‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 255 sur 348 · ÔS · texte numérisé non relu

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nombreuses erreurs n'étaient nullement tolérables, car, quoique en comptant les voix qui se prononçaient pour un sentiment ou pour l'autre, ceux qui étaient à Trente, et qui ont écrit des mémoires aient pu commettre quelque erreur ( chose facile dans la manière ambiguë de s'exprimer), parce qu'ils n'assistèrent pas aux congrégations ou ne s'informèrent pas très-exactement des faits , tous, cependant, sont d'accord sur le fait essentiel, et affirment que la majorité repoussait cette définition sans consulter le pape. Ce récit s'accorde parfaitement avec les actes de Paleolto, le journal de Servant ; les lettres de l'ambassadeur de Florence, écrites au duc son souverain, et datées du jour même que se tint cette congrégation, la relation du secrétaire du cardinal Seripandi, et les mémoires de l'évêque de Salamanque.

Tous ces témoignages sont plus que suffisants pour convaincre publiquement Soave d'imposture; car, s'il s'agissait seulement de relever la fausseté qu'il avance, il ne faudrait que la note distincte du sentiment de chaque père, fournie par le secrétaire du concile dans cette congrégation, où il marque les voix indécises et douteuses comme telles, et celles des abbés comme ne formant pas un suffrage : cette note se trouve entièrement conforme aux actes de Musolti et Paleotto, avec celle seule différence, qu'elle classe simplement pour l'un ou l'autre sentiment les voix douteuses. A la fin , Massarelli ajoute : Ces sentiments ont été lus à haute voix, par moi secrétaire du concile, et approuvés de tous les Pères ; le résultat a été cehii-ci : pour V affirmative, soixante-six pour la négative simplement, conditionnellement, ou avec recours au pape, soixante et onze. Parmi ces derniers, nous ne comptons pas le cardinal Madrucci, ni les évêques de Lerida et de Bade ( les deux premiers avaient dit qu'ils confirmaient leur premier avis ; le troisième n'avait pas avancé qu'il voulût la définition, mais que l'on publiât que la résidence était de droit divin) ni les abbés; mais l'évêque de Lerida le fit classer parmi ceux qui s'étaient prononcés pour, ce qui donne toujours soixante-sept voix. L'on trouve cette note, non-seulement dans les actes aulhenliques du concile, mais même dans le choix des pièces originales de ces assemblées, imprimé à Rome, par Jean-Baptiste Argent, qui assista au concile en qualité de secrétaire du patriarche d'Aquilée. Ce livre m'a été communiqué par le noble et érudit comte Frédéric Ubaldini, secrétaire du collège des cardinaux.

22. Soave expliquant ce fait à sa manière pointilleuse, que les uns voulaient la définilion, si elle plaisait au pape, et les autres ne la voulaient pas si elle ne lui plaisait pas, dit que chacun cherchait ainsi à complaire de son mieux à son patron. Or il faut savoir quils ne parlèrent pas de la sorte, et qu'ils u'élaienl pas des hommes serviles, tels que les patriarches d'Aquiléeetde Venise; Daniel Barbaro et Jean Trivigiani : le premier avait été nommé coadjuateur de Grimani par Paul IV, tandis qu'il était ambassadeur de la

république en Angleterre, ce fut un homme d'une grande instruction; le second, du gouvernement de l'ordre du mont Cassin, avait été élevé à cette haute dignité, sur la présentation de sa république; ou tant d'autres, tels que Antoine Coccus, archevêque de Corfou , Martin Corduba, évéque de Tortose, l'archevêque de Palerme, et plusieurs autres prélats des principaux sièges des royaumes de Sicile et de Naples, l'abbé qui représentait le clergé suisse. Et parmi ceux qui demandèrent une déclaration absolue, il s'en trouva beaucoup qui auraient pu être retenus par la crainte de déplaire au pape, surtout quelques évêques qui dépendaient immédiatement de lui, comme ceux de Sutri, de Chieti, de Jesi, trois généraux d'ordres mendiants, qui sont sous une spéciale dépendance du pape ; l'évêque de Pesaro, frère, comme nous l'avons dit, du cardinal Simonetta, qui occupait un siège dans une ville gouvernée par un prince qui n'était pas seulement vassal du souverain pontife, mais qui était uni à son neveu par les liens de la plus étroite parenté. C'est là, au reste, la tactique ordinaire de ces malicieux arrogants auprès du vulgaire, de représenter comme l'effet d'une âme servile les marques de déférence que les inférieurs donnent à leurs supérieurs.

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