LIVRE SKPHÈilE. ^^g
îîar des vUè^ d'irilérél personnel, on reîette 5on avis, même Saris examiner s'il est pi-ofi-
son .ivia, iiic-iut; sans exammer s il est pi^^u— tablé au public. Mais le cardinal persista dans le même sèrillmeht, après que dans la congrégation du 28 de mai, on eut arrêté qu'on traiterait aussi des dogmes; et les légats n'étaient pas éloignés de Se réùnii- à son sentiment, comme On le voit dans les lettres déjà citées qu'ils écrivirent à ROrtie à ce sujet. On proposa donc de nouveau cette question dans la congrégation génércàle du 9 juin. Le cardinal Pacheco y démontra longuement les maux qu'entraîne pour lesï<>lises l'absoncc de leurs pasteurs, et la nécess'ilé d^uhe peine assez grave pour les détourner d une faute qui avait de telles conséquences ; que cette p( ine devrait consister, selon lui^ a priver du droit de percevoir les fruits pour tout le temps qu'ils se seraient absentés, ceux qui n'auraient pas résidé la plus grande partie de 1 année ; et à déposer de l'épiscopat
il avait ele pourvu par les canons à la punition de ce désoi-dre; mais que ces lois étaient tombées en désuétude par la négligence de ceux à qui on en avait confié l'exécUlibnqu il ne voyait pas de meilleur remède a ce mal que le rétablissement des synodes provinciaux qui avaient toujours été d'une si grande utilité dans l'Eglise; mais que, grâce au dépérissement de la discioline ecclésiastique, il y avait déjà plus d'un siècle qu'on en avait vu uil en Espagne. Alors il y eut partage d'opinions parmi les évéques. Les uns pensaient qu'avant de renouveler l'obligation de la résidence et de la saUctionn-r par des châtiments, îl fallait ôier les obstacles mentionnés (lui s'opposaient à l'accomplissement décb devoir. D'antres proposaient (livcrscs peines, et en assignaient l'exécution a diverses personnes.
2. L'drchevêqUe de Matera fut d'avis qu'on ne changeât rien là-déssus à ce que réglaient les canons; qu'ils portaient déjà de grandes pemes contre ceux qui ne résidaient pas • et quon y l'cgardait aussi conunc résid(înts ceux qui s'absentent pour de justes raisonsc est-à-dire pour assister au concile, pour obéir au Pohtife qui les appelle, pour s'acquitter d'une mission qui a p^ur objet la paix ou tout autre service public; que le concile actuel ne devait pas rejeter comme mauvaises ces raisons qui, aux termes des anciens canons, justifient uhe courte absence; que pour 1 exécution de ces lois, il ne voit personne, lui, qui y soit plus propre que le souverain Pontife; que c'est à son tribunal que sont réservées les causes et soumises les personnes des Pontifes inférieurs; que ce qu'il commandait était obligatoire pour eux; que ce n était pas au moment où ils faisaient des lois sur la résidence qu'il convenait de le ci-
er pour airfgi dire en jugement, afin d'en obtenir le rétablissement des anciens privilèges ; qu II fallait plut(5t le prier, et qu'il se lerait un plaisir de les exaucer.
L'archevêque d'Armagli confiVma ce sent}-
ment et il ajouta que si les Apôtres, dont les évêques étaient les successeurs, n'avaient pas été forcés par les obstacles qu'ils rencontraient à abandonner la résidence et la prédication, l'Eglise ne serait pas à ce point de grandeur où les ecclésiastiques la voient maintenant.
3. Vigerius, évéque de Sinigaglia , conseilla, pour obvier aux dispenses, de déclarer que la résidence est de droit divin, comme l'enseignait Cajétan après plusieurs autres.
Cette opinion fut du goût de quelques-uns, mais le plus grand nombre la taxèrent de rigoureuse; et Campège, évéque de Feltre, fit l'énuméralion des causes qui excusaient les évêques de la résidence; il y en avait plusieurs selon lui, et entre autres, les fonctions qu'on remplissait auprès du souverain Pontife, et même le cardinalat dont la dignité astreint au service de toute l'Eglise.
L'évêque de Fiésole combattit l'opinion de Campège ; il dit qu'il voulait bien de l'obligation de la résidence, mais qu'il la voulait égale pour tous, et telle qu'elle ne fût pas autre à Fiésole qu'à Florence. Ce mot fit sourire , car on comprit qu'il s'adressait à Nicolas Ridolfi , cardinal , à qui les liens de parenté et de grands services ne peuvent même faire trouver grâce devant l'évêque de Fiésole. Il se mit ensuite à démontrer plus au long la nécessité de pourvoir avant toute autre chose aux obstacles qui s'opposaient à la résidence : plusieurs autres furent en cela de son avis.
4. Alors Jacques Gortésius *, évéque de Vaison, parla ainsi : Sans doute qu'avant de décerner des peines contre les évêques qui ne résideraient pas, on devait pourvoir aux obstacles que rencontrait la résidence, mais que les obstacles qu'il avait trouvés dans son Eglise lui étaient venus non pas du Siège apostolique, ni d'aucune autorité ecclésiastique, mais bien de la puissance laïque ; qui' c'était elle qui empêchait quelquefois un évéque de procéder contre un prédicateur soupçonné d'hérésie; que c'était elle qui l'obligeait à renvoyer à grands frais un prisonnier hérétique devant les tribunaux séculiers.
5. Bertano prit occasion de là de parler: il le fit longuement et avec gravité II dit qu'il avait toujours pensé que la résidence; était de droit divin ou une conséquence de ce droit, tellement qu'il y avait péché mortel à y manquer ; et qu'il n'y avait que la considération d'un plus grand bien qui pût en dispenser légitimement ; que, quand on ne réside pas, on ne doit pas jouir des fruits ; qu'il ne croyait pas , comme l'avait soutenu quelqu'un, qu'il suffît aux évêques pour décharger leur conscience sur ce point, ou de suspendre ou d'interdire l'entrée de l'Eglise ; mais qu'il fallait porter des peines capables de faire impression même aux méchants, car avec les bons il n'y avait pas besoin de châtiments; qu'à la vérité ce point lui paraissait difficile et demandait pour être traité b(*aucoup de temps ; qu'il y avait là le réta-
* Coflésius ou Couiioii-
blissement entier de la discipline ecclésiastique ; qu'il était nécessaire de se défaire des obstacles; mais quels obstacles? non ceux qui provenaient du Siège apostolique, mais ceux qui partaient des trônes séculiers : que si le Pape donne un bénéfice à une personne incapable, que s'il affranchit de la juridiction épiscopale un clerc corrompu, l'évêque est en sûreté de conscience : il ne rendra pas compte à Dieu des actions de son supérieur, ni des maux auxquels il n'a ni le droit ni le pouvoir de remédier ; que tout au plus il est tenu de dénoncer au Pape le désordre, et qu'il peut ensuite se reposer du soin d'y mettre ordre sur celui qui a autorité pour cela. Mais qu'il ne peut pas également abandonner aux puissances séculières la guérison de ces mêmes désordres dont elles sont cause : car c'est par abus , et non en vertu du droit qu'elles en ont, que ces puissances s'ingèrentquelquefois dans le ministère épiscopal qu'elles troublent. Qu'aussi, à moins d'obtenir préalablement des princes le renoncement aux pragmatiques et aux autres mauvaises coutumes, ce serait en vain qu'on commanderait la résidence, et qu'on ferait disparaître les obstacles qui ont moins d'importance. Bertano fut écouté avec beaucoup d'attention; mais les Pères remirent l'examen de ses raisons à la congrégation prochaine, parce que l'heure était si avancée qu'il n'était pas possible de rien arrêter présentement.
6. Ils s'assemblèrent le jour d'après : et François Bandini , archevêque de Sienne , fut d'avis qu'on renvoyât toute l'affaire de la résidence au souverain Pontife ; à qui seul appartenait l'autorité de contraindre à la résidence en faisant exécuter les peines portées contre les infracteurs; que plus cette autorité serait grande, moins il en coûterait d'obéir ; que toute autre loi serait inutile ; que la loi la plus puissante est la volonté de quiconque a le souverain pouvoir en mains pour se faire obéir.
Comme dans la congrégation précédente , Campège avait dispensé les cardinaux de la résidence, Jérôme de Bologne, évéque de Syracuse , en prit occasion de s'élever contre ce sentiment; il montra que la loi devait comprendre tout le monde, et qu'il fallait qu'elle fût telle pour être stable , tolérable et exécutée ; que la licence parmi les premiers prélats ne produisait d'abord que le scandale, et puis bientôt le relâchement parmi ceux du second ordre ; et qu'au contraire rien ne contribue plus à nous porter à l'accomplissement de ce qu'il y a de difficile que la honte de paraître plus délicats et plus occupés de nos commodités que ceux qui sont plus élevés en dignité que nous. Ces observations plurent généralement à l'assemblée, et l'évêque d'Astorga fit un discours plein de force pour les appuyer.
7. On passa ensuite à la question qu'avait soulevée le jour précédent Vigerius, c'est-àdire à celle de savoir si la résidence était de droit divin : Jean Salazar , évéque de Lanciano, soutint l'affirmative, et il fut secondé par Musso qui fit à l'appui de ce sentiment
l'argument le plus fort dont on puisse l'étayer ; le voici : que Dieu ayant commandé aux évêques de prêcher et de paître, il leur a également commandé de résider , puisque la résidence est indispensable pour l'exercice de ces fonctions (1) : cependant lui et les évêques de Lucera, d'Astorga et d'autres encore qui embrassaient son sentiment, re-
cret de la résidence se porterait actuellement, ou si on attendrait que les obstacles fussent levés; ce qui demandait beaucoup de temps, comme on le voyait clairement à la multitude et à la gravité des questions qui se rattachaient à cette matière. On alla donc aux suffrages , et la majorité se prononça pour l'ajournement : on y fut porté autant par
connaissaient au souverain Pontife le pouvoir inclination que par raison : on aime commu de dispenser de la résidence , comme il peut le nément, et par conséquent on trouve bon que faire pour les vœux dont l'obligation est aussi ce qui est favorable à ses intérêts, soit regardé de droit divin : mais qu'il faut pour cela une comme le plus nécessaire et comme demanraison bien grave. L'évêque d'Astorga voulait dant une plus prompte solution, en outre qu'on déclarât illicite le cumul de l'épiscopat et du cardinalat, et que la résidence fût qualifiée d'important au bien gêné