DU SACREMENT DE PÉNITENCJE
Comme il n'y a personne qui ne reconnaisse et n'éprouve en lui-même la faiblesse et la fragilité de la nature humaine, il n'y en a point par conséquent qui puisse ignorer de quelle nécessité est le sacrement de pénitence. C'est pourquoi, s'il est vrai que le soin et rexaclitude des pasteurs, dans les choses qu'ils ont à expliquer, se doit mesurer par rapport à la grandeur et à l'importance de ces mêmes choses, on avouera aisément qu'ils ne peuvent jamais apporter assez de soin à expliquer le sacrement de pénitence. Ils le doivent même examiner avec beaucoup plus de soin que celui du baptême, puisque le baptême ne se donne qu'une fois seulement et ne peut se réitérer ; au lieu que le sacrement de pénitence s'accorde et qu'on est obligé d'y avoir recours tout autant de fois qu'il arrive qu'on pèche mortellement après le baptême. D'où vient que le concile de Trente (sup., sess. 0, de Jusiif., c. 14 ; sess. 14-, de Pœnit., c. 5) déclare que le sacrement de pénitence n'est pas moins nécessaire à ceux qui soiit tombés après le baptême que le baptême est nécessaire , pour le salut, à ceux qui ne sont point encore régénérés- Et ce que dit S. Jérôme, (jwe la pénitence est une seconde table sur laquelle on se sauve du naufrage, est aussi approuvé généralement de tous ceux qui, depuis lui, ont écrit sur ce sujet. En effet, conmie lorsqu'un vaisseau est échoué el brisé il ne reste plus à ceux qui so!it dedans d'autre refuge, pour se sauver, que de lâcher de s'attacher à quelque planche qui reste du naufrage, de même aussi après qu'une personne a perdu l'innocence de son baptéuie, il faut désespérer absolumenl de son salut si elle n'a recours à la pénilence, comme au seul refuge qui lui reste après sa chute.
C'est ce qui doit non seulement convaincre les pasteurs de l'obligation qu'ils ont d'instruire leurs peuples de ce sacrement , mais même porter les fidèles à ne pas négliger une chose qui leur est si nécessaire. Car, comme la considération de la fragilité commune à tous les hommes doit leur faire désirer avec toute l'ardeur possible de pouvoir marcher, avec le secours de Dieu, dans la voie de ia justice et de la vertu sans faire aucune chute, ils doivent aussi, lorsqu'il arrive qu'ils tombent dans quelque crime, ne point différer à un autre temps à user du remède si sahuaire de la pénitence, et se souvenir de la bonté infinie de Dieu, qui, comme un bon pasteur, est toujours prêl de bander les plaies de ses brebis et d'y appliquer les remèdes nécessaires.
Pour commencer donc ce que nous avons à dire touchant le sacrement de pénitence, il faut d'abord expliquer les différentes signilicalions du mot de pénitence , de peur que quelqu'un étant trompé par land)iguité de ce terme ne tombe dans Terreur; car quelques-uns c:»itendent par la pénitence la satisfaction ; d'autres, croyant, par un sentiment qui est très éloigné de la foi catholique, que la pénitence ne regarde en aucune manière le temps passé, la font consister uniquement dans le changement de vie. Ainsi pour éviter ces erreurs, il est nécessaire d'être in-» struit des différentes significations de ce terme.
Premièrement , le mot de pénitence marque le .cbangemeni de ceux qui commencejijt à s.t déplaire
il y en a d'autres qui s'abandonnent tellement à la douleur, qu'ils désespèrent entièrement de leur salut. Caïn semble avoir été de ce nombre , comme ses paroles le témoignent (Gen. 4 , 23) : Mon iniquiié est trop grande pour que fen puisse mériter le pardon. Et fV cJî^nnd lieu onappelle pénitence la douleur c'estde quoi Ton ne peut douter à l'égard de Judas, qui, ,!;,nP oersonne conçoit , non pour l'amour de Dieu , étant touché de regret, d'avoir livre Jesus-Christ , s elunepcisuiii V ». ,r , , . — trangla et périt misérablement. Nous avons donc be-
soin de la vertu de pénitence pour pouvoir garder une juste modération dans noire doulem'.
Celle vérité paraît encore par ce que se propose celui qui se repent sincèrement de son péché ; car la première chose qu'il se croit obligé de faire est de détruire son péché et de purifier son âme de toute souillure, de toute tache; et la seconde de satisfaire à Dieu pour ses péchés. Or il est évident que Tune et l'aulre est une action de justice, et par conséquent de vertu; car, quoique enîre Dieu et les hommes la justice, prise proprement et dans la rigueur, n'ait point de lieu à cause de la disproportion qu'il y a en ire Dieu et l'homme, il est certain néanmoins qu'il ne laisse pas d'y en avoir quelqu'une , comme est celle qui est entre un père et ses enfants , entre un maître
d'une chose qui leur plaisait auparavant , sans avoir é-ard si c'était un bien ou un maL C'est ams. que se repenient ceux dont la tristesse est selon le monde et non selon Dieu ; et ce repentir n'opère pas le salut , mais la mort.
En second au'une personne — ^„.-,
mais pour l'amour de soi-même, de quelque crime Qu'elle a commis avec plaisir.
Enfin la troisième sorte de pénitence est non seulement lorsque l'on a de la douleur dans son cœur d'avoir commis un crime, ou que l'on donne quelque marque extérieure de sa douleur, mais lorsque l on conçoit celte douleur pour l'amour de Dieu seul. Ur le nom de pénitence convient proprement à ces trois sortes de douleurs, la pénitence étant de sa nature
'est repenti , il est clair que ce nesi que piu auuiugie et par métaphore, se servant de celle expression pour s'accommoder à notre façon de parler et d'agir, et pour marquer qrte Dieu a résolu de changer (luelque chose, parce qu'il semble agir en cela comme les
hnmmps nui lorsiiu'ils se repentent de quelque chose, >et ses serviteurs. La troisième chose que se propose
font tous Iciirs efforts pour faire le contraire. C'est un véritable pénitent est de rentrer en grâce avec
dans ce sens qu'il est dit que Dieu se repeniil d'avoir Dieu, dont il ava
ir.:.M ^. ^v.r^îw. ^laMî Siiiiiirm. cause de ses cri
fait l'homme et d'avoir établi Saûl roi.
Cependant il y a une très-grande différence entre ces trois sortes de douleurs ou pénitences : car la première est mauvaise; la seconde n'est qu'une affection d'une âme troublée et agitée par les remords de sa conscience ; et la troisième renferme et la vertu et le sacrement de pénitence , et c'est en ce sens qu il faut prendre ici le mot pénitence.
8 \. De la pénitence comme vertu.
Il est nécessaire d'expliquer d'abord ce que c'est que la pénitence comme vertu , non seulement parce que les pasteurs doivent inspirer aux fidèles la pratique de toutes les venus, mais encore parce (jue les actes de la pénitence comme vertu sont comme la matière delà pénitence comme sacrement, etqu'il est presque impossible de ne pas ignorer la forme de ce sacrement si l'on n'est premièrement instruit de la vertu de péni-
tence
Ainsi l'on doit avant toutes choses avertir et exhorter les fidèles de faire tous leurs efforts pour obtenir la pénitence du cœur, en quoi consiste la vertu de pénitence , et sans laquelle l'extérieur sert de peu de chose. Or l'on a la pénitence du cœur, lors(|u'étant plein d'espérance d'oblenir de la miséricorde de Dieu le pardon de ses pécliés , l'on se convertit à lui de tout son cœur, l'on déleste et l'on hait les crimes que Ton a commis, et l'on forme une résolution ferme et constante de changer sa mauvaise vie et ses mauvaises mœurs ; et parce que celle pénitence est toujours accompagnée de douleur et de tristesse , qui est une agitation et une affection, et même une passion , comme plusieurs l'appellent , inséparable de la déleslalion du péché; plusieurs Pères définissent la pénitence par cette douleur intérieure de l'esprit et du cœur ; mais il est nécessaire que la foi précède la douleur du pénitent , car personne ne peut se convertir à Dieu qu'il n'ait la foi, ce qui montre en même temps que la foi ne peut point être une partie de la pénitence.
Or il est constant que cette douleur intérieure est une vertu ; car, \° la pénitence nous est commandée en plusieurs endroits de l'Ecriture, et Dieu ne commande que les actions louables et vertueuses.
2° On ne peut nier que ce ne soil une vertu d'avoir de la douleur, quand , de la manière et autant qu'il faut; or c'est propr/menl ce qu'opère dans les pénitents la vertu de pénitence , car quelquefois il arrive que les hommes conçoivent beaucoup moins de douleur pour leurs péchés qu'ils ne doivent , et même , comme remarque Salomon (Prov. U), il y en a qui se réjouissent dan$ le mal qu'ils font; comme au contraire
avait encouru la disgrâce et la haine à
causé de ses crimes. Or ces trois choses font voir clairement que la pénitence est une vertu.
Mais quels sont les degrés par lesquels on arrive à cette vertu? 1° La miséricorde de Dieu prévient le pécheur et convertit son cœur ; c'est ce qui faisait dire à Jérémie : Convertissez-nous à vous , Seigneur, et nous nous convertirons ,
T Etant prévenu de celte lumière, il s'approche intérieurement de Dieu par la foi. Car, comme dit l'Apôtre (llebr. 1,6): Pour s'approcher de Dieu , il faut croire premièrement qu'il y a un Dieu et quHl récompense ceux qui le cherchent.
5° La crainte et l'appréhension de la rigueur des peines éternelles s'empare de son cœur elle déiourne du péché. C'est ce qui nous est marqué par ces paroles d'isaïe : « U nous est arrivé, dit ce prophète, ce qui arrive à une femme qui a conçu ; laquelle, étant sur le point de mettre son enfant au monde, crie dans les douleurs de l'enfantement. »
4° L'espérance d'obtenir de Dieu miséricorde lui fait prendre ensuite la résolution de changer de vie et de mœurs.
d" Enfin la vérité échauffant son cœur y fait naître celle crainte filiale , digne des véritables enfants , et (jui fait qu'appréliendant uniquement d'offenser en la moindre chose la majesté de Dieu, il se défait entièrement de l'habitude du péché.
Voilà le*? degrés par où l'on arrive à cette excellente vertu de la pénitence, qui est toute divine et toute céleste, et à laquelle l'Ecriture sainte assure que la possession du royaume du ciel est promise , comme il, nous est marqué par ces paroles de l'Evangile del S. Matthieu (16, 17) : Faites pénitence, car le royaume du cïelesl proche; et par celles-ci d'Ezéchiel (18,25) : Si l'impie fait pénitence de tous les péchés quil a corn-' mis, qu'il garde tous mes commandements, et qu'il oft-i serve les règles de la justice , il vivra élernellemenl ; et par ces autres du même prophète (33, 11) : Je ne> veux point la mort de l'impie, mais qu'il se convertisse de^ sa mauvaise vie, afin qu'il vive. Car il est constant que par celte vie il faut entendre la vie bienheureuse et éternelle.
§ 2. De la pénitence comme sacrement.
La pénitence extérieure est ce qui fait propremenli l'essence du sacrement de pénitence, et elle consiste dans certaines actions extérieures sensibles, qui mai^ quent ce qui se passe intérieurement en l'âme.
Jésus-Christ l'a mise au nombre des sacrements, afin que l'on ne pûtdouterde la rémission des péchés que Dieu a promise par ces paroles d'Ezéchiel : St l'impie fait pénitence ^ il vivra éterncllemenl. Car autre-
inonl Ton sernit diins une incerlitude conlinuelfe si l'on aurait la pénitence intérieure, chacun ayant sujet d'avoir pour suspect le jugement qu'il fait de ses propres aciions. Ainsi Notre-Seigneur, voulant remédier au trouble que causerait celle incerlitude, a insliiué le sacrement de pénitence, afin que par la foi (pfil est juste que l'on ail en la vertu des sacrements, chacun eût sa conscience en repos , sachant que ses péchés lui sont remis par l'absolution du prêlre, éfnnt de foi que la parole du préire qui remet les péchés avec connaissance de cause est aussi efficace que ces paroles de Noire-Seigneur Jésus-Christ (Mai th. 9, 2) : 3Ion filsy ayez confiance, vos péchés vous sont remis^ le furent à l'égard du paralytique.
De plus, comme personne ne peut être sauvé que par Notre-Seigneur Jésus-Christ et par les mérites de sa passion, il a été très à propos et même très-uiile qu il instituât un sacrement qui servît comme de cjuial pour faire couler sur nous son sang, qui eflaçàt les péchés que nous aurions commis après le baptême, afin que nous fussions convaincus que nous sommes redevables uniquement à Notre Sauveur de la grâce de notre réconciliation avec Dieu.
Et il est même facile de montrer que la pénilence est un sacrement. Car de même que le l)aj)lêmo est m sacrement, parce qu'il efface tous les péchés, et parliculièrcmeni le péché originel, il faut par la même raison que la péniieiice, qui clîace tous les péchés de volonié ou d'action que l'on a commis après le bapiême, soit véritablement et proprement un sacrement. Mais de plus, et c'en est même la principale raison, comme ce qui se fait exlérieurement et par le pénilentelpar le prêlre marque ce qui s'opôre intérieurement dans l'âme du pénitent, il faut nécessairement reconnaître que la pénitence est un sacrement, puisqu'elle renferme tout ce qui est de l'essence du sacrement, élaiii le signe d'une chose sacrée. Car le pénitent d'une part exprime parfaitement par ses paroles et ses actions qu'il a détourné son cœur de l'impureié de ses péchés ; et le prêtre de l'autre en conférant ce sacremeni marque aussi clairement la rémi-sion des péchés que Dieu accorde par sa miséricorde au pénilent. El c'est de quoi ces paroles de Notre-Seigneur à S. Pierre (Matlh. 16, 19) : Je vous donnerai les clés du royaume du ciel, et ces autres du même Sauveur à jious ses apô!res : Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel , ne laissent aucun lieu de iouler. Car l'absolution que le prêlre prononce marque la rémission des péchés qu'elle opère dans l'âme Ju pénitent.
Non seulement la pénitence est un sacrement, "nais elle est un de ceux qui se peuvent réitérer. Car 'iaint Pierre ayant demandé à Notre-Seigneur s'il sufisait de pardonner jusqu'à sept fois à celui qui aurait )éché contre lui, il lui répondit (Matlh. 18, 22) : Je ne 'ous dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois ept fois. Ainsi lorsqu'il se rencontrera des personne s [ui témoigneront se défier de la boulé infinie de Dieu,
I faudra les fortifier et les porler à se confier en sa race, en leur proposant ces paroles de Noire Seigneur t plusieurs autres semblables passages de l'Ecriture ainle et en leur alléguant les raisons et les preuves ii'apporient S. Chrysostôme et S. Ambroise pour onfinner celle vérité.
§ 3. De la matière, de la forme et des cérémonies du sacrement de pénitence.
Comme les fidèles doivent être parfaitement iniruits de la matière de ce sacrement , il faut leur pprendre qu'il difiêre des autres sacrements en ce ue leur matière est quelque chose de naturel ou d'ar- (iciel, au heu que selon la décision du concile de renie (sup.sess. 14, dePœnit.,c. 3) ces trois acies
II pemtenl, la contrition, la confession el la satisfaconsont comme la matière du sacremeni de péni- ;nce. Ils sont même appelés les parties de la péniîDce, parce que Dieu les demande nécessairement ans le pénitent pour l'inlégriié du sacrement, et pour
CoNC. DE Trente. I.
obtenir la rémission pleine el entière de ses péchas Et quai?d le concile dit que ces actes sont comme la matière de la pénitence, ce n'est pas qu'il préiende qu ils n en soient pas la véritable matière, mais c*est seulement pour faire connaître qu'ils ne sont pas de a nature de la matière des autres sacrements qui est loul extérieure à l'égard de celui à qui ou les administre, comme Teau dans le baptême el le chrême dans hi confirmation. De sorte que quand quelques auteurs ont dit que les pèches sont la matière de ce sacrement, ils n'ont rien dit, si l'on prend bien leur pensée, de contraire à cette décision du concile Cir comme nous disons que le bois qui est consumé par e feu est la matière du feu, aussi on peut dire nue les pèches qui sont effacés par la pénitence sont la matière du sacrement de pé.iitence.
La connaissance de la forme de ce sacremeni n'est pas moins nécessaire aux fidèles que celle d^- sa matière. Car elle peut beaucoup contribuera Ant-e qu'ils se disposent avec de plus grands sentiments de religion et de pieté à recevoir la grâce de ce sacrement. (>etle forme consiste dans ces ler.nes : Je vous absous. C> est ce que nous apprenons de ces paroles de Notre- Scigneur (M.iih. 18, 18) : Tout ce vous délierez sur la terre sera débé dans te ciel, el ce qui est confirmé par la tradil;o!i des apôtres.
De plus, comme les sacrements sont les signes de ce qu ils opèrent, il est clair qu'il faut que là forme parlaiie du sacrement de Pénitence consiste dans ces paroles : Je vous absous, p!iis«|u'elles marquent la réinission des péchés qui s'opère par ce sacrement. Car c est par la force de ces paroles que l'âme du pécheur est dégagée des liens de ses péchés qui la tenaient captive auparavant. Et il faut bien observer qtie le préire prononce, avec vérité el erficacemcnt, ces parades sur une personne qui a même déjà obtenu de Dieu le pardon de ses péchés par la force de son ardente contrition jointe au désir sincère de s'en confesser.
Ces paroles sont accompagnées de plusieurs autre* prières qui ne sont pas nécessaires pour la firme de ce sacrement, mais seulement pour détruire tout ce qui pourrait en empêcher l'effet dans celui à oui on le donne. *
Quelles aciions de grâces ne doivent donc point rendre a Dieu les pécheurs de ce qu'il a donné un si grand pouvoir aux prêtres de son Église : car ce pouvoir ne consiste pas seulement à déclarer qu'un pécheur est absous de ses péchés, comme dans la loi ancienne les prêtres déclaraient qu'un lépreux était gueri de sa lèpre; mais comme ministres de Jésus- Christ ils donnent la dernière perfection à ce que liieu,qui est l'auteur de la grâce ei^ de la justice. opère dans les pécheurs.
Il est encore nécessaire d'instruire les fidèles des cérémonies qui s'observent dans ce sacrement , parce que celte connaissance peut beaucoup contribuer a imprimer plus fortement dans leur cœur la grâce qu'ils y reçoivent, qui est d'êlre réconciliés avec Dieu' comme des serviteurs avec un maître très-doux ou plulôl comme des enfants avec un très-bon père et a leur laire comprendre plus aisément ce qu'il faut qu ils fassent s'ils veulent, comme ils y sont obligés témoigner leur reconnaissance pour un si grand bienlait.
Tout pécheur qui se repent de ses péchés doit donc premièrement se prosterner humblement aux pieds du prêlre, afin que par cet acte d'humilité il connaisse d une part qu'il doit arracher de son cœur, jusqu'à la racine, l'orgueil qui a élé la source et le principe de tous ses crimes pour lesquels il gémit, et qu'il doit révérer de l'autre dans le prêlre , qui est son juge légitime, la personne et la puissance de Noire-Seigneur Jésus Christ. Car le prêtre tient sa place dans le sacrement de péuitence, comme dans toiH les autres, sacremeiits. Il doit ensuite confesser tous ses péchés » reconnaissant en même temps qu'il a mérité don èîre
fDix,J
(rcs-rigourciiscmcnl puni, el en demander pardon ^mne un suppliant. Ces choses se sonl pra iquees ^ès les premiers temps de TEglise, comme il parait par le témoignage de S. Denis.
S 4. Des avantages de la pénitence.
Rien ne peut être pluF. ulile et plus puissant pour faire en.brasser la péniience avec joie que la connaissance des grands avantages que I on en reçoit. Lt l'on peut dire avec vérité de la vcnilence que , s» les racines en sontamèrcs. les fruits en sont ires-doux.
Car premièn'ment la péniience ne tend qu a nous réconcilier avec Dieu, et à nous unir très-étrotement ,à lui par la cliarilé.
En second lieu cette réconciliation est ordmairement suivie, dans les personnes qui reçoivent ce sacrement avec piéié cl religion , d'une lies-grande joie inléricure et d'un très-grand repos de conscience.
Enfin il n'y a point de crime, si horrd)lc et si grand nu'il soit , qui ne puisse êlre eflacé par ce sacremeni, non seulement une on deux lois, mais même plusieurs fois. C'est ce que Dieu lui-même nous a voulu marquer par ces paroles du prophète Ezechiel (18 , 21) : Si rimpie fait pénitence de tous les péchés qiCû a commis qu'îl qarde mes commandements , et qu il fasse le bien et observe les rèqles de la justice cl de réqmle, U vivra et il ne mourra point , et j'oublierai tontes les imquités quil aura commises. Ei c'est ce que S. Jean n< us dcrlari' lorsqu'il dit (l Epist. 1, 9) que si nous confes- .•./.-'- n;„„ /,ci fittMo Pi iii&ip tinnr nous tes
CATÉCHISME D\j CONCILE DE TRENTE.
un avocat envers le Père , Jésus Christ, qui est juste. Car c'est lui qui est la victime de propmatton pour nos jyéchés , et non seulement pour les nôtres , mats aussi pour tous ceux de tout le monde. „v^ ..
C'est pourq!U>i lorsque nous lisons dans l Ecnliire sainte que quelques persoiuies n'ont pas obienu de Dieu miséricorde, quoiqu'ils raient demandée avec beaucoup d'ardeur, il faut reconnaître que ce n a eîe que parce qu'ils n'avaient pas un véritable regret de leurs crimes. Ainsi lorsq-te nous y trouvons ou dans les Pères quelques paroles qui semblent marquer qu'il y a des péchés qui ne se peuvent remettre , il fliut les entendre de l'exliême difficulle qu i y a d en obtenir leparden. Car de même qu'une maladie est appelée incurable lorsque le malade est si mal dispose qu'il a de l'horreur des remèdes mêmes qui le pourraient guérir, il y a aussi de certains pèches qui ne se remettent point , parce que celui qui en est coupable méijr se la grâce de Dieu , laquelle en est le véritable remède. C'est dans ce sens que S. Augustin a dit qn'MJje personne qui, après avoir reçu par la grâce de Jésus-Chrisl la connaissance de Dieu, combat la charité fraternelle et celte même grâce de Jesus-Lhnsl par r envie qui le dévore, se fait une plaie si profonde , qu'il ne peut sliumilier jusqu'à en demander pardon , quoique les remords de sa conscience l'obligent a avoue*' et à reconnaître son péché. ^ ^
Mais pour revenir aux effets de la pénitence, celui de remettre les péchés lui est tellemeni propre qu'on ne doit se promettre ni espérer jamais d'en obtenir la rémission que par ce sacrement, comme il paiv.il par ces paroles de l'Evangile (Luc. 15, 3 et 5) : Si vous ne faites pénitence , vous périrez tous de la même sorte. Ce qui se doit entendre seulement des pécliés mortels , quoiqu'il faille aussi faire quelque péniience des péchés véniels. Car, comme remarque S, A'iguslm , ce serait en vain qu'on ferait tous les jour,s dans 1 Eglise une espèce de pénitence pour les péchés véniels, si ces péchés pouvaient se remettre sans pénitence.
Comme ce n'est pas assez dans les choses qui sont de pratique , comme est la pénitence, de lesconnaiire en général , il faut tâcher d'expliquer en particulier tout ce qui est nécessaire pour rendre la pénitence véritable et salutaire. Or ce sacrement a cela de |)arlicuher, qu'outre la matière et la forme qui lui soiîl coinnmnes avec tous les autres sacrements , il rea-
fcrme encore, comme nous l'avons déjà remarqué, ces trois choses , la contrition , la confession et la satisfaction , qui sont nécessaires pour le rendre entier et parfait. C'est ce que S. Chrysostôme nous apprend, lorsqu'il dit que la pénitence oblige le pécheur à tout soiiflrir, à avoir de la contrition dans son cœur, à confesser de bouche ses péchés , à s'humilier en toutes ses actions , et à faire des œuvres dignes d'une véritable satisfaction.
Ces parties sont de la nature de celtes qui composent un tout. Car de même que le corps de l'homme, étant composé de plusieurs membres, est regardé comme imparfait , lorsqu'il hii en manque quelqu'un, et qu'au contraire l'on dit qu'il est parlait lorsrju'il ne lui en manque pohit; ainsi la pénitence consiste tellement en ces trois parties , qu'encore que la contrition et la conlession, par lesquelles l'homme est justifié, suflisent quand à ce qui est de son essence, néanmoins si la satisfaction n'y est jointe, elle est nécessairement défectueuse et imparfaite ; et ainsi ces trois parties sont insé[)an})les. Car la contrition doi| renfermer nécessairement le dessein de confesser sea péchés , et d'y satisfaire. La contrition et la volonté de satisfaire doivent précéder la confession. Et la confession et la contrition doivent aussi précéder la satisfaction.
La raison que l'on peut donner de l'union de ces trois parties est que nous offensons Dieu par nosi pensées, par nos paroles et pnr nos aclicms. Ainsi il est juste qu'en nous soumettant aux clés de l'Eglise,! noustàchions d'apaiser la colère de Dieu et d'obtenir! de lui le pardon de nos péchés par les mêmes voies! par lesquelles nous l'avons offensé. De plus, comraej dans la pénitence il se fait quelque sorte de compen-j sation pour les péchés, soit de la part du pécheur, soit de celle de Dieu qui a été offensé, il faut que tout pénitent ail d'une part la volonté de proportionner sa pénitence à ses péchés, en quoi consiste principalement la contrition, et qu'il se soumette de l'autre ar jugement du prêtre qui tient la place de Dieu mér" à son égard, afin qu'il puisse lui imposer ime peiïM proportionnée à la grandeur de ses crimes. Et c'esi ce qui f\\it voir la nécessité de la cuni'ession cl de b(| satisfaction.
Il est donc nécessaire de connaître distinctement nature et la vertu de ch '.cune de ces parties. Et coir me la contrition doit êlre toujours dans notre cœin en même temps que nous repassons dans notre m^ moire nos péchés passés o» q"^ nous en commetloi de nouveaux, on n'en saurait être assez exaclcnar
instruit.
§ 5. De /a contrition.
Les Pères du concile de Trente défiriisfcnt ainsi
contrition (sess. A):L\ contrition est une dollebI
ET UNE DÉTESTATION DES PÉCHÉS QU'ON A COMMIS, JOINTJ A LA VOLONTÉ DE n'EN PLUS COMMETTRE A l'AVENIR. B
ils ajoutent un peu après, parlaiil du mouvement d la contrition : C'est ainsi qu'elle prépare à recevoir 1 * rémission des péchés, si elle est jointe à la confiar.c en la miséricorde de Dieu, et à la résolution de fantout ce qui esl nécessaire pour recevoir comme faut ce sacremeni. ,,,>..
H est aisé de comprendre par cette définition qi: la contrition ne consiste pas seulement à ne péclK plus, ou à former le dessein d'embrasser une vie noi velle, ou même à l'embrasser effectivement; ma pariicuiièremenl à détester sa vie passée et à einbra ser les moyens de l'expier. C'est ce que les gcunss< men:s et les cris que l'Ecriture sainte met si souvc en la bouche des saints prouvent parfaitement. me lasse, dit David, à force de ^gémir. Je fais nag mon m dans mes pleurs, toute la nuit. LeSeigneur.a il encore, a écouté la voix de mes pleurs. Jerepassert Seiqneur, en votre présence, ma vie passée dans r«'W< tuiiie de mon cœur, dit le prophète Isaïe (38, lo.) C il est visible que ces expressions et d'autres semb! blés ne peuvent venir «lue d'une très -grande av<
PART. If. DES SACREMENTS.
sion de sa vie passée et de la détcslaiion de ses pécliés.
Or quand le concile définit que la conlrilion est une douleur, ce n'est pas qu'il faille nécessairement que celle douleur soil extérieure et sensible. Car la conlrilion est une action de la volonté ; et S. Augustin enseigne que la douleur accompagne bien la pénitence, mais qu'elle n'est pas en effet la pénitence. Les Pères du concile ont donc voulu marquer par le mot de douleur la iiaine et la délestalion du péché, tant parce que l'Ecriture sainte s'en sert en ce sens, comme il se voit par ces paroles de David (ps. 12, 2.): Jusqu'à quand mon âme sera-t-elle agitée de di,férenles pensées, et mon cœur saisi de douleiir pendant tout le jour, que p;uce que la conlrilion excite en effet de la douleur d.u»s la partie inférieure de l'àme, qu'on appelle coucupiscibie. D'oiî vient que les pénilenls, pour exprimer leur douleur, ont coutume de changer leurs vélemenis pour se couvrir de cendres et de ciliées, comme Notre-Seigneur nous le marque assez par ces paroles (M.Ulh. 11, 21 ) : Malheur à toi, Corozaïn; malheur à toi , Belhsaïde ! parce que si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyrel dans Sidon, il y a déjà longtemps qu'ils auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre.
La déieslatiou du péché dont nous parlons est encore appelée conlrilion, pour marquer Texcès de la douleur qu'elle cause. Car on lui donne ce nom par une comparaison prise des choses corporelles qui sont brisées par uu caillou, ou par quelque autre matière encore plus dure, pour marquer que nos cœurs qui s'étaient endurcis par l'orgueil et la vanilé sont comme brisés et humilies par la pénitence. C'est pourquoi qr.eljue douleur que l'on ressente, soit pour la perte de ses parents et de ses enfants, ou pour quelque autre affliction que ce soil, elle n'est point appelée contrition : et ce nom ne convient qu'à la douleur que nous ressentons de la perle de la giâce de Dieu et de l'innocence.
Cette délestalion du péché s'exprime encore assez souvent par d'auires termes. Tantôt elle est appelée conlrilion du cœur, à cause que l'Ecriture se sert assez souvent du mot de cœur pour marquer la volonié. Car coumie le cœur est le principe de toutes les actions du corps, la volonté règle aussi toutes les puissances de l'àme. Taniôt les SS. Pères rappellent compouclion du cœur, en sorte même qu'ils ont donné ce tilie aux ouvrages qu'ils ont composés louchant la conlrilion, parce que de même que l'on ouvre avec le fer un ulcère qui est enflé , alin que le pus en puisse sortir; ainsi le cœur est en quelque sorte ouvert par la contrition, afin qu'il puisse pousser au dehors le venin mortel du péché. Enfin Dieu même l'appelle dans lEcriture brisement du cœur, comme on le voit par ces paroles (Joël. 2, 12) : Convertissez-vous à moi de tout voire cœur dans le jeûne, dans les larmes et les gémissements, et brisez vos cœurs.
Et il est certain que celle douleur que l'on doit avoir de s< s péchés doit êire très-grande, et même telle que l'on ne s'en puisse imaginer de plus grande. Car en premier lieu, comme la parfaite contrition est un acie de charilé qui est formé par la crainte filiale, il est évident que la contrition ne doit point avoir d'autre mesure que celle de la charilé même. Comme donc la charilé par laquelle nous aimons Dieu doit être irès-parlaile, la douleur qui accompagne la contrition doit aussi être très-parfaite. Et comme Dieu doit être souverainement aimé, l'on doit aussi, autant que Ton peut , délesicr souverainement tout ce qui éloigne de Dieu. Aussi voyons-nous que l'Ecriture se sert des mêmes termes pour exprimer quelle doit être la grandeur de la charilé et celle de la conlrilion. V OMS aimerez votre Dieu de tout votre cœMr, di l-elle dans le Deuléronome (6, 5). Et en un autre endroit elle met ces paroles dans la bouche de Dieu même : Convertissez-vous à moi de tout votre cœur. (Joël. 2, 12.)
Secondement, comme Dieu est le souverain bien
entre tous les biens que les hommes peuvent aimer, le péché est aussi le souverain mal entre tous les maux qu'ils doivent haïr. Et par conséquent la même raison qui nous oblige à aimer souverainement Dieu et préférablement à toules choses nous oblige d'avoir une haine souveraine pour le péché, même aux dépens de noire vie. Notre-Seigneur nous a marqué celle double obligation, lorsqu'il a dit(Malih. 10, 57; ib. 16,25): Que celui qui aime son père ou sa mèrl plus que lui, n'est pas digne de lui, el que celui qui se voudra sauver^ se perdra.
Enfin comme, selon S. Bernard, la charilé ne peut être bornée parce que, comme il le dit fort bien la mesure de noire amour pour Dieu est de l'aimer sans mesure, la délestalion du péché doit être aussi sans borne et sans mesure.
Et celte délestalion, pour être parfaite, ne doit pas seulement être très-graiule, mais même très-ardente et très-vive, en sorte qu'elle exclue toute négligence et toute paresse. C'est ce que nous apprenons de ces paroles du Deuléronome (4, ^d): Lorsque vous rechercherez le Seigneur votre Dieu, vous le trouverez, si néanmoins vous le cherchez de tout votre cœur et dans une parfaite amertume de votre cœur ; et de ces autres de Jérémie (29, 15.) : Vous me chercherez et vous me trouverez. Lorsque vous m'aurez cherché de tout votre cœur vous me trouverez, dit le Seigneui*. *
Ce n'est pas toutefois que notre contrition ne puisse être véritable et efleclive, encore qu'elle ne soit pas dans ce dernier degré de peffcctioii. Et il arrive même assez souvent que la porte des choses temporelles nous touche plus vivement (|ue la perte des choses spirituelles, et que, par exeniple, des personnes sont quelquefois plus sensiblement touchées delà mort d'un enfant que de leurs propres péchés.
il faut dire la même chose des larmes. Car quoiqu'elles soienltout-à-fail à désirer dans la pénitence, et qu'il faille extrêmement les recommander aux pénitents, néanmoins la douleur que l'on a de ses péchés ne laisse pas de pouvoir être sincère et véritable, quoiqu'elle ne soit point accompagnée de larmes! S. Augustin fait voir assez de quelle importance sont les larmes, lors(|u'il dit qu'il faut être sans charité pour pleurer la mort du corps et ne pleurer point la mort d'une âme que Dieu a abandonnée. Et c'est ce qui nous est encore marqué par ces paroles de Notre- Seigneur que nous avons déjà rapportées : Malheur à toi, Corozaïn f malheur à toi^ Bethsaïde! parce que si les miracles qui ont été faits parmi vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a déjà longtemps quelles auraient fait pénitence dans le sac et dans la cendre. Mais l'exemple des Ninivites, celui de David, de la femme pécheresse de l'Evangile et de S. Pierre, qui ont tous obtenu, par leurs larmes, de la miséricorde de Dieu le pardon de leurs péchés, sont plus que suffisants pour nous convaincre de celte vérité.
Ce n'est pas assez d'avoir de la contrition pour ses péchés en général, il faut encore tâcher d'en former un acte particulier pour chaqne péché mortel qu'on a commis. C'est ce que Ézéchias nous apprend par ces paroles qu'il adresse à Dieu : Je repasserai en votre présence sur tous les moments de ma vie dans l'amer tume de mon cœur. Car qu'est-ce autre chose repasseï sur tous les moments de sa vie, sinon examiner en particulier et avec douleur tous ses péchés; Ezéchie». confirme la même chose lorsqu'il dit (18, 21) : Si l'impie fait pénitence de tous ses péchés, il vivra. Et c'est conforméujent à ce sentiment que S. Augustin a dit que le pécheur doit connaître la qualité de son crime par le lieu et le tenips où il l'a commis, par la manière dont il l'a commis, el par la personne avec laquelle ou contre laquelle il l'a commis.
Cela n'est pas néanmoins si absolument nécessaire que l'on doive désespérer de la miséricorde infinie de Dieu, si Ton ne le fait pas. Car Dieu a un si grand désir du salut du pécheur, qu'il ne diffère pas d'ui> moment de lui accorder le pardon de ses péchés et do
,„i ,onnor des marques de sa ^^^^^1;^ .f^^^îî^^^Jum *:îfôi n\\\\ rentre en ui-nieme, et qu il se con\erui ci
au la voS de faire loul ee qni lui sera P0ss.be dans n 'uitre temps pour s'e.i ressouvenir ahn de les de^ è le^ous en panirulier. Et c^est Dieu même qn f ...P IP ïérhenr ait cette confiance lorscpiil n'sure^' r scm^ p^^^^^^^ (Ezech. 53, 12) que tmpiélé
Te Zra point à hupicdumomenl quHl se sera converti
"''u'^liSde conclure de ce qnc l\)n vient de représei 1er que les conditions nécessaires pour rendre la rSltl. parlaite, dont il est à VV^T^l^l^^^^^'^' instruit, afin que cliacnn sache ce qu il faut qu il f^sse pour roblnvi, et quelles sont les maniues certaines nar lesquelles 1 peut discerner combien il est plus on noins é".igné de la perlection de cette vertu scmt r d'avoir de la bainc pour K.ns ses pèches et den ro.icevoir de la douleur, puisque, si Ton i. en a que de nuèlnues-uns, la conlrilion ne peut eire que tejnte et Sée et absolument inutile. Car, comme dit lapôtre saint JaC(iues,^u/^o,/^«^«î/an«^«rd^ iouteja Im h viole en un seul point, est coupable, comme l ayant
'^"2° Ou'eUc soii accompagnée de la volonté de confesser tous ses péeiics , et satisfaire pour eux.
3° Oue le pénitent ait formé une resolution lerme et constante de changer de vie. C'est ce que le prophète Ezéchiel nous marque clairement par ces paroes ri8 21) • Si rinipie fait pénitence de tous ses pèches, s H aarde mes commandements, et qu'il smve dans ses nciions les règles de la justice, il vivra et ne mourra
vres ustes^îi vwi icru sun amv. ^^''^^•".T":,:'"',.encore et (ailes pénitence de toutes vos imqmlés, et elles m seront pas ccmse de votre perte. Abandonnez vos pèches, et faites-vous un cœur et un esprit nouveaux. Noire bei- «neur déclare la même chose, lorsque parlant a celle h . :. ^.^ .....«..-.c^ nn adultcrc il lui (Itt
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femme qui avait éie surprise en
ce qui est des antres dispositions que les pasteur» peuvent exiger, elles peuvent bien servir à fane que la contrition soit en elle même plus parfaite et plus entière ; mais elles ne sont pas si absolument nécessaires, que sans elle la conlrilion en elle-même ne puisse'êlre véritable et utile pour le salut.
Comme il ne suffit pas de connaître ce qui est nécessaire pour le salut si Ton n'apporte tout le soin possible pour le pratiquer , et que rien n'est plus capable d'inspirer une contrition parfaite que d'en connaître la force et l'utilité, les pasteurs ne doivent rien oublier pour en instruire les fidèles.
Or la contrition a cet avantage particulier que, a» lieu que la plupart des actions de piéié, comme l'aumône, le jeûne, la prière, et les autres bonnes œuvre » sont souvent rejeiées de Dieu par la faute de ceuxiiui les font, elle lui est toujours agréable , et il ne la re- Jetie jamais : Vous ne rejetterez pas, mon Dieu, un cœur contrit et percé de douleur et de regret , dit David
<ps 50, 19). , .
Bien davantage, du moment que nous formons l\ résolution dans notre cœur de nous iiumilier pour nos péchés, le même prophète assure en un autre endroUi ( ps. 31, 5 ) que Dieu nous les pardonne : J'ai dit en mon cœur, il faut que je confesse contre moi-même mes offenses au Seigneur, et vous nCavez renw, la malice de mon péché. Nous avons une excellenie ligure de celle vérité dans les dix lépreux de l'Evangile, qui, étaiwi envoyés par Notre-Seigneur aux prêtres, furent giiéris de leur lèpre, avant que de s'être présentés à eux. Ce qui est une preuve bien convaincante que la véritablel contrition a la vertu et la force de nous faire obtenir de Dieu le pardon de nos péchés aussitôt que 1 ous
Tavons.
Miiis un moyen encore Irès-puissanl pour inspirer la conlrilion aux fidèles est de leur prescrire quelque pratique capable de l'excitcr en eux. . I
11 faut donc les exhorter, V d'examiner souvoftif teur conscience, afin devoir s'ils ont gardé exaclemcnii les commandements de Dieu et de FEglise ; T s'i>s s., trouvent coupables de quelque crime de s'en accuseï en même temps devani Dieu, de lui en demande
femme nm a^i^.l c.c oun^.—v. -.. ~. mÂmp ic^mns
(Jo»n. 8, 1 1) :Mlcz-^s en, ''ne pécher P'Z^^J/Zl; Z,\ZuJa pLo» , de lui demander d» leu.ps p«„ cl au paialytinue J.ian. o, 14) • > ous voyez que voui ,,„„f.sse,. el i
^1, .... paralytique ( ...
êtes quéri, ne péchez plus à favemr.
La nature même ei la raison nous enseignent que la dou'eur d.s péchés cmnniis et la reso .mon de n en plus conmiellre à l'avenir sont deux choses absoluinent nécessaires pour rendre la cnuirition smc^re e véritable. Car elles nous apprenneni «pie celui qui veut se réconcilier avec un ami qu'il a offense doit avoir de la douleur de l'avoir offensé et ounage, et prendre bien garde dans la suite de ne rien laire qui blesse l'amilié qu'il lui a promise. , .
Mais ces deux choses doivent encore nécessairement être accompagnées de Tobéissance : car il est, pisle que l'homme obéisse à la loi,soii nalurello,ou divme, ou humaine, à laquelle il est sou;.>is. Ccsi pourquoi si un pénitent a pris ou par force ou p^r Iraude quelque chose à un autre, il faut qu'il la Un resliiue. De même s'il a blessé par ses paroles ou ses actions l'honneur et la réputation de son procham, il laut qu'il lui en fasse satisfaction, ou en lui faisanl (picKpie bien, ou en lui rendant quelque service. Car, comme l'on dit coimnunément après saint Augustiti, le pèche n'est point remis que l'on n'ait restitue ce que I on a
^"1° Enfin l'obligation de pardonner toutes les offenses que l'on a reçues est une des plus importantes et des plus nécessaires conditions pour rendre la contrition sincère et vérilable, comme Noti^-So.gneur l'a déclaré, lorsqu'.l a dit (Matih. 6, U) : St vous pardonnez aux hommes les fautes qutls font contre vous, votre Père céleste vous pardonnera aussi les vôtres ; nms si vous ne leur pardonnez point leurs fautes, votre Fere ne vous pardonnera point aussi les vôtres.
Voilà les dispositions où tout pénitent doit être, ahn que sa contrition puisse être parfaite et vci«tab;e. l our
s'en confesser et pour y saiisfaire, cl surtout d'implu rer l'î secours de sa grâce pour ne point retomhe dans les péchés dont ils se repentent. Enfin de lâche de conccNoir une haine st)uveraine i)Our le pèche, tan à cause de la honte et de 1 infamie qui l'accompagne qu'à cause des grandes perles et des grands niau qu'il cause à cemi qui le commet, soit en i'éloignaii de Dieu, qui par sa charité lui a fait de si grands hien.« et dont il pourrait eu attendre encore de plus con^i dérables , soit en l'assujéiissanl à la mort éiernelle et à des supplices el des tourmenls qui ne finiroi
jamais.
^ Q. De la Conftssion.
Toutes les personnes de piéié sont persuadées qi tout ce que nous voyons que Dieu a coiiser\é ju.^qi ici dans l'Eglise, de sainteté, de piélé et de religioi doit être particulièrement attribué à la conte sioi qui est ia seconde partie du sacrement de péniienc Il ne faut donc pas s'étonner si l'ennemi commun d hommes, a>ant dessein de détruire entièrement religion catholique, a fait tous ses efforts pour aieat lir celle partie de la pénitence, qui sert comme dclense et de bouclier à U vertu chrétienne.
En ellet, celle sainte pratiipie est exlrêmeine utile et nécessaire. Car quoique l'on avoue que la co iri.ion efface les péchés , néanmoins comme il h pour cela (ju'elle soil si forte, si vive et si ardente (j la douleur qu'elle produit dans Tànie soit proporli» née à la grandeur des crimes, et que cependant il ; peu de personnes dont la douleur puisse arriver j« qu'à celte perfection, il y en aurait par conséqu» très-peu qui pussent espérer d'obtenir par celte v le pardon de leurs péchés. Il a donc été neccs^a que Dieu, qui est infiniment bon et inibéricordie
PART. II. DES SACREMEiNTS.
pourvût au salut de tous les hommes par un moyen plus facile. Et c'est ce qu'il a fait d'une manière admirable en donnant à TEglise les clés du royaume du ciel. Car c'est une vérité de foi, que toui chrétien doit croire et défendre constamment, que celui qui a de la douleur de ses péchés et qui fait résolution de n'eu plus commettre à l'avenir, en obtient la rémission et le pardon par la vertu des clés, après qu'il s'en est confessé au prêtre, quoique sa douleur ne soit pas telle qu'elle fût suffisante par elle-même d'en obtenir le pardon. C'est la doctrine constante des SS. Pères, qui enseignent tous que c'est par les clés de l'Eglise que le ciel nous est ouvert. Et c'est de quoi l'on ne peut douter après que le concile de Florence a déliui que la rémission des péchés est reffel du sacrement de pénitence.
L'ex|)éricnce même nous apprend combien la confession est utile. Car si nous voyons que des gens qui mènent une vie déréglée, lorsqu'ils viemient à découvrir leurs pensées, leurs paroles et leurs actions à un ami fidèle et prudent , capable de les aider par ses conseils et ses avis, quittent celte vie déréglée et en embrassent une meilleure; peul-il y avoir rien de plus salutaire pour ceux qui sont tourmentés par les remords d'une conscience criminelle que de découvrir les maladies cl les plaies de leur âme au prêtre, qui est le vicaire de Jésus-Christ, et à qui l'Eglise impose, SOHS des peines très-rigoureuses, un silence inviolable? Ils ne manqueront point sans doute de trouver auprès de lui des remèdes capables non seulement de guérir leurs mal-adies, mais même pleins d'une vertu divine qui disposera et fortifiera leur âme de telle sorte qu'ils ne tomberont que difficilement dans leur première maladie et dans leurs premiers péchés.
Enfin la confession est très-utile, même pour entretenir la société bumaine. Car il est constant que , si Ton abolissait de la discipline de lEglise la confession sacramentelle, non seulement le monde serait plein d'une infinité de crimes cacbés, mais même les bommes étant corrompus par l'babilude du pécbé nauraieni plus de honte de les commettre publiquement et de s'engager toujours de plus en plus dans de plus grands désordres. Car Li honte qu'un homme a de se coiufesser est comme un frein qui arrête le désir et la liberté qu'il a de pécher, et qui réprime la malice de son cœur.
Il ne suffit pas de savoir que la confession est utile,
il faut encore en connaître la nature et la vertu. Et
I c'est ce qu'il est aisé de comprendre par sa définiiiou.
Car on la définit communément ainsi : La confession
' SACRAMENTELLE EST UNE ACCUSATION QUE l'ON FAIT DE I SES PÉCHÉS, AFIN D'eN OBTENIR LE PARDON PAR LA VERTU DES CLÉS QUI ONT ÉTÉ DONNÉES A l'EgLISE.
Ou l'appelle une accusation parce que dans la confession il ne faut pas dire ses péchés par manière d'os- • tentation et comme si l'on voulait en tirer de la gloire, : comme fout ceux qui se réjouissent lorsqu'ils font du ^mal; ou par manière d'entretien, comme si l'on racontait quelque histoire pour divertir ceux qui nous écoulent ; mais on les doit dire avec un esprit de com- ' ponction et eu se condamnant et souhaitant de les ven- I ger sur soi-même.
' 11 est certain aussi que nous ne confessons nos péjChés que pour en obtenir le pardon. Ce qui fait voir ' que le jugement qui s'exerce dans la confession est bien dilïérent de ce qui se pratique dans les jugements criminels, où la confession du crime est toujoms suivie de la peine et du supplice qu'il mérite, et non de l'absolution et du pardon.
Les SS. Pères ont suivi celte définition de la confession, quoiqu'ils faient exprimée en d'autres terme?. Ainsi S. Augustin définit la confession une accusation que l'on faii d'un péché caché, dans fespérance d'eu obtenir le pardon; et S. Grégoire, une délesl .tion de ses péchés ; ce qui étant renfermé dans la première aénnition y doit être ra[)p()rté.
Mais ce qui relève sur toutes eho:ies roxccllencc de
la confession est que c'est Noire-Seigneur Jésus- Christ, qui a disposé toutes choses avec une souveraine sagesse pour notre salut, qui l'a instituée par un pur etTet de sa bonté et de sa miséricorde. C'est ce qu'il lit lorsque ses apôtres étant assemblés en un même lieu après sa résurrection , il souffla sur eux et leur dit( Joan. 20, 22) : Recevez le Saint-Esprit. Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez^ et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.
Et c'est ce qu'il avait insinué auparavant, lorsqu'apiès avoir ressuscité Lazare, il coMimanda à ses apôtres de le délier. Ce qui a fait dire à saint Augustin sur cet endroit de TEvangile : « Les prêtres peuvent maintenant faire davantage en pardonnant les crimes à ceux qui s'en confes^enl. Car notre-Seigneur remet les péchés de ceux à qui ils les remettent. Ainsi il présenia Lazare qu'il avait ressuscité à ses disciples pour le délier, afin de faire voir que les prêtres avaient la puissance de délier. C'est ce qu'il voulait encore nous marquer lorsqu'il commanda aux dix lépreux qu'il guérit de se monirer aux prcires et de faire ce qu'ils leur ordonneraient. >
11 est évident que puisque Notre-Seigneur a donné aux prêtres la puissance de retenir et de remettre les péchés, il \ei en a en même temps rendus les juges. Car, comme ce saint concile de Trente l'a remarqué, l'on ne peut porter un jugement véritable de quoi qud ce soit, si l'on n'en a une connaissance parfaite, et l'on ne peut garder les règles de la justice dans les peines qu'on doit imposer aux crii:iiuels, si l'on no connaît parfaitement la qualiié de leurs crimes. Et par conséquent il faut que les prêires connaissent par la confession des péiiiienls tous leurs péchés eu pirliculier, afin qu'ils en puissent juger et leur imposer des peines qui h?ur soient proportionnées.
Ces deux vérités, que la confession sacramentelle est nécessaire pour obtenir la rémission de ses péchés et que c'est Jé,us-Christ qui l'a instituée, ont été définies par le concile de Trente, et ont toujours été enseignées par l'Eglise catholique, comme il se voit par quantité de passages d<'S SS. Pères, où ils déclarcnl très-distinctcmeui que la loi de la confession sacramentelle, que quelques-uns d'eux appellent en greo ejiomologèse et exagogèse, doit être regardé^ comme une loi évangélique , que Jésus-Christ a insiituée el dont on voit même des preuves dans les figures de l'ancien Testament et dans les différentes espèces de sacrifices que les prêtres offraient pour expier les dif férentes espèces de péchés.
Non seulement Nolre-Seigncur a lui-même établi laloi de la confession; mais l'EgUse de son autorité y :> joint encore des cérémonies solennelles qui , bien qu'elles n'y soient pas essentielles, contribuent néanmoins beaucoup à eu faire connaître l'excellence et la dignité , et disposent les pénitents , par la piété (|u'elles leur inspirent, à obtenir de Dieu plus [>rompleraent le pardon de leurs péchés par l'infusion de sa grâce. En effet, h)rsqu'un pécheur se présente aux pieds du prêtre pour confesser ses péchés, la tète nue, la vue baissée, les mains jointes comme un suppliant el en d'autres semblables postures, qui sont toutes dt s marques de fhumililé chrétienne, quoique toutes ces choses ne soient pas essentielles à la confession il fuiè demeurer d'accord qu'elles sont très-propres néanmoins à découvrir la vertu toute divine qui est renfermée dans ce sacrement , el à faire connaître que l'on ne doit s'en approcher que pour y implorer ei y rechercher la miséricorde de Dieu de toute l'ardeur de son cœir.
Ce n'est pas assez de croire que Jésus-Christ a institué la confession, il faut encore être persuadé qu'il en a commandé l'usage comme absolumeul nécessaire, tout pécheur qui a commis un péché mortel ne pouvant recouvrer la vie de son âme que par ce moyeu. C'est ce qu'il nous a marqué clairement lorscpi il a exprimé par les clés du royaume du ciel la puissance, radminisircr ce sacremenl. Car de nicuie qu'on ne
Deut entrer dans un lieu fermé de touies paris que par Koven de celui q.ii en a les clés, on ne peut aussi ^re?X is dans le ciel, lorsqu'on s'en est ferme l'entée par un péché mortel, si le prélre a qu. Notre-Se - /neur en a ïonlié les clés n'en ouvre les por es. Et si cela Tpouvait faire autrement, on ne voit pas que rusa-e des clés fût d'aucune nécessite dans 1 Lgl.se, puisque ce serait inniilemonl que le prelre, a qu. a pu séance des des a été donnée, interd.ra.t l'entrée du cid à quelqu'un, s'il pouvait y entrer par une autre voie. Saint Augustin reconnaît cette vente lorsqu il dit -Que personne ne dise en soi-même : Je lais pénitence en secret devant Dieu, et Dieu qui me peut pardonner conî.;ùt ce que j'ai dans le cœur. Car si cela suffisait, ce serait en vain que Notre-Seigneui- aurait dit : Ce que vous aurez délié sur la terre sera délie dans le cieL et qu'il aurait donné les clés a l'Eglise.
Saint Ambroise déclare la même cliose dans son livre de la Pénitence. Car voulant combattre l l.eres.e des novatiens q<ii soutenaient que la puissance de remettre le péché était réservée à Notre-Se.gner.rpnvalivementàtonle autre, il dit ces- paroles : « Qui donc croirons nous qui honore Dieu davantage, ou celui (|ui obéit à ses commandements, ou celui qui y resisse. Or Dieu nous a commandé d'obéir a ses ministres. Lors donc que nous leur obéissons, ce^it lui proi)rement que nous honorons. > « • * i^
On ne peut donc douter, api es ce que 1 on vient de représenter, que Notre-Seigueur n'ait lui-même ei abh et imposé la loi de la confession sacramentelle, our ce qui est de Vâgo et du temps auquel on est oblige d'obéir à cette loi, il est clair par le canon du concile de Latran qui commence par ces paroles : Tout fidèle de tun et de l'autre sexe, que personne n est tenu de se confesser avant l'âge de disc.élion. Mais comme cet âee ne peut absolument être fixe, il faut d.re en gênerai que les enfants sont obligés de se confesser du moment qu^ls ont assez de connaissance pour discerner le bien et le mal et qu'ils sont capables ae duplicité et de tromperie. Ainsi quiconque a atiemt 1 âge où il peut délibérer de sou salut, doit en me.no lemps confesser ses péchés au prêtre, puisque celui qui sent sa conscience chargée de quelque crime ne peut espérer d'être sauvé que par ce moyen.
Ouant au temps où il laut particulièrement se confesser, l'Eglise l'a prescrit par le niême cam^n dont nous venons de parler, où il est ordm.ne que les tidèlcs confessenuit au moins une fois 1 année tous leurs péchés. Néanmoins ï>i l'on veut s'assurer de so i salut , l'on ne doit pas manquer de se conlesser, ou toutes les fois que Ton se trouve en danger de mort, ou que l'on est obligé de faire quelque action qui es incompatible avec le péché, comme lorsque Ion veut administrer ou recevoir quelque sacrement. Mais sur^ tout il n'y faut pas manquer aussitôt quoii a commis quelque laute considérable, si l'on craint de 1 oublier V en différant de s'en confesser Car Notre- Seig.jeur ne pardonne que les péchés qui sont effaces par la con- • fession. Et il est certain que l'on ne peu\ plus confesser ceux dont on a perdu la mémoii e.
11 V a encore plusieurs circonstances a remarquer
il arrive assez souvent que ces sortes de péchés blessent plus dangereusement l'âme que ceux que l'on commet en public et ouvertement.
C'est ce que le saint concile de Trente a délini (sess. 14, de Pœnit., c. 5, et can. 7), et que l'Eglise catholique a toujours enseigné , comme on le peut voir par le témoignt^ge des SS. Pères. Car c'est ce qui a fait diie à saint Ambroise que personne ne peut être justifié de son péché s'il ne l'a confessé auparavant ; et à saint Jé.ôme, que si le serpent, c'està-dire le diable , mord quelqu'un en secret , et qu'il l'infecte du venin du péché sans que l'on s'en aperçoive, s'il garde le silence et ne fait point pénitence, et qu'il ne veuille point découvrir sa plaie à son frère ou à son supérieur; ce même supérieur, qui le pouvait guérir par ses paroles , ne lui servira de rien. Saint Cyprien , dans le traité qu'il a fait louchant ceux qui étaient tombés pendant la persécution , confirme en^ eore cette vérité lorsqu'il dit que , quoique ces personnes n'aient point commis en effet le crime de sacrifier aux idoles ou d'avoir reçu des ce. tilicats des magistrats, néanmoins parce qu'elles en ont eu la pensée, elles doivent s'en confesser avec douleur au prêtre. Enfin tous les Pères de l'Eglise ont parlé de la même sorte et ont tous été de ce sentiment. Il faut donc apr porter dans la confession la mè.ne application et le même soin que l'on a coulnme d'apporter dans les alJaires de la dernière importance , afin que par ua examen fidèle l'on puisse guérir les plaies de son âme et arracher de soi. cœur les racines mêmes du péché. , , , , ,
Mais il ne sufUt pas de confesser les pèches mortels, il faut encore marquer les circonstances qui ac* compagnent chaque péché , et qui en augmentent ou diminuent la malice.
Car il y a des circonstances si considérables, queh les sont seules capables de faire qu'une action soit péché mortel. Ainsi si un homme en a tué un autre^ il faut qu'il marque si c'était un ecclésiastique ou un séculier ; s'il a de même péché avec une femme , ]\ tiiut qu'il spécifie si elle était mariée on non , si ce* tail sa parente ou une personne consacrée à Dieu par quelque vœu. Car toutes ces circonstances forment diversi'S esi:èces de péchés. La première est appelée une simple fornication, la seconde un adultère, bj troisième un i.iccste, et la quatrième un sacr.lege. Il faut de même lorsqu'on s'accuse d'un vol eu marquer^ la qualité; car celui qui vole un écu d'or est incompa.ablement moins coupable que celui qui en volô cent ou deux cents, ou qui en vole une plus grande quantité; et celui-là est encore plus criminel qui yole de l'argent consacré à Dieu. Il faut dire la mem^ chose du lieu et du lemps; mais il n'est pas nécessaire d'en rapporter des exemples , parce qu il esj très-aisé d'en êt.e éclairci par les auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Il faut dcmc nécessairement marquer dans la confession toutes les circonstances qui peuvent augme.iter la malice du péché; car pour celles qui ne l'augmentent pas considérablement on les peut omettre sans péché Ainsi une personne qui passerait
•lïy rëncore plusieurs circonstances, h remarquer à dessein ^^9;^-^^^^ . dans a conlessio.. dont les unes s^t^ v- etre^eM>nm^^^^^^^^^^^ qm^sc. con^^^^^ ^^^^^^^
cessa.res pour la validde du sacrejntmae l^emuncc, ^^ ^^^^^^^^ ^^ confession nulle , mais même commet-
trait un nouveau crime et un sacrilège. Et une semblable confession ne serait point une conlession sacramentelle , mais au contraire celui qui en aiiraii ainsi usé serait obligé de recommencer sa conless.on, et même de s'accuser d'avoir violé la sainteté du sacrement de pénitence par une fausse confession. Oue s'il arrive que par quelque autre raison la cou
et les autres ne sont pas si nécessaires. Premièrement il faut que li contVssion soit entière et parlaile, e'est-à dire qu'il faut découvrir au prêtre tous ses péchés mortels ; car pour les véniels, qui ne font pas nerdre la 21 àcc de Dieu et que l'on commet plus souvent (luoicpic ce soit une bonne chose et même uti e de les confesser, comme la pratique des personnes de piété le lait assez voir, néanmoins on peut sans pèche
les deux d'jrniei
PART. II. DES SACREMENTS
lorsqu'il se ressouviendra des péchés qu'il avait omis faute de mémoire, il s'en confesse une auire fois au prêlre. Mais il faut bien prendre garde que ce défaut de mémoire ne soit venu de ce qu'on a examiné sa conscience avec trop de négligence, de sorte qu'il y ait lieu de craindre qu'en efl'et l'on n'a pas voulu s'en ressouvenir; car en ce cas il faut recommencer sa confession.
Il faut en second lieu que la confession soii claire, simple et sincère , et non f.tite avec déguisement el arlilice , comme font plusieurs , qui semblent plutôt justifier la conduite de leur vie que confesser leurs péchés. Car la confessio:! , pour être sincère et véritable , doit fiiire connaître au prêtre le pénitent tel qu'il est en lui-même, ce qui Toblige à représenter comme certain ce qui est en effet certain, et comme douteux ce qui est en effet douteux. Ainsi la confession n'est pas sincère, lorsque au lieu de déclarer simplement tous ses péchés, Ton cherche des détours, et 4'on s'amuse à dire les choses tout d'une autre manière que Ton ne devrait les dire. Car, quoique ce soit une chose très-louable de dire avec reteimeel modestie ce qui est nécessaire pour faire cormaîlre la nature de chaque péché, il n'est pas néanmoins besoin pour cela de tant de discours , mais il faut le faire le plus modestement et le plus brièvement que l'on peut.
En troisième lieu 1» confession doit être secrète 4ant de la part du péniient que de celle du prêlre. C'est pourquoi il n'est pas permis de se confesser par l'entremise d'une autre personne, ni par lettre, parce que le secret ne peut être gardé assez exactement par cette voie.
4. Enfin elle doit êlre fréquer.te. Ainsi chacun doit avoir un très- grand soin de se purifier en confessant souvent ses péchés. Car rien n'est plus utile à un homme qui se sent cou|!able de quelque péché mortel que de s'en confesser le plus promptement (|u'il lui est possible, alin de prévenir les maux dont il est menacé- Car, quand même l'on pourrait se promettre une longue vie, ne serait-ce pas une chose bien honteuse, qu'ayant tant de soin de la netteté de nos corps et de la propreté de nos habits, nous en eussions beaucoup moins pour euipêcher que notre âme ne ternit sa gloire et sa beauté par les taches honteuses du péché ? § 7. Du ministre du sacrement de pénitence.
Il est certain par les lois de l'Eglise que le ministre de ce sacrement est le prêtre qui a la puissance d'absoudre , ordinaire ou déléguée. Car il ne suffît pas pour exercer celte fonction qu'il ait la p jissance de l'ordre, mais il faut encore qu'il ait la Juridiction ; Notre Seigneur nous a marqué celte vériié par ces paroles (Joan. 20, 23) : Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. Car il ne les adressa pas à tous ses disciples indifféremment, maisseulensent aux apôtres , auxquels les prêtres ont succédé en celte fonction de leur ministère. En effet il était bien raisonnable que , puisque c'est de Jésus-Christ comme de notre chef que découlent sur nous , qui sommes ses membres, les grâces (|ue nous recevons par le sacrement de I éniteiice , il n'y eût que ceux qui ont le pouvoir de consacrer son corps qui pussent administrer le t-acrement de ] énitence aux fidèles, qui sont son corps mystique, vu particulièrement que c'est par le moyen de ce sacrement qu'ils sont rendus dignes de recevoir la sainte Eucharistie.
11 n'est pas moins certain qu'outre la puissance de l'ordre, le prêtre doit avoir la juridictioji pour pouvoir administrer le sacrement de pénitence. Car tous les anciens canons de l'Eglise ordonnent de garder très-religieusement les droits des ordinaires, et défendent à tout évêque ou pasteur de faire aucune fonction dans un autre diocèse ou dans une autre paroisse sans la permission de celui qui en est l'évêquo ou le pasteur, s'il n'y est obligé par quelque nécessité pressante. S. Paul semble avoir prescrit cet usage, lorsqu'il ordonna à Tilc d'établir dans chaque ville dci
prêtres, afin qu'ils eussent soin de nourrir les fidèles de la nourriture spirituelle de la parole et des sacrements.
Néanmoins le concile de Trente (sess. 14, c 26, de Pœnit.) reconnaît que lorsque l'on se trouve eu danger de mort et que l'on ne peut avoir sou propie pasteur, l'Eglise a toujours permis en ces rencontres à tout prêtre , non-seulement d'absoudre de toutes sortes de péchés quelque grands qu'ils fussent, mais même de l'excommunication, de peur que quelqu'un ne périsse, feinte d'avoir reçu ce sacrement.
Ce n'est pas même assez que le prêtre ait la puissance de l'ordre et la juridiction, quoiqu'absolumenl nécessaires: il faut de plus qu'il soit éclairé, savant el prudent, puisqu'en administrasit ce sacrement il fait la fonction de juge et de médecin. Car il est certain que comme juge il a besoin d'une lumière et d'une science extraordinaires pour reconnaître laqualiiédes péchés, et pour discerner entre plusieurs espères de péchés ceux qui sont grands et ceux qui suit légers par rapport à la condition el à la qualité de chaque particulier. Il a aussi besoin, comme médecin, de beaucoup de prudeyce pour ordoimer au malade les remèdes les plus propres pour guérir les maladies de son âme, et pour la munir dans la suite contre les attaques du péché. Et c'est ce qui doit faire comprendre le soin que l'on doit avoir de ne s'adresser qu'aux prêtres qui sont recommandables par l'intégrité de . leur vie, par la pureté de leur doctrine, et par leur prudence, et qui savent ce (pi'ils doivent par le devoir de leur ministère à ceux qui leur sont soumis, quelle est la pénitence «ju'ils doivent imposer pour chaque crime, et qui sont ceux qu'ils doivent lier et délier.
Mais comme il n'y a persoiujequi ne désiie extrêmement de cacher ses ciimes et son infamie, il e-t bon de représenîer aux fidèles qu'ils ne doivent point craindre que les confesseurs découvrent jamais à qiii que ce soit, ce qu'on leur dit dans la confession, ni qu'il leur en puisse jamais arriver aucun mal. Car les canons de l'Eglise ordonnent de punir très-rigoureusement les piètres qui n'auront pas gardé un secret inviolable touchant les péchés qu'on leur aura confessés. Le concile général de Latran le leur défend expressément en ces termes : Que le prêtre prenne garde ' de ne découvrir en aucune sorte, ni par parole^ ni par signe, ni par quelque autre manière que ce puisse é/re, les péchés de qui que ce soit.
Après avoir montré qui est le ministre du sacrement de pénitence, il est bon d'examiner de quelle manière il doit se conduire pour rendre l'usage de la confession utile aux fidèles, qui pour la plupart ne passent point de jours avec plus d'impatience que ceux qui sont destinés par l'Eglise à la confession, el qui sont si éloignés de s'acquitter de cette action avec la. sainteté qu'elle demande, que non seulement ils négligent tout ce qui pourrait attirer la mi.éricorde de Dieu sur eux, mais même (\n''^^ peine ils se souviennent des péchés qu'ils devraient confesser au prêtie.
Ainsi comme les prêtres ne doivent rien oublier pour procurer le salut de leurs lénitents, il faut d'abord ({u'ils examinent s'ils ont une véritable contrition de leurs péchés, et s'ils sont dans une résolution ferme et constante de s'en abstenir à l'avenir. Que s'ih reconnaissent ([u'iîs sont effectivement dans cette disposition, i!s doivent les avertir et les exhorter puissamment de rendie à Dieu de Irès-giandes actions de grâces p(mr un d(!n si signalé, el de ne point cesser de lui demander son secours pour pouvoir résister aux désirs coirompus de leur concupiscence. Et ils doivent de plus leur ordonner de ne passer aucun jour sans méditer quelque mystère de la passion de Noire- Seigneur, afin de s'exciter à l'imiter et à l'aimer sou- ' verainement, et de se fortifier de plus en plus contre les tentations du démon. Car ce (pii fait que lors même que notre ennemi nous attaque le plus faiblement, nous perdons aussitôt courage, c'est que nous n'avons pas soin d'exciter eti nous, parlaméditaliou des chosea
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