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JE CROIS AU SAINT-ESPRIT

Nous avons expruiné jusque ici, autant que le dessein que nous nous sommes proposé semblait le demander, ce qui regarde la première et la seconde personne de la sainte Trinité. Il faut maintenant que nous expliquions ce qui est enseigné dans le Symbole louchant le Saint-Esprit qui en est la troisième personne. Et c'est à quoi il faut que les pasteurs s'appliquent avec beaucoup de soin et d'exactitude, puisqu'il n'est pas plus permis aux chrétiens d'ignorer cet article du Symbole que les articles précédents, et qu'il leur est également préjudiciable d'avoir des sentiments des nus et des autres qui ne soient pas conformes à la vérité-

C'est pourquoi S. Paul ne peut souffrir que quelques-uns des Ephésiens ignorassent la personne du Saint-Esprit. Car leur ayant demandé s'ils avaient reçu le Saint-Esprit, et eux lui ayant répondu qu'ils ne savaient pas même s'il y avait un Saint-Es|)rit, il leur demanda aiissitôl quel baptême ils avaient donc reçu. Par où il a voulu marquer qu'il fallait que les fidèles eussent une connaissance distincte de cet article. El en etïet ils en reçoivent cet avantage parliculior que, venant à considérer attentivement que 10= t

ce qu'ils ont, ils l'ont reçu de la bonté et de la libéralité du Saint-Esprit, ils commencent aussitôt à n'avoir pour eux-mêmes, dans la vue de leur bassesse, que des sentiments de mépris et de confusion, et à mettre toute leur confiance dans le secours de cet Esprit divin ; ce qui est le premier degré par lequel tout chrétien doit tendre à la possession de la souveraine sagesse et de la béatitude.

11 sera donc à propos que les pasteurs commencent l'explication de ce mot Saint-Esprit. Car comme on donne ce nom également au Père et au Fils , l'un et l'autre étant esprit et saint , puisque nous confessons que Dieu est esprit ; et que de plus Ton désigne niêiiie par ce nom les anges et les âmes des saints , ils doivent prendre garde que les fidèles ne tombent dans l'erreur par l'équivoque de ce terme.

Ainsi, ils leur enseigneront que l'on entend proprement dans cet article par le Saint-Esprit la troisième personne de la Trinité. L'Ecriture sainte use de ce nom en ce sens dans l'ancien Testament, quoique plus rarement que dans le nouveau, où elle le fait souvent. Car c'est en ce sens qu'il le faut prendre dans cette prière de David (ps. 50, 12) : Ne retirez pas de moi voire Esprit saint ; et dans ces paroles de la Sagesse (Sap. 9, \1) :, Qui connaîtra , Seigneur, vos desseins, que celui à qui vous aurez communiqué votre sagesse et à qui vous aurez envoyé du plus haut du ciel votre Saint- Esprit? et enfin dans celles-ci de l'Ecclésiastique (1,8): Le Seigneur a créé la sagesse par le Saint-Esprit.

Dans le nouveau Testament il nous est commandé (Matlh. 28, 19) d'être baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Nous y lisons encore (Luc. i, 25) que la sainte Vierge a conçu du Saisit- Esprit; et nous voyons que S. Jean (i, 55) nous y renvoie à Jésus- Christ pour en être baptisés par le Saint-Esprit. Et il s'y trouve une infinité d'auires passages où ce terme est pris en ce sens, comme il est aisé de le remarquer à ceux qui le lisent avec soin.

Et l'on ne doit pas trouver étrange que l'Ecriture sainte n'ait pns donné de nom propre à la troisième personne de la Trinité, comme à la première et à la seconde. Car ce qui fait que la seconde personne a un nom propre et qu'elle est appelée Fils, c'est que la voie par laquelle elle est produite par le Père de toute éternité est appelé»; proprement génération ; ce qui fait que la pers une qui est produite par celte voie est aussi appelée proprement Fils, et celle qui la produit proprement Père. Mais la voie par laquelle le Saint-Esprit procède du Père et du Fils n'a point de nom propre, et esl seulement appelée spiration et procession ; d'où il s'ensuit que la personne qui est produite par celte voie ne peut avoir de nom propre qui la désigne. Et ce qui fait (jue l'on ne peut exprimer par un nom propre la voie par laquelle le Saint- Esprit procède du Père et du Fils, c'est parce que nous ne pouvons donner de noms à Dieu que nous ne les empruntions des choses créées. Comme donc nous ne connaissons poini dans les créatures d'autre voie de communiquer leur substance et leur nature que celle de la génération, nous ne pouvons exprimer par un nom propre celle voie dont Dieu se communique tout entier par amour, qui est toute différente de celle de la généiation.

Ainsi Ton a donné le nom de Saint-Esprit à la troisième personne, quoiqu'il soit commun à toutes les trois, parce qu'il lui convie«it d'une manière particulière, en ce que c'est elle larliculièrement qui nous communique une vie toute spirituelle, et que sans les inspirations de ce divin Esprit nous ne pourrions rien faire qui fût digne de la vie éternelle.

Après avoir ainsi expliqué le sens de cette parole, il faut apprendre aux fidèles (jue le Saint-Esprit est Dieu comme 1»; Père et le Fils, qu'il leur est égal, qu'il est aussi puissant, qu'il est éternel, infinimenl parfait, le souverain bien, souverainement sage, et qu'il a la même essence et la même nature que le Père et le Fils. C'est ce qui nous est suffisamment marqué par la propriété

PART I. DU SYMBOLE DES x\POTRES.

de celte particule latine in, qui est mise dans le Symbole immédiatement devant chaque personne de la Trinité, pour marquer la foi que nous avons en elles.

L'Ecriture aussi éiablit nettement cette vérité dans plusieurs endroits. Car nous lisons dans les Actes des apôtres (5, 3), que S. Pierre ayant dit à Ananie et à Saphire : « Comment Satan vous a-t-il tenté de mentir au Saint-Esprit? » il ajouta aussitôt : « C'est à Dieu que vous avez menti et non pas aux hommes, » appelant Dieu celui-là même qu'il avait appelé un peu auparavant Saint-Esprit. Et l'apôtre S.Paul, dans son Epître aux Corinthiens, après avoir parlé de Dieu, marque en même temps que c'était du Saint-Esprit dont il venait de parler. Il y a, dit-il (1 Cor, 12, 6), diversité coopérations surnaturelles, mais il n'y a quun même Dieu qui opère tout en tous; el il ajoute ensuite (ibid. 11): Or c'est un seul et même esprit qui opère toutes ces choses^ distribuant à chacun ses dons selon qu'il lui plaît.

De plus le même apôire attribue au Saint-Esprii, ce que les prophètes attribuent à Dieu seul : car rapportant ces paroles d'Isaïe ( 6, 10) : J'ai entendu la voix du Seigneur qui m'a dit : Qui enverrai-je? et qui ensuite m'a dit : Allez vers ce peuple et lui dites : Votre cœur s' appesantit f et vos oreilles deviennent sourdes , et vous bouchez vos yeux , de peur que vos yeux ne voient et que vos oreilles n'entendent, il dit aux Juifs (Aci. 28, 20) : C'est avec grande raison que le Saint-Esprit a ainsi parlé à nos pères par le prophète Isàie.

Enfin l'Ecriture joignant ordinairement la personne du Saint-Esprit avec le Père et le Fils comme dans le baptême qu'elle ordonne de donner au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ne nous laisse aucun lieu de douter de la vérité de ce mystère. De sorte que comme nous confessons que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, il faut aussi que nous confessions que le Saint-Esprit est Dieu, puisque nous lui rendons le même culte et le même honneur que nous rendons au Père et au Fils.

Mais ce qui prouve encore clairement que le Saint- Esprit est Dieu et non pas une créaiuie, c'est que celui qui est baptisé au nom de quelque créature que ce soit n'en peut tirer aucun avantage pour son salut. Car lorsque S. Paul disait aux Corinthiens (1 Episl. 1, 15) : Avez-vous été baptisés au nom de Paul? c'était pour leur marquer qu'un tel baptême ne leur pouvait de rien servir pour leur salut. Ainsi puisque nous sommes baptisés au nom du Saint-Esprit il faut reconnaître qu'il est Dieu.

On peut encore remarquer le même ordre de trois personnes qui marquent la divinité du Saint-Esprit, dans la première Eoître de S. Jean : « il yen a trois, dit cet apôlre, qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et ces trois sont une même chose; » et même dans cet éloge magnifique de la sainte Trinité, par lequel TEglise termine ses psaumes et ses cantiques de louanges : « Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit. »

Mais un des plus forts arguments que nous ayons pour confirmer la divinité du Saint-Esprit, c'est que tout ce que nous croyons n'être propre qu'à Dieu seul est attribué dans l'Ecriture sainte au Saint-Esprit. Car elle lui donne des temples. Ne savez-vous vas, dit saint Paul (1 Cor. 6, 19), que les membres de votre corps sont le temple du Saint- Esprit ?FA\e lui attribue les pouvoirs de sanctifier el de vivifier nos âmes, de pénétrer ce qu'il y a en Dieu de plus caché, de parler par les prophètes, et enfin d'être partout, qui sont toutes choses qui ne peuvent convenir qu'à Dieu seul.

Mais ce n'est pas assez de croire que le Saint Esprit est Dieu, il faut encore croire qu'il est la troisième personne de la divinité, distincte du Père et du Fils , et produite par la voie de la volonté. Car sans s'arrêter aux autres passages de l'Ecriture où celte vérité nous est marquée, la fon.ie du baptême que Noire-Seigneur lui-même a prescrite montre évidemnîcnt que le Saint-Esprit est la troisième personne qui subsiste

par elle-même dans la nature divine, et qui est distinguée des deux autres. C'est ce que l'Apôtre a aussi voulu marquer par ces paroles (2 Cor. 23, 13) : Que la grâce de Notre- Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit demeurent avec vous. Amen.

Enfiri il n'y a rien qui établisse plus clairement cette vérité que ce que les Pères du premier concile de Constaiitinople ont ajouté à cet anicle pour réfuter l'erreur et l'impiété de Macédonius : Nous croyons AUSSI, disent ces Pères, au Saint Esprit, qui est AUSSI Seigneur et qui donne la vie , qui procède du Père et du Fils, qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes. Car, reconnaissant le Saint-Esprit ponr Seigneur, ils dédirent par-là combien ils le croient au-dessus des anges, (|ui toutefois sont les plus nobles esprits que Dieu ail cvéé^, étant foMs , selon l'Apôire ( Hebr. 1 , 14 ) , des esprits i\ui tienueid lieu de serviteurs et de ministres, el qui sont envoyés pour exercer leur ministère en faveur de ceux qui doivent être les héritiers du salut.

Ils disent qu'ils donnent la vie, parce que comme la vie spirituelle de l'âme dépend plus de l'union qu'elle a avec Dieu que le C(trps même ne dépend de l'àme pour vivifier et pour se nourrir , TÈcriture sainte attribuant au Saini-Esprit cette union de l'âme avec Dieu, il est visible que c'est le Saint-Esprit qui donne cette vie.

Et quant à ce qu'ils ajoutent, qu'il procède du Père et du Fils, c'est pour nous apprendre que le Saint- Esprit procède de toute éternité du Père et du Fils, comme d'un seul principe qui le produit. Ce qui est une vérité que la foi nous oblige de croire, et dont il n'est pas permis à un chrétien de s'éloigner le moins du monde , éiant établi sur l'auloriléde l'Ecriture sainte et des conciles.

Ainsi nous voyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ parlant du Saint Esi)rit dit (Joan. 16,14) qu"i/ /e glorifiera parce qu'il prendra de ce qui est a lui. Le Saint-Esprit est aussi appelé dans l'Ecriture sainte tantôt l'Esprit de Jésus-Christ, et tantôt l'Esprit du Père ; de même (pie d;uis quelques endroits il est dit qu'il est envoyé par le Père, et dans d'aulres par le Fils. Ce qui montre irès-clairement qu'il procède également du Père et du Fils : Si quelqu'un n'a point l'Esprit de Jésus-Christ, (Va \'^\iOlrii S. Paul (Rom. 1, 9), il n'est point à lui. Et dans l'Epître aux Calâtes (4, 6) il l'appelle encore l'Esprit de Jésus-Christ. Dieu, leur dit-il, a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie : Mon Père, mon Père. Il est appelé l'Esprit du Père dans saint Matthieu (10, 20 ) : Ce n'est pas vous qui parlez, dit Jésus-Christ à ses disciples, mais c'est l'Esprit de votre Père qui parle en vous. Et pour ce qui est de sa mission Notre-Seigneur nous l'a marquée par ces paroles du sermon qu'il fit après la cène (Joan. 15, 26 ) : Quand le Consolateur, cet Esprit de vérité qui procède du Père, que je vous enverrai de la part de mon Père, sera venu, il rendra té' moignage de moi. Et en un autre endroit il assure que le même Saint-Esprit doit êire envoyé par le Père : Le Consolateur, dit-il (Joan. 14, 26 ) , que mon Père enverra en mon nom vous enseignera toutes choses. De sorte que, comme par ces manières de parler nous concevons la procession du Saint-Esprit, il est évident qu'il faut qu'il procède du Père et du Fils.

Voilà ce que les pasteurs sont obligés d expliquer aux fidèles louchant la personne du Saint-Esprit, mais de plus ils doivent les instruire des effets admirables et des dons très-excellents qui lui sont attribués comme au principe et à la source de tout bien. Car quoique les ouvrages de la 1res sainte Trinité qu'elle opère au dehors d'elle même soient communs aux trois personnes, plusieurs néanmoins sont attribués particulièrement au Saint Esprit pour nous faire comprendre qu'ils sont des effets de l'extrême charité que Dieu a pour nous. Car le Saint-Esprit procé-

comme il est impossible qu'une personne se laisse corrompre par le venin contagieux de l'hérésie, s'il croit à ce qui est proposé dans cet ariicle , il faut que les pasleurs apportent tout le soin possible pour en instruire les fidèles, afin qu'en éinnt munis contre les artifices du démon , ils puissent persévérer dans la vé* ri lé de la foi.

Or cet article est comme une suite du précédent, parce que comme en l'expliquant nous avons montné que le Saint-Esprit est la source et le ^irincipe de toute sainteté, nous reconnaissons par celui-ci que rEglise reçoit toute sa sainteté de ce même Esprit saint.

Mais la première chose que doivent l'aire les pasteurs pour donner aux fidèles rintelligence de cet article est de leur expliquer la signification du mot d'Eglise, que les Latins, qui l'avaient reçu des Grecs , ont appliqué depuis la publication de l'Evangile à signifier des choses saintes.

Ce terme donc, selon sa première signification marquait une convocation. Ensuite les auteurs s'en sont servis pour marquer l'assemblée même du peuple, sans distinguer si ce peuple adorait le vrai Dieu ou s'il suivait une fausse religion. C'est ainsi que dans les Actes des apôtres le greffier de la ville d'Ephèse ayant apaisé le peuple lui dit : Si vous avez quelque affaire à proposer^ elle se pourra tenniner dans une église légitime (Act. 9 , 59), où l'on voit que l'assemblée du peuple d'Ephèse, qui était adonné au culte de Diane, est appelé une église légitime.

Non seulement les assemblées dos gentils qui ne coimaissent point le vrai Dieu, mais encore les assemblées des méchants et des impies , sont quelquefois appelées dans l'Ecriture du nom d'église : J'ai haï, dit David (ps. 25, 5), l'église des méchants, et je n'ai point pris place parmi les impies.

Mais enfin l'usage particulier de ce mot dans lo nouveau Testament est pour marquer les assemblées des fidèles qui sont appelés par la foi à la lumière de la vérité et à la connaissance du vrai Dieu, et qui, ayant rejeté les ténèbres de leur ignorance et de leur erreur, adorent le vrai Dieu avec piété et sainteté, et le servent de tout leur cœur. En un mot, l'Eglise, selon S. Augustin, n'est autre chose que le peuple fidèle répandu par toute la terre.

Et ces différentes significations du mot d'Eglise ne laissent pas de rcnlermer des mystères très-importants. Car celle de convocation n;)us marque clairement l'éclat et la douceur de la grâce divine qui nous appelle, et que l'Eglise est quelque chose de bien différent des autres républiques , puisque celles-ci ne sont appuyées que sur la raison et la prudence humaines, au lieu que l'Eglise est établie parla sagesse

dant de la volonté divine comme tout ardente >d'amour, on doit regarder tous les effets que nous attribuons particulièrement au Saint-Esprit , comme venant de l'excès de l'amour que Dieu nous porte. De là vient que le Saint-Esprit est appelé un don Car par le mot de don l'on entend ce qui est donne libéralement, gratuitement et sans espérance d aucune récouipense. El par conséquent nous devons reconnaître avec de très-profonds sentiments de reconnaissauce et de {)iété que tous les biens et toutes les grâces que nous avons reçues de lui sont autant de dons que nous avons reçus de la libéralité du Saint- Esprit. Et qu avons-nous, comme dit l'Apôtre ( \ Cor, 4, 7 ) , que nous n'ayons pas reçu de lui.

Or il y a plusieurs effets du Saint Esprit; car, sans parler de la création du monde, de la nmlliplication de toutes les créatures et de la providence avec laquelle il conduit toutes choses dont nous avons parlé en expliquant le premier article du Symbole, nous vencns de faire voir que la sanctification et la vie spirituelle des hommes sont attribuées proprement au Saint-Esprit. Et c'est ce qui est confirmé par ces paroles (lu'Ezéchiel met en la bouche de Dieu : Je vous donnerai mon Esprit , et alors vous verrez.

Mais les dons principaux du Saint Esprit et qui lui conviennent phis particulièrement sont marqués par Isaïe, lorsqu'il l'apiiclle ( M , 5 ) , l'Esprit de sagesse et d'entendement, VEsprit de conseilet de force, l'Esprit de science et de piété, r Esprit de crainte du Seigneur. Car toutes ces qualités sont appelées dons du Saint- Esprit, et même (pieiquefois on leur donne le nom même du Saint-Esprit. C'est pourquoi S. Augustin fait celte judicieuse remarque qu'il faut bien prendre garde lorsque l'Ecriture sainte parle du Saint-Esprit, si c'est de la troisième persone de la Trinité, ou de ses dons qu'elle entend parler, puisqu'il faut mettre une aussi grande différence entre ces deux choses, qu'il y en a entre le Créateur et les créatures. El c'est ce qu'il faut que les |)asteurs expliquent avec d'autant plus de soin que c'est de ces dons du Saint-Esprit que nous tirons les règles de la vie chrétienne, que c'est par eux (jue nous pouvons connaître si le Saint- Esprit est effectivement en nous.

Mais entre tous ces dons excellents du Saint-Esprit, celui qu'il faut davantage relever est la grâce qui nous justifie, elnous marque, comme dit S- Paul (Ephes. 4 , 15 ) , du sceau de l'Esprit saint qui avait été promis, lequel est le gage et les arrhes de notre héritage. Car c'est celte grâce qui nous unit à Dieu par le lien très-étroit de l'amour qui fait (|u'étant enflammés du désir de sa plus haute perfection, nous embrassons une nouvelle vie, et que participant en quelque ; .,». ^^-^ , „ î . r.- "

sorte à la nature divine, nous sommes appelés enfants ^'^ Par le conseil de Dieu même. Car c est Dieu qui de Dieu, et que nous le sommes en effet, (l Joan. nous appelle intérieurement a lui par 1 rnspu-alion du g Y. 5 Saint-Esprit, qui pénètre et ouvre notre cœur, et exte-

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