CATÉCHISME
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Quoique l'esprit de l'homme puisse par lui-même, avec beaucoup d'application et de travail, rechercher et découvrir plu leurs effets de la puissance de Dieu, il ne peut néannioins, par la seule lumière nalurclh', connaître et pénétrer la plupart des choses p;\r le moyen desquelles il peut acquérir le salut éternel, qui est la principale fin pour laquelle Dieu l'a créé à son image et à sa ressemblance. Car, quoique Dieu, comme remarque saint Paul, ail lait connaître par les créatures visibles de ce monde les etfets iiivisibles de sr,n éternelle puissance et de sa divinité, néanmoins le mystère de son Fils, qui a été caché dans tous les âges qui ont précédé, surpasse si fort la capacité de l'esprit humain, que si Dieu lui-même ne l'avait découvert aux saints auxquels il a voulu faire connaître, par le moyen de la foi, quelles sont les richesses de la gloire de ce mystère dans les gentils, l'homme, quelque effort qu'il eût fait, n'aurait jamais pu arriver à une si haute connaissance.
Ov la foi se formant par le moyen de l'ouïe, il est visible qu'il a toujours été nécessaire pour pouvoir arriver au salut éternel , qu'il y ail eu des ministres légitimes ei des prédicateurs (idèles, qui aient eu soin de la prêcher. D'où vient que l'Apôtre dit (Rom. 10, li) : Comment entendront ils parler de la foi, s'il n'y a personne qui la leur prêche? Et comment se irouveratil quelqu'un qui la leur prêche, s'il n'est envoyé?
Aussi Dieu, qui est infiniment bon et miséricordieux , n'a point cessé , depuis le commencement du monde, de se faire connaître à ses serviteurs, ayant parlé à nos pères en diverses occasions et en diverses manières par les prophètes (Hebr. 1, i), et leur ayant toujours montré un chemin droit et assuié pour arriver à t^a béatitude éternelle, selon que la diversité des temps le demandait.
Mais parce qu'il avait prédit qu'il enverrait un prédicateur de lajustice^ qui serait la lumière des nations^ afin qu'il pûl sauver tout le monde, il nous a parlé par son Fils dans ces derniers temps, nous ayant commandé de récouter et d^obéir à ses commandements ; ce qu'il nous a l'ail entendre par une vuix qui est venue du ciel pour lui rendre cet illustre lémoiqnage d'honneur et de fif/oîVe. ensuite ce môme Fils a donné des apôtres, des prophètes, des pasteurs et des docteurs pour nous annoncer la parole de vie , alin (jue nous ne lussions plus comme des enfants , comme des persoui.es flottaules et emportées par tous les vents des opinions liumaines ; mais que , nous tenant attachés au fondement inébr.i niable de la foi, nous puissions devenir la maison de Dieu par le Saint-Esprit,
Et comme il était à craindre que les hommes ne reçus-enl la parole de Dieu que les ministres de l'Eglise leur prêchaient comme la parole des hommes, et non comme la parole de Jésu^^-Chrisi même, ce mênî" Jésus, notre Sauveur, a voulu donner taiit d'autorité à leur ministère, qu'il déclare (Luc. 10, 16) que celui qui écoute ses disciples l'écoute, et que celui qui les înéprise le méprise. Ce qu'il n'a pas dit seulement de ses apôtres, à qui il adresse ces paroles dans TEvangile, mais encore de tous ceux qui, étant leurs légitimes successeurs, feraient la fonction de prédicateurs de sa parole, et qu'il s'est engagé par sa promesse d'assister de son esprit jusqu'à la fin du monde.
Que si l'on ne doit jamais cesser de prêcher dans l'Eglise la parole de Dieu , il est certain que l'on est obligé de le faire maintenant avec plus de zèle et de piété que jamais, alin que la doctrine demeurant saine et entière , les fidèles s'en nourrissent comme d'une viande salutaire et capable de les soutenir, puisque plusieurs fiiux prophètes se sont présentement élevés dans le monde , qui tâchent de corrompre les esprits des chrétiens par une doctrine nouvelle etéirangère, semblables en cela à ceux dont Dieu dit par son prophète (Jerem. 23, 21) : Je ne les envoyais point et ils ne laissaient pas de courir. Je ne leur parlais point et ils ne laissaient pas de prophétiser.
El certes l'impiété de ces hommes étant soutenue par tous les ai lilices du démon s'est tellement accrue à cet égard, qu'il semble qu'elle ne puisse aller plus loin et qu'on ne saurait en arrêter le cours en aucune manière. De sorte que si nous n'étions appuyés sur la promesse expresse de Jésus-Christ, qui a assuré qu'il établirait son Eglise sur un fondement si ferme et si inébranlable, que les portes d'enfer ne pi-évaudraient point contre elle ( Matth. 16, 18 ) , il serait beaucoup à craindre qu'elle ne pérît entièrement dans ce temps-ci, où elle est assiégée de toutes paris par tant d'ennemis, et attaquée et Combattue par tant d'efforts et de finesses.
Car, pour ne point parler de tant de peuples trèsconsidérables, (pii, après avoir conservé très- religieusement la loi catholique qu'ils avaient reçue de leurs pères , font maintenant gloire d'y renoncer pour embrasser de nouvelles erreurs , nous voyons que celte pesie s'est répandue dans tout le monde chrétien , et qu'U n'y a ni province ni ville où l'on ne se soit efforcé de la faire glisser insensiblement; car, ceux qui ont pris le dessein d'éiablir ces nouveautés, voyant bien .(ju'il ne leur serait pas permis de les déiMler pubiiquemenliii à tout le monde , <»*^cr^ qu'ils
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