‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 341 sur 348 · LIVRE DIX-IIUlTIEiMK · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-IIUlTIEiMK

L'archevêque de Zara ci l'évéquedc Modène, qui tenaient beaucoup à ce que l'on définît le droit divin, racontent le fait, l'un au cardinal Cornaro , l'autre au cardinal Morone, comme je l'ai dit en son lieu. Mais ni l'un, ni l'autre ne parle d'aucune formule ambiguë écrite depuis le temps de Jules 111. On peut joindre à ces doux témoins, Pierre Gonsalve de M(;ndoza, évéque de Salamanque, qui dans ses actes fait un rapport parfaitement conforme aux précédents. Il ajoute même deux circonstances qui rendent encore plus effronté le mensonge de Soave. La première, c'est que, par une permission de la Providence divine, qui voulait lui épargner le chagrin d'un démenti, Ajala ne vint pas à l'assemblée le jour que le secrétaire, à la demande du cardinal de Manloue, mit le fait en évidence. C'est cependant cette journée qui, selon Soave, se passa toute en contestation entre Ajala et le cardinal. La seconde, c'est que le cardinal de Mantoue fut très sensiblement offensé, lorsqu'il entendit Ajala contredire par son témoignage ce que le cardinal avait affirmé le jour précédent. Soave attribue donc à ce dépit l'ordre que reçut Ajala de donner au secrétaire du concile ses sentiments par écrit. Sa doctrine était suspecte depuis qu'il avait mis en doute si le sacrement de l'ordre confère cette grâce qui nous fait amis de Dieu, et, en outre, s'il imprime un caractère. En proposant ces opinions comme douteuses, Ajala semblait nier la certitude des déûnitions que le concile avait prononcées dans les sessions précédentes. Après cela, qu'on juge s'il y a apparence de vérité dans ce que Soave invente gratuitement, savoir : que plusieurs étaient persuadés que le cardinal de Mantoue, en faisant lire ces écritures, voulait prouver le contraire de ce qu'il faisait semblant de croire.

11. La controverse n'était donc pas telle que la suppose Soave. Il ne s'agissait pas de savoir si les paroles du décret préparé au lempsdulégatCrescenzio étaient équivoques, ni si elles avaient telle ou telle signification; car en pareil cas il est aisé de comprendre que deux partis opposés auraient pu s'accommoder de cette seule et même formule, chacun la prenant dans la signification que les paroles lui sembleraient exprimer. D'ailleurs, quelque saine et innocente que lût la signification naturelle des paroles, pour peu qu'elles fussent obscures et ambiguës, la sagesse des légats ne les aurait pas admises, de peur d'introduire dans l'Eglise des semences de sédition. Mais l'occasion de la dispute fut que le cardinal de Mantoue, le 5 novembre, parlant de cette affaire, avait dit que les députés pour cette matière, au temps de Jules, avaient rédigé un canon, qui bien loin d'être accepté par le concile, comme on disait, n'avait pas même été proposé en congrégation. A celte narration, l'évêque de Ségovie s'opposa le lendemain, et le jour suivant le cardinal confirma son rapport par les écritures que le secrétaire avait apportées.

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