‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 279 sur 348 · LIVRE DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-SEPTIEME

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Sainteté leur prescrivit d'abord qu'ils cherchassent un expédient , et que, s'ils ne réusissaient pas, et que les ambassadeurs s'accordassent à vouloir faire vider leur différend par une décision du saint-siége, il ne pouvait manquer à îa juslicc; mais que, jusqu'alors, les Espaj^nois paraissaient n'en pas vouloir, parce qu'il semblait que les Français avaient pour eux la possession; que siles parties y consentaient, le pape était disposé à en laisser la décision au concile; que si aucun de ces moyens n'était accepté, on ne pouvait mieux faire que d'imiter la coutume alors suivie à Rome, qui était que le seigneur Delisle , ambassadeur de Fi'ance, assistait aux cérémonies solennelles, etqueVargas, ambassadeur d'Espagne, restait chez lui. Il proposait enfin un excellent expédient, e'était que le roi Philippe envoyât au concile un ambassadeur ecclésiastique, lequel étant assis dans un ordre différent des séculiers, ne donnerait pas matière à contestation , ou que le comte de Lune que ce même roi avait choisi pour son ambassadeur, reçût en même temps le litre d'ambassadeur de l'empereur auprès duquel il se trouvait alors. Mais les Français empêchèrent qu'on u-sât d'aucun de ces moyens , comme nous le ferons connaître.

8. Cependant l'ambassgideur de Bavière, après les offres et les soumissions d'usage , fit au concile ( Diario, 27 juin 1562 ) trois demandes pour les Etats du duc son maître , savoir : la communion sous les deux espèces, la réformation du clergé et le mariage des l^êtres. On lui répondit poliment sur la première partie qui avait rapport aux soumissions et aux politesses ; quant aux trois demandes, il lui fut répondu d'une manière générale que l'on ferait ce que l'on connaîtrait être le plus avantageux pour la gloire de Dieu et le bien de l'Eglise. Dans cette congrégation, les impériaux ne présentèrent du cahier dont nous avons parlé {Lettre de l'ambassadeur de Florence au duc de Côme du'29 juini^Q2) que la demande de la communion sous les deux espèces, non-seulement pour la Bohême , mais pour la Hongrie et pour les autres Etats héréditaires de la maison de l'empereur, et s'appuyèrent sur les raisons d'utilité publique qui parurent les plus propres à faire impression sur l'assemblée. Tous ces personnagessemblaientcroire que le concile ne s'était pas assemblé pour condamner les hérétiques, mais pour leur donner satisfaction, et que leur conversion pouvait s'obtenir en tout accordant à leur volonté rebelle , tandis qu'il convenait bien plutôt de la réprimer ; car il n'y a rien qui porte plutôt les autres sujets à se révolter , quQ les concessions que l'on fait à leurs déairs dépravés.

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