‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 268 sur 348 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Discours de Guidon Fabre dans une assemblée générale. — Réponse qu'on lui fait, — Nouveaux sentiments du pape au sujet des troubles dans le concile. — Mission à Trente de Charles Visconti, évéque de Vintimille.

1. Le seigneur de Lansac arriva à Trente avec l'esprit un peu imbu des fausses idées des politiques de France, et les relations qu'il établit avec quelques mécontents achevèrent de It; corrompre; ses collègues étaient pourtant pires aue lui. Peu après Ion vit arriver du Ferrier et Fabre : le premier avait été envoyé à Rome par le roi Charles, dès le lendemain de la mori de François II, pour engager le pape à accélérer le concik-. Sa religion était fort suspecte, parc»; qu'il avait conseillé, dans l'assemblée de Saint-Germain, d'accorder des temples aux hérétiques. Cependant lorsqu'il fut désigné pour assister au concile, il s'excusa sur ce tort devant le légat en France, protestant qu'il voulait vivre et mourir dans la foi de ses pères, et qu'il espérait d'aller se prosterner une seconde fois

prononça sa harangue avec plusieurs additions qui semblaient des invectives contre les conciles précédents. Les ambassadeurs étant sortis, selon la coutume, et ayant délibéré sur la réponse qu'il fallait faire, fray Pierre de Xaque, Espagnol, de l'ordre de Saint- Dominique, évêque de Nio, dit d'un ton fâché qu'il ne convenait pas de recevoir ces ambassadeurs dans la session; quelquesautres demandèrent que ce discours ne fût point enregistré dans les actes du concile, avant qu'il eût été corrigé. Des corrections y furent faites en effet, comme le prouve le volume imprimé à Louvain, en 1567, dans lequel on voit que le discours de Fabre et la réponse qu'on y fit ne s'accordent pas avec la loi qui fut prononcée, La résolution que l'on prit communément, et qui était leplus sage parti, fut de ne rien décider sur cet incident et d'appeler à son secours le temps, en renvoyant l'affaire à la prochaine congrégation. 3. La substance de la harangue de Fabre , imprimée dans plusieurs ouvrages, consistait à relever les services rendus à l'Eglise par François I"^ et Henri II, leur zèle ardent pour assembler un concile dont l'accès fût libre à tout le monde, dans un lieu commode pour les personnes qui y assisteraient, et dans lequel l'on traiterait de tous les points controversés et l'on travaillerait à établir la paix de l'Eglise ; que le roi Charles IX. était monté sur le trône animé des mêmes sentiments, dont pouvaient se donner pour témoins et parler scienmient, les ambassadeurs ses collègues, Louis de Saint-Gélase, seigneur de Lansac et chevalier de l'ordre du aux pieds du souverain pontife, et qu'il n'a- Saint-Esprit, et Raynaud Ferrier , président

vait émis ce sentiment, dans l'assemblée de Saint-Germain, que pour assurer la conservation de l'Etat et pourvoir au bien civil du royaume. Sa conduite religieuse ne répondit pas dans la suite à de telles promesses. Fabre se présentait sous des auspices encore plus défavorables, mais son crédit était fort limité; il était plutôt chargé des discours d'apparat que du soin de traiter les affaires qui demandent de la prudence. Leur réception fut fixée pour l'assemblée du 26 mai. Fabre prononça le discours. Soave le rapporte, mais ni en entier, ni fidèlement; il raconte que son discours ayant paru piquant aux auditeurs, le promoteur du concile, tout confus, ne lui fit pas, ce jour-là, la réponse d'usage. Je passe sous silence l'erreur qu'il commet en avançant, ici et ailleurs, que le promoteur était chargé de répondre : ce n'était pas pas lui qui le faisait, mais bien le secrétaire.

du parlement de Paris , chargés déjtà tous les deux d'une mission royale auprès du souverain pontife, qui prêtait, à la vérité, un concours spontané au concile, mais dont le zèle pour la convocation devait encore être excité par le récit des maux de la France ; que la prompte convocation d'un concile était le seul remède capable de fermer et de guérir ses plaies, qui sans cela ne feraient que s'étendre ; qu'un grand nombre de chrétiens se séparaient de l'Eglise, en profitant des troubles civils qui régnaient dans le royaume ; et que c'était au détriment et à la honte de ceux qui , étant obligés de guérir ses maux , négligeaient de lui en appliquer les remèdes. k. Adressant ensuite la parole aux Pères, il leur dit que ce que l'on attendait d'eux était l'œuvre la plus noble, une œuvre presque divine : de guérir, non par les ressources humaines , mais par l'inspiration du Saint-

donl la charge est de rendre aux envoyés des Esprit, les plaies nombreuses de la religion ;

princes étrangers tous les honneurs qu'exigent l'urbanité et la politesse ; mais à ce sujet il ignore, ou il cache à dessein, ce qui se passa. Voici donc le fait.

2. C'était l'usage qu'avant de prononcer un discours les orateurs le soumettaient au secrétaire ou lui en donnaient lecture, afin qu'il pût préparer une réponse convenable. Les Français communiquèrent donc leur cahier â Massarelli, mais ils ne lui montrèrent que ce qu'il y avait de plus modéré, et Fabre CoNC. i)E Trente. II.

de conduire heureusement au port la barque de Pierre, agitée depuis cinquante ans par des vents contraires ; de fixer ce que l'on devait croire au milieu de cette grande diversité d'opinions ; de rétablir la discipline, que la négligence ou le zèle imprudent des ministres avait laissé se corrompre. On ne peut nier qu'il ne se soit glissé bien des abus, dont les uns doivent être entièrement détruits et les autres corrigés; de même qu'il a toujours pensé qu'il fallait réprimer la

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hardiesse de ceux qui , sans l'ordre dos su- l'engager à envoyer à Trente ses députés , périeurs, et delourpropre aulorité, n'avaient pas craint d'abolir lout le rit de l'Eglise, qui accompagne et sert à relever la religion , et d'introduire des usages différents ; il croit aussi que l'on pourrait pécher par trop de dureté, en retenant toutes les institutions antiques sans avoir égard aux mouvements des choses, à la condition des temps et au repos de l'Eglise. L'ennemi du genre humain, selon sa coutume, ne manquera pas de vous assaillir par des combats intérieurs, en vous représentant que toutes vos fatigues n'aboutiront qu'à vous rendre la vie plus dure, à vous priverdes commodités et de cette splendeur dont vous jouissiez avant la rétorme des mœurs. Si vous vous laissez prendre à ces pièges, et si vous préférez quelque intérêt particulier au bien général, l'œuvre pour laquelle vous êtes assemblés est manquée ; les conciles perdent tout droit à cette csiiiiiij qui fut si grande dans les premiers temps , et qui serait telle encore si l'Eglise reprenait sa force et sa pureté : de votre vivant , et pendant la vie do vos aïeux , plusieurs conciles ont été convoqués, d'illustres prélats en ont tenu également en Allemagne et en Italie , mais avec peu ou point de fruit. Je ne veux point en rechercher minutieusement les causes , ni ce qu'en pense le vulgaire ; je ne puis cependant m'empêcher d'exposer la plus imjortante et de dire que ces conciles n'étaient ni libres ni légitimes . parce que les Pères parlaient, ou pour mieux dire, se déterminaient d'après une volonté étrangère, et que c'est le vice le plus redoutable pour les tribunaux. Vous êtes ici non-seulement comme conseillers , mais comme juges investis par Jésus-Christ d'un pouvoir sans borne et qui a été exercé dai\s les anciens conciles. Si tout autre secours viesit à vous manquer, le roi très-chrétien vous olïre tontes ses forces pour défendre vos droits, et c'est à cet effet qu'il a envoyé cette ambassade.

5. Ici l'orateur, après une violente sortie contre les serviteurs revêtus delà toge et les juges mercenaires qui dans des causes , non pas d'un faible intérêt, telles qu'un fonds de terre, ou l'eau d'une gouttière, mais dans des affaires de la plus haute importance et les plus sacrées , échangeaient leur voix avec la faveur des puissants de la terre, ajouta que c'était là la plainte que faisait le siècle passé ; qu'ils eussent donc soin , en donnant leur voix, de ne point rechercher lestime des rois, des empereurs et des papes; que s'ils agissaient pour un but aussi vain, il voyait dans cette conduite la ruine de l'Europe et de l'Eglise. Si le discrédit dans lequel sont tombés les conciles précédents (faisant allusion à celui de Constance ) vous importune , prouvez à l'univers que celui de Trente jouit de la liberté et ne trahit point la foi ; qu'il emploie la raison , et non les flammes ; qu'il dispute pour connaître la vérité et non pour défendre avec obstination une opinion adoptée. Le désir de partager cette seconde gloire avec vous doit tirer de sa léthargie l'illustre nation des Allemands ,

et à venir pour s'entendre amicalement, puisque c'est pour elle principalement que le ( onciie est assemblé. Le monde catholique , partagé en ce moment en mille opinions contraires , n'aura plus qu'un seul langage et une même façon de penser. Pour vous porter avec plus d'ardeur à cette grande mais difficile entreprise , réfléchissez que vous avnz pour fidèle compagnon et pour puissant coopérateur le roi Charles IX, qui aurait assisté volontiers en personne au concile, si son jeune âge ne l'en uvaitempêché. Il pense que ses ambassadeurs le remplaceront auprès de vous, et offre au concile , pour le bien de l'Eglise, non-seulement ses trésors et ses Etats, mais son sang et sa vie.

6, En donnant la substance de cette harangue , Soave avance que Fabre dit aux Pères qu'ils devaient montrer qu'il ne faut attendre le secours de Saint-Esprit que du ciel; et que le présent concile était tout différent de celui qui , sous les papes Jules et Paul III , s'était assemblé au milieu du tumulte et du fracas des armes, et s'était dissous sans avoir rien fait de bien. D'abord j'observerai que le texte qu'il peut citer ne renferme pas cette phrase ; il dit seulement sans aucune œuvre illustre; ensuite j'élèverai quelque doute sur son authenticité, quoiqu'on le trouve dans un ouvrage récent , parce que l'imprimé qui sort des presses de Ripa de Trente, et qui est de l'année même où le discours fut prononcé, ne renferme pas ces mots ; tandis qu'on y lit les autres traits mordants qui ont été retranchés dans l'édition qui eut lieu plus lard à Louvain. Il me paraîtrait étonnant, si la phrase avait é: prononcée , que les Espagnols, qui se montraient si ardents pour la continuation, l'eussent laissée passer sans répliquer convenablement. Peut-être ces paroles furent véritablement écrites, mais Fabre n'osa les prononcer de crainte d'exciter une rumeur intempestive. L'archevêque de Zara écrit que l'on fil encore des corrections à la copie qu'il remit après l'avoir lue ; mais je crois que sa mémoire lui a fait défaut. En consult.mt la nature de la chose et le récit de l'auteur, qui est Paleotto, il est plus vraisemblable que les Français voulant adoucir l'amertume qu'ils avaient causée aux Pères , leur offrirent un autre discours beaucoup plus modéré que celui q;i'ils avaient prononcé , en assurant que c'était le même. En conséquence, poiul'amour de la paix et de la douceur, il lut décidé dans l'assemblée du 3 juin, non sans opposition, de regarder la chose comme non avenue et de leur répondre avec modération le lendemain de la session.

7. Dans la réponse on louait la piété de l'aïeul, du père et du roi régnant : on y disait que tout homme exempt de passion pouvait connaître que c'était à tort que l'on voudrait confondre le concile présent avec ceux assez récents qui , selon l'observation des orateurs , étaient tombés dans un grand discrédit ; qu'il est certain que les conciles qui ont été convoqués et dissous par celui

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à qui appartient ce pouvoir, ont été re^çardés comme légitimes, libres et utiles à ceux qui ne résistaient pas au Saitit-Esprit ; que l'avertisse.-nent sincère de l'ambassadeur, quoique inutile, plaisait aux rèros, et qu'ils ie regardaient comme un encour;igement à ne point f.ivoriser les volontés de leurs princes séculiers, afin de n élre pas obligés de répondre avec moins de douceur qu'ils avaient coutume de le faire ; qu'ils sussent donc, eux et tous ceux qui étaient présents ou qui viendraient, que les Pères préféreraient toujours la puissance et la dignité du concile aux volontés de tout potentat et à tout intérêt humain; que les orateurs eux-mêmes en seraient les témoins et verraient la sincérité de leurs promesses; qu'ils feraient tout ce qui serait en leur pouvoir, sans porter atteinte à la religion et à l'Eglise , pour obliger la France, qui a si bien mérité de Tune et de l'autre ; et que ces promesses, par lesquelles ils s'engageaient auprès d'eux, èlnicnt d'autant plus sincères, qu'ils avaient la ferme confiance qu'ils ne deiuanùeraienl rien qui ne pût leur être accordé. Tellefut la réponse.

8. Pendant que le concile était en proie à ces agitations, le pape se trouvait fortement embarrassé, n'ayant pas encore pris un parti définitif au sujet des nouveaux légats qu'il voulait envoyer. Il n'avait pas reçu non plus la dernière défense du cardinal Seripandi; il résolut alors d'envoyer à Trente un homme de confiance, qu'il instruirait à fond de ses inlenti(ms et auquel il ouvrirait librement son cœur ; ce ministre lui donnerait des nouvelles cortaines sur le concile, d'oii il ne recc\ait que des récits contradictoires , parce qu'ils partaient de personnes divisées de sentiments , et préoccupées par la passion, 11 choisit pour cette mission Charles Visconli, parent du cardinal Borromée.qui avait été autrefois sénateur de Milan, sa patrie, et ambassadeur auprès de Philippe il. 11 était alors évêquc deYintimille, il réleva dans la suite à la dignité de cardinal.

9. Il lui ordonna de pas«er par le duché d'Urbin et de s'aboucher avec le duc Guidobalde, beau-père de son neveu Frédéric Borromée ; il devait lui parler de certaines affaires qui n'ont guère de rapport avec notre histoire, lui apprendre que bs secours qu'il destinait au roi de France contre les huguenots consistaient en trois cent milhî écus, partie en argent et partie en solde de troupes; lui dire qu'il allait s'intéresser auprès du roi d'Espagne pour l'engager à venir au secours de son cousin, encore en tutelle, et que s'il s'y décidait, il demanderait pour lui le commandement général de ces troupes, de préférence au due Philibert de Savoie, qui y aspirait. Après cels , il devait aborder le but de sa mission et lui faire connaître combien le pape était peu satisfait de la conduite des cardinaux Seripandi et u'e Mantoue , non point qu'il mît en doute leur intention, mais pour avoir laissé impru-

l inmenl allumer l'incendie que causait k question de la résidence et se plaindre a.uprès de lui de l'évéque de Sinigaglia, que l'on

avait dénoncé à Rome comme ayant manqué de respect envers le sainl-siége, de Fray' Jérôme Trivigiani de Venise, évéque de Vérone, et d'Antoine Scarampi,évêque de Noie, tous .«ous sa dépendance. II ne parlait pas de l'évéque de Pesaro, parce qu'il n'avait pas entendu dire qu'en exposant son sentiment il se fût écarté des bornes du respect.

10. Visconti avait ordre ensuite d'aller à Trente et de faire part au cardinal Altemps du projet qu'il avait d'envoyer des troupes en France, en tachant de découvrir s'il voudrait en prendre la direction en qualité de légat; de témoigner toute sa satisfaction aux cardinaux Hosius et Simonetta ; de se confier entièrement à ce dernier , et de ne point cacher aux cardinaux deMantoue et Seripandi les reproches qu'on leur faisait au sujet de la question de la résidence ; de donner des inarques du plus grand respect au premier légat, le distinguant de tous les autres, et de lâcher d'obtenir qu'on ne parlât plus de la résidence, ou du moins de faire renvoyer cet article à un temps éloigné ou à la fin du concile ; d'observer avec soin et de découvrir si les légats vivaient bien d'accord entre eux et quelle était la conduite des évêqucs et l'état des affaires, afin d'envoyer prompfement à Rome un rapport très-circonstancié.

11. Je relèverai ici en passant deux erreurs de Soave: la première, lorsqu'il dit que le secours promis à la France était de deux cent mille écus, tandis que nous avons vu qu'il était de trois cents ; la seconde, lorsqu'il avance qu'après la session du limai et le déplaisir qu'il épror.va de ce que le cardinal de Mantoue n'avait pas fait déclarer la continuation, le pape pensa de nouveau envoyer à Trente d'autres légats, mais que ne voulant pas enlever le premier rang à ce cardinal, il voulait lui donner le titre de cardinal-évéque, en profitant de la mort du cardinal de Tournon, qui était le doyen de cet ordre. Nous lisons au contraire que dans le consistoire du 18 mai, alors que la nouv;>lle (le la session du 14 du même mois ne pouvait que difficilement être arrivée à Rome, les six titres épiscopaux furent accordés à d'autres cardinaux.

12. Arrivé au duché d'Urbin , Visconli connut que le duc était parfaitement au courant des différends qui régnaient à Trente et qu'il pensait que le premier légal, selon la volonté du pape, accepterait de nouveaux collègues, quoique cette nomination dût lui faire perdre le premier rang, mais non sans un vif déplaisir; aussi il demandait qu'on ne choisît pas Cicala. Il est facile de voir que le cardinal de Mantoue ne cherchait pas à primer, puisqu'il accepta la légation avec du Puy , qui aurait eu le pas sur lui. Il s'efforça de le faire venir à Trente : aussi l'on disait que la nomination de nouveaux légats lui déplaisait, non pas tant parce qu'il n'aurait que la seconde place, que parce qu'il était obligé de descendre.

13. Guidobalde, qui était curieux et intelligent, voulut lire le petit traité d'Alphonse SabneroHj que portait ViscoKli, et qui soute-

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EilSTOlRE DU COiNCILK DE TRENTE.

nait que la résidence n'était que de droit ec- ?clésiastique : il était tiré en grande partie de l'écrit de Catharin , dont nous avons parlé; et Visconti l'envoya depuis au cardinal Borromée, afin qu'il voulût bien le faire imprimer, comme la chose eut lieu. Le duc lui dit qu'il avait prévenu sa demande au sujet de l'évêque de Vérone, et promit d'écrire à celui de Sinigaglia.

14. Visconti passa par Venise, et parla avec le nonce de l'affaire du patriarche Grimani, que le pape voulait toujours attirer à Rome; mais il craignait que la république, qui affectionnait singulièrement ce patriarche, ne s'en offensât. 11 s'entretint aussi avec lui de la conduite du cardinal de Manloiie, dont il était l'ami intime ; le nonce pouvait lui donner amicalement quelques conspils, qu'il aurait reçus avec plus de peine de ia bouche de Visconti, parce que l'observation lui aurait paru venir du pape. Quelquefois nous recevons avec plaisir , de la part d'un inférieur, un avertissement qu'il nous donne comme pour nous informer, tandis qu'il nous serait pénible de l'entendre de la bouche d'un supérieur, le regardant comme un reproche.

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