DU SACREMENT DE L'EXTRÊME-ONCTION
Ces paroles de l'Ecriture sainte (Eccl. 7, 40) : Sou- \venez-vous dans toutes vos actions du jour de voire morty \el vous ne pécherez point, sont comme un avertissement tacite que l'Ecriture donne aux pasteurs d'exhorier sans cesse les fidèles à méditer continuellement la mort. Ainsi comme on ne peut leur parler du sacrement de rextrême-onction sans les faire ressoujvenir de ce dernier jour, cela doit convaincre les pasteurs de l'obligation qu'ils ont d'en instruire les fidèles, Inon seulement parce qu'il est de leur devoir de leur expliquer et de leur faire connaître ce qui regarde [eur salut, mais aussi parce que les fidèles, ayant toujours présente dans Tesprit la nécessité de mourir, }u\ est imposée à tous les hommes, celte pensée fera qu'ils s'appliqueront à réprimer les mauvais désirs de leur cœur, et qu'ils se troubleront moins lorsqu'ils serout dans l'attente de la mort, et qu'au contraire ils rendront à Dieu des actions de grâces immortelles, le ce qu'après leur avoir donné eniré<5>à la véritable m par le sacrement du baptême, il a encore institué
le sacrement de l'exlrême-onclion, pour leur faciliter l'entrée du ciel au sortir de celte vie. § 1. D'où vient que ce sacrement est appelé extrêmeonction, et qu'il est un véritable sacrement. Pour garder, en traitant de ce sacrement, le même ordre qu'on a suivi en examinant les autres sacrements, il faut d'abord expliquer pourquoi il a été appelé extrême-onction, et montrer qu'on ne lui a donné ce nom que parce qu'entre toutes les onctions que Notre- Seigneur a ordonnées à l'Eglise de faire, celle de ce sacrement est celle qui doit être administrée la dernière. D'où vient que quelques auteurs anciens l'ont appelé tantôt le sacrement de l'onction des infirmes, et tantôt le sacrement des mourants, qui sont des expressions propres à faire ressouvenir les fidèles du jour de leur mort.
Mais il faut surtout faire voir que rextrême-onction est proprement un sacrement. C'est ce qui est évident par les paroles dont S. Jacques s'est servi pour en marquer la nécessité. Quelqu'un parmi vous est-il malade, dit cet apôtre, qu'il appelle les prêtres de l'Eglise, et qu'ils prient pour lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur; et la prière de la foi sauvera le malade, le Seigneur le soulagera, et s'il a commis des péchés, ils lui seront remis.
Car alors qu'il assure que les péchés sont remis par cette onction, il déclare par-là qu'elle a la nature et la vertu d'un véritable sacrement. Et c'est ce que l'Eglise catholique a toujours cru, comme il paraît par plusieurs conciles, et en particulier par celui de Trente (sess. 14, c. 1, can. 5), qui a frappé d'anathème ceux qui auraient la témérité d'enseigner ou de croire le contraire. Innocent 1 recommande aussi d'une manière toute particulière ce sacrement aux fidèles.
Ainsi il est constant que l'extrême-onction est un véritable et seul sacrement , et non plusieurs , quoi- (ju'en Tadministranl on fasse plusieurs onctions avec des prières propres, et une forme particulière à chacune d'elle ; de sorte que ce sacrement est un , non par une continuité de parties indivisibles, mais en vertu et en perfection, comme le sont toutes les choses qui sont composées de plusieurs choses différentes. Car de même que quoiqu'une maison soit composée de plusieurs différents matériaux, il ne s'en lait néanmoins qu'en tout, qui est accompli et perfectionné par une seule forme ; ainsi quoique ce sacrement consiste en plusieurs onctions différentes et en plusieurs paroles , ce n'est néanmoins qu'un seul signe, et il n'est ensuite efficace qu'à l'égard de la seule chose qu'il signifie.
§ 2. De la matière et de la forme du sacrement de rextrême-onction.
S. Jacques a marqué distinctement la matière et la forme de ce sacrement, et l'une et l'autre renferment des mystères très-considérables.
Sa matière, selon que les conciles, et particulièrement celui de Trente, l'ont défini, est seulement d'huile d'ohve consacrée par l'évêque. Et celle huile ex prime parfaitement ce qui s'opère dans l'âme par la vertu de ce sacrement. Car de même que l'huile adoucit les douleurs du corps, ainsi ce sacrement diminue et adoucit la douleur et la tristesse de l'âme. Etde même que l'huile sert encore à rétablir la sanlé, donne de la vigueur, entretient la lumière, et surtout répare les forces du corps lorsqu'il est las et fatigué, la grâce de Dieu opère aussi par ce sacrement tous ces effets dans le malade.
Sa forme consiste dans ces paroles et dans cette prière soleniielle, dont le prêtre se sert à chaque onction qu'il fait sur le malade : Que Dieu vous pardonne par la
VERTU DE CETTE ONCTION SAINTE TOUT LE MAL QUE VOUS AVEZ COMMIS SOIT PAR LA VUE, SOIT PAR l'ODORAT, SOIT
PAR LE TOUCHER. C'csl cc quc Saint Jacques enseigne assez clairement par ces paroles (5, 14) : Et qu'ils prient pour lui, et la prière de la foi sauvera le malade. Car il insinue évidemment par-là que la forme de ce sacrement doit se prononcer par manière de pr'ère,
quoiqu*il n'ail pas exprimé formellement en quels 1er mes elle devait être conçue.
Ainsi celte forme, (fui est celle dont se sert l'Eglise romaine, la mère et la maîtresse de toutes les églises, est venue jusqu'à nous par une fidèle tradition de lous les Pères; de sorte que toute l'Eglise la retieni et la garde présentement. Car quoique quelques-uns en changent quelques paroles , comme lorsqu'au lieu de dire : Que Dieu vous accorde le pardon de tout le
MAL QUE vous AVEZ COMMIS, ïls diSCUt : QUE DiEU VOUS
REMETTE OU VOUS PARDONNE . ct quel(|uefois même: Que Dieu guérisse tout le mal que vous avez commis : néanmoins parce qu il ne se fait point de cliangement dans le sens, il est constant que c'est toujours la môme forme.
Et l'on ne doit pas trouver étrange qu'au lieu que dans la forme des autres sacrements on signifie absolument ce qu'ils opèrent , comme lorsque l'on dit en administrant le baptême et la confirmation : Je vous BAPTISE : Je vous marque du signe de la croix : ou qu'on prononce par manière de commandemcnt,conime lorsqu'eu administrant le sacrement de l'ordre révoque dit: Recevez la puissance; la seule forme du sacrement de l'extrêine-onction se fasse par manière de prière. Car c'est avec beaucoup de raison que l'Eglise a ordonné d'en user de la sorte. En elfet, comme ce sacrement a été institué a(in qu'oulre la grâce qu'il, communique il redonne la santé du corps aux malades, et que néanmoins il n'arrive pas toujours que les malades guérissent de leurs maladies, la forme de ce sacrement devait être exprimée en forme de prière, afin d'obtenir de la bonté de Dieu cet effet que ce sacrement n'opère pas toujours.
On observe aussi dans l'adniinislralion d: ce sacrement iles cérémonies particulières ; mais elles consistent la plupart dans des prières que le prêtre fait pour obtenir la sanlé et le salut du milade. Ainsi il n'y a point de sacrement qui s'administre avec tant de prières. El c'est avec beaucoup de raison qu'on le
f)ratique de la sorte, puisque c'est dans l'exirémité de a maladie où l'on a le plus besoin de ce secours. C'est pourquoi il faut non seulement que le prêtre , mais encore tous ceux qui sont présent, l(Msqu'on administre ce sacrement, prient Dieu pour le malade, et recommandent à sa miséricorde avec toute l'ardeur dont ils sont capables, sa vie et son salut.
§ 5. Que Jésus-Chrisi est auteur du sacrement de C extrême- onction.
Etant certain, comme on le vient de faire voir, que rextrême-onction est proprement et véritablement un des sacrements de l'Eglise, il s'ensuit qu'il faut que ce soit Jésus-Christ qui l'ait institué, et qu'ainsi l'apôtre S. Jacques n'en ait ensuite que proposé la pratique et recommandé l'usage aux lidèles, dont Noire-Seigneur semble en avoir lui-même donné rexemi)le dans l'Evangile. Car ayant envoyé ses disciples deux à deux devant lui par les villes et les villages, il est dit d'eux qu'ils prêchaient aux peuples qu'ils fissent pénitence, qu'ils chassaient beaucoup de démons, et qu'ils oignaient d'huile plusieurs malades et les guérissaient tous.
Or il est certain que ce ne furent point les apôtres qui inventèrent celle onction, et que ce fut Noire-Seigneur qui leur commanda de la faire, l'ayant instituée non pas tant pour laguérison du corps, que pour la guérison de l'âme, en lui communiquant une vertu toute divine et surnaturelle. S. Denis, S. Ambroise, S. Chrysostôme,et S. Grégoire-le-Grandconlirment tous si clairement cette vérité, qu'il n'y a aucun lieu de douter que ce sacrement ne soit un des sept sacrements de l'Eglise, que chacun doit recevoir avec toute la religion et la piété possible.
Or quoique ce sacrement soit institué indifféremment
Ïiour tous les fidèles, il n'y a néanmoins que les maades et même ceux qui sont en péril de la vie .à qui on le doive administrer. C'est ce que l'apôtre S. Jacques marque assez clairement par ces paroles : Quel-
qu'un parmi vous est il malade ? El c'est de quoi la raison nous doit convaincre , puisciue ce sacrement i^a pas élé institué seulement pour redonner la sanlé de l'âme, mais aussi celle du c;»rps.
Or quand on dit qu'il ne faut administrer ce sacrement qu'aux personnes dangereusement malades , il faut bien prendre garde de commettre cette faute considérable, d'attendre, comme font plusieurs, à le leur faire administrer quand elles sont presque sans sentiment et sans vie, et qu'il n'y a plus d'espérance de les sauver : car il est très-important pour les maladf^s, afin qu'ils puissent participer avec plus de fruit à ia grâce de ce sacrement, qu'on îe leur administre lorsqu'ils ont encore le jugement et la raison entièrement libres, et qu'ils peuvent se disposer à le recevoir avec une foi vive et une piété ardente. Ainsi il faut que les pasteurs aient soin d'employer ce divin remède, qui est toujours par sa propre vertu irès-salutaire, dans le temps où ils jugeront (|ue la piété et la religion avec laquelle le malade le recevra, pourra le rendre plus utile et plus efficace pour le salut de son âme et la guérison de son corps.
Il n'y a donc que les malades, et même ceux qui le sont dangereusement, à qu'il soit permis de donner le sacrement dj rextrême-onction. En sorte que quoiqu'une personne dût être bientôt en danger de sa vie, commesielleentrepreuait une navigation périlleuse, ou qu'elle se disposât à un combat dans lequel elle serait dans un danger presque évident de mourir ou même si, étant condanmée à avoir la tête tranchée, on la menait an supplice, il n'est pas permis de lui aiiministrer ce sacrement.
De même ceux qui sont privés de l'usage de la rai-, son, comme les iimocenls ct les enfants qui ne sont pas en un âge où ils puissent pécher, sont encore incapables de recevoir ce sacrement, parce qu'il n'y a en eux aucuns restes de péché, dont ils aient besoin d'être pu ri liés.
Il faut dire la même chose des fous et des furieux, si ce n'est qu'ils eussent qnel(|nes intervalles où leur raison fût libre, et où ils donnassent des marques de piété , ou qu'avant que d'être tombés dans cet état ils eussent désiré avec ardeur de recevoir ce sacrement. L'on ne doit aussi faire l'onction que sur les parties du corps que la nature a données à Thomme pour être comme les instruments du sentiment, comme les yeux pour la vue, les oreilles pour l'ouïe, les narines pour Todorat, la bouche pour le goût ou la parole, et les mains pour le toucher et le sentiment , (|ui bien qu'il soit également répandu dans tout le corps, a néanmoins beaucoup plus de force dans celte partie que dans les autres. Et c'est ce qui se pratique universellement par toute l'Eglisc^Et en effet, cela convient parfaitement à la, nature de ce sacrement, qui est commei un remède. Car comme dans les maladies corporelles, quoique tout le corps s'en ressente, on s'appliipie néanmoins uniquement à guéiir la partie qui est l'origine et la source du mal ; de même aussi, quoique le sentiment soit répandu par tout le corps, on n'oint néanmoins que les parties du corps où il y a plus de force. D'où vient (lue l'on oint au-^si les reins, parce qu'ils sont plus parlicuîiére'nent le sié.^e de la volup^ lé, et les j)ieds, parce qu'ils sont les pi iocipiis des démarches que nous faisons pour aller ou entrer dans les lieux où nous péchons.
11 faut observer que ce sacrement est un de ceux qui se peuvent réitérer; car (pioiqu'il ne soit permis de le donner qu'une fois dans la même maladie à uii malade qui serait plusieurs fois en danger de mourir, si néanmoins après l'avoir reçu , il recouvre sa santé, et qu'ensuite il retombe dangereusement malade , on peut alors le lui donner , et même tout autant de foiJ que retombant malade il sera en danger de mourir.
Il faut aussi bien prendre garde qu'il n'^ ail rier: ci celui à qui l'on administre ce sacrement, qui piiissi en empêcher ^'effet. C'est pourquoi, comme il n'y : rien qui soii plus opposé à la grâce de ce sacremeui
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PART. li. DES SACREMENTS.
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que le péché mortel , les pasleiirs doivent observer soigncnsemeiU, selon que l'Eglise catholique l'a toujours praiiqué» de ne donner ce sacrement aux malades qu'après leur avoir administré les sncremenis (le pénitence et d'Eucharistie, et les avoir disposés à recevoir celle onction sainte avec une foi pareille à celle de ceux qui se préseiUaient aux apôlres pour en être guéris, et avec la ^lonlé de rechercher premièrement la santé de leur âme, et ensuite celle de leur corps, et même sous cette condition, si elle doit être mile pour leur salut éternel. Car ils ne doivent point douter que les prières saintes que le prêtre fait solennellement en administrant ce sacrement, comme tenant la place de l'Eglise et de Noire-Seigneur Jésus-Christ, ne soient exaucées de Dieu lorsqu'ils le reçoivent dans ces dispositions. Et ils doivent môme avoir d'autant plus de soin de se disposer à recevoir avec pieté et religion ce sacrement , que les forces de leur esprit et de leur corps semblent fort diminuées au moment qu ils se irouTont exposés à un plus grand combat.
§ 4. Du ministre de l'extrême- onction.
li'apôlre saint Jacques marque clairement que le prêtre est le ministre du sacrement de rextréme-onclion ; lorsqu'après avoir dit : Quelqu'un est-il malade parmi vous, il ajoute : Qu'il appelle le prêtre. Car» comme le concile de Trente a fort bien remarqué ( sess. 44, b, 5), cet apôlre par le mot de prêtre n'entend pas parler de ceux qui sont anciens par leur âge , ni de ceux qui lienncnt le premier rang parmi le peuple, mais des prêtres qui sont canoniqnement ordoiinés par l'imposition dos mains de l'évêqne. Ainsi c'est aux prêtres que l'administration de ce sacrement est commise. Ce qu'il ne faut pas pourtant étendre indilférennnenl à tous , comme le même concile le déclare expressément, mais seulement aux pasteurs qui ont la juridiction , ou à ceux qui l'ont reçue d'eux , qui dans ce s:^crement comme dans tous les autres n'agissent que comme tenant la place de Noire Soigneur Jésus-Christ et de l'Eglise son épouse. § 5. Des effets de C extrême-onction.
Comme Ton n'a ordinairement de l'esiinie pourb'S choses qu'autant qu'on les juge utiles , il sera bon que les pasteurs représentent les avantages que l'on reçoit par ce sacrement, afin que, si les fidèles ne peuvent être portés par toute antre considération à ne les pas néiiliger, ils le soient au moins par celle <le leur pro|)re intérêt.
Le premier avantage que l'on reçoit de ce sacrement, est qu'il efface les péchés légers, ou, connue on les appelle communément , les péchés véniels. Car il n'a pas élé institué pour effacer les péchés mortels. Et ce n'est que par le baptême et parla pénitence que l'on obtient la rémission de ces péchés.
Le second est qu'il délivre l'àme de tous les restes du péché, et de la langueur, et derinlirmité qu'elle a contractée par l'habilude du péché. Or il est certain que nous n'avons jamais plus besoin que Dieu nous fasse cette grâce que dans le temps où nous sommes plus pressés de la maladie et en plus grand danger de mourir, puisque comme rien ne nous est plus naturel de craindre la mort , rien n'est aussi plus capable d'augmenter en nous cette crainte que le souvenir de nos péchés et lorsque nous sommes vivement pressés par les remords de notre conscience. D'où vient que le Sage dit (Sap. 4 , 20), que les pécheurs ne penseront qu'avec crainte à hurs péchés, parce qu'ils trouveront en îux le sujet de leur condamnation et de leur perte.
De pins la pensée où est un malade que dans peu il Mraîira devant le tribunal de Dieu pour y être jugé selon le mérite de ses œuvres fait que, dans la vue .|e ce jugement, il se sent étrangement agité et troublé Je crainte et d'appréhension. Ainsi rien ne lui peut êlre plus utile en cet état que ce qui peut rendre la tranquillité à son âme, chasser la tristesse de son cœur, et lui faire attendre avec joie l'avènement de «otre Seigneur Jésus Chri!:t pimr lui rendre le dépôt
qu'il lui a confié lorsqu'il lui plaira de lui en demander compte. Or c'est ce que le sacrement de l'extrêmeonction opère dans ceux qui le reçoivent dii^nement, ôtantde leur cœur toute inquiétude, et le remplissant d'une joie sainte et tranquille.
Ce sacrement nous donne encore des armes et des forces pour résister courageusement aux attaques que le démon, notre comumn ennemi, nous livreàl'exlrémile de notre vie : ce qui est assurément le plus grand avantage que n :)us eu puissions recevoir. Car quoiqu'il ne cesse point pendant lout le cours de notre vie de penser aux moyens de nous perdre, il est certain néanmoins que lorsqu'il en ';ent approcher les derniers moments , c'est alors qu'il redouble tous ses elforls pour venir à bout de son malheureux dessein, et de nous ôter, s'il peut, toute confiance en la miséricorde de Dieu. Et c'est ce qui lui serait facile , n'était que ce sacrement relevant notre courage par la confiance en la bonté de Dieu, qu'il nous inspire, nous donne, dans cette extrémité, de nouvelles forces pour souffrir avec moins de peirjc tojiles les incommodités de la maladie , et pour ne nous laisser pas surprendre aux ariilices et aux tromperies du diable.
Enfin rextrême-onction nous fait même recouvrerla sanlé du corps. Et si tous les malades n'éprouvent pas sa vertu en ce point , cela ne vient que de la faiblesse de la foi de ceux qui le reçoivent ou qui l'administrent, n'y ayant rien plus capable d'empêcher l'effet de ce sacrement que ce manquement de foi , P'.iisque l'Evangélisie rcm;îrque que Notre Seigneur même n'avait pas (Al plusieurs miracles en son pays, à Cause de l'incrédulilé de ceux qui l'habitaient.
On peut dire néamnoins que cela peut venir de ce quî* la religion chréiie ne n'a plus besoin maintenant d'être soutenue par ces sortes de miracles , depuis qu'elle a pris de plus profondes racines dans le cœur (les hommes , comme elle avait besoin de l'être dans sa naissance. JMais cela ne doit pas empêcher d'exciter les fidèles à avoir une grande foi en ce sacrement, afin que , laissant entièrement à la volonté de Dieu d'ordonner ce qu'il lui plaira de la santé de leur corps, ils aient une ferme confiance d'obtenir par la vertu de celte onction sainte la santé de leur âme , et d'éprouver, en cas qu'ils meurent, la vérité de ces paroles (Apoc. 14, 13) : Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur.
Voilà en peu de mots ce qu'on peut dire du sacrement de l'extrême-oiiclion. Il est ceriajn néanmoins que si les pa?teurs s'appliquent à traiter avec plus d'étendue et avec toute rexactitudo qui serait nécessaire ce que nous en venons d'expliquer , les fidèles en pourront tirer de très-grands avantages pour s'avancer dans la piété.