Le cardinal Pacheco, prenant la parole
(1) Par la lettre du 25 juin. ^P^^^ P?!'*^' .«Jp^^a que pour la justification
h) 9 juillet 1546 ^" serait prive non seulement du secours
V^ , * j ... r. des anciens scolastiques, mais même de ce-
(3) Ce qu on racontera de ce qui se dit ou se fit j^j ^gg anciens conciles ; que cdui de Trente
dans le conçue jusqu à la translation, se trouve dans A«aU i« ^^r.^;..^ ^,,i ♦i..„j*i-t «« «-^
d'autres Mémoires, et, de plus, dans la seconde par- ^^«,'. \^ premier qui traitait cette question ;
tie des Actes authentiques sons Paul III. C'est là que ^^ "/"» semblait donc, a lui, qu on devrait
sont aussi, en abrégé, les opinions des Pères et des procéder autrement qu on n'avait fait pour le
théologiens d'un ordre inférieur, cl ce qui fut dit dogme qu'on avait déjà décrété; qu'il fau-
dans les congrégations générales cl particulières. drait laisser les simples théologiens discuter
la matière entre eux, jusqu'à ce qu'ils eussent préparé tous les points , et qu'ensuite ils les proposeraient tous en même temps, lorsqu'ils les auraient ainsi préparés , à la congrégation des Pères , afin que ceux-ci, voyant l'enchaînement des différentes parties , pussent, avec plus de discernement et moins de temps, former leur jugement et dresserleurs décrets sur l'ensemble ; qu'une autre commission s'occuperait d'ailleurs à recueillir les renseignements qui auraient trait à la résidence. Il représenta encore que dans un moment où la discussion des affaires les plus importantes requérait la présence de nombreux prélats , il voyait avec la plus grande peine, non seulement que ceux qu'on accusait de contumace ne venaient pas, mais que, même parmi les évêques présents au concile, il en partait tous les jours quelques-uns ; et qu'encore bien qu'ils ne s'absentassent que dans l'intention de revenir le jour de la session, il faisait peu de cas de leur présence à cette cérémonie, où il ne s'agissait que de donner un simple vote : que même il était encore à comprendre comment il s'en trouvait d'assez hardis pour juger dans une matière dont ils n'avaient pas fait un examen approfondi ; qu'il fallait donc ordonner que personne n'eût à s'absenter sans une permission; que si elle n'était que pour dix ou quinze jours, les légats pourraient la donner; que si elle était pour plus longtemps, on aurait besoin de l'assentiment du concile.
4. Le cardinal Cervinise hâta de lui répondre que les légats n'avaient autorisé personne à s'absenter, pas même pour peu de temps ; qu'ils avaient refusé cette permission jusqu'au coadjuteur de Vérone qui l'avait demandée pour huit jours seulement , afin de se trouver à la procession de la Fête-Dieu dans son église, qui était voisine ; mais que les évêques la prenaient d'eux-mêmes ; que c'était donc aux Pères à remédier à ce désordre.
On arrêta qu'on procéderait dans ror(ïre proposé par les légats, et qu'il ne serait permis à personne de partir, conformément à l'observation de Pacheco.
5. Les théologiens de l'ordre inférieur avaient tenu devant les légats plusieurs congrégations auxquelles , selon l'usage , assistèrent ceux des Pères qui le voulurent ; on réunit de nouveau la congrégation générale (1). Le cardinal del Monte, qui était déjà rétabli, y dit que, de l'avis des théologiens qu'il avait entendus, la matière paraissait pouvoir se diviser en trois chapitres :
Que le premier serait : en quelle manière s'applique la Passion de Jésus-Christ à celui qui se convertit à la foi, et quelle grâce mérite-t-il ensuite ?
Le second : que doit faire celui qui a été justifié pour se maintenir dans la grâce?
Le troisième : que peut ou que doit faire celui qui, après avoir eu la grâce, l'a perdue, et s'il a la force de la recouvrer, et en quelle manière ; et en quoi cette ju'=tification res-
(1) Le dernier jour de juin.
semble-t-elle à la première ou en diffèret-elle?
Cette division plut à tout le monde, excepté à Pélargue, procureur de l'archevêque de Trêves ; elle lui semblait ne pas suffire : il voulait qu'on traitât aussi du libre arbitre , parce que, pour la justification des adultes,dont il était question alors uniquement, tout ce qui regardait celle des enfants s'étant amplement discuté dans la session précédente, il fallait notre consentement , et que notre consentement procède du libre arbitre.
6. On mit aussi en délibération si, après la discussion des théologiens de l'ordre inférieur , une commission s'occuperait de la rédaction du décret, pour la soumettre à l'examen des Pères dans l'assemblée; ou bien, si on ne porterait pas plutôt la matière toute préparée devant l'assemblée, attendant pour dresser le décret qu'on eût entendu l'opinion des évêques. Ce second parti fut préféré, tant parce qu'il ne paraissait pas convenable de prononcer la sentence avant que les juges eussent donné leur avis , que parce qu'il est plus aisé de commencer par faire bien une toile que delà mal faire pour la raccommoder ensuite , et qu'aussi plus on passe de temps à disposer ce que l'on veut faire , pour être moins exposé à y apporter des changements, et plus l'ouvrage sort net et parfait des mains de l'ouvrier.
De plus , on mit en délibération si on irait aux voix séparément sur chacun des trois chapitres, ou sur tous les trois ensemble : on s'en rapporta là-dessus aux légats, qui donnèrent la préférence au premier mode; ce n'est pas qu'ils n'en vissent bien les difficultés , mais ils en sentaient aussi les grands avantages. Car, il en est des discussions comme des corps , plus on divise et plus on amène à la superficie ce qui se lêYiait caché au fond. Je ne laisse pas de rapporter ces conférences minutieuses qui avaient pour o^et les différents modes de procéder : car l'histoire n'est pas l'amusement, mais l'école de la vie ; et l'école de tout art doit être moins une galerie enrichie des ouvrages les plus curieux à voir, qu'un atelier fourni des instruments les plus propres pour bien travailler. Ajoutez encore que pour l'intelligence , ce qui est le plus digne d'intérêt, c'est moins les grands effets que les petites causes qui les ont produits.
Jusqu'à ce jour, presqu'encore aucun évêque n'avait donné la liste des obstacles qu'on rencontrait à la résidence : le cardinal del Monte avertit donc qu'on eût à ne plus mettre de retard. L'archevêque de Sassari proposa de désigner plutôt quelques prélats qui seraient chargés de recueillir ces listes de la main de chacun des Pères, et qui le feraient plus librement , et Vigérius fut d'avis qu'on nommât cette commission par nation. Mais le cardinal craignant que cela ne devînt pour les évêques une occasion de faire des réunions particulières et de vouloir opérer par nations et non car têtes, contrairement a ce qui avait été déjà décidé, répondit que les légats ne voulaient pas briser l'unité du concile ; que
su
HISTOIRE nu roNciLi: de trente.
si les prélats d'une nation voulaient se réunir pour leur exposer simplement les désordres qui avaient lieu à cet égard particulièrement dans leurpays, ils recevraient volon-
les ambassadeurs du roi des Romains avaient le pas sur ceux du roi de France. L'archevêque d'Armagh répondit que Maximilien avait alors le nom de roi des Romains, quoi-
tiers leurs renseignements : et qu'ils s'oblige- qu'il ne fût pas encore couronné ; mais qu'au raient si on le voulait, à garder le secret reste déjà il jouissait de tous les droits impémême à l'égarddusouverain Pontife :1a dis- riaux; tandis que Ferdinand actuellement créUon de ces paroles les Gt applaudir de avait untitrequineluidonnait que le droit de tout le monde, et surtout des Espagnols : c'est succéder à l'Empire. L'évêque de Feltre déqu'il en est de ceux qui gouvernent parmi les clara qu'il pouvait y avoir deux empereurs ; hommes comme de celui qui règne parmi les que ce n'avait pas été sans exemple dans les astres, c'est-à-dire le soleil ; autant il est insupportable , quand il exerce sa puissance sans modération , autant devient-il agréable, lorsqu'il la tempère.