‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 310 sur 348 · LIVRE DlX-SEPTIliME · texte numérisé non relu

LIVRE DlX-SEPTIliME

répondent ensulle par eux-mêmes ou font un rapport à l'assemblée générale, comme ils le jugent convenable. Il y avait pourtant celte différence que dans ces républiques il n'est pas permis aux ambassadeurs de parler en particulier aux sénateurs , qu'il n'y a dans le conseil personne pour les représenter, tandis que dans le concile les ambassadeurs pouvaient à leur gré s'entretenir avec tous les évêques , que les mêmes personnes pouvaient être évêques et ambassadeurs , comme en effet l'étaient les ambassadeurs de l'empereur, et comme le furent ensuite plusieurs autres , et que tout ambassadeur avait dans le concile les évêques de son souverain toujours prêts à accueillir et à proposer ses demandes. Et en effet, cette coutume, que les orateurs envoyés à une grande assemblée traitent avec quelques personnes et non avec la multitude , celle coutume est non-seulement reçue partout, elle est même nécessaire; car, pour le plus grand nombre des affaires et surtout pour les affaires m.ijoures, on ne peut les proposer et y répondre librement devant la multitude ; de sorte que donner ainsi une audience privée aux ambassadeurs, ce n'est pas restreindre la liberté de l'assemblée, mais augmenter celle des ambassadeurs eux-mêmes. D'ailleurs avait-il donc oublié que lorsqu'ils avaient voulu parler dans l'assemblée générale, et y dire même des choses très-peu agréables au concile, on leur avait accordé des audiences solennelles, soit à Bologne aux impériaux, sous Paul III , soit à Trente même, sous Jules III, aux ambassadeurs du roi très-chrétien ?

8. Il affirmait ensuite que l'unique remède possible était l'arrivée du cardinal de Lorraine et des autres prélats français. A la bonne heure! mais ces prélats étant plus zélés et plus instruits en religion que cet homme, lurent bien différents de ce qu'il les croyait. Voyons-en la différence. Il disait que les articles qu'on avait préparés sur le sacrifice n'étaient propres qu'à aliéner pour toujours l'esprit des protestants , tandis qu'en changeant ou en adoucissant quelque petite chose, on pouvait assurer qu'il serait facile de conserver le plus essentiel de notre religion et de les gagner d'un seul coup. Le cardinal de Lorraine et les prélats français ont-ils jamais proposé un tel remède? Et Fabre errait trop grossièrement dans le fait comme dans le droit. Sur le fait, car il était déjà bien notoire soit parles nombreux colloques tenus par les impériaux , soit par les écrits multipliés des deux partis, que les discussions qui existaient entre les catholiques et les protestants ne roulaient pas sur quelque petite chose, mais bien sur les fondements de la foi. Dans le droit, puisque lorsqu'il s'agit de foi il n'y a pas de petite chose ; chaque point est grand comme le tout, et quiconque attaque un seul point, les attaque

tous. , .^

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