‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 190 sur 368 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

QUI EST DESCEiNDU AUX ENFERS, ET EST RESSUSCITÉ DES MORTS LE TROISIÈME JOUR.

Il importe extrêmement de conmître la gloire de la sépulture de Noire-Seigneur JéHis-Chrisl, de laquelle nous venons immédiatement de parler ; mais il est encore plus important de connaître les victoires illustres qu'il a remporté 'S sur le démon, qu'il a vaincu, el sur lenfer, qu'il a dépouillé. C'est ce (|u'il faut maintenant expliquer aussi bien que sa resuneetion. Car quoiqu'on puisse fort bien traiter sépaiéineni ces deux vérités, néanmoins nous avons ciu que, suivant l'autorité des saints Pères, nous devions joindre ce qui regarde le mystère de la résurrection avec sa descente aux enfers. § 1. Qjti est descendu aux enfers.

Ce qui nous est proposé de croire par ces premières paroles de cet article, c'est que Jésus-Ciirist étant mort, sou âme descendit aux enfers, et qu'elle y demeura tout le temps qie son corps fut dans le sépulcre, el que la même personne de Jésus-Christ a élé en même temps dans les e;ifers el dans le sépulcre. Ce qui ne doit poiiit paraître étrange, puisfiue, comme nous avons déjà dit, qnoiqne, l'àine de Jésus-Christ fût séparée de son corps, toutefois la di\iiiilé a toujours élé unie cl à son âme el à son corps.

Mais, comme il n'y a rien (jui puisse donner plus de jour à l'expliealion de cet ai tiele que de faire eonnaîlre d'abord ce qu'il faut entendre par le mol d'enfer, il faut savoir que renier ne se prend pas ici pour le sépulcre, comme quelque -uns te le soni imaginé avec autant d'impiété que d'i.^norance. Car les apôtres nous ayant enseigi*é dans l'ariicle précédent «pic Notrc-Seigneur a éié mis dans le sépdcre, il n'y a pas d'apparence qu'en composant la règle de la foi, ils aient voulu enseigner encore la môme cijose pai' une autre cl môme plus obscure nianièie de parler. Ainsi par ce mol d'euler il faut ciilendre ces lieux cachés où sont retenues les âmes qui n'(mt point encore reçu la béatitude éleriielle. C'est eu ce sens que l'Ecriture se sert de ce mol eu plusieurs endroits. C'est ainsi que S. Paul a dit (Philip. 2, 10): qu'au nom de Jésus tout genou fléchit dans le ciel , dans la terre et dans les enfers, et que S. Pierre déclare dans les Actes des apôlres (2, 24) : que Dieu a ressuscité ISotre- Seigneur

,g^ CATÊCinSME DU CONtiLE DE TRENTE.

Jêms-Clirht en anêtanl les douleurs de l'enfer, étant iwpoasible qu'il y fût retenu. , ,

Ces lioux néaninuins, qui sont exprimes par les enfers ne sont pas tous semblables; car il y en a nn qu-i esi comme une très obscure et ires-nifecle prison, ou les âmes des damnés sont conlinuellcmcnt lourmeniccs avec les démons par un feu qui ne se peut éteindre. Ce lieu se nomme la géhenne, l'abîme et proprement Tenfer. , ^ ,

Il y en a un autre qui est le feu du purgatoire, ou les âmes de ceux qui sont morts en grâce, y étant touv menlées pendant un cerlain temps, sont enlierenient purifiées de ce qui les empêche d'avoir entrée dans i'éîernellc patrie, oh rien de souillé ne peut entrer (Âpoc. 21 27). Et c'est pariiculièrement cette vériie, que les conciles déclarent élre établie par les léinoisna^^es de 1 Ecriture, et confirmée par la tradition des apôtres, que les pasteurs doivent avoir d'autant plus de soin de prêcher souvent aux peuples, que nous

sommes dans un temps où les hommes ne peuvent souflrir la sainte docirine. ,, . ,

Page 1