CONC. DE TRB^TE I
dit l'Apôtre (Philip. 3 , 20) , nous vivons déjà dans le ciel comme en étant citoyens.
Pour ce qui est de l'abondance des biens inconcevables , que Dieu par sa bonté devait répandre sur nous par le mystère de l'ascension de Jésus-Christ , elle avait été longtemps auparavant marquée par ces paroles de David (psalm. 67, 19), que l'Apôtre S. Paul (Ephes. 4, 8) applique lui-même à ce mystère : htant monté en haut, dit ce prophète,?/ a mené captive une grande multitude de captifs, et a répandu ses dons sur les hommes. Et en effet, ce fut dix jours après son ascension que Jésus-Christ envoya le Saint-Esprit par la vertu duquel il a assemblé celle multitude dé lidèles que nous voyons. Et ce fut alors proprement qu'il accomplii la magnifique promesse qu'il avait faite à ses apôtres , lorsqu'il leur avait dit (Joan. i6, 7) : // vous est utile que je m'en aille; car si je ne m'en vais point, le Consolateur ne viendra point à vous ; mais si je m'en vais^ je vous l'enverrai.
De plus Jésus-Christ est monté au ciel, afin, comme dit l'Apôlre, de se présenter maintenant pour nous devant la face de Dieu, et de faire la fonction d'avocat envers son Père, conformément à ces paroles de S Jean (1 Joan. 2, 1) : Mes petits enfants, je vous écris ceci, afin que vous ne péchiez point. Que si néanmoins quelqu'un pèche, nous avons pour avocat envers le Père Jésus-Christ qui est juste. Car c'est lui qui est la victime de propitiation pour nos péchés. Or il n'y a rien qui soit plus capable de donner une joie solide et véritable aux fidèles, que de savoir que Jésus-Christ qui est tout-puissant auprès de son Père, est établi avocat et intercesseur pour leur salui auprès de lui.
Il est aussi monlé au ciel pour nous y préparer une place comme il nous l'avait promis, et pour y prendre pour nous en qualité de notre chef possession de la gloire.
Enfin il est monté au ciel pour nous en ouvrir les portes, qui avaient été fermées jusqu'alors par le péché d Adam, et pour nous en assurer et faciliter le chemin amsi qu'il l'avait prédit à ses disciplesétant à table avec eux. De sorte que pour faire voir la vérité de ses promesses par leur accomplissement il emmena avee lui dans le ciel les âmes des saints qu'il avait délivrés des limbes.
Outre celte abondance admirable de dons célestes qui nous sont communiqués par l'ascension de Jesus-Christ, nous en tirons encore plusieurs autres grands avantages.
1. Le mériie de noire foi en reçoit un grand accroissement. Car la foi éiant des choses que l'on ne voit point, et qui sont au-dessus de la raison et de l'es-^ prit de l'homme, il est visible que si Notre-Seigneur ne nousavait pas quittés, le mérite de notre foi serait beaucoup diminué : d'où vient que Notre-Seigneur (Joan. 20, 29) appelle heureux ceux qui auroiu cru sans avoir vu.
2. Elle fortifie merveilleusement notre espéi-ance. Car si une fois nous croyons fermement que Jésus- Christ comme homme est monté au ciel, et qu'eiï cette qualité il est assis à la droite de Dieu son Père nous concevons en même temjis une ferme espérance qu'étant les membres de son corps nous y monter, us aussi un jour pour y être unis à notre ch.f. C'est ce que Notre-Seigneur nous a voulu faire espérer par ces paroles (Joan. 17, 24) : Mon Père, je délire que là oit je suis, ceux que vous m'avez donnés y soient aussi.
3. Elle fait que noire volonté se porte avec ardeur vers le ciel, et qu'étant comme tout enflammée de l'esprit de Dieu, nous éprouvons la vérité de cette parole de l'Evangile (Matth. 6, 21) : Où est voire trésor, là aussi est votre cœur. Et en effet si Jésus- Christ conversait avec nous sur la terre, nous ne considérerions que sa personne et sa manière d'agir extérieure, et ainsi nous n'aurions les yeux attachés que sur cet homme, de qui nous aurions reçu tant de biens, et nous ne l'aimerions que d'une affection toute humaine. Mais par son ascension , il a rendu notre amour lou,
fSept.J
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l'honorons et Uimons ^omnie nou e^^^^^^^^ ^^^^^ f^ ^^ ^^^^^ ^.^.^^ comprendie que comme le jour auquel
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?Ué Sue, pendanl que Noire-Seigneur a eie avec eux Us n'ont presque eu de hu que des sentiments e^dês pensées humaines, ce qui l'a obl.ga de leur dire Hnan 46 7 ) on'i/ leur était ulHequ'iUen allai. Car cet amour imparfait que les apôtres avaienl pour lui, lorsqu'il était avec eux, avait besoin d'être perfectionné par cet amour tout divin que leur devait inspirer ie Saint-Esprit, lorsqu'il leur aurait ele donne. Cest pourquoi Notre-Seigneur ajoute, immediaiement après les paroles que nous venons de citer (ibid) : St je ne nCen vais, le Consolateur ne viendra point a
^^T L'EffUse,qui est la maison de Dieu, a commencé à se former et à s'augmeiuer par le mystère de ^1 as-
Noire-Seigneur devait prendre la nature humaine a été désire depuis le commencement du monde par tous les saints de la loi ancienne, parce qu'ils mettaient l'espérance de leur salul dans Taccomplissemeni de ce mystère; ainsi depuis la mort du Fils de Dieu et son ascension dans le ciel, nous devons désirer ardemment cet autre jour du Seigneur, et être toujours dans rattente de la béatitude que nous espérons, et de ravénemenl glorieux du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ (tit. 2, 15).
Mais pour faire comprendre plus distinctement ce mystère aux fidèles, il faut leur taire remarquer deux sortes de lemps auxquels tous les hommes doivent comparaître devant Dieu, pour y rendre compte de
a se/"""^\?^,;; VTi;;77'7/vant¥essein qu'elle fût toutes leurs pensées, paroles elaclions, afin de subir
ruveZ 'e%aT l's in^^^^^^^^^ donner, ensuite la senieuce qui sera alors prononcée par ce
frirtesa,^vant que de monter au c^^^ juslejuge. ,
pr née des apôtres, en qualité de souverain pasteur et
lu donna de plus des apôtres, des prophètes, des evan-
gélistes, des pasteurs et des docteurs pour achever de
l'instruire et de la former; continuant depuis qu il est
à la droite de son Père de distribuer continuellement
à différentes personnes ces dons différents, selon es
besoinV de s?n Eglise ; ce qui a fait dire al' Apôtre
(Ephes. 4, 7) que la grâce a ete donnée a chacun ae
nous selon la mesure du don de Jésus-Christ.^ Enfin il faut que les fidèles nient les mêmes senti-
menls de l'ascension de Jésus-Christ que nous avons
montré auparavant qu'ils devaient avoir du myslere
de sa mort et de sa résurrection. Car quoique nous
soyons redevables de notre salut et de notre redenip-
lion à la passion de Jésus-Christ, qui par ses mentes
a donné entrée aux justes dans le ciel, cela n empêche pas que son ascension ne nous soit proposée, non seulement pour nous apprendre à élever i os pensées
vers le ciel, et à y monter en e.prii, mais encore comme la source et l'origine d'où nous devons puiser
la grâce qui nous est nécessaire pour nous acquilter de notre devoir.
ARTICLE YII.