratique, en abandonnant à la conscience de
(i) Livre niannscrii du cardinal frauçais Albizi , contre l'oiivragc pnhiic par Soave, avec son véritable nom, cynlre Tinquisilion.
(^Trente-trois )
chacun d'examiner si tel ouvrage l'expose à m'objecte que dans les défenses comme dans
quelque danger quilui en interdise la lecture. Ce danger ne s'aperçoit que fort tard, et lorsque l'on en a fait une triste expérience. Il y a une infinilé d'ouvrages dont on ne connaît pas le contenu avant deles avoir lus. De plus, l'homme a trop de conGance dans son savoir et rians sa force. Chacun se persuade qu'il résistera à tout séducteur, qu'il ne se laissera prendre dans aucun piégf". Les histoires qui nous enseignent ce qui arriva une fois, ot les fables qui nous représentent ce qui arrive ordinairement, sont pleines d'cxomples qui noua montrent combien les hoiimtos sonl présomptueux av;;nt l'action, et faibles au moment du combat. La déisnse des mauvais livres renferme encore deuxau- Ires avaniag.°s importants. La crainte de cette
les dispenses il se commet des erreurs, qu'il considère que c'est un inconvénient qui est com:nun à tous les gouvernements, à tous les supérieurs et à toutes les lois : faut-il pour cela détruire ce pouvoir dans le monde, et vivre à la manière des bêtes?
6. Soavc nous fait reniarquer qu'on a interdit dans la suite la lecture de certains livres qui avaient été approuvés par un bref du pape : telle est l'approbation de Léon X des Notes d'Erasme sur le Nouveau Testament, après les avoir lues. A entendre cet écrivain , l'on dirait que ce bref fut une définition ex cathedra , qui allcstait la lionne doctrine renfermée dans !es Notes, tandis que, en vérité, ce n'a été qu'une simple réponse d'honnêteté à la lettre de l'auteur, quiannon-
«otosolenn lie empêche beaucoupd'écnvains çail au papeqii'ilvenaitderetoucherccl ouvra-
de les composer, de les répandre, cl la difficulté de la vente retient les imprimeurs de les imprinier et les libraires de les acheter. Ainsi ceite triste semence, faute de cultivateurs, devient insensiblement plus rare et sèche entièrement. Les plumes, les presses et les boutiques qui ne cherchent que le gain ne se livrent qu'à des opérations lucraiives. h. Si les actions dcfeidues sont passées en coutume et se sont îîuguienlées dans ces derniers temps, on peut apporter deux raisons de ces désordres : le plus grand nombre d'auteurs et de lecteurs, et la facilité pour les uns
gequ'ilavait lait paraître depuis quelque temps en le dédiant à Si Sainteté, et que son intention était de le répandre de nouveau. Léon lui dit dans sa réponse qu'il était très-sensible à son attention , et lui fait espérer qu'un ouvrage qui a reçu des applaudissements universels dans sa première édition , sera bien pînslouéet estimé danssa réiir.pression. Peutêtre le pape» écrivit-il lui-même la lettre, plus vraisemblabiementce fut son secrétaire, quoiqu'il n'eût lu, comme il arrive souvent , qu(^ quelques fragments de l'ouvrage.