‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 90 sur 348 · Ainsi on ne jugea pas nécessaire de cou · texte numérisé non relu

Ainsi on ne jugea pas nécessaire de cou

damner cet article : on apporta (1) pour rai- de peur que quelques lecteurs peu éclairés en ^on de cette détermination qu'il n'apparte- théologie, ne les croient insolubles. Quant a naitpas à la doctrine du baptême; qu'on la première, il est maintenant plus facile pouvait donc l'omettre sans qu'un tel silence d'avoir de l'eau , puisqu elle abonde en tout l'autorisât. Toutefois dans la suite Dominique Soto , quoique du même ordre que Cajétan , releva cette opinion comme hérétique, et le souverain pontife Pie V, sorti de la même école , la fit effacer des œuvres de ce vénérable théologien Et cela non sans raison , puisqu'il paraît contraire à la sentence

générale de Jésus-Christ que celui-là n'en- , ^ . j,

trera pas dans le ciel, qui n'aura pas reçu une tuit que de ne pas trouver quelquefois d eau seconde naissance dans Veau et l'Esprit saint , ou que de manquer de volonté dans le minisd'établir une manière infaillible d'aller dans tre ; de même c'est un hasard que l'enfant le ciel indépendante d'un tel moyen ou du meure dans le sein maternel, la nature ayant désir propre de ce moyen (2). Nous laissons destiné tous les enfants à naître, et ayant dis- Dour ce Qu'elle est l'opinion de Gerson, sa- posé l'arrangement des choses de manière à

pays, et la volonté de baptiser, qui se trouve aisémentdanstout chrétien, qu'il n'était facile' alors d'avoir la vraie foi, qui était restreinte à un petit nombre d'hommes , et qui ne remédiait pas même en ce temps à la faute des enfants non encore nés comme on le pense communément. La seconde n'a pas plus de valeur : car , de même que c'est un cas for-

pour ce qu

voir : que Dieu quelquefois dispense du baptême, selon qu'il lui plaît par égard pour les prières des parents (3), et celle plus restreinte de S. Bonaventure et de l'évêque d'Auxerre, savoir que cette dispute a lieu au moins quelquefois, lorsqu'on a commencé le

ce que celui qui est conçu vienne à la lumière, si quelque accident ne s'y oppose. Cela admis il n'est pas étrange qu'il y ait un état naturel où on soit incapable dès qu'il n'est pas naturel , mais accidentel et contre

nature ; que cet état soit le dernier de l'homme,

bTptTmeTt^qu'on" 'n'a pu le conduire 'à son et qu'il ne passe pas à un état où il devienne entier achèvement par quelque obstacle in- capable de justification.

volontaire, ou à cause de quelque défaut qui est resté inconnu.

5. Et puisque j'ai eu occasion de rapporter les objections de Séripand, il me paraît à propos de les résoudre ici en peu de mots ,

6. Enfin, quant à ce qu'on disait de la divine miséricorde, on a déjà montré que dans la loi nouvelle elle s'est engagée à un remède beaucoup plus facile que dans l'ancienne. Après cela , dans toutes ces controverses il faut bien se mettre dans l'esprit que nous ne

(1) Cela est conienu dans les Mémoires des Actes devons pas étendre notre confiance en la diconservés chez MM. Facchineiii. vine miséricorde au-delà des limites que Dieu

(2) t H faut cependant remarquer que Cajétan ne fut a révélées dans l'Ecriture : car de même qu'il pas le premier à établir cette doctrine ; mais des l'an- ^t^jt ij^re de ne pas créer les hommes, ou de néeSll.H.nçmar.evequede Reims. lavait enseignée j ^ j^ élever au droit de la vision dans son petit ouvrage Exposlulalioms adversus Hinc " n^ivu marutn Laudunensem, c. 28

divine, et de même qu'il les a privés de ce

(3) f De son côté, Bellarniin observe par rapport à ces opinions, tom. IV, liv 6, cap. 2 : Miserkordiam noslratn parvulis jam defunclis nihil prodesse ; è conlra nihil obesse noslrœ senlenliœ se veritatem. Multùm autem nobis obesl, si ob rem inulilem ergn defnnclos , pertinaciler aliquid conlra Scripluras aut Ecclesiain dcfendamus.

Par rapport au vœu du l)aptême, il faut faire mention de l'ouvrage du père Blanchi, clerc régulier, intitulé : De remédia œternœ salutis pro parvulis in ulero dnitsis sine baplismate morienlibus, Venise, 1768. Il s'est attaché à prouver que le remède c.ipablc de pourvoir au salut éternel des enfants qui meurent renfermés dans le sein maternel, sans baptême, est une certaine prière que doit réciter la mère enceinte, et dans laquelle elle proteste, au nom de l'enfani, qu'elle accepte la mort comme preuve de son désir de recevoir le baptême. Mais il fut réfuté par un moine Camaldule, dans un livre intitulé : Disserlalio adversus novum syslcma P. Bianchi, de Remédia, etc.. Faïence, 1770. Eclairé par les textes de TEcrilure et de la tradition sur lesquels s'appuyait la réfutation du moine Camaldule, le Père Bianchi s'avoua vaincu dans la réimpression de son système, où il disait pour excuse qu'il n'avait point posé la question théologique; mais bien la question physio-théologique. Et en elfet, au lieu de promulguer un système si préjudiciable, l'auteur devait plutôt conseiller aux femmes enceintes de prier Dieu pour le salut de leurs enfants conçus, «t forte Deus exaudiat (s'il vient à les exaucer), par une providence extraordinaire, comme l'a suggéré le célèbre Gerson, et, par là, de les avertir de se bien garder de plonger dans une éternelle misère leurs enfants conçus et animés.

droit à cause de la faute de leur père ; de même aussi il a pu en tout le reste, sans blesser la justice , dispenser sa miséricorde selon la mesure qu'il a voulue; surtout ayant agi de manière que, selon le cours des causes naturelles , et abstraction faite des événements fortuils, il n'est pas un homme auquel ne puissent être appliqués les secours de la divine passion. Vouloir dépasser ces limites, c'est s'engager sous prétexte de piété dans l'impiété pélagienne. Comme presque toutes les révoltes commencent sous le prétexte de prendre mieux les intérêts du prince, ainsi presque toutes les hérésies naissent de la prétention de penser plus dignement de Dieu. Et comme celui-là prend le plus les intérêts du prince qui soumet sa volonté à ses ordres, ainsi celui-là se fait la plus belle idée de Dieu, qui soumet son esprit à ses révélations. CHAPITRE IX.

Réformes discutées et établies, spécialement sur la pluralité des évêchés. et sur les cumuls ou à vie ou à perpétuité des bénéfices. On examine les raisonnements que fait Sarpi touchant l'institution des bénéfices, des cumuls et des commendes.

1. Sarpi rapporte en cet endroit cinq décrets préparés par le concile, selon son expression , sur la digne administration des trois sacrements dont il était parlé dans les

canons. 11 raconte aussi diverses discussions gouvernement de l'Eglise, c'est ce que nous survenues au moment qu'on forma la rédac- avons prouvé dans le livre précédent par les tion de ces décrets, toujours dans l'intention aveux de Sarpi lui-même. Que le nom d'j?-

de montrer que tout usage de l'Eglise calho lique est un abus. Mais de tout cela, pas un mot dans les actes et dans les mémoires du concile. Et assurémenlles Pères, sages comme ils l'étaient, voyaient bi(>n qu'il en est des édifices spirituels comme des matériels ; qu'on doit les commencer par les fondements, et que les fondements, pour les édifices spirituels, ne sont autre chose qu.' les administrateurs des églises Quand la distribution de ces églises se fait bien, il faut peu de lois, et ces lois obtiennent leur exécution ; mais s'il y a défaut dans la distribution , d'innoiiibr;ibles lois, quoique bien observées, ne sulfiraienl pas, parce qu'elles ne peuvent pourvoir à tous les cas. De plus, sous les mauvais administrateurs, fort peu sont mises à exécution : car les lois sont comme les épées, elles reçoivent toute leur force du bras qui les met en mouvement.

2. Voulant donc traiter à fond cette question de la réform.e, on reprit l'article de la résidence. Gomme on ne peut exercer son action sur un lieu d'où l'on est éloigné, et que c'est ici surtout qu'on est obligé de reconnaître la force de l'adage : que les absents doivent être réputés comme morts ; tous les autres la

glise fût commun à tous les fidèles, ce n'a pas été seulement l'usage de l'antiquité, et un usage qui soit plus en vigueur aujourd'hui; au contraire, nous le soutenons corp.me un article de foi contre les hérétiques modernes condamnés à Constance. Mais, comme l'observe Aristote, de même que le nom de cité se prend quelquefois pour toute la multitude des citoyens, et quelquefois pour la partie principale et qui gouverne, c'est-à-dire le sénat; de même le nom A' Eglise ne signifie pas toujours tous les fidèles; mais il se prend quelquefois pour la partie principale et qui gouverne, c'est-à-dire le clergé , et même quelquefois d'une manière plus restreinte, pour les magistrats suprêmes seulement, c'est-à-dire les évêques. Quant à cet élan de charité qui lui ferait souhaiter qu'on pourvût en premier lieu, avec les revenus de l'Eglise, aux besoins des pauvres, je demanderai volontiers à Sarpi s'il est parvenu à sa connaissance que, dans aucune république, ou dans aucun temps, on ait plus éten(!u sur eux les effets de la miséricorde qu'à Rome, sous les pontifes chrétiens. Je laisse pour le moment les pauvres voiontaircj, comme sont tant de milliers de religieux qui y vivent

lents étaient réputés inutiles dans l'adminis- d'une aumône que la charité inépuisable des

trateur de l'Eglise, si sa résidence au milieu de son troupeau ne le mettait à môme de les y exercer. Mais, à cet égard, un des plus forts obstacles était la pluralité des bénéfices; car un homme ne peut résider en plusieurs lieux.

3. Ici Sarpi fait parade d'un zèle hypocrite. Il soupire après ces premiers temps si heureux où les biens de l'Eglise étaient, ainsi qu'il se l'imagine, administrés par l'assemblée de tous les fidèles qui portaient en commun le nom d'Eglise, et où, sur la masse commune, onprenait lanourrilure et le vêlement des pauvres et des ministres, et on pourvoyait avec plus de soin aux besoins de ceux-là qu'à ceux de ceux-ci. Ensuite il ajoute que, par imperfection, on descendit d'un degré, et que d'une même masse on fit quatre paris, plaçant au dernier rang celle des pauvres qui, selon l'ancien usage, était au premier.

k. C'est l'ordinaire des séditieux de répandre des doctrines nuisibles au repos public; mais ils se parent de dévouement aux intérêts du peuple. C'était précisément ce que faisaient ces anciens tribuns du peuple romain : ils proposaient et provoquaient les lois agraires, qui plaisaient tant au peuple, c'est-àdire à ceux qui, ayant moinsdebien, ont plus de puissance que les riches, parce qu'ils ont plus de bras : or ces bras, lorsqu'ils s'unissent, dominent le monde. Aussi les pauvres mirent-ils souvent cette république à deux doigts d'une ruine totale. Tel est le but de Sarpi et des novateurs de son espèce : c'est de mettre le gouvernement entre les mains du peuple, et d'abattre non seulement la monarchie, mais encore l'aristocratie. Que ce

riches rend aussi certaine qu'elle est incertaine de sa nature. Je considère seulement les secours qui sont établis pour les pauvres non vo!onl;ures , c'est-à-dire les hôpitaux d'infirmes, d'étrangers et d'enfants exposés; les asiles des mendiants orphelins et des jeunes filles vagabondes; les séminaires pour les clercs indigents; les dots assignées à des vierges sages. Un seul hôpital, qui est celui du Saint-Esprit, en Saxe, possède la valeur de peut-être quatre millions. Et toutes ces bonnes œuvres réunies sont peut-être peu inférieures aux revenu» certains que le souverain Pontife tire, non seulement de ses étals temporels, déduction faite des charges, mais encore en même temps des droits pontificaux qu'il prélève sur toute l'Eglise.

5. Qu'il aboie maintenant, s'il peut. Sarpi, ou tout autre à son défaut, contre Rome, contre ses prélats et contre son gouvernement , comme si on s'y montrait parcimonieux à l'égard des pauvres. Je ne veux pas parler des aumônes qui se font journellement dans celte ville : seules elles suffiraient à l'entretien d'un grand prince. Et quoique cette pieuse munificence soit plus considérable à Kome qu'en tout antre lieu du monde, cette ville étant la souveraine de l'Eglise et la mieux pourvue de biens ecclésiastiques, néanmoins, dans tous les pays qui embrassent la religion et les lois spirituelles de Rome, cette charité est si abondante en revenus assurés et en secours volontaires , qu'elle peut faire l'étonnement et la honte de toutes les autres républiques anciennes et modernes. Mais comme cette libéralité, quelque grande qu'elle soit, n'égale jamais

»'ait pas été là le premier, le bon, le possible tous les besoins, je veux dévoiler une faus-

CONG. PE TUENTE. II. {UoUZeJ

scté spécieuse que Sarpi se plaît à rebatlre, ques besoins extrêmes ; qu'on exerce géné-

en disant que la première et principale par- reusement la charité à l'égard de quelques

tic des revenus ecclésiastiques devrait s'ap- infortunes ou toul-à-fait involontaires ou

pliqucr et s'appliquait, dans les temps heu- fort excusables, et à l'égard de la pauvreté

reux, aux pauvres, et non aux ministres. Et jointe à l'infirmité, infirmité qui est une au-

moi, j'affirme que ce serait un usage tout-à- tre pauvreté plus grande encore, de même

fait contraire à la prospérité de la républi- que la force corporelle est une richesse d'au-

que et aux lois de Di< u et de la nature, tant plus solide qu'elle est moins apparente,

Examinons une bv)nncfois cette matière avec étant tout intérieure. Pour le reste, le meil-

atlention. leur genre d'aumône qu'on puisse faire, c'est

6. Ouelles sont les sources de la pauvreté? d'aider chacun à faire fructifier le bien qu'il Cinq Tle luxe, la débauche, le crime, l'oisi- a reçu de la nature, c'est-à-dire ses bras, et vêlé et le malheur. Le luxe et la débauche, de les lui faire employer à des œuvres qui eu dissipant les biens; le crime et l'oisiveté, rapportent de la gloire à Dieu et de l'avanou en produisant les causes qui nous en dé- tage au public. De cette manière, on subvient pouilletît justement, ou en engendrant la né- à la nécessité, on encourage l'industrie, on gligence qui nous empêche de les conserver aide la patrie, et on maintient la crainte de et (Je les acquérir; le malheur, qu'accompa- la pauvreté, compagne ordinaire de la peine, gnent les disgrâces qui font appeler les biens 8. 11 continue à gémir de ce qu'ensuite de cette vie, biens de la fortune , et qui mon- on appliqua aux riches ce qui d'abord servait trent que ce n'est pas en eux que consiste la oua: indigents, et de ce que les charges, appelées récompense certaine due à la vertu. Mais les d'abord ministères et offices de Cadministraqualre premières causes sont les sources les tion spirituelle, eurent, pour but principal, le plus ordinaires delà pauvreté des hommes, temporel et furent appelées bénéfices ; ou Sin^pi, C'est pourquoi la plupart du temps il y a par ces paroles, reprend les nouveaux chrévérité dans cet adage : que chacun est artisan tiens comme moins zélés que les anciens, ou de sa propre fortune. Cela est si vrai, que bien , supposant que le . hommes soient les parmi les pauvres on en trouve à peine, sur mêmes, il s'en prend à l'usage de l'Eglise. Si dix, un dont la pauvreté ne soit provenue le reproche frappe les chrétiens modernes, il ou de sa faute ou de celle de ses pères. 11 n'est me suffirait de répondre que le Pape ne peut pas de frein plus puissant pour détourner de remédier à ce mal, puisqu'il doit gouverner tous les vices les volontés indomptées des les hommes tels que Dieu et la nature les hommes que cette turpis egestas que chacun donnent^ au monde; mais, à cela , j'ajoute redoute ou pour soi-même ou pour sa race, que si c'est là ce qu'il a voulu dire, il a af- II n'est point non plus d'aiguillon qui exc>te firme sciemment le faux. N'est-il pas écrit, plus clficacement les hommes à la fatigue, <ians l<i Vie de cet homme (1), qu'il avait que nous n'aimons pas naturellement, et coutume de dire que les vices des chrétiens qui est pourtant si nécessaire. Aussi les au- n'étaient pas nouveaux, qu'ils étaient nés ciens racontaient-ils que Jupiter avait bien ^^ec l'Egiise elle-même? Je veux ici consimérité du genre humain, et qu'il avait pris gï»er les paroles qu'on cite, comme de lui, son nom de juvnre; car au lieu que d'à- 'l^i^s cette histoire : Les églises fondées par bord, et du tt-mps do Saturne, la terre se les apôtres eux-mêmes, et où ils prêchaient et couvrait d'elle-même de productions, et que résidaient, n'ont pas été exemptes d'imper fecles fleuves roulaient du vin , il réprima, lui, ^ïons : vérité dont VEpitre aux Galates, mais cette prodigalité de la nature, et avec l'indi- pl^^^s encore celle aux Corinthiens, nous rengence introduisit l'industrie, qui éveilla le ^^"^ ,"^ c^«*^ témoignage. En effet, par rapgénie et fit naître tous les arts Cependant, port à la charité, les uns s'attachaient à Pierre, si cette horreur de la pauvreté qui menace ^^*' autres à Paul, ceux-là à Apollo, en faisant Vhomnie lui-mêtne ou ses descendants, n'eat schisme avec Jésus-Christ dont ils se sépapas suffisante pour empêcher qu'un si grand ffiient visiblement ; par rapport aux dogmes, nombre ne dissipent leurs biens au milieu de */ V ^^ "^"^^ 5'"^' niaient la résurrection ; quant toutes sortes de vices, ne violent et n'outra- " f" concorde, les procès étaient portés aux gent les lois , en croupissant dans une oisi- tribunaux des infidèles ; quant aux mœurs, il veté inutile à la patrie, que serait-ce s'ils y cvait des fornications inouïes même parmi voyaient une provision abondante assurée à '^f^ idolâtres; quant aux cérémonies, la cène tous les pauvres? ^'^ Seigneur était convertie en banquets où les

7. On me dira : il faudra donc bannir la ^'".^ étaient ivres et les autres pressés parla miséricorde et s'endurcir aux cris du men- A«"V ^^ cependant l'Apôtre reconnaît cette diant qui est dans le besoin? A Dieu ne ^^O^ise pour l'Eglise véritable et pour le corps plaise 1 J'ai déjà démontré qu'il n'y a pas dans ^(^ Jésus-Christ. Telle était sa manière de le monde de pays ou d'état où l'on soit plus ^ exprimer, si nous en croyons son Achate, opposé à cette morale qu'à Rome. J'affirme 1,"' ^^^^^ donne sa Vie, qu'il écrit pour celle seulement que ce serait ou malignité ou folie ^ "" héros ; < t quiconque a quelque teinture de condamner, comme peu charitable, une ^'^ l'histoire, sait que les anciens ecclésiastirépublique, parce que tous les pauvres n'y ^I"^* portaient leur vieil Adam aussi bien ont pas un prompt, un abondant, un in- ^"v ^ff modernes.

faiiïible secours. Voici ce que je prétends *'• *^ ^^^ semble qu'on peut comparer l'B-

conclure : qu'on pourvoie largement à quel- (i) Pagg. 241 et 242.

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gli^e, considérée dans les temps anciens ou très animés d'un zèle si pur, on en voit aussi n;;>'.!ernes, à un marchand qui, au comraen- un très-grand nombre qui paraissent compoceaient de son trafic, avait quelques pièces ses de chair et d'esprit, et qui désirent, au-

l'or en petit nombre , un peu plus de pièces tant que la loi de Dieu le permet, posséder en l'argent, et beaucoup plus de pièces de cui- même temps les biens de celte vie ; et si d'au- 7re. Les premières étaient éclatantes, et par 1res, aussi en grand nombre, ontp'usd'affec-

vre^Les premières étaient éclatantes, et par 1res, aussi en grand nomore, onip' conséquent bien connues, nonobstant leur tion pour les choses que l'on voil que pour pelil nombre; les secondes paraissaient un celles que l'on croit, sans cesser pourlan» de peu moins; les troisièmes ne paraissaient servir au culte de Jésus-Christ; taudis qu'aupoint du tout, quoiqu'elles fussent en bien paravent on servait à celui de Jupiter et de plus grande quantité, parce qu'absolument Mars, et si les uns plus, les autres moins, parlant, elles étaient en petit nombre et que domptent beaucoup de leurs penchants, tanleur peu (!e valeur n'attirait point les regards, dis qu'auparavant l'unique règle des actions comme l'éclat et la valeur des pièces précieu- était la volupté et l'intérêt mondain, fauiJrases. Dans la suite, cet homme étant devenu t-il nous plaindre de notre temps? Qu'on

riche et très-riche, toutes les espèces de mon naie s'augmentèrent proportionnellement, de manière que celles de cuivre, par leur quantité, devinrent remarquables. Or, ne seraitce pas une grande erreur de dire : Ce marchand s'est appauvri, parce que d'abord toutes ses pièces de monnaie étaient d'or, et maintenant il en a beaucoup de cuivre? La même chose est arrivée dans les chrétiens,

m'oppose , dans toute l'étendue des siècles et de l'univers , une autre société immense de religieux ministres qui, par respect pour la Divinité, objet de sa croyance, et par le désir d'en obtenir les biens invisibles, ait jamais autant contrarié les appétits déréglés de la nature que le fait le clergé catholique.

10. Mais accordons que le monde est entièrement perverti : est-ce une raison de blâmer

et spécialement dans les ecclésiastiques. Au l'Eglise, comme je le disais en second lieu.

temps de la primitive Eglise, ils étaient en petit nombre ; quelques-uns , dans ce petit nombre, étaient faibles et abjuraient la foi ; d'autres étaient imparfaits et d'une mince vertu. Il n'est resté de tous ceux-là qu'un souvenir obscur. Enfin il y en avait d'autres

si, à l'imitation de ce que faisait Dieu dans l'ancien Testament, elle se plie à l'iniperfcction des Ijommes , et les pousse n;cme par l'appât des récompenses terrestres, à subir le lien de l'état clérical et les embarras des ministères ecclésiastiques? Ce reproi fie de

d'une vertu remarquable; aussi leur célébrifé Sarpi repose sur une supposition qu'il ne

a passé jusqu'à notre temps. Successivement prouve pas; savoir, qu'à présent le psinci-

l'Eglise a été portée à plusieurs dizaines de pal dans le ministère sacré, c'est le temporel

millions de fidèles; et parmi coux-ci, comme et non le spirituel. Mais qu'on me réponde :

parmi tout ce qui est humain , la perfection le principaldans la guerre, quel est-il? est-ce

est rare et les vices sans nombre. L'Eglise la solde cl le butin de l'armée, ou la défense

a-t-elle pour cela perdu de son prix? Disons de la republique? ChacuQ réjnmdra que,

plutôt que ce prix s'est doublé bien des fois Que l'on coînpte tant de centaines de milliers de personnes de l'un et de l'autre sexe, qui sont vêtues d'un sac, doruient sur de^i planches, mangeant des restes mendiés, soiit inhabiles au mariage, à la propriété, à la jouissance de toute commodité, même des moindres , et sont tout empiovés ou à louer Dieu , ou à penser à Dieu, oa a servir le prochain par amour de Dieu; que l'on coii){)te tant d'hommes qui de toutes les religions dcman dent instamment et obtiennent, pour comble de leurs vœux , de partir de ce ir.onde avant de mourir, et d'aller au milieu d'incxplira- visibles aient sur lui assez de force pour l'en-

pour le soldat , le plus souvent c'est la solde et le butin ; mais que pour les magistrats qui lèvent les armées, c'est la défense de la république. Faudra-t-il donc blâmer le gouvernement si, parle moyen de grosses paies, il maintient les chefs, et si, par l'espoir du butin et du pillage, il excite les armées à la conquête du pays ennemi? La nature elle-même nous enseigne à agir ainsi ; car eî! • fait trouver aux hommes du charnie à prenîîrc la nourriture (jui soutient eur vie, et à f lire d'autres actes honnêtes. Si donc l'imjiorfection de l'homme est telle que les récompenses

blés souffrances affronter la cruauté des barbares dans un autre hémisphère, poussés par la soif de gagner quelque ânie à Jésus- Christ , et voyons si un si grand nombre d'hommes d'une piété héroïque se rencontre à la fois dans quelque siècle ancien que ce soit. Une foule innombrable de religieux prêtres exercent maintenant les divers ministères ecclésiastiques, non seulement sans en retirer autre chose que la nourriture , qu'on se bornait à leur accorder dars ces heureux temps, de l'aveu même de Sarpi; mais un grfind nombre, parmi eux, ne sont nullement assurés d'avoir cette nourriture même, et s'ils sont assurés de l'avoir, elle est si mauvaise qu'un esclave ne s'en contenterait pas. Si à cô'ié de tous ces hommes et de beaucoup d'au-

gager à supporter ces fatigues qui servent à faire acquérir aux autres les vrais biens in-rvisibles, c'a été un grand zèle et une grande sagesse à l'Eglise d'établir tant de millions de revenus dans toute l'étendue de la chrétienté, destinés uniquement à être la récompense de ces ministres qui veillent au soin spirituel des autres.

11. Ne discutons plus la mesure, supposons-la réduite en pratique. Qu'il vienne un Pape d'un très-grand zèle (et on ne peut nier que l'Eglise n'en ait vu en tout temps beaucoup de ce caractère), et qu'il veuille abolir tous les bénéGces ecclésiastiques, et rendre les charges spirituelles des ir/inistères infructueux, pourr;i-t-il mettre ce projet à cxécu-? tion? Chacun sait bien que non. Pourquoi

donc reprocher de ne pas faire l'impossible? Allons plus loin, et supposons que le monde consente aie lui permettre : sera-ce proGtable à la gloire de Dieu ? Nous verrons tomber aussitôt cet ordre dont dépend l'exercice, la connaissance et la conservation de la reli-

état ; néanmoins il les aime et les estime. C'est ce que nous a montré le sens commun du peuple, quand il a été question de les enlever même de ces monastères où le petit nombre des membres et la rareté des provisions, rendaient la discipline moins parfaite.

gion.Ou bien suffira-l-il d'avoir ces hommes D'un autre côté, ces riches bénéfices qui se parfaits qui servent maintenant l'Eglise en si sont quelquefois formés par la réduction de grand nombre, pour los seuls avantrsges spi- plusieurs en un seul, ont contribué à entrerituels? Disons pîu'ôl que ceux-là mêmes tenir les plus grands prélats qui sont, par manqueront auàsi. C\'st ce que j'explique par l'élévation de Irur sang ou de leur dignité, cette comparaison : les esprits seuls dans l'a- les colonnes du temple. Qu'on se rappelle nimal font le. fondions vitales. A quoi donc, que je ne défends pas ici la distribution, dont

dira quelqu'un, servent tant d'humeurs plus grossières? Elles servent beaucoup; sans Ciles, les esprits ne si» formeraient et ne se conserverai nt poinl. Ainsi en esl-il dans le cas

le défaut, quand die est vicieuse, vient des hommes et non des lois. Mais au nombre de ces défauts, qui sont quelquefois très-véritables, je ne puis admettre comme vraie cette

dont il s'agit : ce nombre de prêtres parfaits profusion de concessions que, sans la moin-

Ya se former dans les écoles, ou des ordres religieux, ou dos séminaires de clercs ; mais ces établissement? ne subsisteraient pas dans le monde, s'ils n'étaient dirigés, protégés, alimentés, tenus dans l'union et la discipline par les prélats qui gouvernent l'Eglise ; et ces prélats ne pouvant, ou méine, aisons-le.

dre preuve, Sarpi prête à Clément VU, la dernière année de son pontificat ; je ne puis non plus me résoudre à croire qu'il y ait eu des théologiens qui aient enseigne à Rome la doctrine outrée que leur attribue le même auteur, et qu'il qualifie de commune ; savoir, que l'enlreli-iu convenable d'un ecclésiasti-

ne voulant pas se réduire à une telle rigueur que devant se mesurer sur l'état de la per-

de vie , mais doués d'autorité, de prudence, de doctrine, de richesses et de beaucoup de zèle, ils sont le soutien de ces saints gymnases de perfection ecclésiastique. Et si ces prélats n'avaient pas pour sujets les clercs

sonne, el que les cardinaux étant égaux à des rois, il n'y a de supi rllu pour eux que le revenu qui surpasserait celui des rois. Ce serait le raisonnement d'un homme qui ne raisonneiait pas. Comme si l'Eglise de Jésus-

séculiers , auxquels ils pussent donner des Christ prêchait cette estime criminelle des récompenses en échange des contributions et richesses, qui est contraire, je ne dis pas aux de la puissance qu'ils en tirent, ils n'au- enseignen;enls d'Aristote, mais aux enseiraientni le moyen ni l'autorité de maintenir gnements de toute république païenne. C'est les réguliers. Si la masse des catholiques ne donc à dire que l'honneur des magistrats dévoyait pas tant de récompenses proposées à vraitsemesurcrsurrabondancedes revenus, chacun qui peut y aspirer, ou pour soi ou et sur le faste du train de vie; à ce compte, pour les siens, en faisant profession d'une il est certain que les cardinaux, qu'on estime vie vouée plus spécialement à la piété ou au à Rome supérieurs à tout prince qui n'est culte divin, la résistance de la nature cor- pas roi , seraient bien au-dessous même de rompue resterait si puissante, que l'attache- simples chevaliers et de simples marchands, ment à la religion ne s'en ranimerait pas , 13. Résumons en peu de mots tout ce que et ne s'entretiendrait pas aussi universelle- nous avons dit : à quoi aboutit finalement ce ment. C'est pourtant cet attachement à la zèle contre les riches bénéfices ? Viennent les religion qui fait que beaucoup embrassent le anus de Sarpi, les réformateurs de l'Eglise, parti du cloître, et que presque tous, plus ou c'est-à-dire, les hérétiques, ils crient contre moins, le protègent. En un mot, pour celui qui réfléchit, chaque parlie de cette république a besoin de l'autre. Si c'est une impiété d'athée de penser que le corps nalurel d'une mouche est l'ouvrage du hasard, ne sera-ce pas une impiété toute semblable de par S.srpi, qui fait servir même la louange à

un tel abus, ils veulent le corriger, et ils sont maîtres d'un grand nombre de provinces.

Que font-ils des bénéfices enlevés à la disposition du Pape? Est-ce qu'ils les ramènent à l'état où ils étaient dans cet âge d'or si vanté

penser ainsi du corps civil de l'Eglise?

12. Que sert donc d'aller retirer du fond des abîmes de l'antiquité l'origine des commendes et des cumuls de bénéfices? L'institution, de l'aveu de Sarpi, fut bonne; l'exécution, comme dans tout ce qui est humain, fut quelquefois mauvaise. Néanmoins, pour

sa malignité ? et consacrent-ils le toutau soulagement des pauvres et à l'entretien nécessaire des ministres ? Non. Au moins font-ils disparaître les cumuls et les commendes vicieusement introduites, et les ramènent-ils à l'institution primitive, avec obligation de résider? Pas du tout. Au contraire, c'est un

suppléer aux travaux de chaque bénéficier vrai pillage; ils engloutissent dans le sein

résident, qui, par suite de celle mauvaise des puissances et les gros el les menus béné-

exécution, devait manquer à la culture des fices, ceux qui sont exempts de la résidence,

âmes. Dieu a suscité des milliei's de réguliers ceux qui y obligent, les revenus des réguliers,

qui sont répandus partout. Quoique le monde et enfin ce que la piété des fidèles a donné à

parle contre eux, ou parce qu'il aime à se Jésus-Chrisl pour être appliqué à son culte :

faire le censeur des personnages les plus res- tandis qu'avant ces zélés réformateurs, tout

peclables, ou parce que ceux-ci sont au-des- cela servait ou à enirelenir les ministres sa-

80US de l'idée qu'on a de la perfection de leur crés, ou à récomi^enserles ecclésiastiques de

n(*pite, ou du moins celle partie qui était mal petit ouvrage si célèbre des Offices (1) , où il distribuée tournait au profit des peuples: assignée une cause semblable et la chute de telle est la réforme qu'ils ont apportée au la république de Spartequi entraîna avec elle désordro, les héros de Sarpi. Or, voyons quel celle de toute la Grèce, et la perturbation de reuièle le concile, si violemment attaqué par la république romaine avec la ruine des lui, a apporté dans cette session qui n'est Gracques, auteurs de ce projet si fertile en qu'un faible essai d'un travail si heureuse- troubles ; et le sage expédient que prit en ment achevé dans la suite. cette matière Aratus Sicyonius , lorsqu'après 14. Premièrement, par rapport à l'avenir, l'expulsion du tyran Nicociès et le retour dans il opposa une disque si puissante au cours de leur patrie de six cents ciloyens exilés, il l'abus qui consistait à admettre sans néces- trouva que leurs biens étaient passés depuis site des cumuls ou des commendes de béné- cinquante ans dans des mains étrangères par fices obligeant par leur nature à la résidence, ordre du tyr.m qui dominait alors. Les choses que depuis cent ans qu'elle dure, elle n'a en- civiles, par opposition aux choses naturelles, core rien perdu de sa première solidité. se fortifient avec le temps : car les change- Second ^ment, par rapport même au passé, ments qui conservent la nature, détruisent il ôla à chacun la faculté de posséder plus l'état.

d'une église cathédrale, sous quelque titre que CHAPITRE X.

ce fût : et cet article fut mis à exécution dans On traite dans le concile de la réforme; et com-

la personne même des cardinaux. bien te souverain Pontife lui laissa de liberté

Troisièmement, pour les bénéfices infé- *"'" ^ef/e matière.

rieurs, il donna aux évêques le pouvoir d'e- 1. Les lois que nous avons rapportées ne

xaminer les dispenses obtenues par chacun , passèrent pas sans qu'il y eût diversité de

selon l'ordonnance du concile de Lyon; outre sentiments. Quelques évêques, comme nous

cela, dans le cas même où ils trouveraient Tavons dit, jugeaient que, pour la niatière de

ces dispenses légitimement établies, il leur la réforme, on devait s'en remettre entière-

enjoignitd'envoyerdesvicaii'Gs habiles, àqui mentàla sagesse du souverain Pontife, qui

ils assigneraient une portion congrue des re- avait en main tout à la fois l'autorité d'ensei-

venus , afin que le soin des âmes et le culte gnement, pour établir toute espèce de lois, et

des églises ne fussent pas nésligés. la puissance de la verge, pour les mettre à

En quatrième lieu, dans lecas où les unions exécution. Mais les Espagnols et d'autres avec

n'étaient pas seulement pour la vie du béné- eux s'opposaient à ce projet. Sous le prétexte

Gci^r, mais étaient perpétuelles, il chargea honnête que ce serait, au contraire, non pas

les évêques d'examinerde nouveaucelles qui déférer, mais insulter à la sagesse môme de

n'existaient que depuis quarante ans, et sa Sainteté, puisqu'on donnerait à entendre

quoiqu'elles eussent obtenu leur effet, de les qu'elle avait convoqué un concile pour ar-

révoquer, quand ils les trouveraient obtenues ranger une affaire {n'imA que la bulle enfai—

sur un faux exposé ou par suite du déguise- sait foi) que le concile n'était pas propre à

ment de la vérité. arranger, mais ne pouvait et ne devait l'être

Comme cinquième remède, ilétablit que les que par sa Sainteté seule, unions obtenues depuisl'espace des quarante 2. Sarpi trouvant cela et lisant dans queldernières années, ou que celles qui s'obtien- ques lettres des présidents (2) qu'il était draient à l'avenir ( car il ne voulait ni ne mention de je ne sair. quelle bulle du Pape pouvait lier les mains au souverain Pontife, dont ils ni' jugèrentpasà propos d'user, donne et il pouvait y avoir des cas où elles seraient aussitôt carrière à son aventureuse imagina— louables, comme Sarpi l'avoue de l'institu- tion, et ose affirmer que Paul, informé de la tion primitive ) , seraient examinées devant proposition qu'on faisait de s'en remettre l'ordinaire qui appellerait ceux qui y avaient ainsi de ce soin sur lui.etporté, par k- vif déintérêt; et que, quand les motifs ne se trou- sir qu'il en avait, à se promettre qu'il y aurait veraient pas raisonnables , les concessions unanimité de suffrages sur ce point, s'emseraient rejetées comme extorquées par pressa de former une bulle par laquelle il ruse. évoquait à lui l'ouvrage de la réforme : mais 15. Ces remèdes paraissent-ils légers , ou que les légats, voyant que le plus grand nomplutôt ne sont-ils pas tels qu'aucun homme bre n'adoptaient pas celte manière dépenser, versé dans les affaires du monde, et qui a pour ne pas exaspérer les esprits, pensèrent l'expérience des difficultés qu'on éprouve à qu'il valait mieux ne pas la publier. On ne réformer ce qui est déjà établi , n'aurait pu peut rien dire ni de moins vrai, ni de moins les espérer? Retoucher ensuite aux unions vraisemblable. Le concile s'était assemblé à qui remontaient plus haut, c'eût été, non pas la demande réitérée de l'empereur et des Allecorriger, mais troubler l'Eglise contre l'en- mands. Ceux-ci voulantadoucir les novateurs, seignement de tant de sages législateurs en étaient pleins d'ardeur pour la réforme et droit civil et en droit sacré, qui ont intro- évitaient les définitions dogmatiques : russi duit et approuvé l'usucapion et la preserip- avaient-ils consenti avec peine à admettre tion pour le repos de la république. Combien celles-ci avec celle-là. Et alors pouvait-on il est nécessaire de ne pas troubler les pos- espérer qu'on remettrait entre les mains du sessions qui datent depuis un grand nombre Pape l'affaire de la réforme, comme s'il n'y d'années, quoiqu'elles soient injustes , c'est (i) Oans le T livn;. ce que discute gravement Cicéron dans son {i) Au cardinal Farncse , le il février il^l.

tiques. en cette matière ce qui leur avait été recoin-

3. Les bulles donc(ou brefs) envoyées alors m.îndé (1), bienquecebrefaccordâtauconcile

par le Pape aux légats, outre celles que nous de très-.imples pouvoirs, pour annuler même

avons mentionnées, furent au nombre de les unions faites par les nonces avec Tauto-

deux. L'une dressée dès le commencement de rite pontificale; et pour leur enlever l'exer-

l'année précédente sur toute la réforme : par cicc de celte faculté à l'avenir, le pape dési-

cette bulle le Pape n'évoquait pas simplement rait cependant que cette partie, qui avait poui

la réforme à lui, comme l'affirme Sarpi, mais objet de lier les mains à ses minisires, lui fût

il la réglait article par article et prévenait le soumise, promettant que bientôt il la mettrait

concile, fiontrant ainsi qu'il devançait l'as- à exécution, suivant l'opportunité des cir-

semblée en cette affaire, et non pas qu'il était constances, et comme il l'avait déjà fait par

entraîné par elle. C'est pourquoi les légats rapport aux églises des cardinaux. Ainsi, les

n'en firent pointusage, croyant (jue ce qu'elle présidents se remuèrent pour qu'il ne fût pas

contenait ne satisferait ni au besoin ni au dé- question des nonces dans le décret,

sir de tous. En effet, elle pourvoyait seule- 5. Dans cette même lettre de Rome aux

ment à l'avenir sans remédier au présent. Ils légats, on répondit à une autre question qui

Ja jugèrent aussi peu propre à plaire, à cause faisait doute, celle de savoir si on devait

du procédé : car le Pape , au moment où le condamner en même temps , la doctrine des

concile était en pleine vigueur, aurait témoi- hérétiques et leurs personnes. On prit le parti

gné bien p:^u d'égards pour lui, s'il avait fait, de la négative^ et on persista donc à la pre-

sans sa participation , une œuvre si mipor tante pour laquelle nommément le concile avait été convoqué. C'est pourquoi Paul (1) déféra à leur conseil sur ces deux points. Il prit le parti de renvoyer au concile luimême la huile à laquelle il ajouta d'autres disposition^ salutaires. Il est fait mention de cette bulle dans une réponse donnée aux légats au nom du Pape (2), et rapportée par Sarpi, comme nous le (lirons ensuite. Cette circonstance curait dû lui découvrir son er-

mière instruction qui leur avait été donnée el que nous avons rapportée : car cette condamnation , exigeant des citations et des formalités, aurait nécessité des longueurs, tandis que pour maintenir la pureté de la foi, il suffisait de signaler aux chrétiens le poison , quelle que fût la source d'où il jaillissait.

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