I.e troisième de ces lieux est celui ou les aines des
saints étaient reçues avant l'avènement de iNotre-Sei-
gneur Jésus-Christ, et où elles demeuraient en repos,
.sans aucun sentiment de douleur dans Pesperance de
leur rédemption. Et c'est proprement les âmes de ces
«maints qui attendaient letir Sauveur dans le sein d'Abraham que Notre-Seignour Jésus-Christ a délivrées
par sa descente dans les enft.Ts. , -^, .
Or il ne faut pas s'imaginer que Jesus-Clirist soit
descendu dans ces lieux seulement, parce qu'il y a fait
éclater les effets de sa puis ancc ; maisjl faut croire fermement que son âme V est effectivement descendue, et
qu'elle s'y est rendue féellemenl présente, comme il est
expressément marqué dans ces paro'es de David : Vous
ne laisserez point mon âme dans les enfers (|>s. i5, 10).
Et bien loin que cette descenie de Jésus Christ dans
les enlers ait rien diminué de sa puissance et de sa
majesté, on que l'obscurité de ces lieux ail terni le
moins du monde l'éclat de sa gloire; au contraire
il a fait voir par-là, non seulement (pie tout ce que l on
avait publié de sa sainteté était très-véritable, mais
encore qu'il était Fils de Dieu, comme il l'avait prouvé
la souveraine béatitude qui consiste dans la vision de Dieu; en sorte que ce que Notre-Seigneur avait promis au bon larron par ces paroles (Luc. 25, 43): i Voos serez aujourdUiui avec moi dans le paradis,» se trouva heureusement accompli. Kl c'esl de la délivrance de
auparavant par tant de prodiges et de miracles.
C'est <ie que l'on comprendra aisément si l'on c pare les raisons (jui ont porlé Jésus-Christ à desi
comlescenike dans ces lieux avec celles qui avaient obligé les antres hommes d'y aller. Car 1° tous les hommes y étaient descendus comme des captifs, au lieu que Jé- SMS-Cliriï^l y est descendu comme celui (|ui, étant seul libre entre Ions les morts (ps. 87, 4), et le seul viclorieux, venait pour terrasser les démons qui les y retenaient très étroitement renfermés, à cause île leurs péchés.
2° Tous les hommes qui y étaient descendus avant lui y éîaient tourmentés, où par de très-rigoureuses peines qui les alfligeaicnl d'une manière sensible, ou s'ils ne souffraient aucune douleur sensible, ils étaient dans nn grand ennui par la privation de la vision de Dieu, et par rincerliinde où ils étaient du temps où se devait accomplir l'espérance qu'ils avaient de lagl(>ire et de la béatitude qu'ils attendaient; et Jésus-Christ, au contraire, y est descendu non pour y souffrir, mais pour délivrer les saints et les justes de l'ennui et de la misère de cette captivité, et les rendre participants des fruits de sa passion. Ainsi sa descente dans les enfers n'a rien diminué de sa souveraine grandeur ni de sa toute-puissance.
11 y est encore descendu, non seulement afin de ravir au démon ses propres dépouilles, en délivrant de cette captivité les saints Pères et le reste «les justes qui y étaient détenus mais encore afin de les emmener comme en Hionsphe avec lui dans le ciel : ce qu'il fil d'une manière admirable et pleine de gloire. Car. sa présence réi>andit une lumière très-brillante dan> ce lieu où étaient ces heureux cajlits; elle remplit leur cœur d'une ioie inroncevabhî, et elle les fitjiuiirtlc
Zach'arie'par ces paroles (9, H) : C'est vous qui, par le sang de votre alliance^ avez retiré ceux qui étaient captifs delà fosse oii il n'y a point d'eau. Enfin TA poire nous marque celte vérité, lorsqu'il dit de Jésus-Christ (Col. 2, 15), € qu'ayant désarmé les principautés et les puissances , il les a menées hautement comme en triomphe à la face de tout le monde, après les avoir vaincues par sa croix.»
Mais afin de mieux encore comprendre la vertu et l'efficacité de ce mystère, il faut se souvenir que tous les justes, tant ceux qui vinrent au monde après Tavénement de Jésus-Christ que ceux qui depuis Adam l'avaient précédé, ou qui le devaient suivre jusqu'à la fin du monde, ont tous été sauvés par le mérite de sa passion : qu'ainsi avant sa mort et sa résurrection le ciel n'avait été ouvert à personne, mais que les âmes des justes qui mouraient étaient portées dans le sein d'Abraham ou dans le feu du purgatoire, où elles élaicnl purifiées, comme il arrive présentement à celles à qui il reste après la mort quelque tache du péché à effacer, pour laquelle il faut qu'elles satisfassent à la divine justice.
Enfin ce qui a obligé Notre-Seigneur Jésus-Christ à descendre dans les enfers a ^té afin qu'il y fil éclater sa vertu et sa puissance, de même qu'il l'avait fait dans le ciel et sur la terre; et, comme dit l'Apôtre (Philip. 2, 19), qu'à son nom tout genou fléchît dans It ciel, dans la terre et dans les enfers.
Qui n'admirera donc k bonté infinie de Dieu envers tous les hommes, et qui n'en sera surpris, voyant qu'il ne s'est pas contenté de souffrir une mort trèscruelle pour eux, mais qu'il a bien voulu encore pénétrer jusqu'aux plus basses parties de la lerre, pour en retirer les âmes des justes qu'il aimait irès-iendreiiiciit, et les emmener avec lui dans le ciel? § 2, Il est ressuscité des morts.
L'Apôtre fait bien voir combien les ()asteurs doivent être soigneux d'expliquer aux fidèles ces paroles, qui foiH la seconde partie de cet article, lorsqu'il dit àTiniothée (2, 2.8): Souvenez-vous que J ésus-Clirist est rcS' suscité d'entre les morts. Car il ne faut point douter que ce «|u'il a ordonné à Timothée ne soil aussi ordonné à tous ceux à ({ui le soin des âmes est commis.
Ainsi le sens de ces paroles est qu'après que Jésus- Christ Notre-Seigneur eui rendu l'esprit sur la croix, le vendredi à l'heure de none, et qu'il eut été le même jour au soir mis |>ar ses disciples dans nn sépulcre tout neuf, qui était dans nn jardin proche du lieu où il avait été crucilié, après en avoir obtenu la permis-, sion de fMlate, son âme lut réunie à sou corps le dimanche de grand matin, qui était le Iroisièuie jour depuis sa mort ; et qu'ainsi celui-là même (pii pendant ces trois jours était mort, ressuscita et reprit cette vie qu'il avait perdue en mourant.
Et (piand on dit que Jésus-Christ est ressuscité, il ne faut pas seulement concevoir qu'il a reçu une nouvelle vie, comme il est arrivé à plusieurs autres personnes, mais que c'a éié par sa propre vertu qu'il e?t ressuscité, ce qui lui est propre et singulier. Car il est contre l'ordre de la nature, et il n'est accordé à personne de pouvoir, par sa proj.re vertu, passer delà mort à la vie. Cela est propre à la seule touie-puissance de Dieu, comme lApôire nous le fait assez entendre par ces paroles (2 Cor. 15, A): Car encore que Jésus-Christ ail été crucilié selon la faiblesse de la chair , il vit néanmoins maintenant par la vertu de Dieu. Kn effet, c mime la divinité a toujours été unie et à son coi ps lorsqu'il ^tait dans le sépulcre, et à son âme lor quelledesct'iidil dans les enlers, il "«vait et iians son corps cl dans
son âme une veriu divine, par InqucUo S(>n corps ponvail èlre réuni à son nnic, el son ânic pouvait èirc rcnnic à son corps. Et ainsi il a pu, par sa propre verlu, se ressusciter soi même, et se redonner la vie. ï);a'i(l, étant rempli de Tesprit de Dieu, nous avait prédit celle vr'rilé p:ir ces paroles (i sal. 97, 2) : // /'« ^.auvé par la force de sa droite el de sou bras sahit. Kl Notre-Seignour Ta conlirniée lui-nicnie loisqu'il a dit (Jo:in. iO, 47 et 18) : Je quille via vie pour lu reprendre. J'ai le pouvoir de la qvillcr^ el j'ai le pouvoir de la reprendre; ci lorsque voulant donner aux Juifs une preuve de la votilé de sa doctrine il leur dit (Joan. 2, 29) : Lélrnhez ce lemple^ ei je le rél-ablirai en trvis '^jours. Car, quoi(iue les Juifs crussent qu'il voulait parler du temple de Jérusalem, qui avait éié bâti avec
paroles^du nu me aprtfrc le font Men v<.ir (I Cor. i5, 45 Cl f7) : Si Jésvs-Chrisl n'est point ressttsciiéf notre prédication est vaine, d notre foi est vaine aussi. SiJéfus-Cltrist wV.sf point ressuscité, votre foi est donc vaine; vous êtes encore ergocjés dans vos péchés. D'où vient que S. Augiislin, lout' surpris de voir la loi de cet article établie, s'éirieiCe n'est pas une chose surprcnmte de croire que Jésus- Christ soit mort. Les païens , lis Juifs et les vicchanls le croient. Tant le nwnde le ■croit. Mais la résurrection de Jésus-Christ est proprement l'objet de la foi des chrétiens. Voilà ce qui est siirrnnanl, que n( us croyt ns (ju'il est rfSî-uscilé. El c'est ce qui a oMiiié Noire-Seigneur à parler souvent de sa résurrection à ses disciples, ne les ayant presque jamais entretenus de sa passion qu'il ne leur ait en
même temps parlé de sa résurnclion. C'e^l ainsi qu'après leur avoir dit (Matlli. 46, 24) que IcFilsde t homme serait livré eux gentils, qu'il serait moqué, qu'il
tant de magnilicence, il n'eniendait i!é:inmoins parler que du temple de son corps, c( mme il csi marqué au
même lieu dans rEvangile. Lors doncqne nous lisoîis, „. ....^ ...^ yv,...,o, ./,. „ ccum muque, quu
en quelques endroits de rEcrilure, que Notre-Seigneur serait outragé, et qu'on lui cracherait au visage, et mCa-
Jésus-Christ a été ressuscité par son Père (Acl . 2, 24), près qu'ils l'auraient fouetté, ils le feraient mourir, enlin il
cela ne se doit cnlerdre qu'en lant qu'il est Ijoiuîne : ajouta, elil ressuscitera le troisième jour ; et que lorsque
de même que quand on dit qu'il est ressuscité lui- les Juifs lui eurent demandé de piou'ver sa doctrine
même [*ar sa propre vertu, cela ne se doit entendre qu'en tant qu'il est Dieu.
Mais ce qui est encore particulier à Jésus-Clirist, est qu'il a été le premier de tons (|ui a participé à la grâce de la résurrection. D'où vient que l'Ecrilurc rappelle le premier né d'entre les morts Et comme «lit l'Apôtre : JésuS'CInist est ressuscité d'entre les morts^ el il est devenu les prémices de ceux qui dorment pour se réveiller un jour. Ainsi, de même que la mort est venue par un homme, la résurrection des morts doit aussi venir par un homme. Car comme tous meurent en Adam, tous ressusciteront aussi en Jésus Clnist cl chacun en son rang. Jésus-Christ le premier, comme les prémices de tous, puis ceux qui sont à lui.
Ces pnroles de l'Apôtre se doivent entendre de la dernière et parfaite résurrection par laquelle nous passerons à la vie immortelle, étant entièrement délivrés de la nécessité de mourir. El c'est en celle manière que Jésus-Christ est le premier de ceux qui doivent re.*-susciter. Car si par la résurreclion nous eulendious seulement le retour à la vie, joint à la liécessilé de mourir une seconde fois , il est certain qu'en ce sens plusieurs sont ressuscites avant Jésus- Christ. Mais aussi toutes ces personnes en prenant celle nouvelle vie, ont été obligées de mourir une seconde fois. Or il n'en est pas ainsi de Jésus-Christ, car il est tellement ressuscité qu'ayant entièrement v;ùncu et détruit la mort, il ne peut plus mourir. JSovs S(Vons, dit TApôtie, que Jésus Chrnt élant ressuscité d'entre les morts ne mourra plus, et que la mort désormais n'aura plus d'empire sur lui.
§ 5. Le troisième jour.
Ces paroles ont besoin d'être expliquées en p.irticnlier, de peur q«:e les fidèles lie croient que Jcsus- Christ ait été peiulant trois jours entiers dans le sépulcre. Car il suflit poisr dire véril:iblemenl (pi'd a clé trois jours d:tns le sépulcre, et ([u'il est rcs.-.uscité le lioisième jour, qu'il y ail é:é pendant un jour naturel lout entier, et pendant une panie tant élu jour précédent que du jour .«-uivnnt. El c'est en ce sens qu'il faut entendre ces dernières paroles.
11 faui donc savoir que C( mn:e Jésns-CI risi n'a pas voulu difiérer sa résurreclion jusqu'à la lin du monde, pour donner une preuve de sa divinité, il n'a pas aussi voulu ressusciter inimtdialernent après sa niorl, mais sculenunt après Irois jours, i our faire connaître qu'il était viaiment homme, el qu'il était morlvériiablemcnt, cet intervalle de temps suflisant pour prouver la vérité de sa mon.
Les réres du premier concile de Conslanlinoplc onl ajoute a cet ariicle, qui rej^^arde la résuirection cic Jcsus-Chr.sl, ces paroles : Selon les EciuTtRES. .1 >ls ne loni fan après l'Apôtre que | our faire enin.dre que la foi du mystère de h. ré^u^ecti()n est abcolun:cul iccessaire et Irès-imporlante, cou me as
par quelque signe el quelque miracle, il ne leur répondit autre chose (Luc. 4 1 , 29 et 50), sinon qu'Une leur en donnerait point d'autre que celui du prophète Jonas et que comme Jonas avait été trois jrurs et trois nuit» dans le ventre de la baleine, ainsi le fils de l'homme serait trois jours et trois nuits dans le cœur de la lerrp (Maiih. 42, 39, 40.)
Mais afin de mieux comprendre le sens el la force de cet article de la ré^urre( lion qm^ nous expliquons il faill examine? Wm choses. 4" Pourquoi il a clé lécessaire (jne Jésus-Christ ressuscilâl. 2" (Juelle a été la fin Cl le biil de sa résurn ciion. 5° Quels sont tous les avantages et les fruits (jue nous en recevons.
11 a^donc été nécessaire q.ue Jésus Christ ressuscitât, 4° afin de faire | araître la justice de Dieu ; parce que c'était une chose loul-à-fait digne de sa justice d'élever celui qui, pour lui obéir, avait été méprisé et couvert de toutes sort» s d'opprobres et d'ignonnnies. L'Apôtre en rapporte celte r.tis» iidans S(>n E|îtreaux Philippiens (2,8): Il s'est rabaissé lui même, se rendant obéissant ju-^quà la mort , et jus(,u'à la mort de la croix. C'est pourquoi Lieu l'a élevé à une souveraine grandeur.
2" Afin de forlifler noire foi, sans laquelle Injustice de riomme ne peut subsister. Car c'est une trèsgraide preuve que Jésus-Christ est Fils de Dieu, de cejqu'il est ressuscité par sa pn»pie verin.
5" Afin d'entretenir et do fortifier noire espérance. En efîèl, pnrce que Jésus Christ e.^l ressuscité, nous avons une ferme confiance que nous ressusciterons aussi un jour avec lui , puisqu'il esl nécessaire que les membres suivent la condiiion de leur chef. C'est la coiiséquenee que tire l'Apôtre écrivant aux Corinthiens CI aux Thessaloniciens. Et c'est dans la même j-ensée que S. l'ierreadit res paroles (4 Episl., c. 4, 5 ei 4) : Léni soit Lieu cl Père de !Solre-Seignenr Jésus-Christ, qui selon la grandeur de sa miséricorde nous a réejénérés par la résurrection de Jéi,us Christ d'entre lis nwrts, pour 7wus donner une vive espérance, el pour nous faire arriver à cet héritage, cii rien ne peut se corrompre.
(Juiinl à la fin de la résorreclicn de Noire-Seigneur, il est certain (jue c'a été raccom)-lissement du mystère de notre rédemption et de notre salut. Car Jésus- Christ nous a bien délivrés de nos péchés par sa non , mais c'est par sa lésurrcction qu'il nous a létal lis d.ms la posse.»fsicn des principaux biens que nous avions perdus par le pé( hc. D'où vient qtie l'Apôtie dit (Rom. 4, 2à) que Jésus-Christ a été livré et la mort pour nos péchés^ et qu'il esl ressuscité pour notre justification. Ainsi afin qu'il ne manquât rien au salul des hommes, comme il a été nécessaire qu'il mourût, il a aussi été nécessaire qu'il ressuscitât.
Enfin il est facile de reconnaître, par tout ce qu'(»n vient de re| rcscnler, combien sont grands les biens
CATÊCiHiSME DU CONOLE DE TRKNÎE.
iî»9
q„e la résurrcclion de Jésns-Chrisi a apportés nnx fi(i(Mes Car non sculemenl nous connaissons pai la Usnrreclion de Jésus Clmsl que Dieu est .mmor el Plein deeloire, et victorieux de la mort et du diable, ie nue nous devons aussi croire et conf sscrde Jesns- Q)risL mais de plus elle est proprement la cause e le principe de notre résurrection , conime elle en est le modèle. Ce qui a fait dire à samt Pnul, parlant de a îésmrection du corps (2 Cor. 15, 21), que v^irce nue la mort est venue par nn Itomme , la resurreclwn d"s morts doU venir aussi par un homme. Et en elïet Dieu s'était servi de l'humanilé de Jésus-Chrisl comme d'un inslrumenl plein d'ellicace et de venu pour tout ce qui reg:ird:»ii louvrage de noire rédemption, sa résurrection a été comme riiislrumenl qui était nécessaire pour opérer noire résurrection ; et 1 on peut dire encore qu'elle en esl le modèle el l'exemple, puisqu'elle est la plus parfaite et h plus accomplie de toutes, et que comme le corps de Jesus-Clnist est nasse en ressuscitant à une gloire immortelle ; de inêmc nos corps de faibles et de mortels qu ils euvient aiiDaravanl deviendronl glorieux et immortels. Car, comme dit l'Apôtre (Philip. 5, 20), nous attendons le Sauveur, Notre-Seignenr Jésus Christ, qui transformera notre corps tout vil et abject qu'il esl , afm de le rendre conforme à son corps glorieux. ^ . , r-
On peut dire encore que la resurreclion de Jesusf.hrist peut être proposée à une âme morte par le péché, comme le modèle qu'elle doit imiter. Ce (jue la^ polie S. Paul insinue par ces paroles (l\om. b, 4 et 5) : Comme Jésus Christ est ressuscité d'entre les morts par lu gloire el la puissance de son Père , nous devons aussi marcher dans une nouvelle vie. Car si nous avons été entés en lui par la ressemblance de sa mort , nous y serons aussi entés par Ui ressemblance de sa résurrectim. El un peu a|.rès il ajoute (ibid. 9, 10 a 11) : Nmis savons que Jésu^-Christ étant ressuscité d entre les morts ne mourra plus, et que la mort désormais n'aura plus d'empire sur lui. Car, quant à ce qu'il esl mort , tl est mort seulement une fois pour le péché, mais, vwa7it maintenant, il vit pour Dieu. Ainsi vous devez vous considérer comme étant morts au péché, et ne vivant plus que pour Dieu en Jésus Christ.
Il faut donc que la résurrcclion spiriluelle de nos âmes soil conforme en deux points à la résiirrccûoii de Jésus-Cln isl. Le premier consiste en ce qu'aines que nous avons été lavés de> souillures de nos péchés, il faul que nous end)rassi()ns nn nouveau genre de vie, qui ne respire que l'inlégrité des mœurs, l'innocence, la sainteté, la modestie, la juslce, la bonté et rhumilité. El le second, en ce que nous devons persévérer lellement dans ce genre de vie, qu'avec le secours de Noire-Seigneur nous n'abandonnioiis point le chemin de la justice, après que lious y sommes une fois entrés.
El lespan.'les de l'Apôtre que nous venons de rapporter ne manjuenl [as seulement que la résurrection de Jésus-Christ nous est proposée comme le modèle de la noire ; mais encore ([u'clle nous donnera la force qui nous est' néces aire pour ressusciter véritablement, el qu'elle nous communique les lumières et les forces dont n(!us avons besoin pour per^évérer dans la sainteté et dans la justice, et pour observer les commandements de Dieu Car comme la mort de Notre- Seigneur ne nous serl pas seulement pour nous porter à mourir au péché , mais que de plus elle nous cominuniqKe la lorce el la vertu qui nous est nécessaire pour y mourir enlièremenl ; de môme aussi sa résurrection nous donne des forces pour acquérir la juslice cl pour y persévérer, alin que marciiani dans la nouvele vie à laquelle nous rc^suseilons , nous ser- >ions toujours Dieu avec piété et sainteté. Ainsi l'effel pailiculier (pie Jésus Christ a eu dessein de produire en nous par sa réiurrection a été (pi'après être morts avec lui au péché el au nu nde, nous ressuscitassions aussi avec lui à une noiivelle vie.
i.'Ai ôlre nous apprend quelles sont les marques
2fta
les plus certaines d'une vérilable résurrection , lorsqu'il dit (Colos. 5, 1) : Si vous êtes ressuscites avec Jésus-Chrisl , recherchez ce qui est dans le ciel oit Jésus- Christ est assis à la droite de Dieu. Car il montre nianifeslemenlpar ces paroles que ceux-là sont vérilablement ressuscites avec Jésus Christ qui ne désirent avoir de vie, d'honneur, de repos , et de ri(;hesses qu'au lieu où est Jésus-Christ. Et quand il ajoute (ibid. 2) : IS'agez d'affection que. pour les choses du ciel, et non pour celles de la terre, il nous donne à entendre que c^est par c«lte aulre dis[tOsiliou intérieure de noire cœur, que nous pouvons connaîire si nous sommes Yraiinent ressuscites avec Jésus-Christ. Car,conime le goût marque ordinairement la bonne disposition el'la sanlé du corps, ainsi lorsqu'une personne n'a de raffeclion que pour ce qui esl vérilable et sincère, pour ce qui est honnête, pour ce qui esl juste, et pour ce qui est saint, ei (pi'elle ressent inlérieurement de la joie des choses du ciel, elle a mi grand témoignage en elle-même qu'elle esl ressuscilée avec Jésus-Chrisl à une vie nouvelle et toute spirituelle.