‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 78 sur 348 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

On intime le jour de la session; on discute le décret de résidence; on examine les réflexions que fait Sarpi touchant les bénéfices ecclésiastiques et les exemptions.

1. Les légats accordèrent aux évêques, pour réfléchir sur la proposition qui leur était faite, un délai de neuf jours (1), jusqu'au lendemain des fêtes de Noël. Ensuite ils recueillirent les suffrages, et plus des deux tiers furent d'avis qu'on intimât la session pour l'octave de l'Epiphanie. Il n'y en eut que seize qui s'y opposèrent; ce furent tous les Espagnols et quel- ,ques autres évêques des sièges de la dépendance de l'empereur pour le temporel. A ces derniers se joignirent Maso Vigerius, évêque de Sinigaglia, et Richard Parr, Anglais, évêque de Worcester. Alors on entama avec ardeur l'affaire de la réforme, et surtout l'article de la résidence. A cette occasion , Sarpi tire

(1) Lettre des légats au cardinal Farnèse, du 29 décembre 1546.

295 HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. StJfi

son préambule de bien haut; il traite de la dence. Et pour en connaître dès l'origino

première origine des dignités ecclésiastiques l'institution et l'utilité , il faut se rappeler

et des différentes modifications qu'elles ont que, quand on manque du nécessaire, on ne

subies dans la suite des temps. Comme il dit peut penser à ce qui est commode ; et que

beaucoup de choses et qu'il n'en prouve au- c'ett ce qui fait dire au Philosophe (1) qu'on

cune, et que d'ailleurs il y a un grand nom- inventa d'abord les arts qui subviennent aux

bre d'auteurs qui ont traité celle matière ex besoins de la vie, et qu'ensuite le génie se

professo, je ne veux pas me laisser entraîner porta à la découverte de ceux qui servent au

par la hardiesse de ses mensonges à la pro- bonheur de la vie. Or, ce qu'il y a de néces-

lixilé d'une digression. Sans donc m'enfoncer saire dans le ministère ecclésiastique , c'est

dans la profondeur des controverses hislori- que les peuples aient qui leur administre les

ques, je me contenterai de signaler quelques sacrements, qui leur enseigne la doclrine, et

passages de sa dissertation. qui prenne soin du temple. Tant que ces

2. H dit que, dans la primitive Eglise, les fonctionnaires manqueraient, ce serait un dignités ecclésiastiques n'étaient qu'un far- très-grave abus d'employer à autre chose les deau, et non une récompense. Soit; et Sarpi, revenus de l'Eglise. C'est le lieu de demanet avec lui tous les ennemis de l'Eglise, vou- der à Sarpi si notre siècle est plus pauvre à draient bien que ce fût encore ainsi mainte- cet égard que ceux dont il fait si fort l'éloge, nant. Mais remercions Dieu d'avoir mis fin à Certainement on ne voyait pas alors comme ces temps. Il en était ainsi dans les persécu- aujourd'hui toutes les villes pourvues d'évêtions contre les chrétiens ; de l'horreur qu'on ques, toutes les campagnes de prêtres, et touavait généralement pour notre religion, il ré- tes les contrées de curés. Combien n'y avaitsullait que ses ministres manquaient de tout, il pas moins d'églises régulièrement desserexcepté de peines et de périls. On trouve en- vies et de religieux occupés de tous côlés à core maintenant dans l'Eglise catholique le prêcher, à offrir le saint sacrifice et à vaquer zèle qui fait se charger de ces dignités en se à une psalmodie aussi fréquente qu'assidue? vouant aux mêmes misères : témoins l'Angle- jusque-là même qu'il a fallu opposer des diterre, la Turquie et les contrées immenses du gués au torrent de la piété et des bornes à Nouveau-Monde, régions barbares au milieu l'accroissement des ordres réguliers. Mais, desquelles les privations sont plus dures et après qu'on avait satisfait aussi amplement les tortures de la mort plus cruelles qu'elles au besoin de chaque lieu en particulier, n'éne furent jamais sous les Romains idolâtres, tait-il pas bon d'organiser, au profit de tous J'ai dit qu'un tel zèle se trouve encore main- les lieux en général, une cour pour ainsi dire tenant dans l'Eglise catholique ; car on ne voit royale, où l'on pût entretenir et récompenser pas ces zélés réformateurs de l'Eglise que Sarpi une foule d'hommes éclairés, nobles et de méexalte si haut dans ses éloges, pressés d'aller rite, destinés tous à servir cette république, goûter à ce calice pour s'y désaltérer. Mais je et à se consacrer spécialement à Dieu ici-bas ? répète une seconde fois, remercions Dieu d'à- En effet, il n'y a rien de plus préjudiciable et voir mis fin à ces temps ; car, si ces persécu- de plus irrémédiable dans un état que de mantions sont des pépinières de saints, elles sont quer d'un fonds de récompense, et de ne pouaussi des pépinières d'impies, et il en résulte voir en accorder sans appauvrir le public, que la sainteté, succombant dans plusieurs à Quand les récompenses ne se font pas plus la tentation, se change en impiété. Aussi tou- attendre que les châtiments , il est aussi fajours l'Eglise a-t-elle prié Dieu de nous en cile de faire germer les grandes vertus que préserver. Au reste, non seulement sous le de déraciner les mauvais vices. Cela posé, vieux Testament Dieu dota richement les mi- l'unique fonds , dans la hiérarchie ecclésiasnistres saints en honneurs et en biens ; mais, tique , où se puisent ces récompenses , ce depuis la venue du Christ, même au berceau, sont les bénéfices exempts de la résidence; pour ainsi dire, de l'Eglise, et quand le nom- qu'ainsi l'abondance de ces bénéfices est le bre des fidèles n'était encore que petit, on se sein qui nourrit le mérite dans l'Eglise, cotisait avec tant de largesse pour honorer 4. On me dira qu'il en serait ainsi si la et pourvoir les ministres sacrés, qu'un Ro- distribution de ces bénéfices se faisait en promain de distinction et plein d'orgueil disait portion des mérites ; et moi je réponds qu'il dès lors (1) : Faites-moi votre Pontife , et je ne s'agit pas ici de louer ou de blâmer les disme rendrai chrétien. tribuleurs qui varient selon les différents

3. Sarpi s'élève contre la distinction de bé- temps, tantôt bons, tantôt médiocres, tantôt néfices à résidence et de bénéfices à non-rési- mauvais, comme dans tous les gouvernedence , qu'il repousse comme une sorte d'à- racnts ; cependant de ce que ceux qui sont bus intolérable. Je ne m'en étonne pas ; car, chargés de la distribution des récompenses quand on a de la répugnance pour une fin, s'en acquittent mal, on n'en conclut jamais on en a spécialement pour les moyens qui y que l'institution des récompenses soit nuisiconduisent le plus sûrement. Au fond, de tous ble. Ce défaut, qui est plus ou moins inséles moyens propres à conserver la splendeur parable de la condition humaine, est jourde l'ordre c!|érical et de la hiérarchie ecclé- nellemenl blâmé à Rome du haut de la chaire siastique, le plus efficace, c'est la multitude par les prédicateurs et par les théologiens de ces bénéfices qui n'obligent pas à rési- dans leurs livres. Mais je demande si, lors

même que, nonobstant toutes les meilleures

{Vf S.Jérôme dans la lellre 61, et le c;irciinal Barolius, à l'année 367, iiomb. tC

nius, à l'année 367, iiomb. tO. (1) Dans le premier livre de la Métaphysique.

lois, on se trompe encore tantôt par ignorance, tantôt par partialité, dans la dispensation des récompenses, il y a avantage pour l'Eglise à avoir ce fonds de récompenses, ou à ne l'avoir pas, comme le voudrait Sarpi? Qui pourrait balancer à répondre ? Qiron admette ce fonds, il arrive, je l'avoue, que quelques-uns sont enrichis sans le mériter ; que quelques-uns qui le méritent sont pauvrement pourvus ; mais s'il n'existait pas, il en résulterait qu'on n'obtiendrait rien, quelque digne qu'on fût : il n'y aurait pas de patrie^ pas de cour commune ; il faudrait que quiconque voudrait vivre du patrimoine de l'Eglise, se confinât pour y confesser ou pour y psalmodier dans quelque localité retirée, où il lui serait impossible de perfectionner sa science et son expérience à l'école du grand nombre; et, ce qui serait encore pis, on serait privé de cette souveraineté ecclésiastique qui maintient l'unité, la règle et la décence dans toute l'Eglise, comme nous l'avons démontré déjà plusieurs fois.

5. On ne peut nier qu'avec toutes ses imperfections, la cour romaine n'élève et n'entretienne un grand nombre d'hommes versés dans les sciences, et surtout dans la science sacrée ; et tandis que dans les autres cours on ne salarie le plus souvent que des courtisans qui y viennent et y mènent un train, elle recherche et elle récompense dans les siens ces qualités qui tiennent de la nature raisonnable et de la religion chrétienne; ces qualités qui rendent heureux un état sur la terre, et qui facilitent à ceux qui en font partie le moyen de devenir heureux dans le ciel. J'ajoute que cette même surabondance de revenus ecclésiastiques qui échoit quelquefois dans l'Eglise à une seule et même personne, au préjudice de la justice distributive, tourne à l'avantage de beaucoup d'autres ; car la voix de la conscience et l'amour de la réputation se réunissent pour porter ces prélats opulents à élever de magnifiques monuments de piété dont l'érection honore Dieu, soulage les pauvres, nourrit les ouvriers et fait l'ornement de la cour ecclésiastique, au point que ce qui s'est fait à Rome d'ouvrages de ce genre seulement pendant deux siècles, suffirait pour rendre notre religion vénérable et admirable aux yeux de tous les monarques mahométans et gentils. Et certainement on ne voit pas que, de loin en loin, on soit redevable de rien de pareil à ces courtisans que la faveur enrichit dans les autres cours : c'est un heureux résultat qui a lieu même avec la dispensation abusive des bénéfices qui n'obligent pas à la résidence.

6. Enfin voulons-nous nous assurer si le sentiment de Sarpi est bon? demandons-en leur avis à tous les princes et à toutes les puissances catholiques. Que le Pape propose une loi qui subordonne tous les bénéfices à l'obligation de la résidence, et nous verrons s'il y aura quelque monarque qui l'approuve, ou bien si tous ne jugeront pas plutôt indispensable pour un bon gouvernement qu'il y ait beaucoup de ceux de ces bénéfices dont la collation leur est réservée, qui puissent être

CoNC. DE Trente. II.

conférés à des hommes non assujettis à la résidence, mais employés dans les charges de l'état. Et nous ne devons pas en savoir mauvais gré aux princes ; on aurait plutôî à se plaindre raisonnablement d'eux, s'ils venaient à exclure des affaires de l'état les ecclésiastiques qui sont ordinairement plus portés que les séculiers vers tout ce qui est mesure de piété et de religion. De ce que ces bénéficiers sont dispensés de la résidence , il n'en faut pas conclure que le fardeau qui leur est imposé, et dont ne se moque sans doute Sarpi que parce qu'il ne se faisait pas scrupule de le secouer, est léger : ce fardeau consiste à réciter environ une heure et demie de prières par jour, sous peine de péché mortel , et à charge de rendre les fruits ; il consiste encore à être inhabile au mariage : vie du célibat, qui est si propre àappliquer les hommes à la contemplation des choses célestes, à les fixer à l'étude, à entretenir l'éclat de la noblesse dans les familles, et dont la loi est si grave qu'on ne peut violer le conseil difficile de la continence, sans souiller son âme, son honneur et sa race. La persévérance de l'Allemagne à demander le mariage des prêtres, prouve si l'obligation même de la résidence ôtée, il ne reste pas encore aux bénéficiers un fardeau assez pesant.

7. Sarpi va jusqu'à dire que même les curés se faisaient dispenser de la résidence au moyen de ce qui obtient tout à Rome, et il veut désigner par là l'argent. Mais il est certain que les évêques ont plus d'argent que les curés qui leur sont inférieurs ; à ce compte, les évoques donc avaient plus facilement accès au dépôt d'où on tirait ces dispenses ; et cependant le cardinal del Monte put dire avec assurance que, de son temps, il n'y en avait pas eu même une seule d'obtenue, sans qu'il se trouvât personne pour le démentir. Si donc alors on usait d'une facilité excessive envers les bénéficiers de l'ordre inférieur, ce n'était pas à la toute-puissance de l'or qu'ils en étaient redevables, mais au penchant qu'ont les hommes de se concilier l'amitié de leurs semblables, en leur accordant une faveur, lorsque le désordre qui doit en résulter paraît petit : on ne réfléchissait pas qu'enlever plusieurs milliers de pierres aux. murs de la cité, c'est à la fin comme si on l'abattait. Mais quelle que fût alors la cause de cette pernicieuse condescendance, comment peut-il dire que l'état de l'Eglise a empiré depuis le concile ? Qu'il vienne maintenant à Rome un curé muni de grosses sommes d'or, et qu'il essaie de se faire dispenser de la résidence sans une raison d'une importance évidente. Certainement nous voyons que sur un cent à peine s'en trouve-t-il un seul qui puisse obtenir dispense, et encore loin d'être perpétuelle, n'est-elle que pour un temps.

8. Quant ensuite à décider que la résidence des évêques fut de droit divin, discussion dont Sarpi raconte longuement les délai!» avec sa malice ordinaire, comme d'ailleurs il avoue que pour quiconque a étudié la question à fond, et à tête reposée, sans se laisser aveugler par les passions, ce sentiment n'est

(Dix.J

fondé sur rien, je n'ai pas besoin de m'arrêter maintenant à justifier les légats qui'le combattirent. J'aurai beaucoup à en parler

9. Quand il vient à raconter que dans le but d'étftblir la résidence des évêques, les évêques demandaienteux-mêmes qu'onleur rendit leur ancienne juridiction par l'abolissement des exemptions; il profite de cette occasion pour faire là une nouvelle digression. C'est une admirable chronologie des divers gouvernements qu'a eus l'Eglise : et il dit que d'abord le gouvernement des diocèses fut aristocratique ; c'étaient les prêtres qui administraient en commun ; qu'ensuite les prêtres pour obéir aux dissensions, le rendirent spontanément monarchique, en convenant entre eux dobéir tous à l'évêque, et que pareillement les évêques des moindres villes se soumirent à l'évêque des grandes cités et surtout de celles où habitaient des préfets impériaux.

10. Quel front il faut à cet homme pour avancer en forme d'oracles tant de propositions aussi graves , sans apporter aucune preuve, et sans répondre un seul mot à l'évidence des preuves les plus sensibles du contraire qu'on lit dans tant de controversistes fameux ! Mais je ne veux pas m'écarter de mon sujet, pour me jeter dans des questions tout à la fois si vastes et si souvent traitées. Qu'il me suffise de tirer seulement cette conséquence contre Sarpi : donc l'expérience fit tellement sentir la nécessité du gouvernement monarchique que, dans tous les diocèses, les prêtres s'entendirent pour se dépouiller volontairement de la souveraineté dont ils jouissaient en commun, et la remellre entre les mains des évêques ; et que les évêques, dans toutes les provinces se résignèrent de concert à la confier aux primats : les uns et les autres s'élevant au dessus de la répugnance que tout le monde éprouve à abdiquer soi-même son autorité pour se soumettre à autrui. Et si c'est là ce qui s'est fait de la part des prêtres en faveur des évêques, et de la part des évêques en faveurdes primats, quoique voisins, comme ils l'étaient , il leur fut plus facile de se rassembler et d'avoir entre eux des rapports continuels de prêtres à prêtres et d'évêques à évêques, croirons-nous que parmi les primats qui étaient beaucoup plus éloignés les uns des autres et à qui il était moins aisé de se réunir fréquemment, on ne sentit pas également la nécessité de se donner un chef qui fit du gouvernement de l'Eglise une monarchie universelle? or, s'il en est ainsi, j'en reviens à mon genre d'argumentation favori, et je demande à tout le monde : nous persuaderons-nous que la sagesse incarnée ait établi dans son Eglise un mode de gouvernement qui ne fût pas durable et qu'on dût s'accorder presqu'aussitôt à changer en tous lieux; ou bien ne croironsnous pas plutôt qu'elle y a établi le plus excellent des modes de gouvernement, celui qui devait et pouvait être permanent? ne pas se rendre à cette raison, c'est n'être pas raisonnable.

11. Ensuite, Sarpi parie du privilège d'exemption que les ordres leligieux avaient obtenu des pontifes romains au préjudice de l'autorité épiscopale à laquelle on les avait soustraits ; et il dit qu'en accordant ces prérogatives, les papes avaient eu en vue de conserver leur propre souveraineté au moyen de ces adroites exemptions. S'ileneslainsi, c'est que premièrement les papes étaient déjà paisiblement en possession de cette souveraineté : autrement ni les évêques ni les princes n'auraient fait cas de ces exemptions accordées par eux. Cela admis, il était de la prudence de l'Eglise de maintenir cette prééminence, comme doit faire tout bon prince sa juridiction légitime. Et les papes assurèrent ce juste maintien non par la force des armes et des citadelles, mais par les œuvres de communautés saintes qui étaient pleines de mépris pour les choses de la terré, et qui forçaient l'admiration des hommes par la vie surnaturelle qu'elles menaient: communautés telles qu'il ne vient pas même à l'idée quelles aient jamais été capables de prêter leur concours et leur appui à une autorité tyrannique et illégitime.

12. Mais à cette raison qu'on avait d'accorder de semblables exemptions s'en joignaient d'autres très-puissantes. De ce nombre était celle qui engagea les papes a doter | d'exemptions particulières tel ou tel monastère, avant le pontifical d'Alexandre III. On croit que les premières de cotte espèce eurent lieu en faveur des religieux du Mont-Cassin, du temps de Grégoire-îe-Grand et du premier concile de Latran. Cette considération, c'était le mérite des abbés, et l'importance des œu- I vrcs qu'ils entreprenaient pour la gloire do ; Dieu et la réforme du monde; car, pour les entreprises importantes et qui se passent loin du souverain, ceux qui les conduisent ont besoin dune autorité illimitée et indépendante, telle qu'ils en recevaient ordinairement une de la part des pontifes romains. Celle considération cependant, comme tous les hommes ne pensent pas de la même manière, ne satisfit pas pleinement S. Bernard : il craignit que ce désir de se soustraire à l'autorité de leur propre évêque ne provînt dans les moines d'un mouvement secret d'orgueil.

13. Une autre considération amena les exemptions générales d'ordres entiers telle qu'il en fut donné à l'ordre de Cîteaux , par Alexandre III, et au grand concile de Latran, par Innocent III, et par Honorius III, aux pré cheurs et aux mineurs. Et cette autre considération, c'était la nécessité qu'il y avait pour ces religions uniformes dans leur vie, et dirigées par un même chef, de se répandre dans toutes les parties du monde : elles ne pouvaient dépendre de la volonté changeante et arbitraire de plusieurs évêques, mais seulement de supérieurs subordonnés à un même général : parce que de ces formes nombreuses qui n'ont pas d'arrangement entr'elles il ne peut résulter un tout bien coordonné. Et avec une constitution différente, ces ordres n'auraient pas pu soutenir la basilique de Latran , c'est-à-dire l'Eglise catholique qtî^

croulait: mérite qu'on leur reconnaît, de l'a- /eu de Nicolas Machiavel lui-même, comme lous l'avons rapporté ailleurs. Et au fond, on )arla peu, ou même on ne parla pas du tout ilors dans le concile de supprimer les exem- Dtions des réguliers; on ne parla que d'ac- •order plus ou moins d'autorité aux évêques )our la répression des réguliers dans certains •as. Il fut question à la vérité do replacer

pouvait servirqu'à resserer, dans le souverain Pontife, le pouvoir de dispenser.Et quant aux cardinaux, il affirma que lui et ses collègues étaient disposés à résider, et qu'il prenait le même engagement au nom des autres ; mais qu'on ne devait pas, par égard pour leur dignité, les mentionner expressément au nombre des coupables; qu'on pouvait user de termes généraux et d'une signification assez ious les ordinaires la personne de chaque large pour pouvoir comprendre aussi l'ordre 1ère en particulier et tous les chapitres; et du cardinalat. Et comme quelques-uns objec-

ont s'arrangea comme nous le verrons plus ard. C'est une illusion grave, mais commune, lont la source est dans l'amour propre de :hacun, que de se persuader qu'on a droit do recouvrir ce que soi ou ses ancêtres ont possédé une fois ; comme si cette règle ne devait pas dépouiller aussi celui qui en demande l'application. Car, n'y eut-il pas une époque Irès-reculée où tout ce que nous avons ou ont ce que possédèrent nos ancêtres, n'était ni à nous ni à eux, mais à d'autres qui le perdirent.

Page 1