‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 198 sur 368 · LK RÉSURRECTION DE LA CHAIR · texte numérisé non relu

LK RÉSURRECTION DE LA CHAIR

Il n'y a rien qui fasse mieux comprendre combien cet article est capable d'établir la vérité de notre foi, qim de voir que non seulement l'Ecriture sainte le propose à croire aux fidèles, mais même qu'elle rétablit et le prouve par plusieurs raisonnements. C;ir puisqu'elle n'eu use presque point ainsi à l'égard des auire> aiticles, on peut conclure de là qu'il faut (jne la confession de celui-ci soit coniine le fondement le

plus solide sur lequel Tespérance de notre salut est apfuiyée. C'est ce que saint Paul reconnaît lorsqu'il fait ce raisonnemeiil dans sa 1" Epître aux Corinthiens (15, 13 et \A) : Si les morts, dit-il, ne restuscilenl point , Jésus-Christ nest donc point ressuscité. Que si Jésus Christ n'est point ressuscité , notre prédication est vaine , et votre foi est vaine aussi. Les pasteurs doivent donc apporter d'autant plus de soin à expliquer cet article-ci , que plusieurs impies s'efforcent de le détruire , et que nous verrons dans la suite que les fidèles peuvent tirer de la reconnaissance de celte vérité des avantages Irès-considérables.

La première chose qu'il faut remarquer dans cet article est (jue la résurreclion des hommes est appelée la résurrection de la chair; ce que les apôtres n'ont pas fail sans raison. Car par-là ils ont voulunousenseignercelte vérité, qu'il faut nécessairement croire que l'âmeest im« mortelle. De peur donc que quelqu'un ne crût que l'âme meurt avec le corps , et qu'elle a besoin comme le corps d'être ressuscitée , contre le témoignage que rend l'Ecriture sainte du contraire en un très-grand nombre de passages , ils n'ont fait mention dans cet article que de la résurrection de la chair. Et quoique par la chair l'on puisse entendre, selon l'Ecrituroï sainte , l'homme tout entier, comme lorsqu'il est dit dans Isaïe (40 , 6) que toute chair est foin , et dans saint Jean (l , \A) que le Verbe a été fait chair, néanmoins dans cet article-ci la chair signifie seulemeni le corps , et nous fait comprendre que des deux parties , savoir le corps et 1 âme , dont l'homme est composé , le corps seul est sujet à la corruption , et retourne en poudre comme il en a été formé ; au lieu que l'âme demeure incorruptible , et ne pouvant mou rir ne peut aussi ressusciter.

Il n'est encore faii mention dans cet article que de \i\ chair, pour réfuter l'hérésie d'Hyménée et de Philèle qui du temps de S. Paul soutenaient ^jue h)rsqu'il e> parlé dans l'Ecriture sainte de la résurreclion, cela S(i doit entendre non de la résurreclion du corps , mai: de la résurrection spirituelle de l'âme, par laquell» elle ressuscite de la mort du péché à une vie pure e innocente. Car il est évident que cette erreur est dé truite par les paroles de cet article , et qu'elles éta blissent la vérité de la résurrection des corps.

Mais il sera bon que les pasteurs éclaircissent cett" vérité par des exemples tirés de l'ancien et du nou veau Testament et de l'histoire ecclésiastique. Dan l'ancien Testament plusieurs morts ont été ressusci lés par Elie et par Elisée. Dans le nouveau, outre le morts que Noire-Seigneur a ressuscites , les apôlre et plusieurs autres saints en ont ressuscité un for grand nombre. Or la résurrection de toutes ces pcr sonnes confirme extrêmement la vérité contenue daii cet article. Car puisque nous croyons que tous ce morts ont été ressuscites , pourquoi ne croyous-iioi) pas que tous les autres hommes ressusciteront? Aiiu le principal Iruit que nous devons tirer de ces miracle est d'avoir une très-ferme foi louchant la vérité qi nous est enseignée dans cet article-ci.

xMais, onlre ces exemples, il y a encore plusieur passages de l'Ecriture sainte qui confirment celle vf rilé. Les plus considérables sont dans l'ancien Tes! tament, ceux de Job et de Daniel : le premier disai (19, 25) qu'î7 espère voir Dieu dans sa propre chair le second assurant (12, 2), lorsqu'il parle de ceu qui dorment du sommeil de la mort , que les uns réveilleront de ce sommeil pour jouir de la vie éternel! et les autres pour être dans une confusion éternelle; < dans le nouveau leslamenl Tendroil où S. Matlhi( (22, 21) rapporte la dispute; que Notre-Seigneur e avec les Saddncéens, ceux où les évangélistes parlei du dernier jugement , et ceux di'S Epîlres de S. Pa aux Corinthiens et aux The^saloniciens, où il Irai expressément cette maiière(l Cor. 15, 12i; 1 Thés 4,23).

Quoique la résurrection des morts soit très-certaii selon les principes de la foij il sera néanmoins irc

itile de montrer, par des exemples et des raisons , et qui servent à vous rendre dignes de son royaume pour ijue ce que la foi propose de croire louchant ce point lequel aussi vous souffrez. Car il est bien juste devant l'est ni contraire à la nature , ni lout-à-fait au-dessus Dieu qu'il afflige à leur tour ceux qui vous affligent main-

lie la portée de lesprit de l'homme.

I Quant aux exemples, TApôtre nous en donne un ex- Lrêmemcnt propre pour taire concevoir ce mystère , orsque, introduisant une personne qui lui demande îommenl les morts pourront ressusciter, il lui répond 1 Cor. 15,36): « Insensé que vous éles> ne voyez-vous i)as que ce que vous semez dans la terre ne reprend )oinl de vie s'il ne meurt auparavant ? El quand vous senez,vous ne semez pas le corps d«; la plante qui doit laîlre, mais la graine seulement, comme du blé ou de pielque auire chose : mais Dieu lui donne un goy^^ tel |u'il lui plaît. » Et un peu après il ajoute (v. 42) : Le \orps maintenant comme une semence est îuis en terre hlein de corruption, et il ressuscitera incorruptible. >. Grégoire ajoute à cet exemple de l'Apôtre plusieurs lulres comparaisons irés-propres à faire comprendre l'.ette vérité. « Nous voyons, dit-il, (jue la lumière dis- 'joraît lous les jours à nos yeux , comme si elle était out-à-faii éteinte , et (ju'elle y paraît aussi tous les ours, comme si elle était produite tout de nouveau ; lie les arbres perdent leur verdure et ensuite la re- •rennent, comme s'ils commençaient à revivre; et que 3s semences meurent en poinrissanl, et ressuscitent, our ainsi dire, en germant, j

Les auteurs ecclé.>iasii(jues se servent aussi de pluleurs raisons pour prouver celle vérité.

La première est qu'il est contre l'ordre de la naare que l'âme, qui est immortelle, et qui, étant une es parties qui composent l'homme, a une pente naiirelle à se réunir au corps, soit pour toujours sépa-

tenant, et qxCil vous console avec nous, vous qui êtes dans l'affliction, lorsque le Seigneur Jésus descendra du ciel, et paraîtra avec les anges, qui sont les ministres de sa puissance, lorsqu'il viendra au milieu des flammes se venger de ceux qui ne connaissent point Dieu , et qui n'obéissent point à l'Evangile de No ire- Seigneur Jésus- Christ.

Efilin il est certain que, tant que l'âme est séparée du corps, les hommes ne peuvent jouir d'une lélicilé entière et parfaite, et qui soit comblée de tontes sortes de biens. Car, comme toute partie qui est séparée de son tout est im|)arraite, il s'ensuit que l'âme, n'étant pas réunie au crps, est imparfaite; et par conséfiuenl, qu afin qu'il ne manque rien à son souverain bonheur il faut nécessairement que le corps ressuscite. '

Ces raisons et d'antres semblables, dont les pasteurs pourront se servir, contribueront beaucoup à lortifier les fidèles dans la foi de cet article. Mais il laut surtout qu'ils sachent qui sonl ceux qui doivent ressusciter. Et c'est ce f^ue l'Apôtre enseigne par ces paroles (1 Cor. 19, 22) : Comme tous meurent , i.\\t-\l , en Adam, tous ressusciteront aussi en Jésus Christ. Tous les morts donc , sans dislinciion des bons ei des méclianis^, ressusciteront, mais avec nn sort bien différent. Car ceux qui auront fait de bonnes œuvres ressusciteront à la vie, et ceux qui en auront fait de mauvaises ressusciteront à leur condamnation. Et lorsque nous disons que lous ressusciteront, nous coniprenons dans ce nombre tant ceux qui seront déjà

r-, --- r j r morts lorsque le jour du jugement arrivera, que ceux

ée du corps, puisque tout ce qui esi contraire à la qui mourront alors Car saint Jérôme et saint Aueusature et qui est dans un étal violent ne peut durer tin croient que l'opinion de ceux qui disent que tous mgtemps. Ainsi, comme nalurellement Tâme désire les hommes mourront, sans en excepter un seul est 'être réunie au corps, il s'ensuit qu'd faut nécessai- celle de l'Eglise, et qu'elle est plus conforme à la vérité ement que- les corps ressuscitent. Et c'est suivant ce Saint Paul n'esi point contraire à ce sentiment lors*

aisonnement que Noire-Seigneur, dis|.ulant conlre qu'il dit (1 Ti.ess. 4, 15) (pie ceux qui seront morts en Jé- 3S sadducéens, conclut de l'immortalité de l'âme la sus-Christ ressusciteront les premiers ' puis ceux qui se âcnrr^niinn Hoc Pnrnc yout vivauls ct qui scrout demeurés "en vie jusqu'aloi^

seront emportés avec eux dans les nuées , pour aller audevant du Seigneur au milieu de l'air. Car, comme dit saini Ambroise, expli(|uasii ces paroles de l'Apôtre la mort, comme un sommeil, préviendra de telle sorte cet enlèvement, que l'âme ne sera pas plus tôt sortie du corps, qu'elle ij sera réunie en un moment. Ils mourront lorsqu'ils seront emportés , afin qu'à l'avénemm du Seigneur ils reçoivent leurs âmes pour paraître devant lui parce que les morts ne peuvent être avec le Seigneur. bami Augustin confirme ce sentiment dans le livre 20 (île la Cité de Dieu.

El chacun ressuscitera dans le même corps qui lui a eic propre pendant cette vie, quoiqu'il ait éié cor-

ésurreclion des corps.

2. Il est constant que Dieu, qui est infiniment juste, établi des supplices pour les méchants et des ré-

e l'autre que la plupart des bons en sortent pareiîleicnt sans avoir reçu aucune récompense due à leur erlu et à leur mérite, il faut nécessairement que àme soit réunie au corps, afin que comme les hoinles en ont fait les inslrumenls de leurs bonnes ou de îurs mauvaises actions, le corps aussi bien (pie l'Ame it part aux récompenses et aux peines que Dieu leur

préparées. C'est ce que S. Clirysostôme explique adlirablement dans ses homélies (49 , 50) au peiipie 'Antioche. Et c'est ce (jui a fait dire à l'Apôtre, en arlant de la résurrection , que si nous n'avions d'esérance en J ésus-Clirist que pour celte vie, nous serions is plus misérables de tous les hommes (1 Cor. 15, 19). ar il ne faut pas s'imaginer (jue ces paroles regarent seulement l'âme, puisqu'éianl immortelle elle ourrait, quoique les (torps ne ressusciiasscnl pas, )uir dans l'autre vie de la béatitude ; niais il les mt entendre de l'homme entier et parfait. Et en efîi , si le corps ne devait point être récompensé de )ules les peines qu'il endure maintenant, il serait rai de dire que lous ceux qui ont soulfert tant de laux etd'alflictions pend ni celle vie, et les apôtres lémes, seraient les plus misérables de tous leshomles.

Le même apôtre enseigne encore plus clairement la lême vérté par ces paroles de sa première Epîlre aux 'hessaloiiiciens (ch. 1, v. 4) : Nous nous glorifions en ous dans toutes les églises de Dieu, à cause de la paence et de la foi avec laquelle vous demeurez fermes ans toutes les persécutions et les afflictions qui vous arivenl, qui sont les marques du juste jugement de Dieu,

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veut marquer le propre corps de ch;;cun. El c'( si ce ?j"a «M ^ î"^^' marqué très-clairement lorsqu'il a dit (19, 2G) : Je verrai Dieu dans ma chair; oui, je le verrat mot-même, et de mes propres yeux , et non pas par un autre. La déliniliun que donne saint Damascèue de la résurrection est encore une preuve de celle venté. Car, selon ce saint, elle n'e^t autre chose quun retour à l'état d'où l'on était déchu. Enfin, si l'on fait attention à la secoiide raison pour laquelle nous avons fait voir ci -dessus la nécessité de la I ésurreclion , il ne pourra rester aucun doute sur ce sujet. Car nous avons fait voir que ce qui prouve la nécessité de la résurrection des corps, c'est qu il fallait que chacun reçût ce qui est dû aux bonnes ou aux mauvaises actions qu'il aura faites (2 Cor. ^ 10). Et par conséquent il faut que chacun ressuscite dans le même corps dans lequel il a servi ou Dieu ou le monde , afin qu'il y reçoive la couronne et la récompense qu'il a méritée, ou qu'il y endure le» peines

et les supplices dus à ses crimes.

Et non seulement le corps ressuscitera, mais encore àl ressuscitera avec tout ce qui est de l'intégrité de sa nature, et qui sert à l'ornement et à la beauté de rhomme. Nous avons une excellente preuve de cette vérité dans saint Augustin. Lorsque les hommes, dit-il, ressuscUeronl, il ne restera rien de défectueux en leur corps. Ceux qui , étant chargés de trop de graisse , auraient été trop gros et trop pesants , ne ressusciteront point avec cette niasse de chair, qui sera regardée alors comme superflue; mais seulement dans une juste proportion; et, au contraire, tout ce que la vieillesse ou ta maladie aura détruit dans le corps sera réparé par la vertu divine de Jésus-Christ, de même que dans ceux qui auraient éténaturellement trop décharnés et trop maigres. Car Jésus-Christ réparera non seulement nos corps, mais tout ce qui nous aura été ravi par les misères de celle vie. Et en un autre endroit il dit que les hommes ne ressusciteront pas avec les cheveux qu'ils avaient , mais avec ceux qui seront nécessaires pour la bienséance, selon ce que dit t Evangile (Ma II h. 10, 30) que t tous les < cheveux de notre tête sont comptés, i c'est-à-dire ceux qui nous seront rendus alors selon la disposition de la sagesse divine.

Nos membres surtout seront restitués et rétablis chacun en leur place, parce qu'ils contribuent plus particulièrement à l'intégrité et à la perfeciion de nos corps. Ainsi tous les aveugles de naissnnce et ceux qui le seront devenus par accident, les boiteux, les manchots, et tous ceux qui auront eu quelque débililé et faiblesse dans quelques-uns de leurs membres, ressusciteront avec un corps sain, entier et parfait. Car autrement le désir de l'àme, qui a une pente naturelle à se rounir au corps , ne serait pas pleinement salisfait. Ct^pendant la foi nous enseigne que ce désir de l'âme sera pleinement satisfait dans la résurrection.

De plus, il est constant que la résurrection est un des principaux ouvrages de Dieu, aussi bien que la création. Comme donc toutes choses ont été créées parfaites , il faut aussi croire fermement que dans la résurrection l'homme sera rétabli dans sa perfection.

Et cela n'est pas seulement vrai à l'égard des martyrs, dont saint Augustin dit ce^ excellentes paroles ; Ils ne ressusciteront pas sans les membres qu'ils ont perdus sur la terre, puisque ce retranchement rend le corps imparfait et défectueux, et qu'il faudrait que ceux qui ont eu la tête coupée ressuscitassent sans tête; mais ils conserveront seulement dans les diverses parties de leurs corps les cicatrices que les instruments de leur martyre y auront faites, qui seront, à l'exemple de celles de Jésus-Chri>t, plus brillantes que l'or le plus pur et que les pierreries les plus éclu tantes : mais cela est encore vrai à l'égard des méchants, quoiqu'ils aient perdu leurs membres par leur faute. Car ils souffriront plus de douleurs, et ils seront plus tourmentés à proportion qu'ils auront plus de membres. De sorte que ce rétablissement de leurs membres ne servira pas à les rendre heureux, mais au contraire à augmenter leur misère et leurs souffrances, le mérite n'étant pas attribué aux membres, mais à la personne au corps de laquelle ils sont unis. Et ainsi cette restitution des membres servira à ceux qui auront fait pénitence pour augmenter leur récompense, et à ceux qui auront négligé de la faire pour augmenter leur supplice.

Que si les pasteurs font une sérieuse réflexion sur ces vérités, il leur sera aisé d'exciter dans le cœur des lidèles un ardent amour pour la piété, et de les porter, par la considération des ndsères et des calamités de cette vie, à désirer avec ardeur cette résurrection glorieuse et bienheureuse, qui est promise aux justes et aux gens de bien.

Il faut encore savoir que quoique le corps qui doit ressusciter soit le même, quant à la substance, que celui qui était mort auparavant , il est certain néanmoins que lorsqu'il ressuscitera, il sera dans un état tout différent qu'il n'était avant la mort. Car, sans parler des autres changements, au Usii que les corps qui

ressusciteront étaient auparavant sujets aux lois de la mort, ils deviendront alors immortels, tant ceux des bons que ceux des méchants. Et cet admirable changement sera l'effet de la victoire que Jésus-Christ ri remportée sur la mort, comme l'Ecriture sainte nous l'enseigne par ces paroles d'isaîe ( 25, 8 ) : llanéaty^ tira la mort pour réternité; et par celles-ci du prophète Osée (13, Û) : 0 mort, je serai ta mort ; ce que saint Paul expliquant dit (1 Cor. 15, 26) que la mort a été le dernier ennemi que Jésus Christ a détruit. D'où vient aussi que S. Jean (Apec. 21, 4) a dit que la mort ne sera plus. Et en effet comme il fallait que le mérite de Notre-Seigueur Jésus-Christ, qui a détruit l'entpire de la mon , surpassât de beaucoup le péché d'Adam, il était aussi de la justice de Dieu que les bons jouissent éternellement de la vie bienheureuse , et que les méchants, au milieu des peines qu'ils souffriront éicr* nellement, cherchassent la mort sans la pouvoir trou^ ver, qu'ils désirassent de mourir, et que la mort s'éloi-» gnàt d'eux. Ainsi l'iumiortalité sera commune aux bons et aux méchants.

Mais les corps des saints seront de plus ornés dû quatre qualités glorieuses qui les rendront sans corn* paraison plus excellents qu'ils n'étaient auparavant, C'est ce (jue les saints Pères ont enseigné après l'apôlre S. Paul.

La première est le don d'impassibilité, (|ui fera que les corps des saints ne ser(»ni plus sujets aux souftrances, et qu'ils seront incapables do douleur e| d'affliction, en sarte que ni la rigueur du froid, ni l'ardeur du feu, ni la rapidité de l'eau, ne leur pour-^ ront nuire en aucune manière. Le corps, dit l'Apôtre (1 Cor. 15, 42), est maintenant comme une semence, mis en terre plein de corruption , et il ressuscitera incorru^ ptible. Or les théologiens ont appelé ce don impassibilité et non incorruptibilité, pour parler ainsi, parce! que l'incorruptibilité sera commune aux corps des saiFiis et des damnés, au lieu que l'impassibilité ne sera propre qu'aux corps glorieux, ceux des damnés, quoique incorruptibles, ne laissant pas d'être brûlés etj d'être tourmentés par le froid et par divers autresi supplices.

La seconde qualité est le don de clarté , qui fera que les corps des saints seront aussi brillants et éclatants que le soleil. C'est ce que Noire-Seigneur nous| a marqué par ces paroles (Maith. 13, 43) ; Alors leà justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leun Père ; et même, pour ôter tout sujet de doute sur cej point, il l'a conlirmé par l'exemple de sa transfiguration. Saint Paul, pour exprimer ce don, se sert tantôt du mot de gloire, et tantôt de celui de clarté : i reformera , dit-il (Philip. 3, 21), notre corps tout vi et abject qu il est, afin de le rendre conforme à son corpi glorieux; et en un autre endroit (1 Cor. 15, 43) : L corps, dit-il, est mis en terre tout difforme, et il ressus citera tout glorieux. Les Israélites virent dans le désert qnehiue image de cette gloire, lorsque Moïse, sor tant de l'eulreiien qu'il avait eu avec Dieu, leur parut si éclatant de lumière, qu'ils ne purent regarder so. visage.

Or cette clarté sera un certain éclat de lumière qu rejaillira de la souveraine félicité de l'âme sur tout 1< corps, qui sera rendu heureux par la communicalioi du boniieur de l'âme, comme l'âme est rendue heu reuse par la participation du bonheur de Dieu même Et il y a cette différence entre le don de clarté et ce lui d'impasi^ibililé, que tous les saints ne pariiciperon pas également à celui de clarté comme à celui d'im passibilité. Car les corps de tous les saints seront éga lement impassibles ; mais ils n'auront pas tous 1 même gloire, comme l'enseigne l'Apôtre (1 Cor. IS 41 ) - Le soleil a son éclat , dit-il, la lune le sien, et li étoiles le leur ; et entre les étoiles fune est plus éclatani que l'autre. Il en arrivera de même dans la résurreciio des morts.

La troisième est le don d'agilité, qui sera joint celui de gloire ; et son principal efifetsera de délivrer

corps de celte pesanteur qui l'accable maintenant, en SOI le que lame pourra se transporter tout aisément en qutîl endroit elle voudra , et cela avec une telle vitesse, que Ton ne s'en peut pas imaginer um? plus grande. C'est ce qu'enseigne S. Augustin dans le livre 21 de la Cité de Dieu, et S. Jérôme dans son Commentaire sur Isaïe. Et c'est ce que l'Apôtre a manjué par ces paroles ( 1 Cor. JS, 43 ) : Le corps est mis en terre privé de mouvementf et il ressuscitera plein de vigueur- La quatrième est le don de subtilité, qui rendra le corps entièrement soumis et .béissant à l'âme, et toujours prêt d'exécuter ses ordres. Le corps^ dit S. Paul (ibid., -i^) , est mis en terre comme un corps tout an imal , et il ressuscitera comme un corps toiii spirituel. Mais afin que les fidèles sacbeni quel fruit ils doivent lirer de la connaissance de tant et de si grands mystères (jue nous venons de faire voir être renfermés dans ces articles, les pasteurs leur feront connaître l'obligation qu'ils ont de rendre à Dieu de Irèshnmbles actions de grâces de ce qu'ayant caché ces choses aux sages il a bien voulu les révéler aux petits. Car combien y a-t-il eu de personnes qui ont excellé i en sagesse et prudence , et qui ont eu une science I très-profonde , qui n'ont pas néanmoins laissé d'être irès-aveugles à l'égard de ces vérités? Ainsi, puisqtie Dieu a bien voulu nous les découvrir, nous à qui il (n'était pas même permis d'aspirer à une telle connais- '.sanoe, le premier fruit (jue nous devons tirer de la 'bonté et de la charité qu'il a eues de nous faire une telle grâce est de l'en louer et de l'en bénir conlinuellenjent.

j De plus, la connaissance de cet article est trèsutile , en ce que rien n'est plus puissant pour consf)- 1er les autres et nous consoler noub-mên.es dans la

déralion', lorsqu'il veut apprendre aux Thessaloniciens â se consoler de leurs morts.

Il n'y a de môn»e rien (|ui nous soulage davantage dans toutes ks autres afflictions et nnsères de cette vie que cette pensée de la résurrection future. C'est ce que nous apprenons par l'exemple du saint homme |Job, qui ne se soutenait dans l'amertume dont il était ^rempli, et dans l'affliction qui l'accablait, que par celte seule espérance qu'un jour dans la résurrection il verrait le Seigneur son Dieu.

. Enfin il n'y a rien (|ui soit plus capable de persuader aux fidèles de mener une vie réglée, sainte et |exempte de tout péché, que la connaissance de cette vérité. Car il est impossible qu'ils ne soient portés à aimer la vertu et la piété, s'ils viennent à considérer les biens infinis qui doivent suivre la résurrection, et qui seront la récompense des bonnes œuvres. j El au contraire il n'y a rien qui soit plus capable pe réprimer les convoitises de leur cœur et de les jiétourner du crime, que si les pasteurs leur repréjjentenl souvent combien seront terribles et épouvanables les maux et les tourments auxquels seront couidamnés les méchants qui ressusciteront au dernier jugement.

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