CHAPITRE V
Discours divers sur le résultat de la congrégation dont nous avons parlé. — Arrivée des ambassadeurs de Venise. — Leur réception est différée. — Raisons de ce délai. — Audience refusée au patriarche Grimani. — Lettre de V ambassadeur français demandant que la session soit prorogée.
1. En remettant ainsi la décision au pape, bien loin de lui offrir une marque agréable de déférence, ces Pères ne firent que le jeter dans une position des plus embarrassantes , car l'ambassadeur de Florence écrivant au duc Cosme et lui exposant son avis, celui des légats et de tous les Pères, fait voir que le souverain pontife ne pouvait se refusera la déclaration sans se rendre odieux ; car le nombre de ceux qui la réclamaient était absolument plus grand que celui des opposants. Les partisans de la déclaration se composaient de la presque unanimité des prélats autres que les Italiens ; et beaucoup d'entre eux la regardaient comme le seul moyen efficace d'arrêter le relâchement de la discipline ; de sorte qu'en s'y refusant le pape ne manquerait pas d'être accusé de s'opposer au bien et à la réforme de l'Eglise ; si par contraire, il se prononçait pour la définition , il se jetait dans de graves inconvénients , en blessant un parti nombreux qui n'avait soutenu ce sentiment que parce qu'il le croyait plus conforme à celui du chef de l'Eglise, et qu'étant forcé de subir une défaite qui ne provenait que de sa volonté, il était à craindre que l'indignation ne lui aliénât des esprits jusqu'alors si favorables. Il y avait aussi peu d'honneur d'établir un article de foi qui exige la plus entière certitude, au milieu