‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 81 sur 348 · Sarpi passe de là à une longue diatribe · texte numérisé non relu

Sarpi passe de là à une longue diatribe

Biioiiafeile, dans son Iroislèmc discours sur lu mcdi- (jnité historique , pag. 120, que , si le conci'o , au lieu de l'expression urisiotclique, se lût servi d'aiilres peiitêlre plus éléganles, mais moins sigiii(icalivcs cl moins reçues alors, la malice se sorait lue; cl copcndani l(! fond de la doctrine aurait éié le même. On voil donc que celle criliqne n'esl anlre ciiose qu'une pure logomachie, qui figurerait aussi bien qu'une anlre parmi celles que Samuel Werenfcis a rasseuiblécs dans son Uailé de Logomacliià erudiloriim.

contre le décret de la réforme et de la résidence qu'il trouve vain et insignifiant. Mais , sans m'arrêler.à d'ennuyeuses discussions, je me justifierai brièvement, comme fit ce médecin d'Alexandre qui, s'entendant accuser d'avoir mêlé du poison dans le breuvage qu'il présentait à ce prince , répondit : Votre guérison sera ma justification. Qu'on considère après ce décret et après les autres que le concile fit successivement sur la même matière, quelle amélioration il y a dans l'Eglise du côté du m.érite des évêques et de l'assiduité de la résidence ; et qu'on juge par là si l'œuvre des Pères a été utile ou non.

16. Après ces critiques qu'il a mises dans la bouche d'autrui, Sarpi rapporte celles dont il ne veut pas que l'honneur soit perdu pour son nom : et il entreprend de raconter le débat qui venait d'avoir lieu entre Solo et Ca- Iharin, en en concluant que les auteurs euxmêmes de ces décisions ne savaient pas dans quel sens elles s'entendaient. Nous avons déjàparléun peu plus haut assez longuement sur ce sujet : cependant, je trouve à propos de poser ici une règle générale, dans le but, non pas tant de détruire de tels sophismes que de démontrer quelle obligation il y a pour nous de croire d'une foi qui exclue le doute des décisions du concile sur toute espèce de matière. Quand les paroles du concile sont claires, l'article est pleinement de foi, et nous avons l'obligation absolue de le croire d'une foi qui n'admette aucune hésitation. Mais, quand ces paroles , équivoques dans une de leurs parties et par rapport à un certain sens particulier, sont au moins claires dans l'autre partie et par rapport au sens générique, telles que nous avons vu que l'étaient celles dont l'interprétation amena le débat qui eut lieu entre Soto et Catharin, alors l'article devient pleinement de foi pour la partie qui estclaire. Quant ensuite à la partie qui est équivoque, il est de foi en lui-même ; parce que quiconque sait quelleaété précisément l'intention du concile est tenu de croire sans hésitation et de foi même cette partie qui n'est pas clairement exprimée; mais cet article n'est pas pour cela de foi, quant à celte partie, pour tout le monde, si ce n'est condilionnellement, c'est-à-dire, supposé que le concile Fait entendu ainsi. Et pour quiconque n'a pas cette dernière certitude, cette vérité n'est pas suffisamment proposée comme de foi.

17. Sarpi demande à cette occasion : qu'entendons-nous par le mot de concile? et il se fait à lui-même différentes réponses dont chacune devient pour lui une source do plaisanteries. Sotte question! nous entendons ce que nous entendons par les mois Ac Sénat, Ag Ilote, de Parlement, de Dicte, quand on recherche quel a été le sens de leurs constitutions et de leurs désisions ; c'est-à-dire que nous entendons une partie des membres de ce^ reunions assez grandes pour faire des décrets qui aient force de loi. Et dans le cas où on ne tomberait pas d'accord en nombre suffisant touchant ce même sens spécifique ou au moins générique, alors la décision promulguée serait nulle de fait, non seulement par acci-

dent et à cause de rincertilude dans laquelle se Irouvci'aient les subordonnés, mais nalurellement et dans le fond, de sorte qu'on ne pourrait, sous quelque condition que ce fût, former un acte de foi en vertu de ce décret

lu grâce, et qu'il ne suit pas si elle lui est donnée. Que Catharin ait encore ajouté cette raison pour faire nombre, comme c'est l'ordinaire, et pour qu'il devînt plus vraisemblable que l'intention du concile n'avait pas

extérieur. Car ce ne serait pas véritablement été de condamner son opinion, ce n'est pas

undécret, puisqu'on ne serait pas convenu de étonnant; c'est ce que font habituellement

riendéciderparmiceuxquiconstituentlapuis- non seulement les avocats , mais encore les

sance nécessaire pourdécréter. La même règle professeurs qui enseignent les sciences: ils

s'appliqueaussiauxsentencesportéesparune se persuadent que sous une cuirasse de fer

Ilote, ( l aux lois qu'établit un Sénat. 11 peut même une camisole de coton protège la poi-

bien arriver qu'un Sénat se compose d'un trine. Mais ils ne le font pourtant pas de ma-

graud nombre de citoyens ignorants qui ne nière à montrer qu'ils prennent le coton pour

comprennent pas souvent toute la force de la du fer. Mais qui peut excuser Sarpi de nous

loi qu'on promulgue en leur nom; ainsi que présenter comme des Acbilles des arguments

cela se rencontrait peut-être pour les plébis- qui au fond ne sont que des Thrasons. Ce

cites romains ; mais cet acte n'en est pas plus nul: car les citoyens ignorants se proposent ordinairement de consentir à la proposition dans le sens dans lequel elle a été prise, soit par la commission qui a été chargée de ce

sont deux choses bien différentes de dire que personne ne reçoit la justice dans le baptême et dans la confession, sans vouloir la recevoir, et de dire que par conséquent on est certain de l'avoir reçue : ce qui demanderait

soin, soit par la majorité des citoyens in- qu'on fût certain de l'intention du ministre et

slruits. que ces derniers soient d'ailleurs en d'autres conditions également nécessaires

grand ou en petit nombre. Et de niême, si un Kt n'est-ce pas ce qui se voit dans toutes les

évêque n'avait pas dans 1î concile saisi quelque subtilité théologique, il aurait eu vraisemblai)lement l'intention de se conformer là-dessus à la doctrine et à l'esprit de la commission, ou à la doctrine et à l'esprit des autres Pères qui avaient le plus d'instruction.

18. Sarpi conclut sa critique par un raisonnement dont Catharin se sert dans un autre but, c'est-à-dire pour appuyer son opinion touchant la certitude qu'on a d'être en grâce : et au moyen de cet argument il s'imagine convaincre le concile d'avoir fait dans cette session deux décisions qui se combattent. La force de toute cette objection se réduit à cette proposition : Il y a contradiction à dire que lliomme reçoit volontairement

don;!lions? Parmi les hommes non plus les donations n'ont pas leur effet sans racce])tation de celui à qui elles sont faites : ainsi un te! raisonnenunt tendrait à prouver que tout citoyen ignorant à qui on fait une donation devrait, pour qu'elle fût valable, être certain d'une certitude de foi qu'il n'y a dans cet acte aucun défaut, et qu'il est pleinement conforme à la loi ; en un mot Aristote a eu raison de dire des passions (1) qu'elles altèrent le jugement : car un esprit aussi éclairé que l'était d'ailleurs Sarpi, ne se serait pas mépris sur des choses d'une si grande évidence, si le fende la haine ne fût pas venu l'aveugler de ses fumées.

(i) Au second de la Rhélonque.

CHAPITKE PREMIER.

Diversité de sentiments à Rome au sujet de la dernière session; et il est question à Trente de disposer et de publier le décret de la justification. (15i7. )

1. Les légats n'avaient pas moins à combattre à Rome qu'à Trente. Soit par bienveillance et par esprit de zèle, soit [)ar jalousie et par esprit de critique, soit enfin à cause de la diversité des jugements de l'homme, d'où résu te dissonliment d'opinion, même parmi les sages et les gens de bien , beaucoup n'y approuvèrent pas leur persistance dans le dessein de publier le décret de la justification. Malïée surtout, excité parles avis du nonce Verallo(l), en avait donc ce jour-là détourné le cardinal Cervini comme d'un(; œuvre intempestive et propre à inspirer à l'empereur des sentiments hostiles contre le concile et

(l) Par une lellre du 7 janvier Vôil.

contre Rome ; car l'empereur, devenu alors plus puissant par le succès de ses armes, demandait plus d'égards et plus de ménagement, et lui refuser-cellc satisfaction, c'était perdre pour peu de chose ce qu'on avait acheté bien cher en contribuant à la ligue.

2. D'autres, dans la congrégation romaine, louèrent l'entreprise et l'intention de Cervini (1) ; mais ils blâmèrent le mode trop dur d'exécution. Parmi ceux-ci fut le cariîinal français Sfondrat, opposé à Cervini, soitd'affectiôn , soit d'opinion. 11 était nôaniiioins fortement appuyé par le cardinal Moronc(-2), avec lequel il avait contracté une amitié indissoluble en Flandre lorsqu'ils s'y trouvèrent , l'un en qualité de nonce auprès dc l'empercur et du roi Ferdinand , et l'autre

(t) Lcurc C()iifi(lpiiti(;llc de Uouie au cardinal Cervini,du 5 janvier 15-47.

(2) On ironvc ceci dans plusieurs des leUics conlidcnlicUes déjà citées.

tl'abord comme cardinal associé au légat Far- que je n\c vois à tout moment de dire de ce nèse, et ensuite comme légat lui-même en sa grand calomniateur qu'il en a menti, place. Une l'était pas moins par le cardinal 5. Ainsi le cardinal del Monte, dans la pre- Polus,qui, après son retour de Padoue à mière congrégation générale qui eut lieu Rome, ne laissait échapper aucune occasion deux jours après la session (1), se plaignit d'exalter la vertu et le jugement de son an- de ce que la plupart des Pères étaient si obcien collègue. Mais le souverain Pontife ap- stinés dans leurs propres sentiments. 11 dit prouva la chose (1), tant parce qu'il l'avait que vingt-huit avaient approuvé absolument approuvée d'abord dans les commissions, que le décret ; que quatre avaient demandé qu'on parce qu'il la voyait confirmée par l'événe- y apposât le titre de représentant V Eglise uniment. En effet, au lieu des protestations et i^erse/Zc ; qu'un nombre égal avait jugé qu'on des oppositions dont le décret des dogmes devait entreprendre la réforme en son entier; avait été menacé, on l'avait reçu avec un que six avaient désiré qu'on nommât exprèsaccord merveilleux. ' sèment les cardinaux; que douze avaient dé-

3. Quant à la réforme (2), voyant que, par sapprouvé qu'on imposât aux non-résidents rapport aux cardinaux, le concile désirait la d'autres peines que celles qui étaient établies décréter avec clarté et sans aucune ambi- par le droit commun. Comment, ajoutait-il, guité de paroles sujettes aux contestations, pouvoir se délerininer au milieu d'une pail jugea convenable de le satisfaire, mais de reille diversité de sentiments? Par rapport manière que cette loi vînt de lui comme lé- au titre, outre les raisons déjà apportées ,il gislateur etdes cardinaux eux-mêmes comme lut alors ce qu'en avaient écrit deux savants conseillers, de telle sorte que l'honneur d'à- cardinaux, Turrecremata et Cajétan,qui revoir eu à délibérer sur cette loi et de l'avoir prennent là-dessus les conciles de Constance acceptée promptement , vînt compenser la et de Bâle. Au sujet de la résidence des carpeine qu'ils éprouveraient de ce nouveau dinaux, il dit qu'il devait suffire qu'on impojoug. C'est pourquoi, de leur consentement sât à cet ordre la même obligation, quoique et à leur satisfaction générale, il publia (3), par respect on n'en citât point le nom; que en consistoire , une bulle dans laquelle il réformer tout dans un jour, était une chose obligeait aussi les cardinaux à la résidence; opposée à l'enseignement des écrivains et à à ceux qui avaient plusieurs évêchés , ou en tout ce qu'on avait vu faire jusque là ; que , commende , ou à un autre titre, il imposait quant aux peines et à ceux à qui on en del'obligation de n'en retenir qu'un seul à leur vail confier l'exécution, il n'avait rien à ajouchoix: choix qu'ils devaient faire dans l'es- ter à ce qui avait été dit précédemment; qu'il p.ice de six mois , si les églises étaient de la les priait donc de s'entendre d'un comnmn libre dépendance du Siège apostolique, et accord sans songer à ce qui était passé. Endans l'espace d'un an , si la nomination était suite il proposa pour la prochaine session de due à quelque personne étrangère; et s'ils traiter du dogme des sacrements, et de connc faisaient pas ce choix, toutes étaient cen- linuer à écarter les obstacles à la résidence, sées vacantes, excepté celle qu'ils avaient G- Le cardinal Pacheco dit quil avait apobtenue la dernière. prouvé absolument le décret , et que la con-

4. Pi ntlant que ceci se passait à Rome, les tradiclion de quelques autres lui avait fait de légats à Trente s'appliquèrent à disposer le la peine;que maintenant ilproposail de tenir décret de la justification. Mais Sarpi , qui des assemblées particulières auxquelles assisignorait complètement des faits aussi publics teraient des jurisconsultes, puis de retoucher que l'étaient les difficultés que rencontra dans le décret d'un accord unanime dans une coula session le décret rapporté ci-dessus , et le grégation générale. Beaucoup applaudirent à grand nombre de congrégations générales cette proposition; mais Bernard Diaz,évêque qu'on consacra ensuite à le dresser, détourna de Calahorra, et Diego d'Alava, évêque d'Asà toute autre chose l'objet de ces assemblées, torga, étaient d'avis qu'on le publiât tel qu'il Il commence par une erreur dans la dési- était , y ajoutant seulement les annotations gnation du jour, soutenant que la première que plusieurs y avaient désirées. Il apportait fut tenue le jour qui suivit immédiatement la de semblables exemples du dernier concile de session. Là il rapporte qu'on discuta beau- Latran. Le premier légat répondit que les coup pour savoir si on devait continuer à modifications demandées n'étaient pas seuledécider sur l'autorité de l'Eglise ou sur les ment les pensées d'un ou de deux Pères, mais sacrements. Il trouve là des mystères d'une d'un si grand nombre, qu'elles feraient perprofonde politique. Cependant on n'éleva au- dre au décret et même au concile toute concun doute là-dessus, ce point ayant déjà été sidération; qu'outre cela, au concile de Laétabli depuis longtemps. Dans tout le reste il tran assistait le Pape qui pouvait approuver se laisse tellement aller à son habitude de les décrets nonobstant toute opposition , ce tromper et de feindre, que, bien que je pos- qui n'avait point lieu dans le concile do sède la preuve authentique des actes, je Trente dont le Pontife était éloigné.

crains d'être soupçonné de calomnie, forcé 7. L'évêque de Badajoz, conformément au

billet qu'il avait donné, déclara que s'il avait

(!) Lettre de MafTée .iu cardinal Cervlni, di! 23 j:iiicr 15i7, et deux lettres de son ami, du 19 cl du

(2) I);ins la lellre citée de Maffée.

(3J Le 18 février. (1) Le 15 fcviior IjU

. ,^,, ., , „ , •..«", deu-^andé pour le décret le titre le plus noble,

v.cr 15i7 , et deux lettres de son anu , du 19 cl du c'était uniquement pour s'opposer aux héré-

*i2) Dans la lellre citée de Maffée. ^'^"^^ '1"' niaient qu'un concile légitimement

forme, avec les additions et les changements qu'on y avait faits. Chacun fut averti d'en prendre des copies pour en dire son avis dans l'assemblée prochaine. On tint souvent dans

assemblé représente l'Eglise universelle. Le Jégat répondit qu'on pouvait obvier à cet inconvénient en déclarant cet article. Cette réponse satisfaisait tout le monde , quand Philippe Archinto, évéque de Saluées, homme la suite les congrégations. Il y eut bien des d'ailleurs recommandable, commença incon- sentiments et par conséquent bien des désidérément à vouloir prouver que le concile bats ; quelques-uns en vinrent mal à propos ne pouvait s'arroger cette représentation, jusqu'à disputer sur ce que pouvait faire ou

En effet, disait-il, l'Eglise étant composée

du chef et des membres , des vivants et des

morts et de tous les fidèles, il ne se trouvait

à Trente ni le chef, ni aucun des morts , ni

beaucoup d'entre les fidèles. Comme si le

mot même de représenter ne signifiait pas

rendre présent par procureur et en figure ce forme entière qui était pourtant indispensa-

qui n'est pas présent en soi-même et on per- ble. Cependant, cette affaire devant se traiter

sonne. Mais les collègues d'Archinto l'inter- de nouveau dans la congrégation du 7 février,

rompirent par de violents murmures. Ils le cardinal Cervini en était dans une inquié-

non le concile, pour montrer que plusieurs lois qu'on avait proposées dépassaient l'autorité de cette auguste assemblée. Ce qui aigrit les esprits , car il sembla que c'était vouloir en même temps s'opposer ainsi à l'autorité de ce concile, et éviter de cette manière une rê-

vaient aucune inquiétude par rapport au con- lement suspects et animés. C'est pourquoi, il cile présent, mais seulement par rapport aux écrivit auparavant un billet à l'autre légat, conciles futurs, qui peut-être détourneraient qui, comme chef, devait prendre la parole. Il l'usage d'un tel titre de manière à fomenter prétextait de ne pas vouloir l'importuner par la jalousie contre le Siège apostolique. Ar- sa présence ; mais dans la réalité il voulait chinto, troublé par des reproches aussi uni- qu'il le considérât à loisir. De plus , il cherversels, et cherchant une excuse sans avoir chait à ne point engager de querelle et de le temps d'en trouver une plausible , déclara dispute intempestives comme il en arrive souqu'il n'avait pas l'intention de déprimer l'au- vent dans les explications verbales, et comme lorilé du concile œcuménique , mais seule- il y avait tout lieu de le craindre d'un tempément de diriger sa parole contre ceux qui rament aussi bouillant. 11 y exprimait donc la tramaient de soumettre en quelque manière crainte qu'il avait, et il conseillait à son colle Pape au concile, intention qu'il savait être lègue de s'étudier à apaiser et à rassurer les celle de certains renards. Ces paroles soûle- esprits; il lui conseillait, quand il s'expliquevèrent l'indignation d'un grand nombre, et rait sur le pouvoir du concile, de s'en tenir surtout des Espagnols. Parmi ces derniers à des termes généraux , et de dire qu'il était lévêque de Calahorra déclara hautement qu'il illimité; que le concile avait un pouvoir pour n'y en avait aucun dans l'assemblée qui ne les choses dont le Pape l'avait chargé , mais fût disposé à défendre , au prix de son sang, non pour le reste; que toutefois on trouvel'autorité du souverain Pontife. Ilajoutaquc rait le Pontife disposé à user du sien pour si on blâmait certains usages, on ne niait procurer ce que réclamerait l'utilité générale pas pour cela le pouvoir de celui qui agissait, de la chrétienté ; qu'enfin les légats offraient mais seulement la convenance de l'action. Et de s'employer tout entiers auprès de sa Sainil s'éleva un tel bruit, que les légats furent teté pour obtenir l'effet de ses bonnes dispoforcés de recommander le silence. sitions.

8. Deux jours après , les Pères se rassem- 10. Le cardinal del Monte parla ensuite,

dans la congrégation du 7 (1), voici de quelle manière : il dit que beaucoup invectivaient contre les mœurs dépravées des hommes et

blèrent de nouveau (1). Le cardinal delMonle avertit que les réunions particulières , concernant les matières dogmatiques se feraient

en présence de son collègue, et que celles des ecclésiastiques (ce que faisai(>nt surtout, qui concernaient les matières de la réforme à hauts cris, les Espagnols et leurs parlise feraient en sa présence; que le premier sans, et non moins qu'eux, l'archevêque lirait alors le catalogue des erreurs des hé- d'Aix). « Mais nous sommes aussi, nous-

")re de ces hommes et de ces nous avons nos défauts.

rétiques modernes sur les sacrements, et que mêmes , du nombre le second lirait la note des empêchements à " ecclési.îsliques , et

la résidence, qu'il restait encore à écarter, empêchements pris dans les listes particulières qu'en avaient données les évêques. Ce qui réjouit beaucoup les Pères, car ils virent que le décret passé leur avait été offert comme un gage de ce qui se ferait encore, et non comme le terme de ce qu'ils avaient à attendre.

9. L'affaire ayant été mûrie pendant deux semaines , les Pères se réunirent de nouveau (2), On proposa les décrets sur la ré-

M) Le 17 jaiiviorl5i7.

(i) Le 51 janvier.

Occupons-nous donc i)lulôtde remèdes utiles que de reproches superflus. » Il ajouta que d'aulres avaient disputé sur le pouvoir du concile et avaient recherché s'il pouvait opérer la réforme, ou s'il était plus convenable de remettre cette affaire au Pape (de ce second sentiment étaient Campègo, évéque de Feltre, Nobili d'Accia, et Zannetlino de; Chiron ). Mais à quoi bon ces questions, puisque, de fait, on avait porlé toutes b s lois

(1) Le 7 février.

(ju'on «ivaît jugées convenables? qu'ils ne pouvaient en faire qui liassent les mains au souverain Pontife, comme l'avait proposé un évoque (c'était Jean Fonseca, évêque de Castellamare) , qu'à celui-là le pape Pascal répondait dans le canon Significâsti , au titre de Electione, où il parle en ces termes à l'archevêque de Palerme, auquel il avait envoyé lepaUium, à condition qu'il jurerait de persévérer dans la foi et l'obéissance : On dit (/ne cela ne se trouve pas établi dans les conciles; comme si aucun concile avait imposé des lois à V Eglise romaine ; comme si tous les conciles ne s'étaient pas tenus par Vautorité de V Eglise romaine , et n'avaient pas reçu toute leur force de cette même autorité , et comme si tous n exceptaient pas manifestement cette autorité dans leurs constitutions ; que quelquesuns des Pères (les Espagnols étaient très-partisans de cette mesure) avaient aussi conseillé d'examiner tous les bénéficiers présents, afin de priver de leurs charges les incapables, et de révoquer toutes les dispenses et tous les cumuls de bénéfices ; mais que dos dispositions aussi rigoureuses n'étaient pas de saison ; que souvent le législateur devenait , par excès de zèle, non seulement inutile, mais encore ridicule; qu'on devait considérer non seulement ce qui était avantageux, mais encore ce qui était possible; qu'on donnerait tous ses soins aux questions qui réuniraient ces deux conditions. Ce langage fut écouté avec calme et satisfaction. Ensuite le cardinal Cervini proposa les opinions des novateurs sur les sacrements en général et sur les deux premiers sacrements en particulier. Elles avaient déjà été discutées presque tous les jours dans les réunions particulières des tjfiéologiens où ils s'étaient trouvés ainsi que beaucoup de Pères; et, suivant les remarques faites à ce sujet , on les divisa en quatre classes. Beaucoup paraissaient manifestement hérétiques; d'autres paraissaient condamnables, mais avec quelque restriction ; les troisièmes paraissaient devoir s'omettre; enfin les dernières pouvaient se joindre aux premières, mais non aussi évidemment. Si les magistrats publics pouvaient s'occuper autant de l'approbation de ce qui est bien, que de la condamnation de ce qui est mal, la vertu serait beaucoup plus florissante; rnais on se résigne à l'un de ces soins, parce qu'il est nécessaire ; l'autre ne peut se supporter , parce qu'il tend seulement à la perfection, ou parce qu'il s'y rencontre d'autres difficultés plus cachées.

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