‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 32 sur 348 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

On pourvoit aux abus qu'on fait deV Ecriture. et on propose diverses mesures touchant les traductions qu'on en donne.

1. Pendant l'examen des décrets pour l'acceptation des Ecritures et des traditions divines , on ne laissait pas de s'occuper des moyens de remédier aux abus. On convenait que la Vulgate devait être préférée à toute autre traduction. Mais le cardinal Pacheco(3)

(1) Dans la congrégation citée du 23 mars, comme porte le Journal de Massarelli.

i^) Cap. Si (pus omnem, \, qua;st. 7. (5) Dans la <

congrégation des 1 et 3 avril.

requérait de plus le rejet de toutes les autres, et surtout de celles qui avaient pour auteurs des hérétiques; il étendit même, dans la suite, jusqu'à celle des Septante cette proscription des traductions. Bertano au contraire prétendait qu'il y en avait toujours eu une multitude parmi les fidèles , et cela au vu et au su des saints Pères, qui ne s'y opposaient pas. Qui oserait prohiber celle des Septante d'où nous tirons les psaumes qui se chantent dans l'église? Anciennement, quand on était moins

Mais l'évêque de Chioggia remarqua sagement que par autrement , il fallait comprendre dans un sens opposé et non dans un sens divers. Car il n'est pas défendu de donner un nouveau sens à un passage de l'Ecriture, quand le sens de ce passage n'a pas encore été déterminé, ou par l'autorité de l'Eglise, ou par la commune interprétation des Pères. Pour obvier à cet inconvénient (1) , le cardidinal de Jaen voulait qu'on défendît d'expliquer l'Ecriture à quiconque ne serait pas docteur ou clerc ; et il ne cessa de travailler

en garde contre la fraude qui était plus rare,

on ne rejetait pas même celles des hérétiques, avec la plus grande ardeur au triomphe de

commedeThéodotion,deSymmaque,d'Aquila; cette opinion. Mais l'opinion contraire eut

qu on ne peut donc pas les condamner , a présent surtout que ces auteurs ne sont pas hérétiques solennellement dénoncés , et que leurs noms, par conséquent, sont à l'abri de telles peines; qu'il ne faut reconnaître pour authentique qu'une seule traduction, sans approuver ou improuver les autres; que cela

dans Madrucci un défenseur qui ne fut ni moins zélé ni moins constant. Ce cardinal ne trouvait pas qu'il fût à propos de restreindre la liberté si salutaire d'expliquer la parole de Dieu , à certaines qualités personnelles qu'on peut ne pas avoir, et être néanmoins pieux et savant. Que rien ne s'imprimât dans ce genre sans

suffisait pour fermer la bouche aux hérétiques l'approbation des censeurs sacrés; avec cette et les empêcher de répéter aux catholiques condition on pourrait laisser à tout chrétien

que leur doctrine ne saurait être légitime , puisque les livres qui lui servent de fondement , sont tous tirés de traductions falsifiées.

2. On douta (1) à cette occasion si on ne devait pas assigner un exemplaire des Ecri-

le droit de méditer les Ecritures. Car la parole de Dieu étant écrite pour tous les chrétiens , la méditation de cette parole doit aussi être à la portée de chaque chrétien. Los auteurs de l'un et l'autre sentiment eurent des partisans; mais ce fut la seconde qui prévalut , comme

lures qui ferait seul autorité , non seulement tout à la fois la plus juste et la plus favorisée

en latin, mais aussi en hébreu et en grec, comme quelques-uns le voulaient. Le cardinal de Trente demanda que la même mesure s'étendît à toutes les autres langues ; mais le plus grand nombre pensa qu'il suffisait de le faire pour le latin, parce que cette langue, répandue dans les pays où fleurit l'Eglise de Dieu, et parmi les nations qu'on avait plus particulièrement en vue dans ces précautions , es* entendue de tous les hommes qui ont de l'instruction et qui sont en état d'interpréter l'Ecriture ; et que par conséquent elle pouvait facilement servir de règle pour discerner les bons des mauvais exemplaires dans les autres langues.

Il restait à remédier aux fautes qui , par l'ignorance des copistes, s'étaient glissées

des légats, qui avaient vu avec peine Pacheco prendre l'initiative : c'était exclusivement à eux qu'ils croyaient réservé le privilège de proposer, ainsi qu'ils l'avaient fait sentir à ce prélat dans la congrégation précédente (2).

4. Madrucci(3) réussit mieux dans la proposition qu'il fit de ne recevoir aucune interprétation de l'Ecriture qui ne portât le nom de l'auteur. Quelqius-uns s'y opposaient, parce que, disaient-ils , dès que le fruit est bon , il importe peu qu'on ne sache pas quel est l'arbre qui l'a porté. Mais on leur répondait que l'auteur ne se cache que lorsqu'il a des raisons de craindre que son œuvre pernicieuse ne lui attire châtiment ou infamie ; que dans bien des aliments il y a un poison

en foule dans la plus grande partie des exem- lent dont on ne s'aperçoit que lorsqu'il a pro

plaires que nous avons de cette même traduc- duit son effet ; que quand on soupçonne des

tion dite la Vulgate. Mais on se tint en garde embûches on se garde bien de toucher à un

pour no pas donner à rire aux hérétiques (2), met qui est présenté par une main dont on

comme on aurait fait, si, recevant la Vulgate, et déclarant simplement les exemplaires qu'on en avait, corrompus , on avait eu l'air d'approuver et de désapprouver en même temps le même livre. On jugea donc qu'il fallait dresser ainsi le décret : Qu'on aurait soin de donner au plus tôt Védition la plus correcte qu on pourrait de cette traduction dite la Vulgale

n'est pas sûr ; que placer son nom au bas de son livre, c'est, de la part de l'auteur, comme boire à la coupe le premier, pour inspirer aux autres de la confiance dans la liqueur quelle contient, puisqu'il s'expose à être blâmé et puni , s'il résulte quelque mal de ce qu'il a fait.

5. Quant aux imprimeurs , on confirma le décret du dernier concile de Latran , ainsi

3. Pour prévenir les mauvaises interpré- que la peinequi y estdécernée contre ceux qui talions de l'Ecriture, on décerna les peines imprimeraient sans la permission des ordi-

les plus graves contre quiconque les entendrait autrement que l'Eglise et les Pères.

(1) Dans la congré^alion du 3 avril.

(■2) Oïl fut rcdavablo de ci-Ue observation à l'évêque (le Belcastre, dans la conijrégalioii particulière, devant le cardinal Cerviiiiji^ "23 snars. Voyez les Mém. de Massarelli.

naires. Il y eut pourtant des évéques (4) qui

Dans la congrégation du 3 avril.

Le premier jour d'avri{.

Dans la dernière congrégation générale du 7

(5) avril.

(4) Dans la congrégation du 3 avril.

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