‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 79 sur 348 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

''ongrégalionct discussion touchant le décret

du concile et le décret de la résidence.

tèrent ensuite (1 ) qu'il fallait interdire la réunion de plusieurs sièges sur une seule tête, ainsi qu'pn le faisait pour les cardinaux, car ils étaient nécessairement absents au moins de l'un de ces sièges , le premier président répliqua qu'on ne pouvait pas pourvoir à tout en un seul jour, qu'on aurait l'occasion par la suite de revenir sur cette matière ; et qu'aussitôt qu'il y aurait opportunité à porter cette loi , le Pontife la porterail : c'est ^e qu'il fit effectivement. Et sur le moment même (2) les cardinaux se montraient disposés à cette mesure, et Farnèse proposait d'en commencer l'exécution par lui. Mais pour faire voir que le mal ne venait

pas de Rome, les légats ajoutèrent qu'on ac 1. les légats avaient ordre de Paul (1) pre- cordait à quelques-uns cette réunion de pluièrcment de pourvoir à ce que dans le de- sieurs sièges pour des raisons qui intéressaient

miercmeni ne pourvoir crct de la résidence il ne fût pas question nommément des cardinaux ; il lui semblait que c'était au prince lui-même à porter les règlements elles peines qui concernaient les premiers officiers du prince, et il ne tarda pas à s'en acquitter; car il le fit peu de jours après la tenue de la session, ainsi que nos lecteurs le verront ; deuxièmement d'empêcher qu'on ne traitât le point de savoir si la résidence est de droit divin; car pour le cas présent où l'on ne doutait pas de l'obligation , m.ais

^v^^ pour des raisons qui interessaient spécialement le service de Dieu ; qu'on ea avait usé ainsi, par exemple, à l'égard du cardinal de Trente; car ce prélat avait déjà son église en titre , lorsque les chanoines de Brescia l'avaient demandé instamment; et après en avoir mûrement délibéré à Rome, on avait jogé qu'il importait au bien public de lui donner cetévêché en commende. 3. On ramena encore la prétention (3) de qualifier le concile de représentant de lEglUe universelle, sous le prétexte que la gravité du.

où l'on ne faisait que déhbèrer sur le genre de décret dogmatique qu'on allait promulguer,

punition , cette question n'était pas neces- l'exigeait : et à l'appui de cette demande ,

saire, et débattue comme elle le serait, elle ^^ disait que le cérémonial dont l'impression

pouvait amener de grandes et longues contes- ..^^ait été autorisée par un bref de Léon X ,

talions; et si on se prononçait pour 1 at- portait au livre premier, dans le chapitre

firaiative, on donnerait aux esprits turbu- ^,4 avait pour titre iift concile, que, quand

lents un prétexte de révoquer en doute même j^ papg assiste au concile , on fait les décrets

les dispenses temporaires et raisonnables gu nom du Pape, avec l'addition de Vuppro-

que les papes jugeraient quelquefois a pro- lulion du sacré concile; mais que , lorsque

pos d'accorder. ^ le Pape n'y est pas, on le fait au nom du con-

2. Les légats , quand ils proposèrent le de- ^ile qui prend le titre en question. Les légats

cret de la résidence (2) , s'apercevanl qu on répondirent comme ils avaient fait les autres

se préoccupait de ces deux articles non seu- f^jg . g^ q^gnl à l'assertion que contenait le

lemenl parmi les Espagnols, mais aussi cérémonial, ils soutinrent qu'elle était fausse,

parmi un grand nombre d autres , cherché- ainsi qu'ils l'avaient démontré eux-mêmes

rent à en éviter la discussion. Et quant a ce ^^^ des exemples, et que ce cérémonial n'a-

qui était du second , le cardinal delMonle al- ^ait aucune autorité : car le bref du Pa-

légua de nouveau (3) la raison qu il avait p^ „g renfermait qu'un simple privilège déjà donnée auparavant : que le Pape ne dispensait jamais les évêques de la résidence ; qu'ainsi les Pères les obligeantsous les peines les plus sévères à résider , il était inutile de s'embarrasser dans celte discussion qui ne

(1) Lettre du cardinal Farnèse aux légats, du 50 juin 154G.

(2) l'ariiculièremenl dans les congrégations générales du 5 et du 4 jaii\ ier.

(5) Dans la congrégalion du 4 jnnvior 1")47,

pe ne rentermait qu un simple privilège pour accorder à l'imprimeur l'impression exclusive de ce livre.

Mais si ce que dirent les présidents à l'occasion de ces articles, ferma la bouche à

(1) Dans la conaîrégaiion générale du 8 janvier

(2) Une lettre de Maffée au cardinal Ccrvini, du 15 j:iiivior, et une antre de Cerviiii à Maffée, du 26 janvier 1347.

(5) Dans la congrégation du il déc*>mbre.

plusieurs , il ne satisfit le cœur de presque les bénéficiers inférieurs qui posséderont en tù', 0

personne. ^^^ <>** ^^ commende quelque prébende çMijiir

k. Pour ôter les empêchements à la rési- oblige à la résidence, soil en vertu de la loi ou\i

dcnce, c'est-à-dire les privilèges des exempts, de la coutume, y seraient contraints par les or-m

les léf^ats reçurent du Pape (1) un long bref dinaires qui emploieraient pour cela tous lam

qui leur conférait le pouvoir de prendre tel- moijcns qu'ils jugeraient à propos; et que per'V\ti

les dispositions qu'ils voudraient, de concert nonne ne se prévaudra d'induits perpétuels^

avec la majorité des Pères ; mais s'aperce- pour ne pas résider. Et que, quant aux exempt,

vant que la matière était très-abondante et tions qui ne seront que pour un temps , e//ci»j

peu préparée , et qu'on ne pouvait en venir devraient être fondées sur des raisons dont lu]

a bout en une seule fois, on convint de pro- ordinaires eux-mêmes comme délégués du

céder dans cette session un peu plus sobre- Siège apostolique , de commettre dliabilei\

racnt que ne l'auraient voulu certains esprits vicaires auxquels ils assigneraient une por-

trop avides. Et après de longs débats, on ti on honnête du revenu , pour que le soin dei^

dressa les décrets qui suivent. âmes ne fût pas négligés (

5. Que le concile voulant se préparer à ré- 6. Que les prélats pourraient et devraient^

tablir la discipline ecclésiastique , qui était punir ceux de leurs subordonnés qui manque^-

extrêmement relâchée, et à réformer la corrup- raient ; que personne , soit clerc séculier , soU\\

tion des mœurs dans le clergé et dans le peu— régulier, vivant hors de son monastère , nei\

pie, jugeait à propos de commencer par ceux pourrait se prévaloir des privilèges même déi

qui ont la conduite des églises majeures; car son ordre pour se soustraire à la juridictioni

le salut des inférieurs dépend de la vertu de l'ordinaire ; que celui-ci pourrait toujourtl

de ceux qui les gouvernent ; qu'espérant donc les visiter, les punir et les corriger. |

de la miséricorde de Dieu et de la vigilance de 7. Que les chapitres des cathédrales oui

son vicaire , quon élèvera au gouvernement d'autres églises majeures ne pourraient s&

des fi alises les plus dignes, c'est-à-dire ceux prévaloir (l'aucun privilège, usage ou concorÀ

dont la conduite passée et une vie occupée avec dat sanctionné par serment {concordat quti

édification, depuis leur fendre jeunesse jusqu'à n'obligerait que les auteurs et non ceux quià

l'âne parfait, aux exercices de la discipline ec- leur succéderaient) pour se soustraire à laju-n,

clésiastique, rendra bon témoignage; il exhor- ridiction de leurs prélats, de telle manière qu&\

tait tous ceux qui, à quelque titre et sous quel- ceux-ci, soit par eux seuls, soit en s' adjoignant:

que nom que ce soit, sont préposés à la con- qui bon leur semblerait, pourrait toujours, \

duite des églises patriarcales et d'autres églises selon la disposition des canons, quand il cni]

inférieures, à remplir leur ministère , et à ré- serait besoin, les visiter, les corriger et les ré"i\

fléchir qu'ils ne pouvaient pas le remplir, s'ils former, même de l'autorité apostolique. 1

abandonnent le troupeau qui leur est confié à Qu'aucun évêque ne pourrait se prévaloiri

la conduite des mercenaires, et s'ils ne veillent d'un privilège quel qu'il fut pour exercer les.

pas eux-mêmes à la garde de leurs brebis : fonctions épiscopales dans le diocèse d'uni

puisqu'il est certain que si le loup dévore le autre évêque, sans la permission expresse dit]

troupeau, ce n'est pas une excuse recevable dans ce dernier, et à l'égard seulement des personnes

le berger, que d'alléguer qu'il n'en a rien su. quilui sont soumises. Et cela, sous peine, pour .,

Et que néanmoins , commeily en avait plu- l'èvêque.d'êtrededroitsuspendus des fonctions \

sieurs qui, oublieux de leur propre salut, al- épiscopales, et pour ceux qu'il aura ordonnés, \

laient perpétuellement de cour en cour, ou bien de l'être de l'exercice de leur ordre. !

qui négligeaient le soin de leurs ouailles pour 8. On aurait peine à se figurer combien fut

s'occuper des affaires du siècle ; le concile re- grande parmi les évéques la diversité d'opi-

nouvelait d'abord contre ceux qui ne résident nion touchant ces décrets. Car, outre ce que

pas les anciens canons que l'injure du temps et nous avons déjà rapporté des trois articles

la malice des hommes avaient fait tomber en dé- principaux, quelques Espagnols , le cardinal 1

suétude : et que de plus, il réglait que tout pré- Pacheco à leur tête , voulaient (1) que le soin

lat, de quelque dignité ou grade qu'il fût, qui , de contraindre à la résidence fût dévolu aux

sans empêchement légitime et sans cause rai- conciles provinciaux qu'on tiendrait tous les

sonnable, demeurerait six mois hors de son deux ans : d'autres, comme Lippomani,coad-

diocèse, perdrait par le fait même la quatrième juteur de Vérone, disaient qu'on avait sage-

partie des fruits de son bénéfice que le supé- ment renoncé à ces conciles, parce que le

rieur ecclésiastique appliquerait à la fabrique plus souvent ils se prêtaient aux caprices

de l'église et aux pauvres ; que si l'absence se des princes séculiers , et quelquefois pour

prolongeait encore six autres mois, il encour- faire de l'opposition au souverain Pontife ,

rait une seconde fois la même peine ; que si la comme on n'en avait eu que trop d'exemples

contumace va encore plus loin, le métropoli- dans les trois derniers siècles. Et que si dans

tain à l'égard des évéques, ses suffraganls , et des temps plus reculés, ils avaient mieux

V évêque suffragant le plus ancien à l'égard du réussi, et même procuré de grands avantages,

métropolitain, sera tenu, sous peine d'encourir ils n'avaient pas laissé que de devenir aussi

par le fuit même l'interdit de l'Eglise, d'en la source d'une foule d'hérésies.

donner avis dans les six mois au souverain 9. Il y en avait qui requéraient contre les

Pontife qui, selon sa prudence, pourra répri- évéques non résidants de plus grandes peines

mer le mal plus sévèrement , et même pourvoir que celles qui étaient portées par les anciens

les églises de pasteurs moins négligents ; que (,) ^^^^ ,^,g congiégiuions gôncialcs du 3 et du 8

(i) Le 6 janvier 1547. Janvier.

fm

»anons et qu'on s'était contenté de renouve- reur tout concile schismatique et rebelle au

er. Il y en avait qui désiraient qu'on décla- Pape , et qu'il reconnaissait que le Pape était

àt expressément que les rois, en retenant un présent à ce concile en vertu de l'autorité

vèque dans leur parlement, ne le décharge- pontificale qui l'avait convoqué et qui y pré

aient pas de l'obligation de la résidence; •>•''-

nais d'autres s'y refusaient, pour ne pas )lesser les princes. Quelques-uns ne vouaient pas de cette restriction qui exceptait le vrais empêchements ; mais les autres la egardaient comme indispensable, parce que .ans cela la loi aurait été impossible à obserer, et contraire aux canons. Quelqu'un denandait que les réguliers sans aucune exoption, quand ils feraient une faute hors de eurs cloîtres, pussent être punis par les évê- |ues. Et d'autres enfin réclamaient d'autres )riviléges pour la puissance épiscopale. Mais os plus modérés comprenaient que tous les

sidait. Quant au fond de ce décret, Vigerius, évêque de Sinigaglia, protesta contre : il dit qu'il lui semblait qu'il n'y était pas assez fait mention de la foi et de la miséricorde divine, et que, quant à la certilude d'être en grâce , il approuvait le décret , pourvu qu'on ne prétendît atteindre que l'opinion des hérétiques , ainsi que l'avait déclaré le concile. Au contraire, Balthasar Eredia , Dominicain , évêque de Bosa , demanda qu'on reportât le passage dirigé contre cette certitude dans le quatorzième canon, et qu'ainsi on la condamnât en anathémalisant ceux qui la soutiendraient. Les autres ap-

;rands changements, même ceux qui se font prouvèrent tout le décret dans les termes les )0ur le bien , sont violents et dangereux , et plus respectueux et avec les témoignages de \UQ. la nature dont les leçons sont si bonnes la satisfaction la plus vive. I suivre, n'a jamais produit de médicaments 12. Mais , autant on s'était accordé sur le lont l'application simple guérisse instanta- dogme, autant on s'accorda peu, quand on iiément de grands maux. en vint aux décrets de discipline dont il a été ' 10. Au milieu de cette divergenced'opinions, déjà question. Les billets de suffrage étaient es légats espérèrent que, lorsqu'il s'agirait chargés de tant d'observations contradictoires le se prononcer , la majorité se montrerait à ce sujet, qu'il fut impossible de rien décider tonciliante. Mais, s'apercevant, dans la der- alors; et les légats se réservèrent de les exalière congrégation générale, que chacun miner , et de statuer d'après l'avis de la marnait à son propre sentiment, ils conjurèrent jorité, dans une congrégation générale. C'est u moins les Pères de ne pas laisser percer ce qui eut lieu, après de longs débats, dans

celle du 25 février : on y dressa ces décrets qui réunirent la majorité des suffrages , comme nous le dirons.

13. On fixa ensuite le jour de la prochaine session au 13 mars. Puis, on accusa la con-

ur désaccord dans un bruyant échange de aroles contradictoires; mais de le cacher u peuple sous l'expression plus calme du crutin par écrit : et on tint la session le jour xé pour cela, le 13 de janvier. Il y assista

ualre cardinaux, dix archevêques, et qua- tumace des absents, et on arrêta qu'on s'oc- 1); mais aucun ambassa- cuperait de porter des peines contr'eux, en

ante-cinq évêques (

eur n'y parut : ceux de l'empereur étaient ibsents , comme il a été dit ; les Français efusaient de s'y trouver, sous le prétexte u'ils ne voulaient pas blesser l'empereur à ui ils entendaient dire que la promulgation

exceptant toutefois de cette mesure, ceux qui étaient légitimement empêchés. L'avis de la majorité fut qu'il était notoire que les Allemands se trouvaient dans ce cas. On nomma pour cela une commission dont furent

e ces décrets déplaisait , et que l'absence de membres Antoine Filleul, archevêque d'Aix,

tes ambassadeurs prouvait la vérité de ce Diego d'Alba, évêque d'Astorga, et Jean-

ïruit ; car Mendoza aurait pu facilement Baptiste Cicala, évêque d'x\lbenga, auditeur

evenirde Venise. On crut à Rome que c'était ^f ^a chambre : celui-ci , comme beaucoup

plutôt pour complaire aux protestants avec d'autres, gagna à faire connaître sa capacité

esquels on publiait que le roi de France POur les grandes affaires. Le premier légat

brmait une ligue secrète : aussi, les ambas- s'en souvint , et il le revêtit des premières

adeurs , peut-être pour aller au-devant de dignités de l'Eglise, lorsqu'il en fut devenu le

ette imputation, offrirent d'assister de leur distributeur. Enfin, on fit défense aux évêques

ôlé à la session , si le cardinal Pacheco dé- présents au concile, de partir avant la session

:larait par écrit (ce qu'il ne voulut pas faire) prochaine. C'est bien ce jour que le concile

juil s'y trouverait au nom de l'empereur; PUt se glorifier de la plus sublime de ses

:efutAndréCornaro, archevêque de Spalatro œuvres. Car ce jour fut le premier où l'Eglise,

lui célébra la grand'messe ; et Thomas Stella, éclairée d'un nouveau rayon de l'Esprit saint Dominicain, évêque de Salpi, qui prêcha.

11. On commença par proposer le décret le la justification : et sur ce point il y eut un admirable accord. Seulement quelques-uns réclamèrent encore dans leurs billets de suffrage le titre dont il a été tant de fois question. Mais, parmi ces derniers, l'évêque de Badajoz , qui , dans son billet de suffrage ,

yon de l'Esprit saint enseigna pleinement à l'homme la suite de son origine, et la propriété de sa nature : non en tant qu'il naît mortel : cette explication est ce qui fait le plus d'honneur aux naturalistes ; non en tant qu'il a pour aïeul quelque prince mort il y a longtemps : cette découverte est ce qui plaît le plus dans le travail de l'historien ; mais en tant qu'une

appuya sa demande de beaucoup de raisons, autre génération plus impénétrable et plus y déclara en même temps qu'il avait en hor- honorable, qui est également la sienne, lui

donne droit à une immortalité bienheureuse, (1) Dans les Actes. et lui fait reconnaître pour Père sans qu'il

HISTOIKE DU CONCILE DK TRENTE.

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y ait orgueil do sa pari, un monarque toujours vivant et toujours régnant.

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