Au même temps que le pape, par cc
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règlements sages el pieux, répondait aux: portait peu de quel droit on déclarerait la vœux des chréliens, les légats s'empressaient résidence des évêques, pourvu qu'on trouvât de satisfaire le concile sur l'article de la ré- moyen de les faire résider. Le décret allait sidence. Ils avaient communiqué au pape le être lu , et tous les Pères l'entendraient de i •. décret projeté, pour avoir son approbation bouche du secrétaire; l'office des légats él-ii avant de le proposer à l'assemblée ; ce qu'ils de le proposer : c'était aux Pères d'en ju<'m . ne voulaient faire que lorsque tous les Pères Ici avait lieu la seconde chose que le caniî .s! auraient dit leur sentiment sur la doctrine devait annoncer, mais en forme de prier-, il (lu sacrement de l'ordre. Ils prirent cepen- les priait donc de ne pas oublier qu'ils élaiciil dant une autre détermination, qui fut de la lumière du monde, placée de la main do proposer le décret aux Pères, sans attendre Dieu au sommet de la montagne et sur le ni l'un ni l'autre de ces deux articles. Le chandelier de l'Eglise; ils ne pouvaient con- )reniier, cependant, ne se fit pas attendre, et venablement disputer qu'avec l'autorité do 'approbation du pape leur fut notifiée le l'Ecriture et des Pères, sans jamais substijour suivant; cette approbation leur fut d'au- tuer à la raison la colère et les injures; tant plus agréable, que si le pape eût désap- qu'enfin il ne connaissait pas de moyen plus prouvé, son avis n'était plus un conseil, mais convenable et plus efficace , pour faire ouiin ordre. Les légats s'étaient vus obligés de blicr tout ce qui avait été fait ou dit de fâliâler leur marche par l'arrivée très-pro- choux dans les précédentes assemblées , que chaîne des Français. On les attendait d'un la paix et la modestie qui régneraient dans jour à l'aulre; c'était donc une mesure de les conférences futures, prudence de faire en sorte qu'à leur arrivée Après cette exhortation , il fit lire par le ils trouvassent la proposition faite et l'af- secrétaire le texte du décret, pour que les faire commencée. Ce fut donc au plus fort Pères pussent avec maturité prononcer leur des disputes sur le septième canon, que le sentiment. Dans le reste de la séance on concardinal de Mantoue proposa l'article de la tinua de traiter la doctrine du sacrement de résidence. A l'ouverture de la congrégation, l'ordre. Je ne donnerai pas ici le contenu du il parla en ces termes à l'assemblée des décret, je dois le rapporter ailleurs, ei nous Pères : verrons comment, après qu'on eut changé et 4. Un débiteur, lorsque le terme du paie- rechangé plusieurs fois le texte, les sentiment est arrivé, ne doit point demander du ments se rapprochèrent et l'affaire fut conlemps s'il a de quoi satisfaire ; les légats sont due.
débiteurs envers le concile d'une définition 5. C'est ici que véritablement Soave s'enau sujet delà résidence; ils avaient promis veloppe d'erreurs. 11 marque quatre expéde payer leur dette quand on en serait au sa- dients imaginés parles présidents, qui tinrent crement de l'ordre : le terme est arrivé, les conseil entre eux pour se déterminer à celui légats ont de quoi payer, ils ne veulent donc qu'ils choisirent : il ignore sans doute qu'il })U!s de prorogation. Le cardinal avait deux n'y eut pas quatre partis proposés, mais seu- ( liosos à leur annoncer, dont l'une était un lement trois, et celui qui fut choisi, cène fusimple souvenir et l'autre une prière. Par la rent pas les légats , mais le pape qui. le dépremière il rappelait au concile qu'après termina , comme nous l'avons marqué ciqu'on eut proposé, dans la congrégation du dessus. Soave a dit un autre mensonge, lors- 11 mars, de quelle manière il fallait s'y pren- qu'il a voulu nous faire croire que le pape dre pour obliger les évéques à résider dans avait signifié aux légats qu'il fallait, avant leurs dio( èscs ((jucslion importante, puisque tout, s'occuper du renvoi des matières à une le bon élal de lEglise en dépendait), les autre session. Si cela était, les légats au- Pèrcs , an lieu de répondre à la question et raient-ils pu laisser en arrière le renvoi , et de chercher celte manière, avaient passé, on proposer immédiatement la constitution pêne sait comment, à une question que les lé- nale et rémunérative sur la résidence? il est gats n'avaient jamais proposée; ils s'étaient bien vrai (et c'est là peut-être que Soave s'est mis à disputer de quel droit était cette obli- trompé), il est bien vrai que Visconli con- <;ation de la résidence, et de la dispute ils en seilla au pape d'essayer le renvoi, en le fai- «Maient venus aux querelles. Pour faire cesser sant demander au concile par un bon nomle sîandale , on discontinua de traiter cette bre de prélats, tandis qu'il le dissuadait de matière, qui fut réservée au temps présent. proposer la constitution; mais il lui fut ré- ()n allait maintenant soumettre à leur exa- pondu que le pape ne voulait pas le premier lien un décret pareil à ceux des anciens con- article, mais qu'il avait à cœur le second , et ciles , pour inviter par les récompenses, et suivait en cela le sentiment de Bolanus, évéobliger par les punitions, les évêques à ré- que de Bresse. Le cardinal Borromée avait sidcr : cette forme de décret paraissait avoir signifié aux présidents les intentions de Sa plus de vigueur pour obliger à la résidence, Sainteté.
et elle ne donnait pas occasion de renouveler 6. Soave, qui avait ignoré ces intentions les premières contestations. L'empereur et du pape, pénétra encore moins les raisons le roi catholique l'approuvaient très-fort; il qui avaient fait accélérer la proposition du y avait tout lieu de croire que le roi très- décret. Il attribue celte prompte déterminachrétien l'approuverait de même , puisque le tion des légats au mécontentement des préseigneur de Lansac, ambassadeur de France, lats, qui se plaignaient de ce qu'on tardait homme de grande autorité cl d'une prudence si longtemps à leur en donner connaissance, consommée, avait dit a ce sujet qu'il lui im- Le fait est que les Pères ny pensaient pas
IIISJOIIŒ bU CONCILE
seulcincnt, occupés qu'ils étaient de la grande conleslation sur i'inslilution des évéqucs : le véritable aiguillon qui poussait les légats , ce lut la prochaine arrivée des Français , ainsi que nous l'avons dit. Enfin, pour réj-.ondrc au dernier mensonge de Soave, qui devine jusqu'aux intentions secrètes, lors- (ju'il assure que les Pères furent peu satisfailsde la constitulion proposée, deux mots uic suffisent : je n'ai qu'à citer les dernières paroles de Pierre Gonsalve Mendoza, évoque de Salamanque, dont la relation finit ainsi : Au grand contentement de tout le inonde. Tout le monde fut content, excepté Soave.
7. Mendoza nous apprend encore que lorsqu'on sut que la prochaine arrivée des Français n'élait plus douteuse, le secrétaire du marquis de Pescara avertit les Espagnols, delà part du roi, que les nouveaux prélats qui venaient au concile n'étaient pas trop bien disposés envers le siège apostolique ; en conséquence, le roi enjoignait à tous ses évêques de le soutenir de tout leur pouvoir : ainsi l'exigeaient le service de Dieu et le salut du christianisme , surtout dans un temps où ce siège vénérable était attaqué et battu par les hérétiques réu'.iis et conjurés contre lui. A l'avis du secrétaire, Mendoza répondit qu'il remerciaitDieudc cequ'il avait rempli les pieuses intentions de Sa Majesté, avantqu'elles lui fussent notifiées, etdeceque peut-être Dieu s'était servi de lui pour épargner au pontifedes dommages eldcs cliagrms. Le redoutable Guerrero était dans lea uiéines sentiments, puisque tant lui (jue ses collègues, comme nous l'avons dit, accordaient tous au pape la supériorité de droit divin à l'égard des évêques, et les pouvoir de les suspendre et de les déposer : ce fut inénie pour cette cause que Guerrero, en déclarant sa pensée dans une congrégation , sp plaignit très-amèrement de ce que quelques-uns voulaient faire passer lui et ceux de sa nation pour des gens ennemis du siège apostolique, dont pourtant ils avaient toujours pris la défense, et ils étaient encore disposés à le défendre au prix de leur sang.
8. L'empereur Ferdinand, à cette occasion, donna des preuves de sa sagesse en commandant à ses orateurs une sorte d'union avec les Français. Entre autres avertissements qu'il donnait dans ses lettres, il leur disait, en parlant du succès qu'avait eu la dernière session, qu'il lui avait fallu consentir à ce qui était fait, mais qu'il avait bien considéré ce qui pouvait contribuer au salut de ses vassaux, quant aux démarches qu'il se proposait de faire pour obtenir de Rome la concession du calice. Ayant appris avec peine
; que bon nombre d'evêques souhaitaient la ' suspension du concile , il voulait que ses orateurs s'y opposassent de tout leur pouvoir, il n'était pas moins affligé de voir que la plupart n'avaient, pour la réforme, qu'une faible volonté : les Français seuls la désiraient. 11 recommandait à ses ambassadeurs de faire en sorte qun le concile s'en occupât totalement (fallût-il mettre de côté la matière,
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du dogme), ou du moins que l'une allât de pair avec l'autre. 11 avait cette confiance que l'arrivée des nouveaux prélats français y contribuerait beaucoup ; il voulait que ses orateurs fussent unis avec eux. Si l'on ne pouvait obtenir la réformation universelle pour le bien général de la chrétienté, les orateurs devaient procurer une réformation particulière, telle que la demandaient ses Etats; et comme les présidents lui avaient représenté que le livre envoyé par Sa Majesté contenait des propositions scandaleuses que le concile n'entendrait qu'avec un extrême déplaisir, il voulait que les orateurs retranchassent tout ce qui était mauvais et présentassent le reste. Les désordres auxquels il fallait surtout remédier étaient le concubinage des prêtres, la simonie, le luxe et le mauvais emploi des biens ecclésiastiques. Il ajoutait qu'il était parvenu à ses oreilles un bruit dont les Français étaient cause : ils avaient témoigné leur mécontentement de ce que le comte de Luna devait venir à Trente comme ambassadeur de Ferdinand (c'était le désir des Espagnols, et le pape l'avait proposé comme un moyen d'éviter les disputes sur la préséance : nous en avons dit un mot). Il veut donc que ses orateurs vérifient la chose et l'en informent au plus tôt. Ce bruit parvenu à Ferdinand n'était pas un bruit vague : Lansac avait écrit à la reine que si cela arrivait, à moins qu'il ne reçût un ordre exprès de la cour, il ne céderait pas la place au comte de Luna, jusqu'à ce qu'il eût obtenu du concile une déclaration par laquelle il fût statué qu'à lui, comme ambassadeur du roi très-chrétien , était dû le premier rang après les ambassadeurs de l'Empire.
9. Cependant les Français, qui travaillaient à obtenir la prorogation jusqu'à l'arrivée du cardinal, mettaient beaucoup de douceur et de modération dans leurs procédés ; ils approuvèrent très-fort les canons préparés sur la matière de la réformation. Ils auraient voulu seulement qu'au lieu de limiter la pluralité des bénéfices, on l'inlerdit absolument. Cela n'avait pas empêché le pape, plaisantant quelques jours auparavant avec l'ambassadeur de France, sur cette même demande, de dire que le cardinal de Lorraine serait très-propre à autoriser la réforme , avec une troupe de bénéfices qui lui feraient trois cent mille écus de rente ; tandis que moi-même, ajouta le pape, je n'en ai qu'un, et je m'en contente. Peu après Lansac avait supplié les légats de prolonger de quelques jours le terme de la session, puisque le cardinal, non-seulement s'était mis en voyage, mais n'était pas loin. Les légats avaient sans difficulté accordé la demande, pour deux raisons : la première était une lettre reçue du pape qui voulait qu'on attendît le cardinal jusqu'à dix à douze jours, s'il était certain qu'il dût arriver avant ce terme. Celle certitude on l'avait par des lettres du marquis de Pescara , qui annonçaient d'une manière sûre et déterminée que le cardinal s'approchait ; l'autre était que, la suite des congrégations ayant été interrompue pour
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prendre des arrangements avec les Espagnols sur le septième canon, et les longues disputes des Pères sur ce sujet n'avaient pas donné le temps nécessaire pour mûrir les délibérations et préparer les matières de la prochaine session. Lansac, satisfait de la prorogation accordée, fut bien aise que dans cet intervalle on proposât le décret sur la résidence, que les légats lui avaient communiqué, et à celte occasion il exprima de nouveau sa maxime, dont le cardinal de Mantoue avait parlé dans la dernière assemblée : que ce qui était essentiel dans l'article de la résidence, ce n'était pas d'examiner de quel droit était cette obligation, mais comment on pouvait la faire observer.
10. Lansac partit aussitôt après pour aller au devant du cardinal, et le président Ferrier fit de nouvelles instances pour la prorogation; il la voulait pour quinze jours, vu que le cardinal, à ce qu'il disait, arriverait le douze novembre, qui était le jour même oiî l'on avait fixé la session. Le cardinal de Mantoue en fit la proposition dans la congrégation du 9 ; il dit que l'interruption des assemblées, dont tout le monde savait la cause ( et on ne pouvait y penser sans douleur, puisqu'elle était l'effet des passions humaines), cette interruption avait empêché de tenir les matières préparées pour la session. C'est pour cela que les légats avaient trouvé bon qu'on la différât encore pour quinze jours. En outre on attendait incessamment le cardinal de Lorraine, dont la science, la prudence auraient mérité que l'on fît ce retard, quand ce n'eût été que pour lui seul, à quoi toute l'assemblée donna son consentement: quelques-uns même étaient d'avis qu'on aurait dû accorder un plus long délai.
11. Lorsqu'on sut que le cardinal approchait, le pape, pour lui faire honneur, voulut que Charles Grassi partît de Rome pour aller au delà de Trente joindre le cardinal et venir au concile avec lui. Grassi était évêque de Montefiascone, en Toscane, homme de mérite dont les talents furent récompensés par la suite , lorsqu'on lui fît prendre des habillements d'une plus éclatante couleur. Les légats, pour ne pas se laisser vaincre en civilité , envoyèrent de Trente Urbain de la Rovère, évêque de Sinigaglia. Grassi, après avoir rempli envers le cardinal tous les devoirs de politesse dont on l'avait chargé, le devança à Trente, pour les
aisons que nous dirons bientôt, et 1 évêque
ra
de Sinigaglia demeura pour l'accompagner; l'un, parlant à tous les légats, et l'autre, dans une lettre au cardinal de Mantoue, firent de son caractère doux et affable et de ses sentiments religieux un rapport bien différent de ce que la renommée en avait publié et que le soupçon avait fait croire. Bien plus, Grassi, faisant son éloge, le disait tellement dévoué au siège apostolique, qu'il avait offert de ne point dire son avis dans les congrégations sans l'avoir auparavant soumis au pape. Mais l'opinion contraire qui avait précédé son arrivée était si constante et avait tellement prévalu dans le jugement des hora- GoNG. DE Trente, IL
mes les plus sages et les mieux informés, que, malgré l'éloge que l'ambassadeur français avait fait de lui au pape, ajouter foi à ces nouveaux rapports paraissait une simplicité. Le cardinal Amulius, àcetteépoque, dans une lettre à Seripandi, disait avec assez de raison que les bonnes paroles sont une marchandise qui coûte fort peu. Il faut donc , si l'on veut connaître les bons sentiments d'une personne, regarder la main et non pas la langue.
12. A ce propos, je ne veux pas dissimuler un fait que Soave a ignoré, mais tel que si j'avais voulu lui en donner connaissance, il me l'aurait payée chèrement, dans l'espérance de coudre sur un fond si riche, avec son aiguille maligne, une broderie de mensonges. Ce qu'il ditest vrai, lorsqu'il rapporte que le pape n'avait pas cru convenable de célébrer la session avant l'arrivée du cardinal ; et qu'il ordonna aux légats de la proroger, comme nous l'avons dit; mais il est encore vrai, et Soave ne l'a pas su, que le pape changea de sentiment, et par un courrier expédié à la hâte, révoqua l'ordre qu'il avait donné aux légats, et leur défendit de proroger. Mais pour faire connaître tout ensemble la révocation et les motifs qui en furent cause, je suis obligé de reprendre ma narration d'un peu plus haut. Plus d'un mois avant cette époque, l'ambassadeur de Fnince avait renouvelé la demande déjà faite tant de fois au pape de vouloir bien retarder la session pour attendre le cardinal de Lorraine et pour faire venir au concile ceux qui s'étaient séparés de l'Eglise; mais le pontife, d'abord, s'était plaint de ce que d'un côlé, si le concile prenait quelque délibération conforme à ses intentions, ou à sa demande, les ministres des princes s'en formalisaient , comme d'une entrave mise à la liberté du concile, et de l'autre les mêmes ministres venaient tous les jours solliciter le pape à obtenir poureux du conciletelle ou telle chose, selon leurs désirs. Il avait dit encore que c'était bien à pure perte qu'on voulait retarder le concile, si l'on n'avait que l'espérance vaine de le faire reconnaître par la reine d'Angleterre et les protestants, qui se garderaient bien d'y venir, puisqu'ils ne pouvaient en attendre que des anathèmes. Quant au cardinal de Lorraine,sa venue avait été plusieurs fois annoncée sans qu'il eût paru ; le pape avait même entendu dire que ce cardinal était occupé à d'autres affaires qui le retiendraient encore longtemps ; si toutefois il était déjà en route, et que par rapport à lui il ne fallût que prolonger de quelques jours la session , on ne refusait pas de l'attendre, et le pape en écrirait aux légats.
13. Quelques moments après ces paroles, et dans la même audience qu'il donnait à l'ambassadeur, le pape reçut des notices qui confirmaient ses soupçons sur les étranges desseins qu'on attribuait au cardinal ; comme l'audience allait fînir, l'ambassadeur voulut présenter à Sa Sainteté un homme attaché au service du roi, Barthélémy du Bien. Après un séjour assez court dans Rome, il était
(Quaran(e-q«atre.)
venu prendre son congé de l'ambassadeur à Rome, ou à Trente par le concile. Car si
pour s'en retourner en France. Le pape, qui Sa Majesté était d'intelligence avec le roi
était bien aise de lui faire porter et répandre dEspague, l'affaire réussirait infailliblement
a la cour de France des nouvelles avanli/ à leur commune satisfaction: pour lui, il
'euses sur celle de Rome , reprit avec lui le était d'avis qu'afln de prévenir toute occa-
Sf . .
.on à Barthélémy „ . . . . , ,. . .
du cardinal et du projet qu'il avait conçu de des lois au futur pontife, qui dans la suite
paciGer les huguenots. Il rapporta ce que ne pourrait refuser de se soumettre à des
Son Eminence lui avait dit confidemment, lois déjà établies et qui seraient son ouvrage,
qu'à son avis ce serait une pratique très- 16. Toutes ces inlrigues des ministres
avantageuse de célébrer la messe et de réci- français, autant que j'ai pu comprendre, ne
ter l'oflice en français : ajoutant qu'il avait demeurèrent pas secrètes à Rome. Ce que je
lui-même adopté îa langue vulgaire pour puis donner comme certain, c'est que le len-
l'adminislralion des sacrements ; à quoi le demain du jour auquel le pape écrivit sa
pape, sans se troubler, répondit que le cardi- dernière lettre aux présidents pour le délai de
nal pourrait en faire la proposition au con- la session, survint à Rome l'abbé Nichet ,
cile , mais que ceux qui avaient tenté celte envoyé par le légat résidant à la cour de
nouveauté en Allemagne n'y avaient pas France; il était chargé de faire savoir au
trouvé leur avantage. pape que le cardinal et ceux qui viendraient
14. Le pape cependant, malgré ce rapport avec lui, quoiqu'ils parussent des agneaux et d'autres pareils, n'avait pas retiré la pa- et des anges { et peut-être croyaient-ils rôle donnée d'accorder le délai; il l'avait l'être en effet), avaient pourtant d'étranmême confirmée, à la prière de l'abbé de ges opinions, qui pourraient causer beau- Manne. L'abbé, après avoir donné la nouvelle coup de troubles et de grands embarras. Au certaine que le cardinal s'était mis en roule, même temps le cardinal de Ferrare écrivit avait prié Sa Sainteté de iic pas obliger le de sa main au pape que celui de Lorraine cardinal à précipiter son voyage avec de l'avait positivement assuré d'une inlenlion grandes fatigues et même danger de sa pro- droite et sincère sur deux points principaux pre vie : ce qu'il lui aurait fallu faire s'il eût qu'il voulait éclaircir. L'un était la promesse voulu se trouver à Trente pour le jour de la de ne rien ôter à l'autorité pontificale et session , tandis qu'un délai de huit jours ne l'autre de ne point procurer la prorogation, serait d'aucun préjudice au concile, cl don- ni la suspension du concile. Cependant les nerait le temps au cardinal de venir à loisir légats feraient très-sagement de se précauau concile, sans exposer sa vie, ni sa santé, tionner, de préparer leurs défenses, d'être Le pape avait répondu qu'il allait écrire aux prêts à faire face et de se prévaloir de leur légats pour qu'ils obtinssent du concile la autorité contre qui que ce fût. Car un esprit prorogation demandée , si toutefois il était et un courage prêts à soutenir et repousser vrai que le cardinal se fût mis en route et l'assaut tiennent lieu d'une armure puisqu'il eût demandé le délai. On avait la cerli- santé. Enfin dans les journaux publics des tude à Trente que le cardinal était en roule, nouvelles de France, dont le pape receet sa demande était suppléée par celle des vait des copies, il était rapporté que le carambassadeurs, qui demandaient en son nom dinal avec ses parisiens allait à Trente pour et en celui du roi. Le pape en avait parlé à rallumer la dispute sur la majorité entre le Grassi, lorsqu'il l'envoya à la rencontre du concile et le pape.
cardinal. Mais dans la suite l'affaire changea 17. Toutes ces nouvelles réduisirent le
de iace, pour divers accidents que nous pape à celte dure alternative, à laquelle sont
allons rapporter. réduits quelquefois les princes, de porter
15. Lansac avait écrit de Trente à la reine préjudice ou à leur propre réputation, ou mère, sur la fin d'octobre, qu'il était disposé au salut de leurs peuples; et comme il voyait à empêcher de tout son pouvoir la dissolu- moins de mal dans le premier cas que dans tion du concile, dont on parlait beaucoup. Il le second , il eut recours à des démarches avait ajouté ce que disent souvent à leurs en apparence précipitées et blâmables , puisprinces, sur le compte des papes, les ambas- qu'il agissait contre sa promesse et faisait sadeurs trompés par les gens de cour qui injure à la nation française. Mais c'était sont à leur suite; les gens de cour sont am- pour terminer au plus tôt le concile, et pour bilieux , cherchant toujours d'avancer et se prémunir contre le torrent, qui par sa jamais contents de leur sort , ils ont tou- descente rapide venait, comme on le craijours à prédire quelque éclipse prochaine gnait, renverser l'autorité du collège apostoqui obscurcira la face du monde inférieur, lique et des papes, ses successeurs. II esliï)'après leurs insinuations, l'ambassadeur mail avec raison que de ces deux autorités marquait à la reine qu'on attendait à Rome dépendait l'unité de l'Eglise et conséquemcomme prochaine la mort de Pie IV, dont la ment l'unité de la foi. Il s'empressa donc de vieillesse et les infirmités faisaient croire révoquer l'ordre du retardement. Il sentait qu'il n'irait pas loin. Si le cas arrivait, l'am- bien qu'en devançant l'arrivée du cardinal bassadeur était bien aise de savoir de quelle par la icnue de la session, il ne lui était pas manière et en quel lieu Sa Majesté voulait pour l'avenir toute occasion de mettre au que l'élection fût faite, ou par les cardinaux jour ses idées turbulentes. Il considérait ce-
pendant, et il fit observer aux légats que c'était un grand avantage d'avoir fixé et défini irrévocablement dans une session les deux arliclos sur lesquels il y avait le plus à disputer , l'institution des évoques et la résidence. Or ces deux articles auraient été lorminés, si la session n'eût pas été différée.
18. Mais la révocation vint trop lard , puisque la prorogation était faite du jour précédent. Cet incident épargna au pape et au concile une critique et un blâme trop justement mérités. Car le concile portant le titre d'œcuménique, comme il l'était en effet, par la réunion de toutes les nations chrétiennes précédemment invitées, il aurait agi contre son propre nom , et manqué à son devoir, si pendant que la troupe auxiliaire des nouveaux évoques était à la porte, on les avait en quelque sorte chassés par cette session célébrée sans eux la veille de leur arrivée. C'aurait été montrer bien peu d'estime de celte belle nation française et de ses évoques que de les traiter comme de basses ou mauvaises gens. Aussi les légats, pour la foriîie, témoignèrent au pape beaucoup de regret de n'avoir pas reçu à temps les ordres de Sa Sainteté. Mais je crois qu'au fond du cœur ils ne furent pas fâchés que ce coup heureux les eût tirés d'affaire.
19. Quelques heures après l'arrivée du courrier, le président Ferrier vint les trouver, pour leur dire que, puisqu'on avait nouvelle que le cardinal élait déjà à Peschiera, qui n'est qu'à trois journées de Trente, ils eussent la bonté de suspendre les assemblées, jusqu'à ce qu'il pût être présent. H aurait ainsi entendu un plus grand nombre de ceux qui avaient encore à parler sur la question trop fameuse |et depuis longtemps agilée de l'autorité des évéques. Les présidents comprenaient bien que trois congrégations de plus ou de moins étaient peu de chose, relativement à la somme des avis quo les Pères lisaient chacun à son rang, car il n'y en avait que huit ou neuf qui parlaient à chaque séance, et avec l'interruption de trois jours le cardinal aurait encore entendu au moins la moitié des sentences; mais ils comprirent aussi qu'une douce complaisance ou l'aigreur d'un refus ferait un effet bien différent sur le cardinal, à sa première arrivée : et la demande fut aussitôt accordée. Bientôt après ils virent paraître Grassi, que le cardinal avait fait partir avant lui, pour demander en son nom la prorogation, ne sachant pas encore si elle était accordée.