‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 186 sur 368 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

JE CROIS EN DIEU LE PÈRE TOUT-PUISSANT, Cr»ÉATEUR DU CIEL ET DE Là TERRE.

Le sens de ces paroles estcehîi-ci : Je crois fermement et je confesse sans aucun doute Dieu le Père ; savoir, la première personne de la Trinité, qui, par sa loule puissance, a créé de rien le ciel et la herre et loul ce q l'ils contienncivl, et qui conserve et gouverne toutes choses : et non seulement je le crois de cœtir et Je 4e c(i«fosse de bouche, mais encore je tends à liu de toute l'affection de mon cœur, corumc au parfait et souverai-n bien. Voilà, en peu de mois, le sens de ce premier article. Mais parce que toulcs les paroles qui le composent renferment de grands mystères, il faut que les pasieurs les pèsent et les examincnl avec beaucoup d'exacikude et de soin, alin que h;s lidèles, en élaiil parfaitement inslruils, ne s'approchent de Dieu qu'avec crainte cl tremblemeiit loules les fois qu'ils se proposent de contempler, avec le secours de la grâce, la gloire de sa majesté. \\. ie crois.

11 ne Anit pas s'imaginer que croire, en ce lieu-ci, soit la même chose qu'avoir une pensée, être d'une opinion, former un jugement; mais, comme l'Ecriture sainte l'enseigne , ce teruKi marque un parftit acquiescement de l'esprit à Dieu, par lequel il est fermcmeiit persuadé des mystères qu'il lui révèle. Ainsi celui-là croit, selon qu'il est porté dans cet article, qui est tcliement persuadé d'une chose qu'il la tient Uès-assurée et n'en doute en aucune manière.

El il ne faut pas se iignrer que la connaissance que nous avons par la foi soit moins certaine parce que nous ne voyons pas les choses que la foi nous pm- (^.se de croire ; puisque encore que celle lumière di-

CONC. DE TnENTE. L

vine qui nous les fait connaître ne nous en donne pas révidence, elle Tait néanmoins que nous n'en doutons point. Car le même Dieu qui a commandé que la lumière sorlît des ténèbres est celui qui a fait luire sa clarté dans nos cœurs^ afin que rEvangile ne soit point voilé pour nous, comme il l'est pour ceux qui périssent (2 Cor. 4, 6). ^

Il s'ensuit de là que celui qui a cette connaissance toute céleste de la foi est affranchi de loules pensées qui le pourraient porter à des recherches curieuses. Car, lorsque Dieu nous a commandé de croire, il n'a pas prétendu nous porter à pénétrer l'abîme de ses jjigements et à en rechercher les raisons et les causes ; mais il nous a commandé d'avoir une foi constante et immuable qui fasse que l'esprit demeure coulent et salisniit dans la connaissance qu'il a de la vérité éternelle. Et certes Dieu étant véritable^ et tout homme étant mmteur, comme dil TApôtre (Rom. 3, 4) , si un homme ne peut, sans une arrogance et une imprudence insupportable, «on seulement ne pas croire ce qu'un horanre sage et prudenl lui assure être véritable, mais encore le presser de prouver ce qu'il avance par des raisons et des témoins, de quelle témérité, ou plutôt de quelle folie un homme n'est-il point coupable lorsqu'il recherche des raisons d'une doctrine loule sainte et toute céleste dont il voit que Dieu même est l'auteur? Il faut donc croire ce que la foi nous enseigne, non seulement sans avoir le moindre doute, mais même sans désirer d'en connaître les raisons.

De plus , il faut que les pasteurs fassent concevoir aux fidèles que celui qui dit : Je crois, ne déclare pas seulement par là qu'il consent intérieuremenl à ce qu'on lui propose de croire, en quoi consiste l'acte intérieur de la foi, niais même qu'il reconnaît qu'il est obligé de confesser publiquement ce qu'il croit dans son cœur, et qu'il doit avoir de la joie de l'avouer et de le publier devant tout le monde. Car les fidèles doivent être animés de cet esprit qui a fait dire à David (ps. 115, 10) : J'ai cru, ei c'est pourquoi j'ai parlé avec confiance. Ils doivent imilcr les apôtres, qui réjiondircnt hardiment aux princes du peupl (Acl. 4, ^20) : Nous ne pouvons pas ne point parler des choses que nous avons vues et entendues. Enfin ils doivent s'excitera celte sainte <el.géncrcuse lil)erlé par ces excellentes paroles de S. Paul ( Rom. 1, \6) : Je ne rougis point de l'Evangile, parce que l'Evangile est la force et la vertu de Dieu pour sauver tous ceux qui croient ; et par ces attires qui prouvent pariieulièremenl cette vérité ( Kom. 10, 10) : On croit de cœur pour être justifîéf et on confesse de bouche pour être sauvé. § 2. En Dieu.

Ces paroles font connaître quelle est la dignité et l'excellence de la doctrine chrétienne, et combien nous sommes redevables à la bonté de Dieu, puisque c'est par les vérités de la foi, comme par autant de degrés , que nous nous élevons à la connaissance de la chose la plus parfaite et la plus aimable. El c'est en cela que consiste la grande différence qui est entre la sagesse chrétienne el la philosophie humaine. Car au lieu que celle-ci nous ayant élevés peu à peu, el aj^rès beaucoup de travaux et de peines, à la faveur d*)

(Six.)

h lumière nnlurcîle, nn-ilossns des e.Tels cl dos cl.osos con-il)left, nous donne n peine la connnissance des ernndeiirs invisibles de Dieu . et nous fait connaître ^ril est b première cause et le premier principe de toutes choses ; la philoso}>hie clireiieimc çelaire aa c(Mitraire de lélle sorte ^loiic esprit, quelte le rend canaWe de pénétrer sans peine jusqu'aux choses célestes et les plus éicvées, et de contempler preuuercnient Dieu , celte source élernelle de toute lumière, et ensuite tout ce qui est au-dessous de lui. En sorie nue nous expérimenlons en nous-mêaies. avec une salisfaction cniière de notre e>pril, la ACrité de ces paroles du prince des apôtres : que lions avons été appelés des ténèbres à l'admirable lumière de Dieu, ce qui nous a fait tressaillir d'une joie ineffable. ( 1 Pet. 2,

y, Cl 1,8.) , . , r,.,

C'est doue avec beaucoup de raison que les hdeles proteslput d'alwrd qu'ils croien! eu Dieu, dont lis reî'onnni'^seul-que h- majesic est incompréhensible, selon 3érémie. Car, conmieditrApôtre(l Tim. G, iG),Z>jeu habile une lumière inaccessible, el nul des hommes ne l'a vu ni ne le peut voir. D'où vient (pie Dieu même, parlant à Moïse, dil, (^ue nul homme vivant ne le verra. En effel, aàn qi:e noire esprit puisse voir Dieu, qui est audessus de loules choses, il est nécessaire qu'il soit décalé entièrement des choses sensibles. Et c'est de quoi il n'est pas naturellement caî>able dans celle vie. Cept'ndaul Dieu iia.pas ccs^é, dit l'Apôlre (Acl. 1 i, iC), de rendre toujours lémoifjuage de ce qui est, en faisant du bien aux hommes, en diapensanl les pluies du ciel el les saisons lavorobles pour Us fruits, cl nous donnant la nourriture avec abondance, el remplissant nos cœurs rfe Joie. C'est ce qtii a fait que les..philo.sophcs païens n'ont pu avoir de bas sentiments de Dieu, elqu'dsont rejeté comme indigne <le lui tout ce qui élait corporel, toute composition et tout mélange, et (ju'ils oM C!U qu'il possédait en lui-même, par excellence, la plénitude de toutes sortes de biens : en suite qu*ils l'ont regardé comme une source perpéiuelle et inépuisable de bonté et de charité, d'où découle tout ce qu'il y a de bon al de parfait dans loutes les créalu- ^î es ; qu'ils lui ont donn€ le nom de sage, d'amateur €t d'auteur de la vérité, de juste el de bienfaiteur, et plusieurs autres noms qui inai(|ueiit une souveraine et absolue perfection; et qu'ils ont entiu reconuM en lui une vertu immense el iiiliïïie (jui b'éicnd .^ur toutes choses el remplit loules choses.

Ces vérités nous sont marquées encore bien phis parfailemeiit et avec encore bien plus d'évidence dans rEcriture sainte, lors(prclle nous enseigne que Sien cU esprit; que nous devons être parfaits comme notre Père céleste est parfaii ; que tout al à nu el à découvert devant les yeux de Dieu; (|ue la profondeur des trésors de sa sagesse et de sa science esl impénétrable; qu'il est véritable; q\i il esl la voie, la vérité et la vie; que ses volontés sont pleines de jusice; qu'il ouvre sa main, et qu il donne à tout ce qui vil la nouniture dont il a besoin ; que c'est lui qui remplit le ciel el la terre; et lorsqu'elle met dans la bouche de D.ivid ces paroles : Où, pourrais-je aller pour me cacher à votre esprii? où pourrais je fuir pour me dérober à votre vue? !^i je montais au ciel je vous y trouverais ; et si je descendais juscfuedans lefonddcs enfers jevous y trouverais encore. Si je prenais des ailes et m'etivolais à l'extrémité de l'Orient, ou si je me retirais à rexlrémité de l'Occident, ivous me viendriez prendre de votre main pour me mener ail il vous plaît (1).

Cependant, quoique les philosophes païens soient arrives par la considération des créatures et la connaissance de ces perfections divines qui nous sonl révélées dans l'Ecriture sainte , i:éanmoins la nécessité de la foi se .reconnaît d'autant plus, même à cet égard, qu'elle ne fait pas seulcmenl, comme nousPa-

(1) Joan. 4, 24; Math. 5, 48; llehr. 4, 15; Rom. 42, 13; Rom. 3, 4; Joan. 14, G; ps. 47, 11; ps. 144, 10; Jer. 9, 24; ps. 138, 8 et se<j.

vons déjà dit, que ce que les philosophes païens counaisscnl après de longues éludes et beaucoup de .peines, soit connu sans étude el sans peine par les personnes les plus grossières et les plus ignorantes ; mais encore que la connaissance que l'on a par elle des vcrilés divines est bien plus certaine, plus pure et plus exemi^c d'^reur que si on les connaissait par les raisonnements de la science humaine.

Mais ce qui doit encore nous faire estimer davantage la connaissance que nous avoos de Dieu par la lumière de la foi, c'est qu'elle le lait connaître infailliblement à tous ceux qui l'ont reçue, au lieu que la recherche des choses naturelles ne conduit pas ordinairement à la conuaissance de Dietïtous ceux qui s'y appli(picnl.

Or, tout ce que nous connaissons de Dieu par la foi est renfermé dans les articles du Symbole. Car nous y découvrons l'unité de la nature divine et la distinction des trois personnes; que Dieu est la lin dernière de l'homme, et que c'est de lui qu'il doit attendre son bonheur éternel, conformément à ce que dit S. Paul (llebr. ii, G), (pie Dieu récompense ceux qui le cherchent. Le prophète Isaïe a bien fait voir que ces biens ne sont pas de ceux qui se peuvent connaître par la seule lumière liaturelle, lorsqu'il a dit longle.ujis avant l'Apôtre que l'oreille na point encore entendu, ni l'œil na point encore vu ce que Dieu a préparé à ceux cjui espèrent en lui. (Isa. G4, 4.)

ii est donc aisé de conclure de ce que nous venons de dire qu'il faut conli sser qu'il n'y a qu'un seul Dieu, cl non pas plusieurs dieux, p«is(|ue nous reconnaissons que Djeu est souverainement bon el souverainement parfait, et qu'd est impossible (pie la souveraine bonté el la souveraine perleclio!i se trouvent en plusieurs. En eft'el celui à qui il mauque quelque perfeclion ne peut être absolument parfaii, el par conséquent il est défectueux et impariait; et ainsi il n'esl point Dieu.

Cette vérité nous est manpiée dans plusieurs lieux de l'Ecriture sainte, dans le Deuîéronome, où il est dit (Dent. G, 4) : Ecoulez^ Israël,, notre Dieu est le seul Dieu véritable ; âi\n^ lExode, où Dieu fait ce couimandément (Exod. 20, 5) : Vou» n'aurez point de dieux étrangers avec moi; dans Isaïe^ où Dieu déclare souvent par la bouche de ce prophète (H, 4; 4i, G.). qu'/7 e&l le premier el le dernier, cl qu'il n'y a point d'autre Dieu que lui; et dans l'Epître aux Ephésieiis, où l'Apôire témoigne ouvertement qu'i7 n'y a qu'un Dieu, qu'une foi et qu'un baptême. (Ephes= 4, 5.)

Et nous ne devons pas élre surpris de voir que l'Ecriture saint*; donne (pielquefois le r.om de Dieiî aux |!r<>phètes cl aux juges. (>ar lorsqu'elle le leui' donne, ce n'est pas à la nianière des païens qui se sont forgés plusicmrs dieux, avec autant d'impiéléque de folie ; mais que c'est seulement pour marquer, selon une manière ordinaire de parler, ou quelque perfection particulière dans ceux à qui elle donne ce nom, ou l'excellence du ministère où Dieu les a élc- \és.

La foi enseigne donc qu'il n'y a en Dieu qu'une seule nature, une seule substance et une seule essence, ainsi qu'il a été défini parle concile de Nicée, (pii a conlirmé cette Aéiiié. Et non seulement elle reconnaît un seul Dieu, mais s'élevanl encore plus haut elle le reconnaît tellement uu par essence, qu'elle révère en son unité la triniié des personnes, et dans celte trinité l'unité de son essence. C'est ce myskre qu'il faut maintenant expli(;uer selon la suite du Symbole.

§ 5. Le Père.

Comme l'on donne à Dieu le nom de Père pour plusieurs raisons, il f;iut d'abord montrer en (piel sen» proprement on le lui attribue dans cet article.

Quelques-uns de ceux mêmes dont les ténèbres n'avaient point été dissipées |>ar les lumières de la foi^ ayant compris qu'il fallait entendre par le rom *h Dieu un être éternel qui lût le principe de ijutes cho-

ses, qui gouvernai pnrsa providence louics choses, el les conservai chncuMe dans son ordre et dans sonci.ii naiurel,onlcruenménie temps que, comme parmi les hommes on appelle père celui qui est l'origine d'ime familleetquilag(!uvrnieparsesconseilselparsesordres, ils devaient par la mênje raison dormer à Dieu le nom de Père, puisrju'ils le reconnaissaient pour le créai(;ur de toutes choses, et pour celui qui gouverne toutes choses.

L'Ecriture même donne à Dieu ce nom, lorsqu'xjMe veut nous portera lui altribuer la création de toutes choses, el à reconnaître en lui celle souveraine puissance; qu'il a sur elles, et celle providence admirable qu'il l'ait paraître en les gouvernant. Ainsi nous lisons <lans le Dentéionome ( Deut. 32, 6) : N'est-ce pus le Seigneur qui est voire père, ô Israël, qui vous gouverne^ qui vous a créé el vous a fait? et en tiu autre endroit (MalaclK 2, 40) : N'est-ce pas Dieu seul qui est le père de nous tous? N'est-ce pas lui seul qui nous a créés ?

Mais en plusieurs autres endroits de l'Ecriture sainte, el pariiciilièrement dans le nouveau Testament, Dieu est appelé dans un sens plus particulier le Père des chrétiens. Nous n\wons ^oint reçu, diii'Alôlre (Uom. 8, 15), Cespril de servitude pour vivre ^n- ■€ore dans la crainte, mais l'esprit d'adoption des enfants de Dieu, par lequel ?wus crions: Mon Père, mon Père. Considérez, dit S. Jean {1 Epist. 5, 1), cfuel amour le Père nous a témoigné, de vouloir que nous fussions ap- * clés et que nous soyons en effet enfants de Dieu. Que si -flous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers, dit encore S. Paul, héritiers de Dieu et cohéritiers de ïésus-Christ, qui est l'aîné entre plusieurs frères, et qui ne rougit point de nous appeler ses frères.

Soit donc q«c Ton ait égard à celîe rais; n commune de la création et de la providence , ou à celle raison particulière de l'adoption spirituelle, les fidèles cont'cssenl avec beaucoup de fondement qu'ils reconnaissent Dieu pour leur l'ère.

Mais outre ces notions que le nom de père imprime naturellement dans l'esprit, il C.iul que les pasteurs apprcnnenl aux liilèles à élever leurs pensées à de plus hauts mystères, lorsqu'ils l'entendeni prononcer: car, par ce nom de père, l'E-lise, qui nous proptsse les paroles du S} uibolc conwne autant d'oracles, commence à noHS f;îire entrer dans la connaissance de ce qu'il y a (le plus cache et de plus impénélrahle dans celle lumière inaceessiWe que Dieu habile, et à cpioi l'esprit de riioinme ne saurait atteindre ni p;'rler ses pensées.

Car ce mol nous marque qu'il ne faut pas croire que comme il n'y a qu'une seule nature en Dieu, il n'y ait aussi qu'ime seule per^onne, mais qu'il y en a trois distinctes l'une de l'antre dans l'unité d'une même nature : celîe du Père qui n'est engendiée de. nulle autre personne ; celle du Fils qui est engendrée du Père avant lojis les siècles; el celle du Saint-Esprit qni procède aussi de lonie éiernilc du Père el du Fils. Le Père est dans l'unité de la nature divine la première personne, qui est avec son Fils unique et le S:>.inllijspril un seul Dieu el ujj seul Seigneur, non dans la snigulariîè d'uic seule personne, mais dans Tuiiilé d'une seu'e nature, qui est la même dans toutes les trois. El la nature divine est tellement la même chose dans toutes les trois personnes, qu'il n'est pas même j)ermis de concevoir aucune dissemblance ou inégalité enlre elles, mais seuiementde les distinguer l'une de l'antre par huis propriétés, qui sont que le Père n'est point engendré, que le Fils est engendré du Père, et que le Saint i:s; rit procède du Père el du Fils. Nous confessons donc de telle sorte (jue ces trois personnes n'ont (lu'une même nature el (-u'une mcuie substance, que dans la confession de loi que nous laisons d'une seule véritable et éternelle divinité nous croyons qu'on doit révérer avec de profonds 'seniimenls de [)iété et de sousnission les propjiélé. dilTéventes dans les pers^onnes, l'unité dans la naluiv di-

viiic, et l'égalité (hms hi Trinité.

Lors donc (pie nous disons que la personne du Père est la première personne de la Trinité, ce n'est p. s que nous reconnaissions dans la Trinité quelnue inégalité d âge ou de perfections. A Dieu ne plaise (in'nne telle impiété tombe d:u.s l'esprit des fidèles, qni savent que la religion ( hrélieni.e leur eiisei^ne une ces trois personnes sont éiernelles, et égales eu maieslé et en glone ! ma« nous vo«lons dire que n )us crevons lermement que le Père csi principe sans principe, et que comme 11 est distingué des autres personnes par la propriété de Père, il lui convient aussi à lui seul d engendrer de toute éterniié le Fils. D'où vient nue dans cet arlidc nous ioign<M:s ensemble ces noms! Dieu et Père, pour nous faire souvenir une la menuere personne a toujours été Père et Dieu lout ensemble.

Mais comme il n'y a rien de plus périlleux nue de vouloir trop pénétrer ce mystère, qui est le plus élevé et le plus dilhciiede tous a concevoir, et à l'égard duqmq. il est 1res dangereux de tomber dans l'erreur il Jaulque les pasteurs fassent entendre à leurs peupies qu Ils doivent tenir religieuscmeni ces noms d'essence cl de personne, qui sont propres pour expliquer ce mystère, cl savoir que l'unité est dans l'essence et Ii distinction dans les personnes, sans entreprendre ô^ pénétrer plus avant dans ce mystère, se souvenant de ces paroles duSage(Prov. 25, 27), que celui qui veut pénétrer dans la majesté de Dieu, sera opprimé par l'éclat de sa gloire. i- » o

Il nous doit donc sulTire que c'est Dieu qui nous a enseigne ce (pie n«us savons, que la foi nous apprend (le ce mys:ere comme certain et indubitable, puisqu'on ne peut, sans le dernier abandouneinentct h. dernière lohe, ne pas croire à ses paroles, qui sont auîani d'oracles, et que c'est lui-même qui a ordonné à ses ap<5tres (1 insiruire tous les peuples, les baptsunl au nom 'au tere, du t ils et du Saint-Esprit (Malth. 28 19)ce qwi est confirmé par ces paroles de S. Jean (Èpisl! •'/^' i^ ^'^ " ''"^'^ '/"^* rendent témoignage dans le cui : le Père, le Verhe et le Saint-Esprit, cl tous trois sont une même chose.

Que celui donc (jui par le secours de la gràoe croit ces (livius mystères, prie sans cesse Dieu le Père (lui a crée de rien toutes choses, qui les ordonne .«ivee sa gesse cl selon leur pnspre inclination, qui :i d(»naé aux hommes le pouvoir de devenir ses enfants et leur a découvert le mystère de la Trinité; (lu'il le prie (is-je, s.ins cesse de le rciidrc digiie de j.uiir un jour de la bé;ailude éternelle, pour y eoiitemnier C(mibieii csl admirable la fécondité de Dieu le Père, qui, eu se c^uitemplant el se connaissant soi même, en^'en.lI■e le l^ils, qui lui est parfaitement semblable el égal en loutesclioses; commeni il se peut faire que le inêmc ainour décharné, qui est égalenn-ul <lans Ton el dans Tauire. savoir le Saiut-EspiiU|:ii procède du Père c: du Fils* es unisse ensemble par un lien éternel et indissoluble; enfin, comment dans celte Triniié divine il n'y a (ju'une même n;iture, el Iruis personne., liai failement distinctes.

§ 4. Tout-Puissant.

L'Ecriture sainte, pour faire comprendre avec combien de pié:é et de religioii il huit servir et honorer Dieu, a coutume d'exprimer sa grandeur et sa majeslé souveraine piir plusieurs noms augustes et magnifiques. Mais celui qu'elle lui ailribueleplus ordinairement estcelui de Toul Piùssanl. Ainsi, dans la Genèse, Dieu dit de lui-même qu'il est le Dieu toul-juiissani. El Jacob, envoyant ses enfants à Joseph, leur dit en leur sonhailant qu'.Is eu (usscnt bien reçus : Que mon Dieu, qui est tout-puissant, vous le rende favorable (Gènes. 45, U.) Enfin nous lisons ces p;!roles dans l'Apocalypse (1, 8) : Le Seigneur, qui est, qui était et qui sera le tout-puissant, el en un auire endroil du même livre : le jnge'ment est appelé le « grand jour de Dieu tonl-pniss;int »L'écriture marque cncOK; as^ez souvent celte toute-puissance par uaciies l'uçons d- parie»,

comme lorsqu'elle dit qu'i/ tùj a rien d'inipôssmeà bku{\

{Luc 1 , 57) ; que la main de Dieu nest pas impuissante mwn. 15,25): qu'i/ peut tout quand H lut plaît (S'ip 12» 18), et par plusieurs autres expressions semblables, qui nous font comprendre clairement ce nui est exiirimé par le mot de toul-puissanf. ^

Nous comprenons donc par ce ternie qu il n y a rien cl que nous ne pouvons rien nous imaginer que Dieu ne puisse faire , et qu'il n'a pas seulement le pouvoir de faire les choses que nous pouvons en quelque manière comprendre , comme de réduire toutes les créatures dans le néant et de créer plusieurs mondes de rien ; mais encore plusieurs autres choses pins surprenantes , que notre esprit n est p:>s même capable de concevoir.

Cependant, quoique Dieu puisse toutes choses , il Tie peut néanmoins ni mentir, ni tromper, ni être trompé, ni cesser d'être, ni ignorer quoi que ce soil : xar tout ceci ne peut se i enconlrer que dans une nature dont l'action est imparfaite. Or l'opération de Dieu est toujours très-parfaite , et ainsi il est fort éloigné de pouvoir faire aucune de ces choses, qui sont plutôt des marques de faiblesse et d'impuiss;^ncc que les effets d'une puissance souveraine et infinie telle qu'est la sienne. Lors donc que nous croyons que Dieu est tout-puissant, nous reconnaissons en même temps que l'on doit éloigner de lui tout ce qui ne peut convenir à une nature souverainement parfaite.

Ainsi c'est avec beaucoup de prudence et de sagesse que les apôtres, ayant passé sous silence les autres noms que l'on donne à Dieu, ne nous ont proposé dans le Symbole , (jue celui de Tout-Puissant. Car nous ne saurions confesser que Dieu est tout-puissant et qu'il peut faire toutes choses, que nous ne reconnaissions en inême temps qu'il fait tout, que tout est soumis à son empire souverain , et qu'il possède toutes les perfections, sans, lesquelles nous ne pouvons concevoir qu'il

soit tout-puissant. . . , , , j r .-p

11 n'y arren aussi qui soit plus capable de lortiher notre foi et noti^ espérance que si nous sommes fortement persuadés qu'il n'y a rien que Dieu ne puiss(; faire. Car , supposé la conviction de cette vérité, il n'y a rien, quelque grand ei surprenant, quelque élevé et au-dessus de l'mdre et de la disposition naturelle des choses qu'il paniissc , à quoi l'esprit de l'homme n'acquiesce aisémentrel qu'il ne croie sans hésiter le moins du monde ; en sorte même que plus les choses qtierEciiture nous propose sont surprenantes, plus il se croitobligé de les croire ; et, lorsqu'il est dans l'altenle de quelque bien , au lieu'<le se laisser abattre par la diflicullé qu'il y a à l'obtenir, la pensée qu'il a (|u'il n'y a rien qu'un Dieu tout^puissanl ne puisse faire, l'anime à la confiance et relève de plus en plus son espérance.

Nous devons d(me nous munir de la foi de celte vérilé, soit que nous soyons obligés de faire quehjue action considérable pour le bien et l'uiilité du prochain , ou que nous voulions obtenir quehiue grâce de Dieu par nos prières. C'est ce que Notre-Seigneur lui-même nous enseigne , lorsqu'il déclare à ses apôtres, en leur rciprochant leur incrédulité ^M;ilth. 17, 19) , que s'ils avaient de la foi comme un grain de sénevé, ils diraient à cette montagne : Transporte-toi d'ici là , et elle s y transporterait, et rien ne leur serait impossible. lEl S. Jacques nous marque la confiance avec laquelle nous devons attendre de la toute-puissance de Dieu ce que nous lui demandons, par ces excellentes paroles (1, 6) : < Que celui qui demande la sagesse, la demande sans aucun doute : car celui qui doute est semblable au flot de la mer , qui est agité et emporte . çà et là par la violence du vent. Il ne faut donc pas, ajoute ce saint, que celui-là s'imagine qu'il obtiendra linéique chose du Seigneur. »

La foi de cette même vérité nous apporte encore plusieurs autres grands avantages. Car elle nous fait garder la modestie cl l'humilité dans toute notre conduile, comme S. Pierre nous le recommande par ces

paroles (1 Ep.-S, 6) : Hnmiliez-vous sous In puhsantemain de Dieu. Elle nous apprenJ à ne point craindre les maux dont Ifes méchants nous menacent et qui ne sont point véritablement à appréhender, mais seulement à craindre Dieu en ta puissance de qui nous sommes, nous et tout ce qui nous appartient. Je "m'en vais vous apprendre, dit Noire-Seigneur (Luc. 12, 5), qui vous devez craindre : Craignez celui qui après avoir ôlé la vie , a encore le pouvoir de jeter dans renfer. Ènlin elle sert à nous faire publier et reconnaître les bienfaits infinis que nous avons reçus de la bonté de Dieu. Car il est bien difficile que celui qui considère que Dieu est tout-puissant, puisse être assez méconnaissant et ingrat pour ne pas s'écrier souvent, à l'exemple de la sainte Vierge (Luc. 1, 49) : Le Tout-Puissant a fuit en moi de grandes choses.

Au reste, quand, dans cet article, nous appelons le Père : toul-puissant, il ne faut pas croire que ce nom lui soil lellenienl iropre , qu'il ne soil pas commun au Fils et au Saint Esprit. Car, de même que nous disons que le Père est Dieu , (pie le Fils est Dieu , et (pie le Saint-Esprit est Dieu, quoicjue nous ne croyions point que ce soient trois dieux , mais un seul Dieu nous confessons aussi «pie le Père, le Fils et le Saint Esprit sont également puissants , quoique nous ne croyions pas qu'il y ait trois Tout-Puissants, mais un seul ToUt-Puissanl. Mais nous attribuons parliculièrement la loute-puissance au Père, parce qu'il est l'origine el la source de tout être , de même que nous attribuons auTils la sagesse, parce qu'il est le Verbe éternel du Pèra, et au Saint-Esprit la bonté, parce qu'il est TamoUr du Père et du Fils, qnoiijue, selon les règles de la foi catholique, tous ces noms el plusieurs autres semblables conviennent également à toutes les tn)is personnes.

§ 5. Créateur du €iél et de la terre.

11 sera aisé de remarquer par ce qu'il faut expliquer ici de la création du monde , combien il était nécessaire de faire connaître aux fidèles que Dieu est loul-puissanl. Car celui (|ui est persuadé de la puissance infinie du Créateur , n'a pas de peine à croire qu'il n'a pas forme le monde d'aucune matière ; mais (|u'il l'a créé de rien , qu'il l'a fait de son propre mouvement sans y avoir été contraint par aucune force étrangère, ni par aucune nécessité ; que rien ne l'a porlé à Cuire cet ouvrage si miraculeux ei si admirable que la volonté qu'il a eue de communi(juer sa bonté aux choses qu'il a laites, étant d'ailleurs parfaitement bon et heureux par lui-nsême , el n'ayant besoin d'aucune chose, selon la vérilé de ces paroles de David (ps. 15, 1) : Je vous ai dit , Seigneur : Vous êtes mon Dieu ; tous n'avez nul besoin de mes biens ; enlin que comme il n'y a eu que sa bonté qui l'a porlé à faje tout ce qu'il a voulu, ilest aussi certain quil n'a suivi en créant toutes choses aucun original ni aucun modèle qui fût hors de lui-même ; maisque réfléchissant sur sa propre c<mnaissaiice (pii renferme le» idé(;s de toutes ciioocs, il les a comme imitées, et a formé toutes choses sur ce modèle divin avec une sagesse souveraine et par la ver;u de sa toute-puissance. // a parlé, dit le Prophèie-Roi, et toutes choses ont été faites, il a commandé, et toutes choses ont été créées.

Il faut donc entendre ,par le ciel el la terre, dont nous confessons ici que Diiu esl le créateur, Unit ce que le ciel et la terre renferment. Car, ouire l'étendue que Dieu a donnée au ciel , que le Prophète appelle Vouvrage des doigts de Dieu (ps. 8, à) , il l'a orné de la lumière du soleil , et de la lune , el des autres astres , pour servir de signes et pour marquer la difféience des saisons, des jours et des années, et il a tellement réglé le cours de loiis ces globes célestes, que, comme il n'y a rien de plus rapide que leur mouvenwiul coniinucl , il n^y a rien aussi de plus réglé ni de plus ci.rtaiiu

Dieu créa encore de rien toutes les créatures spirituelles, el une multitude infinie d'anges pour être dev.mi le trône de sa majesté, et lui servir de ministres.

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M releva Icur^-iialure cl la perfectionna en leur doiin.vnt sa grâce et 'iine grande puissance. Car lorsque TEcrilure dit en s:)int Jean que le diable ne demeura pas dans la vérité, cel « montre clairement que tant lui (|ue le reste des anges qui le suivirent dans sa cluile , avaient reçu la grâce d:ms leur origiae. El S. Augustin confirme celte vérité quand il dit que Dieu créa les angos avec une bonne volonté et avec un amour chaste qui les unissait et les attachait à lui , leur ayant donné en même temps la nature et la grâce. Ainsi nous devons croire que les saints anges n'ont jamais été sans la bonne volonté, c'est-à-dire sans l'amour de Dieu.

Ils furent aussi remplis de sagesse et d'intelligence. C'est ce que nous apprenons des paroles que cette femme dont il est parlé dans le second livre d( s Rois (14, 20 ) adressa à David : Je nois bien maintenant , lui dit-elle , mon seigneur et mon roi , que votre sagesse égale la sagesse des anges du Seigneur , et qu'il n'y a rien que vous ne connaissiez. Et David même , cet homme tout divin, nous marque leur puissance, lors- <|u'il dit : Anges , bénissez Dieu , vous qui avez tant de force et tant de pouvoir pour faire exécuter ses volontés. Lt c'est en vue de cette puissance que l'Ecriture les appelle fort soirvent les vertus et les armées du Seigneur.

Cei^endant,, quoique les anges eussent tous été ornés et relevés par tant de dons et de grâces, plusieurs néanmoins ayant abandonné Dieu, leur père et leur créateur, furent chassés de ces demeures élevées où ils avaient été placés, et furent renfermés comme dans une pri-on dans les lieux les plus bas et les plus obseurs de la terre pour y souffrir les peines éternelles dues à leur orgueil- Ce qui a fait dire au prince des af)ôlres ( 2 Pet. 2, 4 ) que iJicu n''a point épargné les anges qui ont péchés mais qu'il les a précipités dans l'abîme , oii les ténèbres sont leurs chaînes, pour être tourmentés et tous comme en réserve jusqu'au jugement.

Dieu aussi alfcmiit par sa parole la terre sur son propre poids , et il la suspendit au milieu du monde, il disposa les montagnes et les campagnes dans les lieux qu'il lui j)lut. El de peur que les eaux de la mer vinssent à l'inonder et a la couvrir, il leur donna des. bornes qu'elles ne peuvent passer. Enfin il ne l'orna pas et ne la couvrit pas seulement de touie sorte d'arbres, d'herbes et de fleurs; mais il la remplit, aussi, bien que la mer et l'air, d'une infinité d'animaux de différentes espèces.

Enfin il forma du limon de la terre le corps de l'homme, et le disposa en sorte qu'il pouvait être iminoriel et impassible, non de sa nature, mais par une grâce particulière. El pour l'âme il la créa à son image et à sa ressemblance, il lui donna le libre arbitre ^ et modéra tellement tous ses mouvements et tous ses désirs , qu'ils étaient pleinement soumis à la raison. Il ajouta encore à ces avantages le don admirable de la justice originelle, et il voulut que l'homme dominât sur tous les animaux , comme il est rapporté dans la Genèse, d'où les pasteurs pourront aisément tirer les connaissances [)lus particulières qu'ils voudront donner aux fidèles touchant la création du monde.

Voilà ce qu'il faut entendre par la création du ciel et de la terre , dont il est parlé dans cet article du Symbole. C'est ce que le Prophète a renfermé brièvement dans ces paroles ( ps. 88, 12 ) : Les deux et la terre sont à vous : vous avez fondé le globe de la terre j cl tout ce qu'elle enferme dans son étendue; et que les Pères du concile de Nieée ont voulu encore marquer en

créaletirel l'auteur de toutes choses, il faut encore être fortement persuadé qu'ayant accompli l'ouvrage de leur création , elles n'ont pu subsister un moment ^ indépendamment de lui. Car, comme elles n'ont pu être tirées du néant que par un effei de la toute-puissance, de la sagesse et de la bo ilé du Créateur, elles retomberaient aussitôt dans le néant, si sa providence ne les maintenait et ne les conservait par un effet de cette même puissance par laquelle il les a créées. C'est ce que l'Ecriture nous a voulu apprendre par ces paroles que le Sage adresse à Dieu (S:tp. Il, 26) : Comment est-ce que quelque chose pourrait subsister si vous ne le vouliez? ou comment ce que vous n'avez point (ait se pourrait-il conserver ?

Et non seulement Dieu conserve et gouverne lout(;s choses par sa providence, nnûs même il ment et fak

point

secondes , il la prévient néanmoins par sa vertu secrète qui s'étend sur toutes choses, agissant fortement, comme dit le Sage (Sap. 8, 1), dans toutes choses, et les ordonnant avec beaucoup de sagesse,, selon leur propre inclination. Cesl ce qui a fait dire à l'Apôtre, lorsqu'il annonçait aux Athéniens la vérité de Dieu, qu'ils adoraient sans le connaître : C'est que Dieu n'est pas loin de chacun de nous , puisque c'est par lui que nous

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article, pourvu qu'ils ne manquent pas de les avertit que l'ouvrage de la création est commun à toutes les trois personnes de la sainte Trinité. Car comme nous, confessons dans cet article, selon, la doctrine des apôtres, que le Père est le cré.ileur du ciel et de la terre,. S. Jean aussi nous a^pi^eud que toutes. choses ont été faites par le Fils-, ( 1,.5 ). El il est dit dans la Ge-^ nèse ( l, 2)., que llEsprit de Dieu était porté jsur le^ eaux,. et en un autre endroit de l'Ecriture ( psalm. 32, 6 ),, que les deux., ont élLcréés par la parole du Seigneur^ al toute leur beauté ^par le souffle de sa bouche,

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