LIVRE DIX-HllITIRME
tées. pour éclaircir davantage le canon {liv. XVII, chap. 7).
LXXIV. Il prétend que les légats , sUr un avis de l'ambassadeur portugais, retirèrent la permission qu'ils avaient donnée à quelques évoques de quitter Trente. Mais ce fut aussi par un ordre exprès du pape que se fit la révocation {liv. XVII, chap. 3).
LXXV. C'est encore un expédient bien singulier que celui qu'il attribue au cardinal Simonetta. Il prétend ou plutôt il invente que Simonetta , lorsqu'on proposait dans la congrégation des questions qui contrariaient ses vues, avait dans son parti, et comme à ses gages, quelques évêques plaisants et hardis qui , par leurs railleries , indisposant les prélats de marque, faisaient interrompre la séance, et pour ce jour-là il n'y avait plus de congrégation. En vérité, j'ai eu beau parcourir les divers mémoires et les actes de ce temps-là, je n'ai point trouvé d'exemple d'une congrégation interrompue ou terminée avant l'heure pour une plaisanterie (là même).
LXXVI. Le croirons-nous lorsqu'il avance que Gabriel le Veneur , Français, évêque de Viviers , parla sur la réforme des ordinations, dans un temps où il n'y avait encore au concile ni cet évéque, ni aucun autre de sa nation ? Outre que l'évêque de Viviers , à cette époque, n'était pas un Français, il s'appelait Jacques-Marie Sala, natif de Bologne enLombardie [liv. XVII, chap. 9).
LXXVII. Il n'est guère plus croyable, lorsqu'il rapporte le raisonnement de l'archevêque de Lanciano contre la faculté qu'on voulait accorder aux évêques de faire des réunions de bénéfices même réservés au pape. Ce discours, tel que Soave le rapporte, n'est que méchanceté et fausseté en même temps, puisqu'il n'y a pas un terme conforme à l'original {liv. XVll, chap. 10).
LXXVIII. Il dit que l'archevêque de Grenade ayant demandé que l'on ajoutât quelques mots au décret de la communion sous les deux espèces, l'addition y fut mise ;.u moment où la dispute était le plus échauffée, dans la même congrégation où la demande avait été faite ; et les sentences y furent dites avec une extrême précipitation , encore que ces paroles semblaient avoir été non pas insérées à propos , mais enchâssées par force. Cependant on peut dire que tout se fit avec tranquillité et après une longue considération de la part des Pères {voy. le même liv. XVII, chap. 10).
LXXIX. Il ajoute que , certaine difficulté étant survenue sur la doctrine du même chapitre pendant qu'on célébrait la session, les deux jésuites Alphonse Salmeron et François de la Tour en parlèrent, l'un au légat de Warmie, l'autre au cardinal Madrucci , pour leur faire ajouter quelque chose au décret, cl que ceux-ci en firent la proposition. Mais outre que François de la Tour n'était point jésuite alors et ne le fut que trois ans après la fin du concile, les propositions dans un jour de session étaient faites au nom de tous par l'évêque célébrant, ou moins solennelle-
ment par le secrétaire, ou dans un cas extraordinaire par le premier président, tel que n'était pas le légat de Varmie, ou le cardinal Madrucci. Ce qu'il y a de vrai en cela, d'après une lettre de Seripandi au cardinal Borromée , c'est que la difficulté fut proposée à un des légats le matin même de la session, avant qu'on allât à l'église {là même).
LXXX. Il prétend que l'addition fut refusée parce qu'on l'avait proposée à la hâte et sans réflexion. Cependant beaucoup dévêques très -instruits l'avaient suffisamment examinée , et la question avait été plusieurs fois débattue dans les conférences ; et dans l'église même, pendant la session , Guerrero allégua des paroles de saint Thomas, contraires à celles qu'on voulait ajouter {là même).
LXXXI. Soave observe encore que, pour la même raison, l'addition déplut aux légats, à qui elle n'avait pas été communiquée. Mais, par rapport à la circonstance , ils dirent qu'elle serait réservée pour la future session. Ce n'est pas ainsi qu'il est marqué dans la lettre de Seripandi au cardinal Borromée. Il y est dit que l'addition fut proposée, non de vive voix par les deux cardinaux, au même temps qu'on recueillait les suffrages ; non en dépit des autres présidents , mais par un écrit dans la forme ordinaire , communiqué aux Pères d'un commun accord avant l'ouverture de la session {là même).
LXXXII. Soave accuse ensuite Torres et Salmeron de beaucoup d'arrogance et de prétention dans la manière de dire leurs avis. L'un et l'autre , en dépit du règlement établi par les légats, passait presque toujours la demi-heure. Salmeron prétendait qu'on ne devait point fixer de temps aux théologiens du pape ; et, en vertu de son privilège, il avait parlé toute une matinée , pour ne dire que des choses très-communes et qui ne valaient pas la peine d'être rapportées. La vérité est qu'ils ne furent ni pétulants ni transgresseurs de la loi, puisque les légats, les en avaient dispensés. Salmeron seulement se permit de dire que sur des sujets si importants il aimait mieux se taire tout à fait que de ne pas en parler autant qu'il croyait y être obligé en conscience. Au reste, son discours ne fut certainement pas un tissu de niaiseries ou de superfluités : car il y fit revenir la fameuse question qui , de l'aveu même de Soave, occupa si longtemps le concile : s^avoir si Jésus-Christ s'était offert et sacrifié pour nous dans la dernière cène (liv. XVII , chap. 13).
LXXXIII. Il dit que George Ataïda, théologien portugais, dans la congrégation du 24 juillet , émit un sentiment sur le sacrifice de la messe, qui donna mauvaise opinion de lui en matière de religion. Cependant Ataïda, ni le 24- juillet, ni aucun autre jour, ne parla sur les sujets qui devaient occuper la prochaine session. C'est à un autre Portugais que la chose est arrivée; il s'appelait frère François Forero, et son discours fut bien différent de ce qu'en rapporte Soave {liv. XVIH, chap. 1).
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LXXXIV. Il ajoute que bientôt après cette aventure, Ataïda quitta le concile, et c'est pour cela que son nom ne se trouve pas dans les catalogues imprimés après la conclusion du concile. Or, il est si peu vrai qu'Ataïda ait quitté tout de suite le concile qu'on l'y voyait encore cinq mois après. La même chose se vérifie au sujet de Forero , qui demeura dans le concile jusqu'à la fin, et son nom est inscrit dans les Actes {Hv. XVIII, chop. 1).
LXXXV. Soave met au quatorzième du mois d'août l'arrivée de Lainez , général des jésuites ; et il se trouvait à Trente le 2i juillet {Hv. XVllI, chap. 2).
LXXXVI. Il ajoute que trois Pères de la compagnie travaillèrent pour lui obtenir une place distinguée avant les autres généraux
tembre. 11 se trompe : elles n'ont fini que le 6 au soir {Hv. XVIII, c. 5).
XCI. 11 dit que l'évêque de Captembergh dans la Nivré s'opposa à ce que les ambassadeurs fussent présents à ses délibérations ; cependant il est fort douteux qu'il y ait jamais eu au concile un évêque de Captembergh ; d'autres doutent môme qu'il y ait dans l'Eglise catholique un diocèse de Captembergh. Celui qui s'opposa ce fut l'évêque de Courli [là même).
XCII. Il dit que les évêqnes espagnols firent instance auprès du légat, pour qu'ils eussent à exclure des congrégations, jusqu'à ce que la cause fût terminée , ces évêques qui étaient en même temps ambassadeurs de sa majesté impériale. C'est de quoi on ne trouve pas un seul mot, ni dans les actes du
de religion, parce qu'il n'était pas bien aise concile, ni dans les lettres du temps(/d même).
d'avoir la dernière place. Mais , tout au contraire, non-seulement il ne répugnait pas à la dernière place , mais il la souhaitait et la demandait, en sorte que les légats, pour dissiper les soupçons et démentir les bruits que l'on avait fait courir, comme s'il avait disputé la prééminence , rendirent en sa faveur un témoignage authentique et public, outre les lettres qu'ils en écrivaient au cardinal Borromée et les réponses du cardinal qui faisaient son éloge {là même).
LXXXVll. Enfin il ose dire que c'est pour cela qu'il n'est pas question de lui dans la liste de ceux qui ont assisté au concile. Il y est pourtant nommé avec les autres généraux {là même).
LXXXVIIl.^oave passe maintenant à l'affaire de don Richard de Verceil, chanoine régulier, pour exercer , non pas contre lui , mais contre la cour de Rome, sa critique calomnieuse. Il raconte que l'abbé Richard étant allé demander aux ambassadeurs de France si les évêques de celte nation se disposaient à venir, et en même temps les prier de hâter leur venue , cette démarche, jointe aux soupçons qu'on avait déjà contre lui, fut cause qu'on écrivit à son général de rappeler l'abbé du concile avant que les Français y arrivassent ; mais la mort prévint son rappel ; il mourut à Trente le 25 décembre
XClIl. Il dit que l'évêque de la Cava se récria contre la prédiction sinistre de Drascowitz qui annonçait des malheurs au concile, si la grâce n'était pas accordée. Ce n'est pas non plus l'évêque de la Cava, c'est encore celui de Courli qui porta ces plaintes (/à jn^;»e).
XCIV. Il compte onze chapitres proposés pour la réformalion : il y en avait quatorze {Hv. XVIII, chap. 6).
XCV. Il parle d une instance faite au pape par l'ambassadeur de France résidant à Rome , pour qu'il laissât à la volonté des légats de publier ou non les décrets sur le sacrifice. Cette faculté fut en effet accordée aux légats, mais sous le plus grand secret ; et lorsque l'orateur français voulut la demander au pape, il fut refusé '{Hv. XVIII, chap. 7).
XCVI. Il avance que Musotti, secrétaire du cardinal Seripandi proposa des expéditions pour empêcher le cardinal de Lorraine devenir au concile, et qu'en effet, on les mit en œuvre à Rome. Mais outre que Musotti , dans sa relation n'en dit pas un mot, les registres font foi que le pape ne voulut pas employer de tels moyens {lib. XVIII, c. 13).
XCVIl. Ce qu'il dit du patriarche syrien est une invention de sa part {là même, c. 9).
XCVIII. Il estditque dans la susdite session, 23 Pères s'opposèrent au décret par lequel on déclarait que Jésus-Christ s'est offert pour
Tout ce rapport est démontré faux par les nous dans la cène. 11 n'y eût que deux oppo-
lettres de Visconti , comme on a pu voir au liv. XVIII, chap. k.
LXXXIX. Il observe que le mê:ne abbé parlant contre la concession du calice, s'appuyait beaucoup sur le concile de Bâle , qui avait confirmé le décret prohibitif de celui de Constance, ce qui lui valut une forte réprimande de la part de l'évêque d'Iinola , et fit naître entre eux une vive contestation. La vérité est que Richard ne s'appuyait pas sur le concile de Bâle, mais sur celui de Constance ; et quand même il aurait allégué celui de Bâle , il ne méritait aucune répréhension , en ce que les décrets de Bâle sont de telle sorte constitués que les orateurs de
sants {là même).
XCIX. Il soutient qu'il y eut quelque confusion pendant qu'on recueillait les suffrages , à cause que plusieurs parlaient à la fois. Cela est tellement faux que les deux qui furent pour la négative, pour ne pas causer du dérangement, donnèrent leur ayis, non de vive voix, mais par écrit {là même).
C II parle de huit articles proposés sur le sacrement de l'ordre. Les actes du concile et le journal n'en mettent que sept : le huitième fut proposé longtemps après l'époque dont parle Soave {Hv. XVIII, cli. 14).
CL Pour ce qui regarde l'examen et la discussion des matières théologiques , il nous l'un et l'autre parti s'en sont prévalus {là apprend que les théologiens chargés d'examêine). miner et discuter la doctrine du sacrement
XC. 11 dit que les congrégations sur la con- de l'ordre, furent partagés en quatre classes , cession du calice durèrent jusqu'au 5 de sep- et dans chaque classe, on s'occupait indis-
TA BLE DES MATIERES
VM
tinctement de ce qui regarde ce sacrement, d'abord. Ce ne fut pas après deux congréga-
II se trompe, puisque le partage fut en six lions qu'ils s'en aperçurent : ils l'avaient
classes, au lieu de quatre, et chaque classe compris avant même que la matière eût été
devait étudier et préparer non pas un article entamée dans les congrégations , et c'est
quelconque, mais les articles ou les chapi- pour cela qu'ils avaient supprimé les derniers
très qui lui étaient prescrits (M m^we). mots du canon dressé au temps du légat
Cil. Il fait encore un faux calcul, lorsqu'il Crescenzi {liv. XVIII, ch. 15). •
dit que, au 23 septembre, quatre théologiens CVIII. C'est pure invention de Soavc ,
du pape eurent la parole, deux desquels fu- lorsqu'il dit que, à l'occasion du refus que
rent Soto et Bravo religieux dominicains; car firent les Espagnols d'une proposition ou
il n'y en eut que trois qui parlèrent, et un seul forme de décret présenté par le théologien était théologien du pape , qui était Salmeron [làmême),
cm. Il attribue au frèreSimon de Florence, théologien du cardinal Séripandi, un long raisonnement sur l'institution des évêques , prononcé le deuxième jour d'octobre : or ce théologien ne parla pas en ce jour. Bien plus, ni lui, ni le dominicain Bravo, que Soave fait
intervenir à la congrégation du 23, ne dirent voir que la proposition de feoto aux Espagnols rien non plus sur ces articles dans ces as- elle refus de ceux-ci ayant eu lieu le 28 ocsemblées et dans les suivantes, parce qu'ils tobre, n'a pu être l'occasion du discours que n'étaient pas de la classe à laquelle les ar- Lainez avait prononcé huit jours auparavant,
Solo, les légats s'étant consultés entre eux , firent prononcer au Père Lainez une dissertation sur cet article , espérant que le général des jésuites par son éloquence ferait changer de sentiment à ceux qui , malgré leur bonnes intentions envers le pape, s'étaient jetés inconsidérément dans l'opinion contraire. Il n'a pas vu , ou il n'a pas voulu
ticles étaient assignés {là même).
CIV. Soave parle ailleurs des trois expédients qui avaient été proposés pour éluder la question de la résidence , et il se trompe dans l'ordre qu'il leur donne, et qui n'est pas indifférent. Selon lui, le pape enjoint aux légats que la question de la résidence
c'est-à-dire le 20 du même mois ( là même). CIX. Il ajoute avec aussi pou de raison que cette harangue de Lainez fut préméditée el convenue entre les quatre jésuites qni étaient là présents : or il n'y avait que trois jésuites et non quatre , puisque ïorres, qu'il compte pour un , n'était pas encore jésuite ,
lui soit renvoyée, mais sans aucun décret comme nous l'avons dit plus haut , et quand
du concile ; si cela ne se peut, qu'on la renvoie par décret ; et si cet autre moyen ne pouvait réussir, les légats devaient faire en sorte que le concile y pourvût par une loi pénale et rémunérative, et non par définition de dogme. Soave est donc ici dans l'erreur, en ce que le moyen qu'il propose pour dernière ressource, c'est ce que le pape voulait en premier lieu , comme le cardinal Borromée exprime dans sa réponse aux légats , et
il l'aurait été , il n'y a pas apparence qu'il eût voulu faire prêcher Lainez; car on trouve parmi les mémoires du cardinal Séripandi un écrit de François Torres, qui manifeste des sentiments contraires à la dissertation de Lainez (là même).
ex. Pour ce qui est de l'addition qu'Ajala soutenait avoir été faite au canon du temps de Jules III, el pour laquelle l'évcque de Ségovie et le cardinal de Mantoue s'escrimèrent
si ce moyen ne pouvait réussir, il voulait durant toute une journée , chacun des deux
que l'affaire lui fût renvoyée, sans expliquer si le renvoi devait se faire par un décret ou sans décret : et ce fut le parti que prirent les légats (làmême).
CV. Il dit que les voix de ceux qui voulaient le supplément au canon sur linstitu- tèrent de proposer le décret sur la résidence, tion des évêques, furent au nombre de 59, il parce qu'ils étaient fatigués des murmures yen a six de trop, il devait dire 53 (/à m^mc). et des instances des Pères, qui, toutefois,
CVI. La réflexion qu'il ajoute, que le parti après la proposition ne furent pas satisfaits, des opposants aurait été bien plus considéra- c'est une double erreur ou une double faus-
établissant son sentiment sur les paroles obscures et ambiguës du décret et du canon, ce sont autant de faussetés qui sont détruites par ce qui a été dit au livre XVIII, ch. 16. CXI. Enfin il avance que les légats se hâ-
ble, sans un catarrhe fâcheux qui retint chez eux un grand nombre de Pères, outre qu'elle est ridicule , est encore invraisemblable ; puisque le nombre des opinants fut de 181, il ne pouvait pas y en avoir beaucoup de retenus chez eux par la maladie {là même). CVII. Il observe que les légats, après les
seté. Première fausseté, en ce que la véritable cause qui porta les légals à proposer le décret, ce ne fut pas l'espérance d'apaiser les Pères qui ne murmuraient pas, mais la crainte des Français dont la venue s'annonçait très-prochaine. La seconde fausseté est encore plus manifeste, et pour la démentir.
doux premières congrégations, comprirent nous n'avons qu'à citer le témoignage de lébien que cette définition du droit divin allait vôque de Salaraanque qui, dans ses actes, afcauser au siège apostolique et à la cour de firme que le décret fut proposé o» grand con- Borne plus de préjudice qu'ils n'avaient cru lentement de tout le monde {l. XVIII , ch. 17)