‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 187 sur 368 · ET EN JÉSUS-CHRÏSI SON FILS UNIQUE, NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

ET EN JÉSUS-CHRÏSI SON FILS UNIQUE, NOTRE-SEIGNEUR

Non seulemcnL S. Jean nous fait connaître combien sont grands et admirables les avantages que les hommes tirent de la confession de cet article, lors qu'il dit ( 1 Epist. 4. 15) que quiconque aura confessé que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu, mais Noire-Srigueur même nous le marque lorsqu'il adresse ces paroles à S. Pierre (Malth. 16, 17 ) : Vous êtes bienheureux, Simon, fils de Jean, parce que ce n'est point la chair et le sang qui vous ont révélé ane je suis le Fils de Dieu , mais mon Père qui est dans le ciel. En effet la foi de cette véiiié est le fondement inébranlable de notre salut et de notre rédemption.

Mais, parce qu'on ne peul mieux comprendre le fruit merveilleux que nous en recevons que par la connaissance de l'état très-heureux dans lequel Dieu avait mis le premier homme, et dont il est déchu, les pasteurs auront soin de faire coimaîire aux fidèles que cette chute est la cause de toutes les misères et de toutes les peines auxquelles tous les hommes sont sujets en cette vie. En effet, aussitôt qu'Adam eut désobéi à Dieu , et qu'il eut violé le commandement qu'il Ici avait fait de ne point manger du fruit défendu par ces p;u-oles (Gen. 2, 16 et 17) : Vous mangerez du fruit de tous les arbres du paradis terrestre, mais vous ne mangerez point du fruit de l'arbre de la science du bien et du

ou tombent sous les sens, et ce som celL s que ce cou cile appelle visibles; ou elles ne peuvent être comprises que par notre esprit, et sont seulement intelligibles^ et ce sont celles qu'il nomme invisibles. Mais ce n'est pas assez de croire que Dieu est le

saint concile de Trente a si amplement marqués. (Supra, sess. 3, can. 1 et 2.)

Ce péché et la peine de ce péché ne se sont pas arrêtés dans la personne d'Adam , mais ils sont passés de lui} comme de la source et de la causC| à toute và

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posléri'.é (scss. 6, can./^ cl 2 ). Ainsi loul le ffcnre luiniain élanl déclin du iianl degré de graiideur cl d'excellence où il avait éié créé, et ne pouvant être relevé de sa chute, ni être rélai)ii d:ins ce premier état par les forces des homnies on des anges , le seul rcniède qui restait à nos maux était que le Fils de Dieu s'unît par sa vertu toule-puissante à notre faible naliire pour détruire la malice infinie du péclié, et pour nous réconcilier avec Dieu par l'effnsiou de son san^. La foi et la confession de ce mystère de la rédemption est et a toujours été si nécessaire à tous les hommes pour être sauvés, que Dieu l'a fait connaître même dès le commencement du monde. Car, en même temps qu'il eut prononcé contre les hommes Tarrét de rond.mmation qui suivait immédiatement le péclié d'Adam, il leur lit concevoir l'espérance de celte rédemption par les paroles qu'il adressa au démon , où il lui déclare la perte qu'il ferait par la délivrance des hommes (Gen. 3, 15) : Je susciterai, lui dit-il, desinî' miliés entre toi et la femmes entre ceux qui l'appartiennent et sa postérité. Elle t'écrasera la tête, et tu lui dresseras des embûches.

Dieu n'a point cessé depuis de renouveler souvent cette promesse , et il l'a lait conenître plus clairement et plus distinctement à ceux à qui il a voulu donner des témoignages plus particuliers de sa bonté. Entre ces personnes Abraham a été un de ceux à qui il a découvert phjs souvent ce mystère; mais il ne s'en était point encore ouvert à lui si clairement que lorsque ce saint patriarche, voulant kii sacrifier Isaac, son (ils unique, pour obéir au commandement qu'il lui en avait fait , Dieu lui dit (Gènes. 22 ^ 16) : Parce que vous avez obéi à mon commandement et que vous n'avez point épargné votre fils unique , je vous bénirai et Je vous donnerai une postérité attssi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable cpii est au bord de ht mer. Votre postérité possédera les villes de vos ennemis , et toutes les nations seront bénies en voîis , parce que vous avez obéi à ma parole. Car il élaii aisé à Abrah:im de conclure de ces paroles qu'il naîtrait de sa postérité un homme qui délivrerait et sauverait tous les hommes de la tyrannie très-cruelle du démon; et ce ne pouvait être un autre que le Fils de Dieu, qui devait naître de ce saint patriarche selon la chair.

Quehpie temps après, Dieu, voulant conserver la mémoire de celle promesse , la renouvela à Jnciib , pelil-fils d'Abraham (Gènes, cap. 28), ayant fait avec lui la même alliance qu'avec son père ; car, ce patriarche ayant vu d;^ns son sommeil une échelle dressée sur la terre, dont les extrémités touchaient de la terre jusqu'au ciel , par laquelle , comme remarque l'Ecriture, les anges de Dieu montaient et descendaient, il entendit Dieu qui lui dit, étant appuyé sur le haut de cetle échelle (Gènes. 28, 13) : Je suis le Seigneur et le Dieu d'Abraham , votre père , et le Dieu d' Isaac. Je vous donnerai , et à voire postérité y la terre où vous reposez , et votre postérité sera aussi nombreuse que la poussière de la terre. Elle s'étendra de l'orient à t occident et du septentrion au midi; ei toutes les nations de la terre seront bénies en vous et en votre postérité.

Dieu n'a point cessé depuis de renouveler toujours la mémoire de ses promesses, et défaire espérer un Sauveur, non seulement à ceux qui étaient de la race d'Abraham , mais encoie à plusieurs autres. C'est ainsi que l'état des Juifs ne fut pas plus tôt formé et leur religion établie , que ce mystère commença à être plus connu du peuple; car les créatures inani- , mées, aussi bien que les hommes, firent également > connaître combien grands doivent être les biens que nous devait apporter ce Sauveur cl ce Uédcrapteur. Et les prophètes , étant éclairés d'une lumière céleste , parlent si clairement à loul le monde de la naissance du Fils de Dieu, des actions miraculeuses qu'il devait ©|)érer, de sa doctrine, de ses mœurs, de la manière qu'il devait vivre dans le monde , de sa mort , de sa wsurrection, et de tous les autres mystères de sa vie.

qu'ils semhh'nt parler de choses qtii se soient passées do leur temps (1); de sorte qu'ôlé la diversité du temps, c'osl-à-dirc du présent et du futur, il n'y a point de difl'éience entre les prophéties des prophètes et les prédications des apôtres, entre la foi des anciens patriarches et la nôtre. Mais il faut maintenant expliquer en particulier chaque parole de cet article.

§ t. En Jésus-Christ.

Jésus. Cest le nom propre de celui qui est Dieu et homme tout ensemble. Ce nom signifie Sauveur, et il ne lui a pas étédonné par hasard ou par la volonté et la disposition des hommes, mais par la volonté et le commandement de Dieu , comme nous l'apprenons de ces paroles que l'ange adressa à Marie qui devait être sa mère (Luc. 1, 51) : Vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils à qui vous donneresle nom de Jésus. Le même ange commanda aussi à Joseph , répoux de la sainte Vierge , de lui donner ce nom , et lui déclara pourquoi il devait être ainsi ntmmé. Josep h, dii-il (xMatlh. i,,.20), Fils de David, n& craignez point de prendre avec vous. M arie votre femme;:, car ce qui est né dans elle a été formé par le Saint-Esprit^ et elle enfantera un fils qui sera appelé it^vs , parce que ce sera ^ui qui sauvera son peuple en le délivrant de scs^s. péchés..

11 est vrai (|u*on voit dans l'Ecrilure sainte que plusieurs personnes ont porté-ce noFU, comme le fils deNavé, qui succéda à Moïse, et qui conduisit au lieu de lui dans la terre promise le peuple qu'il avait délivré de l'Egypte, Dieu n'ayant pas voulu que Moïse le fil lui-même; et comme losedech, fils du grandprêtre. Mais avec combien plus de vérité et de raisoEt. devons-nous reconnaître que notre Sauveur a mérité ce nom , lui qui n'a pas seulement sauvé , mis en li^berté et éclairé un peuple particulier, mais généralen.ent tous les honmies qui ont été dans tous les temps, et qui n'étaient pas seulement accahlé> et pressés de la faim corporelle, ou opprimés sous la domination de l'Egypte ou de Babylone , mais qui éiaient ense* velis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, retenus captifs par les liens très-cruels du diable et dttpéché, leur ayant aussi acquis le droit à l'héritage du royaume du ciel, et les ayant reconciliés avec Dieu, son père. Ainsi toutes ces pei^onnes que TEcriture nous marque avoir porté le nom de Jésus, n'ont étéque les figures de INolrc-Seigneur Jésus - Christ , de même qije les grâces que le peuple juif a reçues par leur moyen n'ont été que les ligures de celles dont nous venons de marquer que tous les hommes devaient être comblés par Jésus-Christ ; de sorte que tous les autres noms que les prophètes ont prédit ini, devoir être donnés par l'ordre de Dieu , se rapportent tous à ce nom de Jésus, qui comprend parfaitement tout l'ordre et toute l'économie de la rédemption des hommes , au lieu que tous les autres noms n*en expriment qu'une partie*

Christ. Ce nom a été ajouté à celui de Jésus ; il signifie oint , et c'est un titre d'honneur et qui marque quelque ministère. Ainsi ce n'est pas un nom propre, mais il est commun à plusieurs. C'est pourquoi anciennement nos pères appelaient christs les prêtres et les rois qui étaient oints par le commandement de Dieu , à cause de l'excellence et de la dignité de leur ministère (1 Reg. 12 , 3; 15 , G ; 24 , 7) ; car c'est aux prêtres à recommander le peuple à Dieu par des prières conlinuelles, à lui oflrir le sacrifice, et à sa rendre médiateurs entre Dieu et les hommes ; et c'est aux rois à gouverner les peuples, à maintenir l'autorité des lois, à défendre la vie des innocents et à punir l'audace des coupables. Comme donc la majesté de Dieu éclale sur la terre plus particulièrement dans l'un et l'autre de ces deux jniuistcres , ceux qui éiaient choisis pour êlre roi^ ou pour être prêtres ,

(l)Isa. 7. 15; 8, 3; 9,6; 11 , 1,2; 53 tout au long. Jer. 15, 5 ; 30, 9. Dan. 7, 13 ; 9 , 24.

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étaient ornts et sacrés avec de riiuile avant que d'en faire les fonctions. On avait aussi coniume d'oindre les propliètes, qui, élan», comme les ambassadeurs et Tes inierprètes de Dieu , lious ont découvert les secrets du ciel et nouà ont cxliorlé^^ à clianger de vie , en nous donnant pour cet onrcl des insiruclions trèssalutaires , et en nous piédisunt lès inarix qui sont préparés au\ pécheurs.

C'est pourquoi .Ïésus-Ghrrst noire SauveTir, devant faire dans lo monde ces trois dilférenles fondions de prophète, de prêtre et de roi , a été oint et consacré non par le ministère d'aucun hoinme , mais par la vertu du Père céfesle; non d'une huile matérielle et terrestre, mais d'une huile toute spirituelle et céleste , ayuni reçu la plénitude des dons et des grâces du Saint-Esprit d'une manière plus excellente que loutes les autres créitures. C'est ce que le prophète fSaïe a déclaré dans ces paroles qu'il a dites au nom de Jésus-Christ même : L'Esprit du Seigneur s'est reposé sur moi ; c'est pourquoi il m'a consacré par son onction; il nCa envoyé pour annoncer C Evangile aux pauvres (Isai. 01, 1). Et c'est ce que le prophèlc-roi no'is a marqué encore p4us clairement lorsque , parlant du rédempteur des hommes , il dit (Psalm. 44, 8) que parce qull a aimé la justice et liai l'iniquité y (e Seigneur son Dieu C'a sacré dhiue huile de joie en tine manière plus excellente que t&us ce\ix qui participeront à sa gloire.

Jésus Christ a donc été le souverain prophète et le souverain maître qui nous a enseigné la volonté de Dieu, et qui, par sa doctrine, a donné la connaissance de son Père céleste à toute la terre ; et ce nom de prophète lui convient d'autant plus excellenunent,

que tous ceux qui ont été honorés de celte qualité consubslantielauPère.par qui toutes choses ont/té faites] n'ont été que ses disciples, et qu'ils n'ont été envoyés Entre les comparaisons dont on se sert pour laire

comprendre en quelque sorte la manière dout se fait

§ ^2. Son Fils unique.

Ces paroles obligent les (idèlesà croire encore eu Jésus Christ, et à coniemplcr en lui des mystères plus hauts et plus relevés que ceux ((ue nous venons <le marquer, savoir, qu'il est le Fils de llicu , et vrai Dkiu coumie son Père, (|ui l'a engendré de louie éternité, et qu'il est la seconde persojme de la sainte Trinité , égale en tout aux deux autres personnes. Car, comme nous reconnaissons qu'elles n'ont toutes qu'une même nature , une môme volonté et umi m.ême puissance, il ne peut y avoir, et on ne peut rien s'imaginer en elles d'inégal ni de dissemblable. C'est ce qui est évident par plusieurs témoignages deTEcrilurc saint-, mais surtout par celui-ei de S. Jean (1, \) ' Au commencement était le Verbe , et lé Verùe était avec Dieu, cl le Verbe était Dieu.

Or, lorsque nous confessons que Jésus-Christ est Fils de Dieu, il ne faut pas que nous concevions rien de terrestre ni de mortel dans cette naissance qu'il reçoit de toute cterniié, mais nous devons la révérer avec un profond respect, et la croire avec une ferme foi , sachant que notre esprit n'est point capable de la comprendre ni de la connaître parfaitement; et nous devons nous contenter de dire avec le prophète (Isa. 55, 8) comme tout ravis d'admiration à la vue d'un mystère si profond : Qui pourra expliquer sa génération?

Ce qu'il faut doue croire ,.. est que le Fils a la mémo ntàture , la même puissance et la même sagesse que son Père, comme nous le confessons plus disiinciement dans ces paroles du Symbole du concile de Nicée : Et en Jésus -Christ son Fils unique , ne du Père avant tous les siècles. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu du vrai Dieu, engendré et non pas fait, ,

principalement qjie pour annoncer la venue de ce grand prophète qui devaii sauver loul le monde.

11 a aussi été souverain prêtre , non pas à la vérité selon l'ordre du sacerdoce qu'exerçaient les prêtres de la tribu de Lévi dans ranciemie loi, mais selon celui que le Prophète nous a marqué par ces paroles (psalm. 409, 4) : Vous êtes le prêtre éternel selon l'ordre de Melchisédech. C'est ce que saint Paul prouve clairement dans son Epître aux Hébreux (c. 7), où il s^'est particulièrement proposé d'établir celte vérité.

Enfin nous reconnaissons que Jésus-Christ est roi , Hon seulement en ta ni que Dieu , mais aussi en tant qu'homme, et qu'il pariicipe à notre nature, C'est ce que l'auge nous a vouhi marquer, lorsfju'il a dit de Fui (Luc. 1, 52) qu'i/ régnera élernetlement sur la maison de Jacob , et que son règne n'aura point de fin.

Or ce règne de Jésus-Christ est spirituel et éternel, et il se commence sur la terre et s'accomplit dans le ciel. En effet il n'y a point de fonction royale (|u'il H'exerce à l'égard de son Eglise par les clfeis admirables de sa providence. Il la gouverne , il la met à couvert des embûches et des violences de ses eiuiemis ; il lui prescrit des lois , et non seulement il lui communi(|ue la sainteté et la justice , mais il lui donne encore la grâce et la force qui lui sont nécessaires pour y persévérer. Mais, quoique ce royaume de Jésus- Christ comprenne aussi bien les méchants que les bons, et (|u'ainsi tous les houmies y soient également renfermés, ceux-là néanmoins éprouvent plus que tous les autres les effets de sa bonté et de sa libéralité souveraine, qui gardent ses commandements , et qui mènent une vie intioceute et exempte de vices. El il ne faut pas s'imaginer que ce royaume lui vienne par succession et par droit héréditaire, parce (ju'il est descendu de ros très-illustres. Car il a été roi parce (jue Dieu lui a communiqué toute la puissance , toute la grandeur et toute l'excellence dont la nature humaine était capable. Ainsi il l'a établi roi de tout l'univers , et lui a donné un empire souverain sur tontes les créatures , qui lui seront pleinement et parfaiiement assujéties au jour du jugement; conune elles ont déjà commencé de l'être.

cette génération éternelle , il n'y en a point qui ait plus de rapport que celle qui se prend de la manière dont se forme ï)Otre pensée ; d'où vient que S, Jean appelle le Fils de Dieu le Verbe (Joan. 1,J). Car, autant que la différence qu'il y a entre les choses divines et humaines le peut permellre , l'on peut dire que, de même que noire esprit en se connaissant soimême forme une image q:ui le représente, que les théologiens appellent Verbe ; ainsi Dieu en se connaissant soi-même produit le Verbe éiernel. Mais quoique cette comparaison puisse faire concevoir en quelque manière comment se fait la génération du Verbe éternel , il vaut mieux s'en lenir à ce que la foi nous propose, et croire sincèrement de Jésus-Christ qu'il est vrai Dieu et vrai homme ; qu'en tant que Dieu il est engendré de toute éiernilé de sou Père , et qu'en tani. qu'honmie il est né dans le temps de la vierge M^rie sa mère; ei qu'ainsi, encore que nous reconnaissioiîs en Fui deux naissances , il n'y a néanmoins qu'un seul Fils, parce que ce n'est qu'une même personne qui unit en soi la nature divine et la nature humaine. Si doîic l'on considère en Jésus-Christ la génération divine, il n'a ni frères ni cohéritiers, étant le Fils unique du Père , et nous les ouvrages de ses mains; mais si Ton considère sa naissance temporelle, noii seulement il appelle ses frères ceux qui l'ont reçu par la foi , et qui font paraître par leurs bonnes œuvres qu'ils croient effectivement ce qu'ils confessent de bouche, mais même il les regarde comme ses frères, ei il veut qu'ils participent avec lui à la gloire de l'héritage de son Père : ce qui fait que l'Apôtre l'appelle Vaîné entre plusieurs frères (Rom. 8, 29). § 5. Noire-Seigneur.

Entre plusieurs choses que TEcrilure dit de notre Sauveur, il est certain que les unes ne lui convieuiieni qu'en tant qu'il est Dieu , et les autres qu'en tant qu'il est homme. Car elle a parlé diffcremmeiîl de lui selon la diversité des propriétés qui conviennent aux deux natures différentes qu'il possède. Ainsi nous disons avec vérité que Jésus-Christ est tout-puissant , éternel, immense, parce que tous ces attributs »ou|

,g3 * CIIATÉCIÎlSME Dt3 CONCILE DE TRENTE.

propres à la nature divine qui est en lui. Nous disons aussi de lui qu'il a souffert, qu'il est mort , qu il est ressuscité, qui sont toutes choses que le inonde avoue être propres à la nature hnmanie. Mais, outre ces attributs propres à chaque nature il y en ad au- 1res «ni lui conviennent à c:uise de lune et l autre nature, coninje celui de Noire- Seigneur, que nous lui donnons dans cet article.

En effet, de même que le Fils de Dieu est éternel comme le Père , ainsi il est le Seigneur de toutes choses aussi bien que le Père; et de même que lui et le Père ne sont pas deux dieux différents, mais un seul et même Dieu, ainsi lui et son Père ne sont pas plusieurs seigneurs, mais un seul et même Seigneur. Il est aussi appelé Notre-Seigneur en tant qu'homme pour plusieurs raisons : car , premièrement , c'est un droit qu'il s'est acquis avec justice , puisqu'il a ete notre Rédempteur et qu^l nous a délivrés de nos péchés, ce qui a fait dire à l'Apôtre (Philip. 2, 8-11)

vir pour exécuter ce dessein, il faut avouer qu'il n'y a rien de pins grand ni de plus mngniHque que la bonté et la IU)ernIité de Dîcu envers les hv)mmes. C'est ce qui paraîtra évidemment par l'explication de ce troisième article, qui nous apprend la manière dont s'est opère ce grand mystère (jue TEcriture sainte nous propose très souvent " '' ' ■

fondement sur lequel noire sami pst nppavé

i'ent a considérer comme le principa

r lequel notre salut est appravé, Nous^

croyons donc et nous confessons par cet article que lorsque Jésus-Christ, Fils de Dieu, notre unique Seigneur, a pris pour nous la nature humaine dans le sein, de la Vierge, il n'a pas été conçu parla voie ordinaire des autres hommes, mais par une voie relie, savoir par l'opération du Saint-Esprit ; que la même nersonne d^mpnmni n;oii /...„

un nutn ifui tùi uiA.- 1*1-001*0 V*.. ...~.^ — , , - ,

nom de Jésus tout genou fléchisse dans le eiel, sur la terre cl dans les enfers, et que lonle langue confesse que le Seigiieur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu son Père. Il dit aussi de lui-même après sa résurrection (Matlh. 28, 18 ) que loute puissance lui a été donnée dans le ciel et sur la terre.

ible sens de cefe VOICI comme il Texprime : Qui est dic s-^

€ENDU DU CIEL POUR NOUS AUTRES HOMMES ET POUR NOTRE SALUT, ET QUI, AYANT PRIS CHAIR HUMAINE DE LA.

VIERGE Marie par l'opération du Saint Esprit a. ÉTÉ FAIT HOMME. Saiiit Jcaii TEvongéliste, qui avait puise dans le sein du Sauveur même la connaissance^

ar, après

Uans le Ciei ti om n* toin>. t - -~ — ■•• "" •^t«u»v.ui mcuic la uuiji

Il est encore appelé Seigneur, parce que la nature de ce mystère,, l'entend aussi de h\ sorte. C divine et la nature humaine étant unies eu lui en une avoir expliqué la nature du Yerbe divin par ces pamême personne , cette union admirable fait que quand rôles (Joan. 1, 1) : ^m commencemcnl était le Verbe^ même il ne serait point mort pour nous, il ne laisse- et le Verbe était avec Dieu, et le Yerbe était Dieu IL

- • ' ' "- conclut par celles-ci (ibid., U) : Et le Yerbe a été fait

chair, et tl a habité parmi nous. En effet le Verbe, qui est une des personnes divines, s'est tellement uni à la nature humaine dans ce mystère, que la nature divine et la nature humaine n'ont que la même personne dans Jésus Christ. Ce qui se fait d'une manière si admirable, que l'une et l'autre conservent dans cette union leurs qualités et leurs propriétés, et que, comme dit le grand pape S. Léon , la gloire de l'une ne déaonnee, coiiiuu&aïuns i^wiuuitn n y,^„ j..«.x. «». «««^ Iruil point l'autre qui hii est inférieure, ni Tunioii consacrer pottr toujours au service de notre Rédemp- de l'inférieure ne diminue rien de îa gloire et de l'exleur et Seigneur en qualité de ses esclaves. cellence de celle qui lui est supérieure.

El c'est ce que nous avons promis de faire lorsque § 1. Qui a été conçu du Saint-Esprit.

nous avons reçu le baptême. Car nous y avons déclaré Mais, pour ne pas omettre l'explication des parolesque nous renoncions au diable et au inonde, et que de cet article, les pasteurs feront remarquer aux finous nous donnions tout entiers à Jésus-Christ. Or si, dèles que lorsqu'on dit que le Fils de Dieu a été conçu. i/^*.c.-iiia nniic nniic ç^f^mmes enrôlés au nombre des nar ronérnl'Km du ^nini-ircmit na i.\.ci i^no ^..^ r^^^

rait pas d'être le Seigneur commun de toutes les créatures, et particulièrement des fidèles qui lui obéissent et le servent de toute l'affection de leur cœur.

C'est pourquoi il faut que les pasteurs exhortent les fidèles à faire attention sur cette vérité, afin que nous qui tirons le nom de chrétiens de celui de Jésus-Christ, et qui ne pouvons ignorer combien sont grandes les grâces que nous avons reçues de lui, puisqu'il nous l'a fait connaître par la foi qu'il nous a donnée , connaissions combien il est juste de nous

^ . T , .^. — « ^.^. conçu.

lorsque nous nous sommes enrôles au nombre des par l'opération du Saint-Esprit, ce n'est pas que Von soldats de Jésus-Christ, nous nous sommes dévoués à croie qu'ail n'y ait eu que celle seule personne de la

lui comme à Noire-Seigneur par une profession si "

sainte çt si solennelle , de quel supplice ne serionsnous pas dignes, si, après être enlrés dans l'Eglise, après avoir connu la volonté de Dieu et ses commandements , après avoir été purifiés par le baptême, nous vivions selon les lois et les maximes du monde et du démon; de même que si dans notre baptême nous nous étions dévoués au diable et au monde, et non à Jésus-Christ, notre Rédempteur et Seigneur. Y a-l-il donc quelju'un demi le cœur ne devienne tout ardent d'amour, voyant combien Noire-Seigneur a de bonté pour nous, puisqu'il a cette charité, qu'encore qu'il nous ait en sa puissance comme des esclaves qu'il a rachetés de son sang , il ne nous appelle pas néanmoins ses serviteurs, mais ses amis et SCS frères ? Et certes c'est par cet te raison , qui est la plus juste et qui est même la plus considérable que nous puissions avoir, que nous sommes obligés à le reconnaître continuellement , à le respecter et à le servir comme notre souverain Seigneur.

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