L'évéque de Leiria, portugais, fit cou
la pratique était en elle-même indifférente. Le cardinal que nous avons déjà cité en donne deuxjcxcmples dans un autre de ses ouvrages: l'un au sujet du même Nestorius, qui enseignait que Marie n'était pas mère de Dieu, mais de Jésus-Christ, et aussitôt le concile ordonna qu'on l'appellerait la mère de Dieu; l'autre, qui est registre par Gratien dans le décret, nous apprend que pour combattre
sidérer aux Pères que ceux qui étaient con- l'hérésie des donatistes qui réitéraient le bap
traires à la concession avaient pour eux l'autorité du cardinal Gojétan et de Ruard Tapper ; et ceux qui appuyaient la demande alléguaient l'autorité du concile de Baie et de Paul ÎII. Le second sentiment était préférable, vu que plusieurs princes zélés pour la religion demandaient cette grâce, comme l'unique remède pour ramener les peuples, dont on ne pouvait sans cela espérer le salut. Il fallait suivre, dit-il, l'avis do saint Paul : Recevez celui qui est infirme dans la foi. Kovère, Sala etMocenigo furent du môme avis. Ils apportaient aussi l'autorité de saint Paul, qui avait permis à Timothée de se faire circoncire.
17. De tous les discours contradictoires à la demande, le plus long et le plus remarqua
tome, un concile de Tolède, appuyé de l'autorité de saint Grégoire le Grand, avait défendu aux catholiques de faire, au baptême, trois immersions, comme auparavantil était permis cl d'usage; c'était pour ôter toute apparence de réitération du baptême. Les ébionistes étaient dans cette erreur que les anciennes cérémonies légales fussent encore obligatoires pour les chrétiens. Aussitôt, de peur que l'usage du pain azyme pour l'eucharistie n'eût quelque apparence de judaïsme, il fut statué qu'on dirait la messe avec du pain levé, et les Grecs le font encore. De même les apôtres, pour ne pas concourir avec les Juifs, substituèrent le dimanche au samedi, et ordonnèrent que la pâque ne serait célébrée qu'après Téquinoxe; un autre changement de
ble fut celui de Jean-Bapliste Hosius, romain, cette espèce qui avait été cité avant lui dans
la congrégation générale, est comîiiunément attribué à saint Léon, d'après son quatrième sermon sur le carême. Ce grand pape, pour
évêque de Rieti, très-instruit dans le droit canon et dans la connaissance de l'histoire; il avança d'abord que les conciles ne sont pas assemblés pour accorder des dispenses, mais pour faire des lois ou les révoquer. En conséquence, le concile n'avait point de décret à faire sur la concession demandée, mais seulement des informations à donner au pape. Le concile de Bâle, dit-il, n'a point donné de dispense, et il a confirmé la loi portée par celui de Constance; il y fut fait un accord avec les Bohémiens , auxquels on imposa certaines conditions; mais le présent concile n'a pas à procéder selon ces accords et ces conditions , dont il ne s'agit pas , il ne doit décider que sur les articles proposés par Sa Majesté impériale. Nous n'avons pas non plus à délibérer s'il est convenable de révoquer la loi. Après qu'elle a été approuvée dans la session précédente, il y aurait bien de la légèreté, si on l'abrogeait dans celle-ci. Restreignons-nous donc à l'information ou conseil qu'il faut donner au pape; c'est une règle certaine que les lois des hommes admettent des dispenses; mais on y doit observer ce que dit le pape Gélase, que la dispense n'ôte pas à la loi son intégrité, et qu'elle ne cause aucun préjudice ni déshonn. ur à ceux qui n'y sont pas compris. Depuis l'origine de l'Eglise chrétienne, la coutume de prendre la communion sous les deux espèces ou sous une seule a été libre et indifférente pendant plusieurs siècles. Les écrits de plusieurs Pères on font foi, mais l'hérésie de Nestorius donna lieu au concile d'Ephèse d'interdire la seconde manière, pour ôter de l'esprit des fidè-
exterminer l'hérésie des manichéens, qui n.e veulent pas que Jésus-Christ ait eu un corps véritable, ordonna que dans la communion les laïques mêmes recevraient le sang de Jésus-Christ, sous l'espèce du vin. Ce fut peutêtre pour la môme fin que l'ordonnance fut renouvelée, sous peine de sacrilège, par le j)ape Gélase, successeur presque immédiat (le saint Léon (bien que l'ordonnance du pape Géiase soit susceptible d'une autre signification); les manichéens ayant disparu , la liberté fut rendue de faire communier de l'une et de l'autre manière ceux qui ne disaient pas la messe. Les choses demeurèrent ainsi jusqu'à l'époqueoufut introduite dans laBohôme celte nouvelle erreur, savoir : que la communion du calice était positivement un précepte divin, fondé surl'Evangile; aussi fut-elle expressément prohibée par le concile de Constance. Puis donc que la raison qui fit porter la loi subsiste actuellement plus que jamais, il faut aussi que la loi subsiste, et qu'elle subsiste dans son intégrité, sans aucune dispense qui Laifaiblisse ; car c'est une règle des légistes , qu'on ne doit accorder la dispense d'une loi quelconque, sinon dans le cas où les raisons de la loi ne peuvent avoir lieu ni pour l'action commandée, ni pour l'exemple. Or, dans les pays pour lesquels la grâce est demandée, la raison de la loi prohibitive non-seulement dure encore, mais elle est plus (ovU. qu'auparavant. Car, après l'hérésie dePierr(j de Dresde, l'Allemagne tranquillisée conserva
UVRE nix-iiuiriKMK.
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losiglomps la pureté de foi, et l'horreui' qu'on svail des Bohémiens fit que pendant plus d'un j,iècle on ne pensa plus à demander le calice; mais Luther parut qtii, parmi ses erreurs enseigna encore celle-ci, et du venin de son hérésie infecta toutes ces provinces ; déjà elles exposent leur (iomandc importune : et puisqu'elles ont changé de sentiments sur cet article, il est à craindre qu'elles ne veuillent totalement changer de croyance. L'exemple qu'on nous oppose du concile de Bâle est aisé à rétorquer : les conditions imposées ou les pactes faits avec les Bohémiens furent étahl is par le concile pondant qu'il élait encore légitime, et soumis au pape Eugène IV, et ces pactes ne furent jamais observés. Bien plus, Jean Roquesane, le principal des prêtres bohéiîu'en*, prêcha et fit prêcher le contraire. II fit îïiême dresser à l'empereur Sigismond six articles qui allaient à rompre l'unité de l'Egiis:; : et le schisme continua sous le pontifical de Nicolas Y; ce pontife chercha à convertir les Bohémiens en leur envoyant le bienheureux Jean Capistran, et après lui le cardinal dcCuse, Nicolas, Galixte lîl envoya aussi pourcette bonne œuvre le cardinal Cesaiini ; mais tout fut inutile, comme nous l'apprend Jean Cochlée dans son Histoire des hussiles. La condescendance de Paul lîl avait été lic même parfaitement inutile, puisque personne ne se présenta au nonce du pape pour obtenir l'usage du calice, mais les hérétiques ne manquèrent pas de faire circuler ces permissions du pape imprimées avec un conimeutaire, c'est-à-dire une satire injurieuse. Ils publièrent que les papistes ayant reconnu que sur cet article ils étaient dans l'erreur, en feraient de même pour tous les autres. Hosius produisit ensuite la raison principale qu'avait eue l'Eglise pour interdire l'usage du calice , savoir : le danger inévitable de l'efTusion sur lequel onl insisté Cajétan et Alphonse de Castro, à V ariiclc E ueharisiie ; quant au moyen de l'éviter proposé par quelques-uns, qui serait de tremper le pain consacré avec le vin du calice, et prendre ainsi l'une et l'autre espèce, comme font les Grecs, ce moyen a été interdit parle pape Jules, parce que Jésus-Christ instituant l'eucharistie a donné à ses apôtres chaque espèce séparément. Il fit encore observer un autre inconvénient que Gabriel n'a pas oublié dans son Traité sur le canon de la Messe (leçon Sk), où il démontre la sagesse et la convenance du rit actuel de l'Eglise. II avance même cette proposition que d'accorder à quelques-uns seulement l'usage du calice, ce serait mettre la discorde parmi les chrétiens ; car s'il est question de privilège, quel est celui qui ne croira pas le mériter autant qu'un autre ? Nous en avons la preuve, dit-il, dans le concile même; par les demandes que font les Français, on voit bien où ils en veulent venir*. Les prélats allemands sentent euxmêmes la vérité des raisons que nous venons d'exposer; les Pères du concile ont entendu un orateur qui, d'une voix intrépide, les a développées dans la congrégation générale ; nous savons encore que le procureur d'un
des premiers achcvêques de l'Alleniagne (il voulait dire Salzbourg) avait ordre de se dé-clarer contre la concession , mais q^Vm ne l'a pas laissé parler. Enfin il rafesembla beaucoup d'exemples des précautions, que l'Eglise a coutume de prendre avant d admettre à la communion les hérétique!» convertis, et de sa fermeté à maintenir les usages depuis longtemps introduits. Sa conclusion fut qu'on a lieu de craindre, ainsi que l'observe le cardinal Hosius, dans sa petite dissertation sur la messe dite en langue vulgaire, on a lieu de craindre que la demande du calice soit à deux: mauvaises fin : l'une serait de faire voir que l'Eglise romaine est on communion avec les hérétiques ou mauvais catholiques qui la font; l'autre serait de brouiller les prélats du concile avec le reste des catholiques, ou du moins d'exciter les troubles et les séditions.
18. Ce discours fit une si forte impression sur l'esprit de Jean Muvantones, religieux augustiii, évêque de Ségorbo, ancien précepteur du prince d'Espagne, qu'il dit publiquement que d'abord il avait été d'avis qu'on accordât le calice, et que c'était ce qu'il avait écrit sur le papier qu'il tenait dans sa iuain , mais que l'évêque de Hieti l'avait fait changer de sentiment. Richard de Verceil, chanoine régulier et abbé de Préval, alla plus loin ; il dit que la demande du calice sentait fort l'hérésie. De quoi il fut aussitôt repris et très-vivement par le cardinal de Mantoue, qui l'avertit de faire attention à (c qu'il disait, vu que le pape et le concile ne mettent pas en délibération des demandes qui sentent l'hérésie. Il s'aperçut de la sottise ; et pendant qu'un autre abbé parlait après lui, il sortit de sa place, il vint se mettre aux pieds des légats et leur demander pardon. l'I rétracta ensuite publiquement ce qu'il avait dit, et protesta que sa langue avait trahi son cœur; il publia ensuite un écrit fort long, comme c'est l'ordinaire, lorsqu'il s'agit de justifier tout à la fi>is et le discours et celui qui l'a prononcé. Bans cet écrit, il établissait ses raisons pour le refus du calice: et en expliquant ses premières paroles, il excusait les bonnes intentions de l'empereur; mais il accusait l'importunitô de ceux qui portaient Sa Majesté à s'entremettre pour eux dans cette fâcheuse affaire. 11 finissait en déclarant qu'il soumettait en tout son jugement à celui des Pères.
19. Au sujet de cet homme, notre Soave fait une de ses digressions ordinaires, qui sont toutes bonnes, toutes vraiment selon les règles de l'art, parce qu'elles viennent toutes à l'appui de la fable qu'il a inventée. H raconte que Dom Richard élait allé, le ÎG août , chez les ambassadeurs de France , pour savoir d'eux si les évêques français viendraient au concile, en les priant de solliciter leur venue. Jusque-là, il dit vrai puisque Lansac lui-même, tournant la chose on plaisanterie, dilà Jacques Lomellini, évêq,ue de Mazzara, que l'abbé élait venu avaul l'aube frapper à sa porte pour cet objet. Mais c'est assez pour Soave d'avoir dit la
IliSTOIRK bli CONCILE DE TRENTE.
vérité une fois. Ce u'esl pas une seconde vérité qu'il ajoute, lorsqu'il attribue à la cour de R(ime une politique artificieuse et cachée. Ce n'est pas une vérité lorsqu'il assure que,en paitio pour «elte \isile matinale hors de propos, en partie pour les soupçons dont nous p irlcrons plus bas, on (Mit recours au généra. <1( lonlre, pour nu'il rappelât de Trente ra^»l)t Jlichar , avant l'arrivée des Français. Mai-i la mort prévint son rappel. 11 mourut le '25' jour de novembre. Au lieu de celle sourde intrigue, gratuitement inventée, Soave aurait pu ouvrir encore une fois le registre des Visronli, où il avait pris la prciiiière partie de sa fable; il y aurait lu comment le cardinal Simonetta, sans cacher son jeu, ne tarda pas à faire venir l'abbé, et à lui demander pour quel molif il s'était mêlé de faire un offi(e qui ne lui appartenait point du tout; sur quoi l'abbé lui ayant répondu que c'avait élé par pure curiosité cl pour en donner la nouvelle à son général , l'affaire n'alla pas plus loin. Mais continuons à voir tout ce qu'a écrit Soave sur l'abbé Richard, ou plutôt ce qu'il a rêvé, et nous tâcherons après de réveiller par la lumière de la vérité, sinon lui, au moins ceux qui lui donnent créance.
20. Il ajoute que le même abbé, en combattant la concession du calice, s'appuyait beaucoup sur le concile de Bâle, qui avait approuvé cette prohibition, et que lévêque d'imola len reprit. Cet évêque en le reprenant, voulait corriger une allégation que lui même avait faite de ce concile ; ce qui occasionna une vive altercation entre l'évêque et l'abbé. Ecrire de celle manière, comme j'ai dit, c'est rêver et se faire d'une chose véritable et réellement aperçue, des images fausses et impossibles. L'abbé raisonnant sur l'affaire du calice (comme je l'ai vu dans le re-
Par la suite lui même, non-seulement allégua cette autorité dans les congrégations pour le sacrifice de la messe, mais il la releva bien haut. L'abbé Richard en fit de même, dans un autre sujet que celui du calice, sans que Guerrini lui fît le même reproche. Il lui arriva même de dire que, sur la supériorité entre le pape et le concile, si jamais on traitait cette question, il ferait connaître son sentiment. Le même sentiment de mettre le concile avant le pape parut aussi être celui du général des servîtes, Jean-Baptiste Migliavacca d Ani en Piémont. Cependant, ni celuici, ni l'abbé en furent repris. Guerrini qui, par sa naissance et par son évêché, était sujet du pape, pouvait les accuser; mais il ne voulut pas porter atteinte à la franchise et à la liberté du concile. Do toutes ces considérations on peut inférer que si le pape avait voulu, moyennant une lettre du général, retirer l'abbe du concile, avant la venue des Français, il n'aurait pas attendu si longtemps. Les Français devaient arriver et arrivèrent au mois d'octobre, et cependant Richard demeura au concile jusqu'au dernier jour de novembre, qui fut aussi le dernier de sa vie. Soave lui-même en convient.
21. Reprenons le fil de notre histoire. Le père Laincz, général des Jésuites, qui parla le dernier, s'expliqua de la manière suivante. 11 avoua d'abord que c'était un avantage pour lui de dire son avis après un si grand nombre de personnes savantes, dans les lumières desquelles il puiserait toutes les observations qu'il allait faire. 11 avait remarqué que les Pères du concile faisaient comme les médecins, qui en voyant un malade conviennent tous qu'il faut travailler à le guérir, mais qui ne sont pas d'accord sur les remèdes qu'on y doit employer. On peut faire, dit-il, deux questions : l'une, si le décret du concile
gistre où son discours est rapporté tout en- de Constance doit être aboli; l'autre, s'il faut lier ) ne s'est pas autorisé du concile de Bâle. Ce concile n'avait fait que confirmer la dé-
fense absolue et générale portée par celui de Constance; et comme il avait donné la dispense aux Bohémiens en particulier, il était regardé comme favorable à ceux qui penchaient pour la concession du calice. Les Pères de Bâle n'étaient pas repréhensibles sur ce point : car après la première dispense
accorder le calice à certaines nations particulières. La première question, c'est au con-
cile à la définir, puisque la loi fut portée par un concile. Quanta la seconde, c'est au pape à la décider, puisqu'il est de son devoir d'examiner les circonstances particulières des temps, des lieux et des personnes : ce que l'évêque de Rieli avait déjà remarqué. Enfin il présuppose que l'un et l'autre, concession
donnée l'an li33, Eugène se réunit avec eux ou refus, sauf la dé énse de l'Eglise, sont de
et approuva tout ce qui avait été fait jusqu'à lors sur trois points différents, un desquels était les démarches faites pour ramener les Bohémiens à l'Eglise. Bien plus, lorsqu'il se fut décidé à transférer le concile à Ferrare, il laissa encore pindant quelques jours à ceux qui restaient à Bâle les pouvoirs nécessaires pour travailler à cette réunion. Voici donc en substance le fait de l'abbé Richard. Jérôme Guerrini de Citta-di-Castello, évêque d'imola, avait quelquefois blâmé ceux qui sur des articles de doctrine alléguaient le concile de Bâle, non qu'ils lui attribuassent une autorité de concile , ni qu'ils approuvassent cette rébellion contre le chef de l'Eglise ; mais ils en parlaient comme d'une réunion d'hommes instruits.
leur nature indifférents, tous les deux ayant été en usage en différents temps.
Ces principes posés sur la première question, il fut de sentiment qu'il ne fallait pas toucher au décret de Constance; que les hérétiques s'en moqucnl, ce n'est pas une raison pour l'annuler. L'Eglise n'est pas en usage de révoquer ses lois pour de pareils considérations : autrement , il lui faudrait encore révoquer la loi du jeûne, et changer l'époque fixée pour la célébration de la pâque.
Passant ensuite à l'autre question, il dit qu'il ne voyait pas de raisons suffisantes pour dispenser. La seule qu'on eût mise en avant était la faiblesse des catholiques qui le den7.andaient ; mais il observa que si l'on