‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 69 sur 348 · SG · texte numérisé non relu

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tre partie est celle qui fait dire que l'homme vit justement, el il assurait qu'elle consistait dans les actes de vertu produits par la même grâce. Pour la seconde espèce de justice, il voulait que ce fût quelque chose d'extrinsèque à nous, c'est-à-dire la justice et les mérites du Sauveur, que la miséricorde divine nous impute comme nôtres, non pas entière-

que vient la justification. Comme si le concile n'avait pas résolu ce doute, en enseignant, d'un côté , que la justice nous est gratuitement donnée, parce que rien de ce que nous faisons auparavant ne nous la mérite , et en excluant ainsi la justice parfaite des œuvres qui précèdent l'habitude de la grâce infuse justifiante : et en déclarant, de l'autre, qu'a-

nient, mais selon le degré d'efficacité qu'il vantlajusti-fication, il faut que, de noire part,

plaît à Dieu.

5. Que la première justice, aussi bien dans l'une que dans l'autre partie , est imparfaite sans la seconde, et ne suffit pas pour nous faire obtenir la gloire; tant parce que véritable linge souillé, elle est entachée de nos fautes journalières, que parce qu'aucune qualité créée, pour ce qui est de la grâce infuse, ne nous rend parfaitement dignes de la vision divine, et que pour ce qui est des œuvres, les souffrances de ce temps, comme dit l'Apôtre, ne sont pas proportionnées à la gloire friture qui sera révélée en nous. De là il expli-

nous fassions quelque chose de bon : et n'estce pas là admettre qu'on peut et qu'on doit faire quelque bien avec le secours de la grâce prévenante, avant la grâce infuse ?

7. On donna donc beaucoup de temps et beaucoup d'attention à l'examen de cette question : si celui qui se présente devant le tribunal de Dieu avec la justice infuse et avec les mérites qu'elle lui a fait acquérir , a par cela même un titre suffisant pour obtenir le salut, ou s'il lui faut, en outre, l'imputation de la grâce du Christ. Et j'ai eu sous les yeux en très-grand nombre les ori-

quait comment il est vrai que la justification ginaux des réponses (1) que les théologiens se fait par la foi et non par les œuvres : il firent à cette question. Cinq seulement se

réunirent à Seripandi : ce furent trois Augu-

disait que si on veut parler de la première justification qui est un passage de la condition d'ennemis à celle d'enfants de Dieu, elle n'est pas le prix des œuvres, mais une pure miséricorde du Sauveur, qui nous est obtenue par la foi , et non méritée par la pénitence, quoique cette dernière soit requise comme disposition: parce que la pénitence faite avant la justification, étant l'œuvre d'un ennemi de Dieu, ne peut être méritoire; et que celle qui

stins de son ordre, Antoine Solizio, docteur séculier espagnol, et Lorenzo Mazzocchi , servite. Outre ceux-ci, Vincent de Léon, carme, avait bien une opinion opposée à celle de la majorité touchant ces justes qui moururent après la mort du Sauveur; mais il s'accordait avec eux pour ce qui regardait les justes morts auparavant, c'est-à-dire dans le temps où il ne leur suffisait pas de

se fait après, trouve le péché, et conséquem- la grâce intrinsèque pour avoir accès au pâment la peine éternelle aussi, déjà remis : et radis , mais où il leur fallait encore l'assisque si on prend la justification dans l'autre tance de la passion de Jésus-Christ, sens, en tant qu'elle est la vie de l'homme 8. Plusieurs qui avaient à leur têteRichard juste, elle requiert véritablement les œuvres : du Mans , mineur observantin , admettaient et que c'est pour cela que le même apôtre deux espèces de causes. Les unes qui prodit qu'en Jésus-Christ ce qui sert , c'est cette duisent l'effet, et dont l'effet n'a pas besoin

foi qui opère par la charité : que cependant cette justice ne s'attribue pas aux œuvres seulement, mais aux œuvres jointes à la foi, en ce sens que les œuvres , quoiqu'elles soient nécessaires , ne suffiraient pas, si ne nous était pas appliquée, par la foi, l'autre justice du Christ qui supplée ce qui nous manque. Et comme Catharin avait l'assemblé alors un grand nombre d'erreurs lulhé-

pour se conserver, comme le fils engendré par son père : les autres qui ne sont pas moins nécessaires à leurs effets pour les conserver que pour les produire, comme le rayon du soleil. Que c'est de cette seconde manière que nous dépendons de Dieu, tant dans l'être que nous tenons de la nature qui nous tire du néant, que dans celui que nous tenons de la grâce qui nous régénère et nous

riennes qui semblaient avoir du rapport avec tife du péché, qui est un autre néant plus dé-

ce sentiment , Seripandi protesta hautement qu'il avait en horreur ces erreurs : que son opinion n'avait rien de commun avec elles : mais qu'il ne voulait pas, en haine de tout ce que dit Luther, condamner une doctrine enseignée, ainsi qu'il le disait, par tout ce que les Luthériens avaient de plus fameux adversaires, tels qu'étaient Cajétan, Pighius, Flugius et Gropper.

G. Ce raisonnement fut assaisonné par Seripandi d'une grande érudition , qu'il avait puisée dans les saintes Ecritures et dans les Pères, et il suffirait seul, pour faire connaître ce qu'il a fallu de légèreté à Sarpi pour écrire que Seripandi n'en vint jamais au point d'examiner si l'homme commençait par recevoir la justification , et ensuite faisait le bien, ou si c'est à la suite des bonnes œuvres

plorable : que cela posé, il n'y a pas en nous deux justices, l'une intrinsèque, l'autre extrinsèque par l'imputation des mérites du Christ, mais que la même justice intrinsèque est l'effet des mérites du Christ , effet dépendant en tout temps de ces mêmes mérites , sans la vertu conservatrice desquels il cesserait aussitôt. Et qu'ainsi en nous présentant devant le tribunal de Dieu, nou". devons avoir confiance dans la justice du Christ, non comme dans une justice qui supplée au défaut de notre justice» inlérieure; mais comme dans une cause efficiente et nullement dépendante de nôtres justice intérieure, qui est la cause formelle par laquelle nous sommes justes. Et quoique quelques-uns pensassent que la justice el (t) Dans la biblioilièque de MM. D;irbeniii.

les actes produits par elle, à ne considérer que leur nature absolue, ne nous donnent pas de litre à la béatitude éternelle, et que Dieu peut la refuser à quiconque jouit de ces avantages , ils déclaraient cependant qu'il ne pouvait la refuser, posée une fois la relation quil y a entre cette même grâce et les actes qui en dépendent, et l'acceptation de la promesse divine qui nous est faite par les mérites du Rédempteur, de regarder comme ami et comme fils adoptif, quiconque est enrichi de ces dons. Or, puisque c'est la foi qui, avec cette certitude infaillible qui lui est essentielle, nous garantit cette promesse et celle acceptation faite par Dieu à la prière du Sauveur; donc, disait-on, uotre justice, outre la grâce et les œuvres , renferme aussi la foi , laquelle présupposée, nous avons intrinsèquement et efficacement titre à être traités comme justes et à recevoir de Dieu la gloire éternelle.

9. Tous convenaient que c'est par les mérites de Jésus-Christ que la grâce est donnée à ceux qui sont rachetés ; et que c'est en ce sens que nous devons nous confier uniquement dans ces mérites , et que notre justice se doit a]ipe\er justice du Christ. Tous aussi, excepté ceux que nous avons déjà dils,s'ac-

l'une intérieure en nous , ne suffit pas pour nous tirer de l'état du péché, elle ne pourrait pas s'appeler proprement justice. De la même manière que toute forme qui ne suffirait pas à rendre le sujet chaud , ne pourrait prendre la dénomination de chaleur. Comment pourrait elle nous rendre blancs comme neige , nous qui étions auparavant , selon le langage des Ecritures, d'un rouge d'écarlate , supposé que cette teinte demeurât toujours en nous, tant qu'une certaine chaleur ne viendrait pas la faire disparaître? comment se vérifierait ce que nous lisons dans les sacrés cantiques, des beautés d'une âme agréable à Dieu, et de la complaisance que le céleste époux met dans de telles beautés , puisque toujours il serait vrai que, dans tout ce qu'il y aurait en nous, nous serions hideux et difformes, quand même Dieu, nonobstant cela, voudrait nous traiter comme purs et comme beaux en considération du Sauveur, cl joindre à une bonté si gratuite de sa part l'infusion de ces qualités qui cependant ne nous apporteraient par ellesmêmes ni dignité ni beauté, mais nous laisseraient dans l'indignité et la souillure des pécheurs ?

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