LIVRE HUITIFIMR
dans son opinion, les Espagnols et les Napolitains, on crut qu'il cherchait, par cet artifice, à proroger la décision , afin que l'empereur eût plus de temps pour faire un arrangement avec les Luthériens, avant qu'une condamnation les eût exaspérés; mais le premier sentiment l'emporta de beaucoup de voix. Les légats , néanmoins , dirent qu'on s'efforcerait de satisfaire les deux partis, en ayant soin que les théologiens missent tout le soin convenable à étudier cette question, et à chercher, pour exprimer la condamnation, des paroles (1) qui, en frappant tout ce que les hérétiques enseignaient d'erreurs sur ce point, ne porteraient atteinte à aucun écrivain catholique. C'est une grande prudence, quand on préside une assemblée, que de non seulement régler le fond des décrets sur la volonté de la majorité, mais même d'en formuler tellement la teneur qu'elle réunisse l'assentiment de tout le monde ; car la moindre contradiction entre les législateurs, devient l'origine de la violation des lois qu'ils portent.